FER SULFURE MAGNÉTIQUE
successifs. Toutes les anfractuosités des fragmenls de roches sont recouvertes de pyrite, celle-ci a même pénétré dans les fissures de ces roches.
FBR SaiVUKÛ KAGViâTXQUB.
Pyrite magnétique; Pyrite hépatique; Leberkise (Boudant) ; Pyrrhotine (Breithaupt}.
Ce minéral est de couleur bronze mélangé de rouge ; son éclat métallique peu prononcé passe à Téclat métalloïde. Il forme des masses grossièrement lamelleuses, quelquefois grenues. Leur cassure, ordinairement inégale, a, dans la plupart des échantillons, une tendance à être lamelleuse. Sa dureté, beaucoup moindre que celle des pyrites jaunes et des pyrites blanches, est représentée par 4. Sa pesanteur spécifique, 4,63, 4,66 ; le fer sulfuré magnétique agit faiblement sur Taiguille aimantée. Exposé au chalumeau, seul sur le charbon, il devient rouge à la flamme extérieure et se transforme par le grillage en oxyde de fer.
Le fer sulfuré magnétique cristallise sous la forme d un prisme hexaèdre régulier dans lequel un des côtés de la base est à peu près égal à la hauteur. Les cristaux présentent des clivages parallèles aux six faces du prisme et un dans le sens de la base ; ce dernier est surtout marqué, c*est celui qui donne aux masses leur structure lamelleuse.
Les cristaux de pyrite magnétique sont très-rares, je n'ai eu l'occasion d'en voir que de fort imparfaits. M. le comte de Bournon en décrit un, fig. 75, pi. 64, dans lequel le prisme à six faces porte à la fois des modifications sur les angles ainsi que sur les arêtes de la base et des faces verticales
Les angles de ces faces sont :
P sur H
M sur M := 1200.
P inr h'
M sur M = 1500.
P sur 61
M sur 6i/«= 1530 33,.
P surfti/»
6» sur 6'i« = 1610 19'.
P sur a»
A'/« sur a* = 1530 24'.
lAI*iw 6V*
hi sur ai =150oT,
Stt^ FSR BULVUIUI MAGNttlQUE.
Je rappellerai que M. G. Roie ^ a trouvé dans la météorite de Juvénas des cristaux de fer sulfuré, qui confirment que ce minéral est en prisme à six faces régulier. L'un d'eux, d'une grande netteté, se présente sous la forme d'une double pyramide à six faces basée, /Ig. 76, pi. 64, dans laquelle il existe, en outre, des modifications sur les angles et sur les arêtes. Les faces M du prisme, ainsi que celles du prisme à six faces h *,y sont également représentées; les facettes de ce cristal étant très-miroitantes, M. G. Rose a pu en mesurer les incidences avec une grande exactitude. Les angles suivis d'un astérisque sont les résultats des mesures obtenues sur ce cristal.
Les analyses suivantes établissent que la composition du fer magnétique est représentée par la formule FSu* + 6FS».
Du Brésil, ^ valiliin ^ ^am, Du Barlx, Rapp.
par Plaimer ". ** rtnnin. ^^^ uenhlôr ». par sirooieier «.
Soufra 40,43 40,29 40^ 40,15 0,499 8.
Fer 59,63 59,72 59,S0 59,85 0,176 7.
La pyrite magnétique appartient essentiellement aux terrains anciens ; elle y est disséminée quelquefois en parties contemporaines , comme dans le mica-schiste de Bodenmais en Bavière, dans lequel elle accompagne la dichroîte. Le plus ordinairement, elle fait partie constituante de certains filons, comme au Hartz, au Brésil , à Konsberg en Norwége , et à Saint-Âustle dans le Gornouailles ; elle est, en outre, disséminée dans les météorites.
M. Laurence Smith a trouvé que la pyrite magnétique qui existe dans les aérolithcs est un proto-sulfure FeS, au lieu de Fe'^S*. Ce serait pour ce chimiste une espèce différente qu'il désigne sous le nom de pyrrolhine. La forme de la pyrite magnétique, identique pour les météorites et les échantillons
* Annales de chimie et de physique^ t. XXXI, p. 87. « Annales de Poggendor/f, t. XLYII, p. 369.
8 Annales des mines , iroÎBihmt série, t. XI, p. 499.
* Annales de GUberl, t. XYIII, p. 183.
