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Annotations.
Le titane anatase, beaucoup plus rare que les autres espèces du même métal , se trouve dans les montagnes voisines du bourg d'Oisans, département de l'Isère. Ses cristaux , qui sont petits en général, et dont plusieurs sont presque imperceptibles, ont pour gangue la même roche sur laquelle on trouve aussi l'axinite, la prehnite, l'épidote, etc., et qui est proprement un diorite dans lequel tantôt le feldspath et tantôt l'amphibole prédomine à certains endroits.
Les auteurs de Traités de Minéralogie n'ont cité jusqu'ici l'anatase que dans la localité dont je viens de parler; mais il existe aussi en Espagne, dans un mica, et on l'a retrouvé en France près de Moustiers, ancien département du Mont-Blanc, où il a pour gangue une roche qui parait être de la même nature que celle du département de l'Isère. Le titane anatase y est associé au feldspath quadridécimal et au quarz hyalin prisme.
Nos premières connaissances sur le titane anatase sont dues au célèbre Bournon , qui, en 1783, envoya à Rome de Lisle une notice sur vm cristal bleu de cette substance , qu'il appelait schqrl d'une couleur
hleue indigo. Ayant acquis depuis divers autres cristimx du m^ne ndnérid, il en mesura les angles; et il indiqua 1 4o^ pour la vatew de celui que forment entre elles les faces P, P^ Il cita une autre variété de la même substance , en octaèdre moins alongé que le primitif, qui lui parut provenir de la loi de décroissemw^t dcont Vei(pr^9siQn serait B. Mais cet oc-
taedre ne s'est point encore rencontré parmi les différentes formes de titane anatase qui se sont dBTertes k mes observations.
Saussure a décrit aussi la même substance, à laquelle il donne le nom d^octaédrite. N'ayant point alors de goniomètre, il avait employé, au défaut de cet instrument , une méthode qu'il recommande y comme susceptible d'une plus grande exactitude. Elle con* sistait à mesurer, avec le micromètre , les trois côtés d'un des triangles P ( fig. 3i4) ? et à en déduire trigonométiîquement les angles. Il avait trouvé, par ce procédé , 53* \ pour la valeur de l'angle au sommet de chaque triangle, d'où il s'ensuivrait que l'incidence de P sur P' ne serait que de 119^ 28*. J'ai suivi la 'méthode inverse , c'est-à-dire que f ai mesuré immédiatement cette dernière incidence, qui m'a donné ^iviron i37<* ^, et f en ai conclu l'angle au sommet de chaque triangle, qui est d'environ 4^*^? ^^ V^^ f^nt une dîflPérence de près de 1 8^ d'une part , et de 1 3*^ de l'autre. J'ai répété mes observations sur plusieurs cristaux, et j'ai obtenu constamment le même résultat. Il est probable que celui de Saussure ne s'en
écarte si sen^blement que par l'effet de quelque madvertance. Mais en m'abstenant d'imputer Terreur âu procédé employé par ce célèbre naturalise, je ne balance pas k prâSirer le gcmiomètre , oomme beauieoup plus sûr, et d'ailleurs d'un usage plus &dle et plus expéditif.
A Té^rd du nom â^octaédrité donné par le même naturaliste à la substance dont il ^'agit, il m'âffâit paru trop vague pour être adopté , et je l^àvite ttamplacé dans la premi^ édition de ce Traité par un autre qui, emprunté aussi de la forme, portait sur le caractère particulier qu'elle présente dims cette substimce, oii les pyramides qui composent Poe* taédre sont beaucoup plus atongées que dans tous les autres minéraux qui ont cette même ferme pour noyau .
Ayant conjecturé, d'après quelques indices , que les cristaux d'anatase devaient avcâr la propriété de conduire trés^ftMsy:>lement le fluide électrique, je m'y suis pris de la maniète suivante pour vérifier ce soupçon : j'ai fiât entrer de petits cristaux de cette substance dans un tube de verre, de manière qu'ils y étalait vangés à la file , sur une longueur d'environ quatre ^centimètres. J'ai inséré ensuite, par leèdeui^ orifices , detii verges de cuivre , dont chacune se trouvait en contact avec une extrémité de la file de cristaux, et dont l'une était droite , et l'autre recourbée en anneau par sa partie saillante. Ayant fait communiquer la première avec un conducteur qu'on électri-
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sait modérément, j'ai obtenu des étincelles assez vives , en approchant le doigt de la partie recourbée de Tautre verge ; et lorsque je faisais l'expérience dans l'obscurité, je voyais dçs points liunineux très éclatans à tous les endroits où les petits octaèdres laissaient entre eux de légères séparations. L'expérience, faite comparativement avec des grains de chaux fluatée, ne produisait aucune transmission bien sensible du fluide électrique.
