‹ Traité de minéralogie. (Conseil des mines). 4 tom. [and Atlas]Chapitre 63 sur 158 · SIXIÈME GENRE · texte numérisé non relu

SIXIÈME GENRE

aktimojhe.

( Spiêiglasj Wi Spieggglanzj K.) PREMIÈRE ESPÈCE.

ANTIMOINE llATIF.

{.Gëdiegen spif agios j W. GedUgen ^iessglan^j, K.)

Caractères spécifiques.

Caract. géoméLFotme primitive : l'octaèdre régu^ lier , qui se sous-divise en dodécaèdre rhomboïdal.

O JFoortial des Mines , n^ 64 ^ p. 1293 et si^iy.

3^ TBAITE

31olécale intégrante : tiétnédie nrégalier.

Caraet. pf^9. Peunt. spéci£ de rantaBOÎne du eoouneroe ^ 6,^021 .

Conmianee. Très Crawle.

T^issu. Très lamellenx.

Couleur. Le Uanc d'ëtaîn.

Caraet. chim. Evaporable en fumée par Je dia- Inmeau. -

Solnble par l'acide nitrique, en laissant un dépôt Usndiâtre dans la liqueur.

Caracières distinciifs. i*. Entre l'antonaine n»tif et Fantimoine sulfuré. Cduî-ci se dirise par une seule coupe très lisse et très éclatante; Fantiniaiiie natif a des jcrnits nets dans plusieurs sens ; traité au chalumeau , il ne donne point d'odeur sulfureuse couune Fanlimoine sulfuré. 2*. Entre le même et le fer arsenicaL La cassure de celui-ci est à grain fin et serré, sans indice de Ismes ; celle de Fantimoine est très sensiblement lamelleuse. Le £er arsenical étincelle par le choc du briquet, en répandant une odeur d'ail; Fantimmne, beaucoup plus fragile , saute en éclats par l'effet du même choc. 3*. Entre le même et l'aident antimonial. Celui-ci se réduit fisicilement au chalumeau : l'antimoine s'y évapore en fumée.

DE MINERALOGIE. 181

VARIÉTÉS

Formes indéterminables.

1. Antimoine hb!^ laminaire. A Allemont, avec antimoine oxidé grisâtre.

2. Lamellaire. En petites lames brillantes disposées confusément.

APPENDICE

Antimoine natif arsenifère.

a. Ondulé. Formant des espèces de croûtes dont la surface est relevée par de légères ondulations, ce qui semble provenir de la présence de l'arsenic, qui, en général, tend à prendre la forme mamelonnée.

6. Lamellaire. On trouve ces deux variétés à AUemont. Suivant les expériences de M. Sage , l'arsenic y est quelquefois dans le rapport de 16 sur 100; mais Mongez le jeune en a examiné des morceaux dans lesquels l'arsenic entrait à peine pour deux ou trois centièmes de la masse.

Annotations,

L'antimoine natif a été découvert par Swab , à Saalberg en Suède, dans une chaux carbonàtëe laminaire; et depuis, M. Schreiber, inspecteur des mines de France , a trouvé le même minéral près d' AUemont, où il est associé à l'antimoine oxidé d'un blanc-grisâtre.

aSfl TRAITÉ

On a cité aussi de l'antimoine natif au Harx, mais en petite quantité, et à Cuencamé dans 'le Mexique..

> La structure de l'antimcniie^tif est une des plus compliquées que j'aie observées; mab cette complication n'empêche pas la molécule intégrante d'être d'une simplicité à laquelle il semble qu'on n'aurait pas eu lieu de s'attendre. Pour en déterminer la forme, j'ai employé des masses d'antimoine épuré par des fusions réitérées. Quoique |es jpints naturels fusant très sensibles, cotnme il y en avait dans vingt durectioos différentes, ainsi que nous le verrons bientôt, la percussion , qui n'en mettait jamais à décou- Yert qu'une partie sur un même fragment, faisait naître des combinaisons qui variaient sans cesse, d'ob résultaient dîffârens solides plus ou moins irréguliers; en sorte qu'il n'était pas facile d'apercevoir le tçrme où devait aboutir la division mécanique, dans le cas où elle eût présenté l'ensemble de toutes les &ces cachées dans l'intérieur de la masse. Il a fallu beaucoup de tâtonnemens pour reconnaître que le métal était divisible parallèlement aux faces d'un octaèdre régulier, et en m)^e temps d'un dodécaèdre rhomboïdal. . ;

. 'CeJJe p^mière repherchje finie ^; il s'en présentait une secwde., pour savoir quelle forme de molécule iûtégiB^tedevaitétre adoptée de préférence; car dans ces sortes de cas, que l'on peut assimiler^ux problèmes indéterminés de la Géométrie, on est réduit a faire

DE MIIIÉRAÏX)GIE. a83

une hypothèse, qui aura en sa fiiveuriun grand degré dé probàhililé, «i elle est d^uhe sîmpltelté reftiarqnablë. Yoîci lé résultat auquel je me suis arrêté.

