BUsexdécimal M»G»'G'BÀ (fig. 3io
M ^f / ru
Prisme à seize pans , terminé par des pyramides à huit faces. (Traité de Cristallographie^ t. Il, p. 3i6.)
CRISTAUX OROITpis.
Les cristaux de titane oxidé ont une tendance générale à s'accoler 'deux à deux par un plan de jonction oblique à leur axe. La réunion des deux cristaux se fait de manière qu'ils paraissent engagés l'un dans l'autre par leurs sommets , et que leurs axes font entre eux un angle obtus de ii4^ i8'. Le plan de jonction est parallèle a une face qui serait pro-
duite en vertu de la loi A.
I. Titane oxidé géniculé. Les deux prismes subissent dans leurs contours différentes lois de décroissement, qui donnent les sous - variétés suivantes :
a. Unitaire. M*G' (fig. 3ii),
DE MINERALOGIE. SSj
h. Ternaire. 'G' (fig. 3ia).
c. SoustracUf. •G«»G» (fig. 3i3).
Pans les deux dernières, la 1<h de symétrie, n'est point observée. Pour qu'elle le fût , il Êiudrait que les &ces désignées par s se répétassent des deux côtés de chaque arête 6 , comme cela a Heu pour les filces/" .de la variété dioctaèdre, tandis qu'au contraire on n'en voit qu'une seule. Mais ces sortes d'anomalies ont lieu quelquefois dans les groupemens.
2. Titane oxidé bigéniculé. Dans cette variété^ la jonction se répète , soit du même côté , ^it latéralement, par Fintervention d'un troisième prisme. (Traité de Cristallographie, t. II p. 3i4*}
Formée indéterminables.
Titane oxidé laminaire. En Norwège, où il est recouvert de fer oligiste.
Grano-lamellaire.Af^eYr-Jersey.
Qylindroîde. En Hongrie ; au Brésil.
Aciculaire. En aiguilles , qui ont quelquefois plusieurs centimètres de longueur. Elles sont souvent engagées dans le quarz.
Réticulé. Sagérdte de Saussure. (Voyage dans les Alpes, n** 18940 Assemblage d'aiguilles qui se croisent de manière à imiter un réseau par leur assortiment.
Pulvérulent. On le trouve ordinairement à la surface de la chaux carbonatée.
Miner. T, IV- -^^
Accidens de lumière.
Titane oxidé. Rouge-brunâtre. Brun-noirâtre. Jaune- brunâtre. Jaune - cuipreux. Orangé. Jaune-pâle.
Transparent.
Opaque.
APPENDICE
1. Titane oxidé chromifère. (Annales du Muséum , t. VI, p. 93. ) D'un gris demi-métallique noirâtre , qui approche du gris de fer. Se trouve en Suède 5 daiis la paroisse de Fernebo , près de Sala. Il y est enveloppé de mica métalloïde d'un brunverdâtre.
2. Titane onidé fer rif ère. Nigrin y K. D'un gris de fer. Action plus ou moins marquée sur l'aiguille aimantée.
a. Laminaire. De Norwège. De Hof-Gasteiii , pays de Salzbourg.
b. Granuliforme. Ménakan, W. Vulgairement
JHénaianite; ainsi nommé parce qu'on le trouve
dans la vallée de Ménakan , au comté de Cor-
nouailles.
Relations gêologiqueè.
Le titaiie oxidé paraît ne le céder, qu'au molybdène , relativement à l'ancienneté d'origine. On en a cité des cristaux engagés dans le granité et dans le gneiss, et c'est à cette d.ernière espèce, de roche
qu'appartient le titane oxidé des monts Garpaths ei^ Hongrie. Sa gangue immédiate est un quarz. On attribue le même gissement au titane d'Espagne. Une autre roche que l'on regarde comme étant d'une formation postérieure à celle du gneiss, qui renferme aussi le titane oxidé, est ceJle qui' est composée d'amphibole lamellaire, et qu'on a observée au val Sésia y dans les Alpes piémontaises ; le titane oxidé y, est accompagné de titane calcaréo-siliceux , blancjaunâtre.
Le quarz est , de toutes les substances pierreuses , celle qui sert le plus communément de support ou d'enveloppe au titane oxidé. La variété géniculée se trouve dans une multitude de pays diiférens : aux environs de Limoges en France ; au Simplon , dans la chaîne des Alpes ; aux monts Garpaths en Hour griej en Espagne, dans la Nouvelle-Gastille ; près de Rauris , dans le pays de Salzbourg ; à Arehdal en Norwège ; à New- York , dans les Etats-Unis , etc. On rencontre aussi la même substance dans plusieurs endroits, sous la forme aciculaire. Elle perd alors, au moins en grande partie , sa tendance vers le mode de jonction qui a lieu dans la variété géniculée. La sagénite de Saussure a été observée dans la vallée de Rauris; elle y tapisse les interstices d'un assemblage de cristaux prismatiques de mica , verdâtres à l'intérieur , d'mi brun-noirâtre à la surface , disposés par groupes qui imitent des mamelons. Au Saint-Gothard, le titane forme aussi des espèces de réseaux
34o TRAITE
qoi s'ëtendent sur la surface du talc^ et quelqueSDÎs du feldspath. Ses crbtaux aciculaires, tantôt Ht^res, tantôt rëunk en gerbe , tantôt comme entrelace les mis dans ks autres ^ garnissent intérieur du quarz hyaUn transparent à Madagascar, au Brésil et en Sibérie. M. Beauvots a trouvé beaucoup de tilane o:Kidé amoqdie dans la oaroline du Sud , prine^mlement au OooUé de Pendleton, en-deçà des mmtagnes bleutés. Il paraissmt avoir été entraîné par des courans d'eau qui l'avaient déposé dans une tenre ferrugineuse, mêlée de miea jaune.