Cette propriété qu'a le minéral dont il s'agit ici ^ de transmettre très sensiblement l'électricité, m'avait fait présumer qu'il contenait une substance métallique (Traité, première édition , 1. 111, p. 1 35 ). Ainsi, ayant déterminé l'espèce , diaprés ses caractères géométriques , qui la distinguaient de toutes les autres espèces connues, ce qui était le point essentiel, j'avais comme entrevu la classe à laquelle il appartenait. M. Yauquelin y a reconnu, depuis la présence du titane, et une expérience ultérieure, dans laquelle il a comparé ce minéral avec le titane oxidé ordinaire , a indiqué de part et d'autre le même degré d'oxidation , et les mêmes propriétés chimiques (Journal des Mines, n^i i4jP« 4?^ ®t suiv.).Demon côté, j'ai essayé de ramener au même type les cristaux des deux substances , à l'aide de la théorie , et je n'ai pu y parvenir. A la vérité , l'octaèdre du titane anatase étant symétrique , en sorte que la base commune des deux pyramides dont il est l'assemblage est un carré, et la forme primitive du titane oxidé étant un prisme droit
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dont les bases sont des carrés , ces deux formes considérées en général ne sont pas incompatibles. Mais en partant de l'une de ces formes , par exemple de celle du titane oxidé , je n'ai pu en faire dérivjer, par des lois admissibles de décroissement , l'octaèdre de l'anatase , non plus que les variétés qui naissent de celui-ci. Ce sont deux systèmes tout différens de cris^ tallisation.
La division mécanique présente de même des divérités très sensibles ; on n'observe dans le titane oxidé aucun des joints obliques qui conduisent à l'octaèdre de l'anatase , et celui-ci n'offre aucun indice des joints parallèles à l'axe qui sont si apparens dans le titane oxidé.
Une autre différence qui est moins importante ^ maiâ qui n'est pourtant pas à négliger, c'est cette tendance presque générale des cristaux de titane oxidé pour s'alonger en prismes ou en aiguilles qui s'entrecroisent, tandis que le titane anatase^ dont la forme élancée semblerait annoncer une disposition à produire des variétés aciculaires, conserve constamment l'empreinte de l'octaèdre , et se présente le plus ordinairement en cristaux solitaires.
Enfin, le titane anatase n'ofire aucun indice de cette disposition presque générale au groupement qu'affecte le titane oxidé, et dont j'ai retrouvé l'empreinte dans ces petits cristaux cylindroïdes du Brésil. On dira que c'est un accident ; et c'est peutêtre l'effet de quelque loi a laquelle est soumise la
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fobrtaiiœ par une foHe de « naliire , et dont la caose ocNif éthappe. Les cristaux d'étain ont de mêHie une grande habitude de se grooper deux à demu Le Wût d^aeddtni^tpi nous est si fianilîar, a qadque- SouVmr dW expédient pour nous dâMurasser dPun fint dont l'explicaticm nous gtee.
Les cotdears^ qtd dans les mëlanx sont caiactët»tiques, paraissent paiement s'opposer à KdéedW rapprochenmt entre les deux subslanoes. On sait que les cristaux de pluMurs espèces de cette classe, tels que le cuimre oxidnlë, l'argent antinionié sulfuré, le nierciu« sulfuré , ont assez souvent leur surfilée douée d'un éclat métallique^ qui semMe être l'effet d'une, modification accidentelle, en scMe ijue le véritable état de ces substances, celui qui ofire comme la limite de tous les antres, est caractérisé par la couleur rouge jointe à un certain d^é de transparence. $H1 en est de même des deux espèces de titane que nous comparons ici ^ la limite du titane oxidé ordinaire répoudra au rouge minoré, et celle de l'anatase à une couleur très différente qui est le bleu-indigo. Jusqu'à ce que de nouvelles recherches nous aient dévoilé la cause du défeut d'aCCord qui existe ici entre la Chimie et la GriMiallogtaphie , j'ai cru devoir placer séparément l'anatase k la suite du titane oxidé, en lui conservant comme épithète le nom que je lui avais anciennement donné.
TROISIÈME ESPÈCE