Supposons d'aboi^ que l'on 'se borné aux lîtiit coupes qui produisent l'octàèdrè régulier AG (fig. à J)^, pi. II 5); Eti raisonnant de cet octaèdre comme dé celui de la chaux fluatéé,*du spindfe^ etc. (*), ott piouirà lé concevoir coûimé iiniquaiiebt ccHnposé d'une infinité de petits tétraèdres r^iiliéi^ ^ rétffifis par leuri' bords. Mais , pour plus de siiûpUcité , 6e considérons Toctaèdré (joie "comme forMé de huit ;Céibraèdres, dont deux sont représentés sur la fîgi^rê, et choisissons, comme exemple, celui qui a pour fa<^e extérieure le triangle àief, et dont lés faces intérieuï'es sont les triangles abc , àdc^ bdc^ qui ont leur6 sommets situés au centre dé Tocàièdre. On voit séparfmeiit ce' tétraèdre*, figuré igî^. •' »

Rémarquons, avant d'aller plu9- l(]fin,ique ^ur transformer l'bctaèdrë en * ^dodécaèdre ii4idtnt)oldal ^ on pourrait stipposér dés plans cdii|[]ian^tqiii,' -en partant des douze arrêtes , s'avànçàssétit p^ralfèleirieht à ëùx-nlfemés jusqït^à kîe qùe-toiités lés >fâ^es de rdctàêdire eussent dispaYù. Il fiitidrate, dé /plus , ^ ïaqùé jilani'fût pérpéiidictilaii^e atî calnfé^, dont l'arête de dépài*t serait uïi des côtés ^ ^nsî, le^lan qui serait parti de Parête AD , devrait êtte perpendiculaire au carré AD6B.

(*) Voyez Traité deCristalIographie, t. II;p. 211 etduiy.

Imaginons que ces différens plans, au lieu de s'arrêter au terme qui donnerait le dodécaèdre y continuent de s'avancer jusqu'à ce qu'ils soient arrivés au centre de l'octaèdre. Dans cette position, il y en aura toujours quelques-uns qui passeront par chaque tétraèdre , et il s'agit de déterminer la manière dont ils sous-diviseront ce tétraèdre.

Or , il est visible d'abord que comme il y a toujours deux plans parallèles l'un à l'autre , tels que ceux qui ont les arêtes AD, BG pour lignes de départ, cçsdeux plans se confondent au centre j et ainsi, au lieu de, douze plans, nous n'en avons que six à considérer. Nous choisirons ceux qui sont censés être partis des six arêtes AD, DM, GM, AB,BM, AM.

Or, le plan qui est parti de AD , et qui passe maintenant par le centre c , doit en même temps passer par la ligne acsy qui coupe AB, GD en deux parties égales, et qui est parallèle à AD. De plus , il doit être perpendiculaire sur le carré ABGD, d'où l'on conclura qu'il doit passer par le point M. Donc sa section dans le tétraèdre abcd coïncidera , I*. avec l'arête ac de ce tétraèdre, 2*. avec la ligne an menée de l'angle a sur le milieu de bd^ 3"*. avec la ligne en qui joint les deux précédentes , d'où il suit que cette section sera le triangle acn. ^

En appliquant le même raisonnement au plan qui est parti de l'arête DM, on concevra qu'il doit passer par l'arête bc du tétraèdre, par la ligne bz

DE MINÉRALOGIE. aSS

menée de l'angle b sur le milieu de ad^ et par la ligne cz qui joint les deux précédentes, c'est-àdire que la section est le triangle bcz.

Enfin, il sera facile de voir que le plan qui est parti de l'arête 6M doit passer par l'arête cd du tétraèdre, par la ligne do menée de l'angle d sur le milieu de abj et par la ligne co qui joint les deux précédentes, en sorte que la section est le triangle dco.