MISPICREL. *m
de Bodemnais, apporte beaucoup de doute sur les résultats obtenus par M. Smith. On remarquera, en outre, que la différence entre les proportions serait très-faible.
Fer arsenical i Pyrite arsenicale; Pyrite blanche; Pliniaa Breitli ; VermonUte; Dalarnite Dana ; Prismatischer arseniUûea.
Ce minéral, qui contient du fer, de Tarsenic et du soufre, a été décrit par Haùy sous le. nom de fer arsenical. Cette expression, sans être complètement exacte, était suffisamment motivée par la proportion considérable d'arsenic qu'il renferme; mais depuis la découverte du f$r arsenical axotome faite par Mohs , espèce qui ne contient que du fer et de l'arsenic, on doit modifier cette dénomination, et j'ai adopté pour ce minéral le nom de mispickel, qui lui est donné par tous les minéralogistes allemands.
Le mispickel est très-fréquemment associé aux minerais d'élain et de cuivre; il se trouve en cristaux et en masses amorphes. Sa couleur est le blanc d'argent ou le blanc d'étain , généralement un peu grisâtre. Il possède l'éclat métallique. Sa cassure est inégale et granulaire ; sa dureté est 5,5 : il étincelle sous le briquet, et développe une odeur d'ail par le choc. Sa pesanteur spécifique est 6,12.
Fusible au chalumeau, il donne des vapeurs abondantes, une odeur d ail prononcée» et un bouton attirable à l'aimant. Dans le tube, il se sublime du sulfure d'arsenic. Il est soluble dans l'acide nitrique , en laissant un résidu blanchâtre.
Les cristaux de mispickel dérivent d'un prisme rhomboidal droit, fig. 77, pi. 65, sous l'angle de 111® 12', dans lequel le rapport d'un des côtés de la base à la hauteur est à peu près celui des nombres 100 : 99. La forme primitive est fort abondante; elle porte ordinairement sur la base des stries parallèles à la petite diagonale , qui sont pour ainsi dire le passage aux formes représentées par les fig. 78 et 79» données par un biseau très-obtus e^, placé sur les angles aigus.
556 HISPIGKEL.
Cette même forme porte quelquefois , en outre » de petites facettes triangulaires e^y fig. 81 , qui appartiennent à un second biseau également placé sur les angles E. Dans des cristaux de Tunaberg, les faces e* ont pris du développement, et la base est complètement remplacée par ce biseau , fig. 79.
Enûn, on trouve assez fréquemment, et notamment dans la mine de Sainte-Âguès en Gornouailles, des cristaux maclés , fig. 82 , dans lesquels le plan de Thémitropie est parallèle à la modification a^
Angles principaux.
sur M
M sur M
sur «1
M sur 0t
sur «•
M sur 0*
sur «*
M sur 0i
sur a*
1190 se.
M sur a»
sur a'
a* sur a«
Les cristaux de mispickel se groupent quelquefois de manière à donner des masses bacillaires, ou grossièrement fibreuses et radiées; on aperçoit toujours le sommet obtus des faces 6*9 ainsi que les stries qui caractérisent cette substance. Dans certains cas , cette structure bacillaire dégénère en de véritables aiguilles déliées et courtes. J'en ai vu des échantillons qui provenaient de Silésie.
uispickel amorphe. — Souvent aussi le mispickel existe en masses informes à cassure grenue et inégale : dans ce cas , ce minéral présente beaucoup d'analogie avec ie cobalt arsenical et le nickel gris : on pourrait encore le confondre avec l'argent antimonial. Les deux premières substances donnent une odeur d'ail par la percussion, ainsi que par le chalumeau ; mais le mispickel devient magnétique après le grillage, propriété qu'aucun des trois autres minéraux ne possède. Le cobalt communique , en outre , au borax une belle couleur bleue , le nickel une couleur verte , et l'argent antimonial donne un bouton d'argent métallique.
La composition du mispickel est , d'après l'analyse de M. Chevreul ;
GLAUGODOT. 557
Rapp. atom.
Soufre 20,132 0,100 1.
Arsenic 43,418 0,092 1.
Fer 34,948 0,0102 1.