Piarmi les substances métalliques, je ne connais , que le fer auipidi le titane oiidé soit associé. Indépendamment du titane oxidé ferrifêre où il est engagé par voie de mélange , on trouve souvent ces deux minéraux juxta-posés et simplement adbérens l'un à l'autre.
J'ai déjà cité le âtane oxidé de Norw^e recouvert de fer oligîste ; on y voit séparément les deux substances qui sont unies étroilement dans la variété fer-* rifère. Je possède un morceau du Saint-^Gotbard qui présente de petits cristaux de titane avec des cristaux de fer spathique , sur un quarz hyalin. Les cristaux de titane sont terminés par des facettes dbliques qui parussent appartenir en propre à chacun d'eux ^ et sont étrangères au groupement. Ma» rien n'est comparable à ces cristaux du Saint-^Gtotliard , rangés parallèlement les uns aux autres, à peu près comme des tuyaux d'orgue, sur le fer oligistC), auquel ils sem-
DE MINÉRAIuOGi£. 34 1
blent le di^uter par leur éclat. Si l'on incline l'œil , le titane parait d'un rouge mordoré, à l'aide des rayons qui se soât réfractés en le pénétrant. C'est un effet analogue a cetui que produit le fer olig^ste luiméiiie ) dans certains criatauE qui ont des parties tran$pareiil0s. M$» le rouge mordoré que présentent ces parties est la^'codleur coin|)lémmitaire de la teinte bleuâtre produite par les rayons réfléchis, au Keu que le titane oxidé rentre dans l'analogie des substances transparentes ordinaires, dans lesquelles la couleur vue par réfimction est la même que celle qui est vue par réflexion. C'est une suite de ce que le titane oiddé, qusmd il est par, a sa sur&oe d'un rougebrunâtre, dcmt le rouge mordoré n'est qu'une nuance.
Annotations.
Le titane oxidé a été rcfgardé pendant long-temps cofMse une substance pierreuse , que l'on désignait sous d^rens noms. Celui de Hongrie était appelé 9iehml rouge y dénomimiboii suffisamment motivée dans les principes de TancÂenne Minéralogie , pur le caractère que de Bwn lui assigne^ et qui consiste dans sa oriatdUisatidn en prisme chargé de cannelures longitudinales. Klaproth remarque que l'on avait aussi rangé le titane parmi les grenats , d'après sa cassure et sa couleur (*). Saussure regardait la variété réti-
C) Journal des Mines ^ n" 1 5 , f». a. .
culée 5 qu'il avait observée au Saint-Gothard , coinme une espèce particulière de pierre , qu'il appelait sagénite, dérivé de sagena , qui signifie un filet.
Quant au titane de France , il y en avait depuis long-temps des morceaux entre les mains de plusieurs naturalistes ; et le fils du célèbre Wedgvf ood , à qui M. Guy ton en fit voir lui , qu'il avait trouvé à Pont- James ou les Noyers, crut y reconnaître les carac* tères du spath adamantin ou corindon (^). C'est d'après cette opinion que plusieurs auteurs ont cité le Poitou parmi les gissemens du spath adamantin (**).
Enfin, Klaproth, dont les recherches chimiques ont eu, plus d'une fois, le double mérite de dissiper une erreur par la découverte d'une vérité, reconnut dans le prétendu schorl rouge de Hongrie, la présence d'un métal particulier , auquel il donna le nom de titanium. Quelque temps après, l'examen des propriétés physiques et de la structure d'un cristal rapporté de Saint-Yriex , me fit conjecturer qu'il pourrait bien être de la même nature que le schorl rouge de Hongrie, dont le célèbre chimiste de Berlin venait de dévoiler la véritable composition (***) ; et cette conjecture fut bientôt vérifiée, d'après l'ana-
(^) Annales de Qiimie, t. I, p. 189.
(**) Kîrwan, t. I, p. 336; Gmdin^ nouvelle édition de Linnaeus^ t. III, p. 21 3. M. Emmerling indique la même localité avec un point de doute , t. I , p. n .
(***) Journal des Mines, n° 12, p. 46, note a.
lyse faite de la même substance par Yauquelin et flechtf).
A l'époque où je publiai mon Traité, je n'avais encore vu aucmi cristal simple de titane ozidé qui fût régulièrement terminé. Les facettes qu'on aurait pu prendre pour celles d'un sommet, setablaient être plutôt l'efiçt d'un groupement semblable à celui que représentent lesfig. 3i i et suiv., dans lequel un des cristaux était surmonté par les pans d'un siecbnd cristal ou même de plusieurs entés sur lui. Cette disposition des cristaux de titane à se réunir ordinairement deux à deux , en forme de genou , est presque générale dans ceux des différens pays. Je m'en, suis servie au défaut d'observations directes, pour déterminer , au moins d'une manière vraisemblable, le rapport entre les dimensions de la molécule intégrante, d'après le principe que dans toiisles cristaux qui paraissent se pénétrer mutuellement ,. le plan de jonction est dans le seos d'une face qui résulterait d'une loi de décroissement, que j'ai supposée ici être la plus simples