Les trois plans que nous venons de considérer sous-divisent la face abd du tétraèdre en six triangles rectangles égaux et semblables , au moyen des sections an ^ do y 5z. De plus, ils passent par les trois arêtes acy bcy de y contiguës d'une part aux trois sections, et de l'autre à l'angle solide c, opposé au triangle abd. Donc ils sous-divisent le tétraèdre en six autres tétraèdres égaux et semblables entre eux. 11 sera aisé aux géomètres de déterminer les quatre triangles rectangles qui composent la surface de chaque tétraèdre partiel.

Le tétraèdre sfcg ayant sa base gsf opposée et parallèle^à celle du tétraède abcd^ et son somcmet pareillement situé au centre de l'octaèdre, les mêmes plans qui sous-divisent Je premier opèrent nécessairement dans le second des divisions semblables.

A l'égard des trois autres plans, qui partent des arêtes AB, BM, AM, ils n'entament point le tétraèdre abcd. Par exemple , il est évident que celui qui a l'arête AB pour ligne de départ, passant

nécessairement par le point M et par les milieux des lignes BG ^ AD , ne fait que toucher l'angle solide ù du tétraèdre , et il en est de 'même des deux autrçs.plaflç. ' . /

En. général , chacun des six plans dont nous çygns pprlé, pass^.fiiécessairement par quatre té^ traèdrçs. ;Aii\^9 lie plan qui e$t parti de AD^ et q)ii pasj^e par le tétraèdre. a6c£?, aiusi que nous l'avons vu , sous-divîse de même le tétraèdre opposé js/^^, jet 9 de plus, les deux tétraèdres qui ont leur^ &ees extén^tu^c^ ^ijtuées^ sur le triangle

DGMy: l'i^^tre sup le tiian^e ABl. Or, il y a six pliais et hl^t^^§l;i^aèdres,. dont chacun subit trois $0ction9 )• ce q|ciL.£^it ei| . tout vingt-quatre sections. Pono^ divissg)tJ<ç.:noin^e des sections par le nombre d0s plions Qoupan$9 on {^.quatre codons pour chaque plcya^ .ou,;;ç!e..qui reyjien}; au mêiue, chaque plan 9Q|is*^yise^.qiiatre tétraèdres. .

. 3i Qoùs s^pposons niaintenant que l'octaèdre AG soit composé d'un nombre presque infini de petits tét^i^dres réguliers réunis par. leurs bords , dont jQbAÇ^n soitrasseviblage de six tétraèdres pàus petits iPiéimi» ^ leurs faces , il y auia idans le cristal un ciood^e presque ipfini de joints, parallèles les ims ai|x.J&Cgf 4es |4|r^èdres réguliers, le^ autres aux f^Ç^l^às^ ^traèdres^qui composent ceux'-ci; et comme ^f P^i^S^fs joints seront en qtéme temps parallèles M!^>f9Ç^s çle l'octaèdre total., et les seconds à celles jl'yjfl, dodéç9iè4l^e rhomboidal, qa voit comment

la division mécanique peut conduire ici au doi^Ie résultat que nous avons annoncé.

La fonte de Fanlimoine natif a une forte ten-^ dance vers la cristaUisalion , au pœi^t que sa «ur- Êîce même ^ apr^ un refroidissement lent et gradué y se trouve ornée d'une espèce d'étoile très appâraite y' a ray<ms branchus , surtout si cette surface a une certaine convexité. Mais loivqu'éUe n'a qu'une courbure insensible , on remarque , lu lieu d'ime étoile , des empreintes qui ont quelque rapport avec les feuilles de fougère. La surfaice dés autres métaux présente bien quelque chose de sémr bldtile, mak avec^un de^in beaucoup plus léger.

Au reste, ces étoiles et ces dendriles superficielles qui ont paru si merveilleuses dans un temps où l'on ne .connaisfltait rien d^ mieux, n'étaient qu^ime faible ébauche du travail de la cristallisation , lors* <fu'on fait fondre l'andmmne dans un creuset que 4'on- survide ensuite, pour mettre à nû les ciks-taux qui se sont formés sous la croûte du métal. Ces <histaux , suivaqt les ckconstances , sont ou des Cubes , ou des parallélépipèdes rectangles alongés y ou des ramifications composées de petits ^>etàèdres im^antés 'l'un . dans l'autre , et qtii , pw létbt en-^ setz^le , imitent une pyramide triangulaire^ dont les faces serai^it creusées en gouttière.

vM; ^iUet'À trouvé que l^antimoine natif ^ traité: au t^halumeaà^ produisait ùneffiptsemblable à celui d'une jolie expérience que l'on avait déjà fSuté avec Fétàin.

q88 traité

'. On saisit le moment où le globule d'antimoine étant en pleine ftision sm* le. charbon , l'éclat de sa sm'face n'est offusqué par aucune particule oxidée, et on le. jette aussitôt à terre. Le globule s'enflamme, en s'emparant de l'oxigène de l'air qu'il traverse , et se sous-divise , au moment de sa chute ^ en une multitude d'autres globules de métal enflammé,, qui s'élancent de tous les côtés, comme autant de petites étoiles d'arlifice.