Il en résulte que le mispickel est un arsénio-sulfure de fer de la formule FS» + FAs*. La quantité d'arsenic est, il est vrai , un peu faible pour cette formule : les analyses de H. Stromeyer conduisent au même résultat.
Glancodot. — Ce minéral, décrit par Breithaupt^, et dont l'analyse est due à Plattner, cristallise en prisme droit rhomboïdal, sous l'angle de 112® 16'. Il a de plus un clivage parallèlement à la base , et, sous ce rapport, il doit être assimilé au mispickel. Mais les relations atomiques sont très-différentes; il y aurait 2 atomes de soufre pour 1 de fer et d'arsenic, tandis que, dans le mispickel, le rapport des trois éléments est le même. La grande proportion de cobalt pourrait conduire à l'associer au cobalt gris, qui est un arsénio-sulfure; toutefois les difficultés de composition sont les mêmes, et de plus le cobalt gris cristallise suivant le système régulier. .
Ces différences essentielles pourraient conduire à admettre le glaucodot au nombre des espèces minérales y et y dans ce cas , sa forme serait accidentellement la même que celle du mispickel. Son éclat est métallique ; sa couleur, d'un gris blanchâtre d'étain, est la même que celle du mispickel. Sa poussière est noire; sa dureté = 5; sa pesanteur spécifique 5,97 à 6.
Au chalumeau, le glaucodot donne les réactions du cobalt, du fer, du soufre et de l'arsenic. Ce minéral a été trouvé dans deu% localités différentes au Chili et à Orawitzas dans le Banat. La composition des minéraux de ces deux localités, quoique différente, présente cependant les mêmes relations atomiques.
Au Chili ainsi qu'au Banat, le gisement de ce minéral est dans des schistes chloriteux anciens.
' AwmUs de Poggendorfr, t. LXXVII, p. 127, et t. LXXXI, p. 578.
558 FER ARSENICAL.
Du Chili, par PlaUner. D'Onwitzai, ptr Paiera.
Soufre 20,«i0 0,1000 0,4000 2 49,78 0,0904 2.
Arsenic 43,200 0,0458 0,0458 1 43,63 0,0464 1.
Cobalt 24,774 0,0355) ^^^ 1 32,02 0,04331 .
Fer 44,000 0,0176 J ' 4^ O.0059I
nwL arsbhxoai..
Fer arsenical axotome (Mohs) ; Leuco -pyrite (Shépard) ; Lolingîte (Haidinger) ; Moshine (Ghapman} ; Arsénio-sidérite ; Ârseneiaen.
M. Mohs a reconnu qu'un certain nombre des cristaux, désignés sous le nom de fer arsenical , et notamment ceux de Reichenstein, se présentaient en prismes sous l'angle de 122* 17', au lieu de celui de 111® 12\ caractéristique de cette espèce. Pour distinguer les cristaux de Reichenstein de ceux du Cornouaillcs, ce savant minéralogiste leur a donné le nom de fer arsenical axotome. L'analyse qu'Hoffmann a faite de ces cristaux ayant constaté ({u'ils sont essentiellement composés de fer et d'arsenic, et qu'ils n'admettent qu'une faible quantité de soufre en mélange, il est convenable d'adopter le nom de mispiekel, ainsi que je l'ai indiqué, page 555, pour l'ancien fer arsenical de Haûy, et de désigner le fer axotome de Mohs par l'expression de fer arsenical.
Les cristaux de fer arsenical, notamment ceux qui proviennent de Loling, près d'Hultenberg en Carinthie, de Reichenstein en Silésie, et de Schladming en Styrie, admettent un clivage très-facile parallèlement à la base du prisme. Il est tellement facile pour les cristaux de Reichenstein, qu'on voit des lames d'accroissement aussi prononcées que dans le diamant. La pesanteur spécifique, de 7,22, est notablement plus considérable que celle du fer arsenical ordinaire.
La composition de cette espèce particulière résulte des analyses suivantes :
FER OXYDULÉ. SK(0
Dejotium, DoSchladmiiif, De ReiolMiMlatai« B«pp.
par ScDeerer. par Homnann. parRersten. tMirHolItoiiiii.
Soufro, 4^ bM i,n ifià 0.008
Arsenic 70,09 60,41 65,88 65,99 0.140 2 .
Fer 27,39 13,49 52,33 28,06 0,075 1.
