Epointé. P'E'A (fig
lucidence de o sur P^ i33^ 19^ Les faces o sont ordînairement plus ou moins curvilignes.
Formes indéterminables.
Mellite granulifarme.
Accidens de lumière.
Couleurs.
^ Mellite^'az^Tza de miel.
Orangé-brun.
Transparence.
Transparent.
Translucide.
Annotations.
Les cristaux de mellite ont été découverts à Artern^ en Thuringe , dans des couches de bois bitumineux ; et l'on dit que depuis on en a trouvé aussi en Suisse^ où ils accompagnent le bitume glutineux ( asphalte ). Us sont le plus souvent isolés et quelquefois groupés les uns dans les autres.
L'opinion qui a d'abord prévalu, relativement à la nature du mellite, était celle qui en faisait un succin cristallisé. Cependant plusieurs naturalistes opposaient à ce rapprochement diverses expériences com-
paralives, et M. Gillet Laumont, en employant à cette recherche une très petite quantité de mellite, sut si bien l'économiser , qu'il la multiplia, pour ainsi dire, en la faisant servir à une douzaine d'expériences, qui toutes tendaient à établir une différence dé nature entre les deux substances. Ce n'est que depuis cette époque que les chimistes ont commencé à s'occuper de l'analyse du mellite.
Ce minéral est composé d'alumine, d'eau et d'un acide analogue aux acides végétaux, c'est-à-dire ayant une double base formée d'hydrogène, et de carbone , en certaine proportion , et combinée avec l'oxigène. Lorsque l'on décompose ces sortes d'acides, leur hydrogène s'unit à une partie de leur oxigène, ce qui forme de l'eau, et leur carbone, en s'unissant à une autre portion d'oxigène , donne de l'acide carbonique.
Quelques auteurs avaient annoncé que le mellite ne s'électrisait pas par le frottement. Cette assertion me parut d'autant plus surprenante, qu'une partie des cristaux de mellite jouissent d'une assez belle transparence, et ont un aspect qui semble indiquer une substance isolante. Ayant donc soumis à l'expérience quelques-uns de ces cristaux, sans les avoir auparavant isolés, j'ai trouvé que le frottement les rendait électriques résineusement. Mais leur vertu était faible et si fugitive , que pour en observer les effets, il fallait faire franchir rapidement au cristal frotté , l'espace qui le séparait du pelit appareil ; car MiNÉR. T. IV. a<^
45o TRAITÉ
au bout d'un instant l'électricité était éteinte. Mais si on isolait le mellité , et qu'on le frottât , son électricité résineuse devenait beaucoup plus forte , et elle se maintensdt pendant deux ou trois heures. Ainsi lemellite ne fait point exception aux autres substances combustibles; mais il est sur la limite des corps îsolans, et bfiBre comme la. nuance entre ces corps et ceux qu'on appelle conducteurs.
La composition de cette substance la rapproche des pierres, par la nature de sa base qui est {'«alumine , et des êtres organiques , par la nature de l'acide uni avec cette base. Ainsi le taellite , à raison des principes dont il est l'assemblage , ofire comme un OEMiyen terme entre le règne minéral et le règne végétal ; je dis, à raison de ses principes , car je suis bi^i élcngné de croire qu'il existe des intermédiaires réels entre les différens règnes, et d'admettre cette dratne-continue que quelques auteurs ont cru voir dsats la nature , comme si l'on arrivait d'un règne à l'autre par une gradation non interrompue de nuances, en sorte que le dernier des animaux fût la pi^emière des plamtes, et la dernière des plantes le premier des minéraux. Cette idée , qui a quelque chose de spécieux , est également opposée à la raison et à l'observation, et pour ne parler ici que dés deux derniers règnes , il y a un saut brusque des végétaux aux minéraux , une ligne de démarcation nettement tranchée , qui s'oppose absolument au contact entre les uns et les autres. Elle consiste dans la manière dont les végâ-
tauiiy s'«iccioi$seiit par intus-susception, à l'aide du dév^ioppement simultané de toutes leurs parjties, au lieu que le minéral s'accroît par une simple juxtaposition de molécules similaires qui s'appliquent à sa surface. Et si l'on veut un nouveau point de partage enl^e les étnes des deux règnes , je dirai que ce principe de vie qui élève la plante au-dessus du minéral, suppose en même temps en elle les causes d'une altération qui commejace aussîbk 'que l'individu a acquis le dernier degré de son développement, et qui le conduit à une mort plus ou moins prochaine, selon que le développement a été plus ou moins rapide. I^s minéraux, au contrajire, ne renferment point c^a eux les principes de leur destruction ; il faut pour les détruire, ^ue des causes extérieures agissent sur eux; un çrisital de quarz , un diçunant , ui^e t^op^ise , renfermés daps une collection minéralogique ^ peuvent y rester intacts pendant des siècles ; ils ne sont pas immortels, ce nopi .^e leur convient pas; mais ils sont à jaipais durable^. Enfin, les plantes se survivent en quelque sorte à elles "-mêmes dans leur postérité; elles laissent autour d'elle^ en mourant des gages nombreux de leiu* fécondité; au- lieu que le minéral une fois détruit par l'effet d'un ageat qv^ a séparé ^le» ^lolécules, peut seulenjient être recompose au W>y^^ d'un liquide qui remaniera ses débris, ou passer dans la composition d'un minéral d'espèce diff^njtie. Ainsi tous les &its démentent cette bypotb^ de l^ cjbainje des êtres que Ton a prise pour
une grande et belle idée , et l'on peut appliquer ici ce que Boileau a dit des productions de l'esprit:
Rien n'est beau que le yraî , le vrai seul est aimable.
APPENDICE