. ; L'antimoine est employé dans la fonte des caractères d'imprimerie , et dans la composition des miroirs •métalliques. On le mêle k l'étain pour lui donner de la dureté; Ce qu'on a appelé métal de prince et aussi étain de Cornouaillesj était un alliage d'antimoine et d'étain, dans le rapport d'environ i8 à •100. Les couverts fabriqués avec cet alliage furent d'abord recherchés de toutes parts, et l'on en chargea des vaisseaux entiers pour l'Espagne, l'Amérique et les Indes. Mais il parait qu'une des principales raisons qiiien ont fait tomber l'usage, est le déchet considérable de matière occasionné par l'antimoine, lorsqu'on est. obligé de lès refondre (*).

Aucun métal n'a plus exercé que. celui-ci l'art des alchimistes, qui fondaient principalement sur lui l'espérance de parvenir à la découverte de la pierre

." (^) Voyez l'Art du Potier d'étain, par Sahnon , faisant partie . de la ; suite, des Arts et Métiers , publiés par l'Académie des Scienoes. .

philosophale. Par une espèce dé bonheur, d(»it on pourrait citer d'autres exemples dans des genres difiërens , il est arrivé qu'en poursuivant une chimère , ils ont trouvé sur la route des réalités ; et c'est à la constance avec laquelle ils ont, pour ainsi dire, tourmenté ce métal de toutes les manières , que l'art de guérir est redevable d'une multitude de préparations qui ferment une partie de ^es plus puissantes ressources.

Les préparations antimoniales (^) ont sur l'économie animale une action dont les effets sont plus ou moins évidens. L'une est celle qui est caractérisée par la propriété émétique, ou vomitive, et pui^ative ; l'autre se fait ree<Minaître par une augmentation dans l'action de certains organes dépendans du système lymphatique, tels que l'organe de la peau et l'organe pulmonaire; oe qui fait qu'on les emploie dans les affections catarrhales du poumon, et dans les maladies cutanées de la nature de la gale et des dartres.

Les différens états de l'antimoine et s^es diverses combinaisons jouissent plus ou moins de l'uilie ou de l'autre de ces propriétés , souvent de toutes les deux.

1"*. Lesoxides incomplets, le métal pur, appelé autrefois régule , et presque toutes les combija^sûsons salines, sont ^métiques et purgatives. Parmi

(*) Artide communiqué par VL HidU.

MiNÉR T. IV. ï9

tîelle»-ci, on se sert spécialement du tartrite de potasse et d'antimoine, connu sous le nom dVm^ ^ tique- Les verres d'antimoine ou oxides d'antimoine vitreux étaient employés jadis , ainsi que le régule, qu'on prenait en im bol qui, par son seul passage dans les intestins , produisait un effet purgatif.

Ai a*". Les combinaisons de l'antimoine, dans l'état d'oxide , avec le soufre , sont également émétiques. La plus employée est l'oxide d'antimoine sulfuré brun , ou le kermès minéral. 11 est employé , soit comme émétique, soit dans les affections catarrbales de la poitrine , pom' accélérer l'expectoration , quand on ne craint pas de porter un certain d^é d'irritation sur cet organe.

3*". Les combinaisons de l'antimoine pur avec le soufre, n'ont aucun effet émétique. On les croit diaphorétiques , c'est-à-dire déterminant en plus grande abondance la transpiration insensible, et favorisant la sortie des éruptions cutanées. Le sulfiire d'antimoine ou l'antimoine cru a été souvent employé dans cette intention , ainsi que les préparations dans lesquelles il se forme des sulfures de potasse et d'antimoine.

4^. Enfin, les oxides saturés d'antimoine paraissent avoir perdu toute propriété émétique , par cette saturation; mais l'opinion vulgaire, parmi les médecins , est qu'ils conservent la propriété diaphorélique. Tel est l'otide blanc d'antimoine traité par

DE MINÉRALOGIE. agi

le nitre, connu sous le nom d^ antimoine diapho-

rétique.

SEœNDE ESPÈCE.

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