Nickel » 13,37 » b »
Cobalt • 6,10 > a »
Gangue a » a 2,17 »
Ed supposant que le soufre appartint à une petite quantité de pyrite mélangée, il resterait 0,075 d'atomes de fer, ce qui serait presque exactement égal à la moitié des atomes de l'arsenic; dans ce cas, la formule du fer arsenical serait FAs^.
M. Weddell, quia fait un voyage très-intéressant au Pérou, a donné à la collection du Muséum un fort beau groupe de cristaux de fer arsenical. Ces cristaux, assez allongés et minces , sont en prismes rectangulaires terminés par une base. Leur forme serait , par conséquent, donnée par des modifications parallèles à h^ et jf*. L'essai que j'en ai fait a constaté , d'une manière certaine, qu'ils ne contenaient que du fer et de Tarsenic. Us sont associés à des cristaux de pyrite de fer et de bournonite. M. Weddell a recueilli cette variété de fer arsenical h San-Marcos, dans la Cerro de Pacoani, au Pérou.
Les détails qui précèdent établissent d'une manière certaine l'existence de cette nouvelle espèce, qui diffère essentiellement par sa composition , son système cristallin , sa pesanteur spécifique et même son clivage* de l'ancien fer arsenical.
Ces deux espèces possédant le naéme système cristallin, on doitf quand lei; cristaux offrent de l'analogie, constater la présence du soufre, pour être sûr de leur détermination.
nWL 0JtTB1lt.i.
Fer oxydé magnétique ; Magneteisenslein ; Aimant (Beudant] \ Mapétite (Ilaidinger).
Haûy a donné le nom à'oxydulé au minerai que je décris dans ce moment, parce que c'est ia combinaison naturelle de
pm FER OXYDULÉ.
fer qui contient le moins d'oxygène ; mais comme oxyde de fer, il tient la seconde place et correspond exactement au ferroso-ferrique de Berzélius; sa composition est donc :
Fer 71,785 ^ Peroxyde de fer.
Oxygène 28,215 ( Protoxyde de fer 51 .
La formule qui la représente est fFe* ou te ¥e.
Un grand nombre d'analyses donnent 1 ou 2 pour 100 de silice, et quelques-unes de l'oxyde de titane.
Le fer oxydulé se trouve en cristaux et en masses : celles-ci sont tantôt granuleuses, tantôt grenues. Dans le premier cas, les grains sont assez gros et se détachent souvent les uns des autres ; ce sont des cristaux imparfaits et peu soudés ensemble. Dans le second , la cassure esl à grains fins, et brillante comme celle de l'acier. La couleur de cette substance est le gris de fer foncé. Sa poussière est noire ; son éclat est métallique. Sa dureté est 5,5 ; le fer oxydulé raye la chaux fluatée, et il est rayé par le quartz. Sa pesanteur spécifique est de 5,094. Fortement magnétique, il possède en outre quelquefois la propriété d attirer la limaille de fer. Infusible au chalumeau, Û y prend une couleur brune et n'agit plus alors sur l'aiguille aimantée. Insoluble dans l'acide nitrique.
Le fer oxydulé cristallise dans le système cubique. Ses cristaux les plus habituels sont des octaèdres réguliers, fig. 83, pi. 66. La fréquence de ces cristaux jointe au clivage m'engage à prendre l'octaèdre pour forme primitive. On le trouve quelquefois en dodécaèdre rhomboîdal régulier, fig. 84. Sa couleur et son éclat le font alors confondre avec plusieurs autres substances pour lesquelles cette forme est habituelle.
Quelques cristaux rares aflectent les formes représentées par les fig. 85 et 86. La première, désignée sous le nom de informe, contient à la fois les faces du cube, celles du dodécaèdre et de l'octaèdre; ces dernières, beaucoup plus étendues, donnent l'aspect général à ces cristaux ; l'École des Mines en possède de beaux échantillons provenant de Traverselle. La
FER OXYDULÉ.
SS6t
Hg. 4 est le dodécaèdre portant quatre faces sur ses angles quadruples, qui correspondent aux angles de l'octaèdre. Ces derniers cristaux proviennent de Suède.
