‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas]Chapitre 50 sur 158 · COBALT · texte numérisé non relu

COBALT

(Kobakj, W.)

Caractères du cobalt pur.

Caract phjrs. ^sant. spëcif. 8,5364*

Consistance, Cassant et facile à pulvériser.

Tissu. A grain fin et serré.

Couleur. Le blanc d'élain peu éclatant, lorsqu'il est très pur; mais souvent il a une teinte de rougeâtre.

Electricité. Vitrée par le frottement, lorsque le morceau est isolé.

Magnétisme. Agissant par attraction sur les deuxpôles de Paiguille : il est susceptible d'acquérir luimême des pôles.

Caract. chim. Très difficile à fondre. S(Jnble avec ^fervëscence dans Facide nitrique. Son oxide fondu avec le borax le colore en bleu.

Annotations.

Le nom de cobalt, (yx\ signifie i^» être malfaisant, a été donné à cette substance métallique par les mineurs allemands , à cause des incommodités auxquelles les exposait la vapeur de l'arsenic qui lui est associé. Ils s'imaginaient qu'il existait, dans les mines dont on la retirait, un mauvais génie qui se plaisait à les tourmenter.

Bergmann avait presque douté si le cobalt n'était pas une mine de fer dans un état particulier. Cette opinion, abandonnée depuis, a fait place à une autre beaucoup mieux fondée, suivant laquelle le cobalt, quoique distingué du fer par sa nature, partageait avec lui la propriété magnétique. Wenzel a fait des aiguilles de cobalt pur^ qui se dirigeaient comme les aiguilles d'acier. M. Tassaërt, qui était à l'Ecole des Mines le collaborateur de Vauquelin, a obtenu, par l'analyse du cobalt de Tunaberg, un culot de ce métal qui agissait fortement sur le barreau aimanté, et depuis cette époque,, M. Vauquelin lui-même est parvenu plusieurs fois à un résultat semblable.

Le cobalt dépouillé des principes qui le minéralisaient, et amené à l'état d'oxide, est connu sous le nom de safre; cet oxide, fondu avec du sable et de la potasse, forme un beau verre bleu appelé smaltj et qui, étant pulvérisé, prend le nom de bleu d^azur. On emploie le bleu d'azur avec beaucoup d'avantage pour imiter, par une composition artificielle, diverses sortes de pierres, telles que le saphir, le lazulite, etc. On fait usage du même bleu pour peindre la porcelaine. On le mêle à l'amidon pour former ce qu'on appelle empois bleu. En Allemagne , le smalt le plus grossier sert de poudre pour empêcher l'écriture de s'eflTacer.

J'ai parlé, à l'occasion du fer sulfaté, de la composition de l'encre ordinaire. Les physiciens ont

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trouvé diverses espèces d'encres qu'ils ont nommées sympathiques, parce que les caractères qu'elles' servent à tracer devenant invisibles par le dessèchement, on peut les faire paraître en imbibant le papier d'une liqueur, dont l'union avec celle que forme l'écriture produit une couleur d'un ton décidé; mais cette couleur , reste fixe sur le papier. X'oxide de cobalt, dissous dans l'acide nitro-murîatique , fournit une encre beaucoup plus curieusey^ en ce que l'action de la chaleur suffit pour rendre sensibles, sous une couleur d'un bleu-verdâtre , les caractères tracés avec cette encre, et qu'ensuite le refroidissement les fait disparaître, en sorte qu'on peut répéter l'expérience un grand nombre de fois^ en évitant de trop chauffer le papier; car alors les caractères resteraient fixes, en même temps que

leur couleur se trouverait altérée.

PREMIÈRE ESPÈCE

COBALT AASENICAL.

( Speishohalt ^ W. )

Caractères spécifiques^

Caract, géomét. Forme primitive : le cube. Caract. auxiliaire. Texture granulaire : odeur d'ail par l'action du feu.

Caract. phy s. Pesant spécif. 7,7207.

Consistance. Aigre et cassant

aao TRAITÉ

Couleur. Celle des cristaux est d'un blanc d'ar- . gent. Dans les masses amorphes , elle passe au grisnoirâtre , qui n'a qu'un léger degré de brillant ; mais si on lime le morceau , sa stirface devient d'un gris de £^ assez éclatant.

Ccf^smre* Rabi^use , à grain fin et serré.

Caraot. chim. L'acide nitrique le dissout avec eSiervescence. Ses fri^gnu^s présentés à la flamme d'une bougie répandent une vapeur accompagnée d'une odeur d'ail très sensible. Fondus avec le borax,, ils lui conmiuniquentune belle couleur bleue.

Voici up autre caractère facile à vérifier, et qui est utile, pour éviter de confoi^dre le cobalt arsenical avec le fer arsenical ^ dont il se rapproche par son aspect. On met une pincée de sa poussière dans la cuiller de platine; et, y ayant versé de l'acide nitrique, on expose la cuiller sur un charbon ardent, ou au-dessus de la flamme d'une bougie ; on laisse ensuite déposer la liqueur, et l'on voit qu'elle a pris une teinte de rouge de filas. Cela suflit pour distinguer le cobalt arsenical du fer arsenical, qui ne colore point l'acide. On peut pousser l'expérience plus loin , pour en faire un objet d'amusement. Ayant plongé dans la liqueur le bout d'une allumette, on en dépose une goutte sur un papier blanc ; ayant fait chauffer le papier , on y voit paraître une tache d'un rouge de lilas plus intense que celui de la liqueur, qui pâUt par le refroidissement et qui se ravive toutes les fois que l'on fait chaufier de nou-

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veau le papier , comme dans l'expérience de Pencre sympathique dont j'ai parlé précédemment. On opère aussi de la manière suivante : On verse de l'acide nitrique à froid, sur la poussière; il se &it une vive effervescence qui s'arrête bientôt. On verse une goutte d'ammoniaque dans la Hqueuir qui à l'instant prend une teinte d'un rouge de lilas. On peut alors obtenir l'effet de la coloration du papier^ à l'aide de la chaleur, et il m'a même paru que cet effet était plus marqué que par le premier procédé.

Analyse du cobalt arsenical de Riechelsdorf , par Stromeyer:

Cobalt 20,3 1

Arsenic 74>2 1

Fer 3,42

Cuivre. o,i5

Soufre 0,88

98,97 De celui de Schnéeberg (Faseriger ^eiskobalt), par John (Chemische Untersuch. , t. II, p. ^36) :

Cobalt • 289O0

Arsenic • 65y'j5

Oxides de fer etde mangan. 6,25

Caract. distinct, i"". Entre le cobalt arsenical et le cobalt gris. Le tissu de celui-ci est très la-

melleux; l'autre présente dans tous lés sens une cassure granulaire. Le cobalt gris , exposa à la simple flamme d'une bougie, sans le secours du chalumeau, ne donne point d'odeur d'ail sensible, comme le cobalt arsenical. Sa pesanteur spécifique est moindre que celle du ccd>alt arsenical ^ dans le rapport de J^ k 5. 2*. Entre le uiéme et le fer arsenical. Celui-ci fondu avec le borax lui communique, une couleur noirâtre , au lieu d'une couleur d'un beau bleu. Voyez plus haut le caractère distinctif ^ résultant de l'épreuve à l'aide de l'acide nitrique* 3\ Entre le même et l'argent antimonial. Celui--ci a une structure lamelleuse ; l'autre n'a qu'une cassure giranulaire. L'argent antimbniàl, exposé à la chaleur, ne donne pohit d'odeur d'ail, comme le cobalt arsenical.

VARIÉTÉS

Formes déterminables ,

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