Fer oxydnlé en sables. — Ce minéral est souvent disséminé dans le schiste micacé en très-petits cristaux qui produisent par la destruction de ces roches un sable d'aspect métallique, composé de petits octaèdres distincts. Ce sable, par suite de sa pesanteur spécifique, se rassemble dans les rigoles du terrain, et on le remarque à son éclat ainsi qu'à sa couleur noire. Le plus ordinairement, le fer oxydulé en sable, est titanifere. On ne sait pas encore le rôle que Tacide titanique joue dans le fer oxydulé ; le peu de fixité de ses proportions fait penser qu'il n'y existe pas à l'état de combinaison ; mais l'acide titanique y est-il simplement mélangé? ou le fer oxydulé qui le contient n'est-il pas formé de la réunion de deux espèces distinctes, savoir : le fer oxydulé et le fer titane ? Je serais assez porté à adopter cette dernière opinion, qu'il est difficile d'établir, quant à présent, d'une manière certaine. Je range du reste avec le fer oxydulé les minéraux attirables, et je décris sous le nom de fer titani (voir cette espèce) ceux qui ne le sont pas. Ces derniers contiennent une proportion de titane plus considérable.
Le tableau suivant fait connaître la composition provenant de plusieurs localités de sables titanifères attirables à l'aimant :
Acide titanique
Oxyde de fer
Oxyde de manganèse Silice et alumine....
De Madaguctr,
par M. LaAsaigne.
De la Baltique,
par
RIaprolh.
De NIédèr.
Heoicb, parM.Cordier.
Du Puy,
par
M. Cordier.
Fer oxydulé fibreux. — On a trouvé à Bibsberg en Suède des échantillons de cette variété ; elle est composée de fibres minces, tantôt droites, tantôt divergentes. Sa couleur est le T. 11. 36
ses FER OXTDULË.
giis d'acier, gris bleuâtre, analogue à celle des cristaux; soa éclat est peu vif.
Fer ozydnlé amorphe. — Cette variété, moins fréquente que les cristaux, forme au contraire des amas considérables. Les gisements de la Suède, qui fournissent le fer le plus estimé de l'Europe par sa ductilité, sont composés de fer oxydulé en masses grenues. La couleur, Téclat, la pesanteur spécifique de ces masses sont exactement les mêmes que pour les cristaux ; la seule différence consiste dans la texture .
Far ozydnlé aimantaire. -^ Certains échantillons ont la propriété de faire mouvoir le barreau aimanté, et possèdent celle d'attirer la limaille de fer. Ces échantillons présentent en outre une circonstance remarquable : c'est d'avoir deux pâles tels que si Tun d'eux attire l'extrémité de Taiguille aimantée qui se dirige vers le Nord, le second la repousse. Ces variétés sont les seules qui fournissent Yaimant naturel^ que Ton taille et que l'on arme ensuite. Elles offrent un aspect terreux, ea même temps que l'on voit des points métalliques briller dans leur masse.
L'analogie qui existe entre les phénomènes électriques et le magnétisme dans les minéraux conduisent à supposer que le polarité magnétique est en rapport avec la forme cristalline. Cette supposition vient de se vérifier par une observation intéressante de M. Hugard. Ce jeune minéralogiste a remarqué que des cristaux de fer oxydulé octaédriques , provenant du Brésil , sont magnétiques-polaires ; trois de leurs angles solides attirent l'aiguille et les trois autres opposés la repoussent.
Ces cristaux, appartenant à la collection du Muséum d'histoire naturelle, et que j'ai eu l'occasion d'examiner, ne portent aucune espèce de modification; je n'ai donc pu vérifier si les pôles de noms différents offrent une disymétrie dans la cristallisation, comme cela a lieu pour les minerais électriquespolaires. Ces cristaux, qui proviennent du Brésil, possèdent un
FER OXTDULfi. 563
reflet particulier; ilâ sont broDzés et cbatoyiints à leur 9ur&ce| et paraissent être légèrement altérés.
GlUiiiffite. — J'ai reçu de Suède, sous ce noiS) un fer oxydulé aimantaire. Son analyse indique, outre l'oxyde tioir de fer, de la silice et de Talumine qui me paraissent provenir de la gangue. Je pense, en conséquence, que \agiUifii§Ue n'est qu'une variété de fer oxydulé d'apparence uu peu ter'reuse , comme tous les échantillons d'aimant que J'ai ëtt Foccasion d'examiner.
Ce minerai provient de la mine de Gillinge, en Suède.
Mnuiffnéllte. — M. Shépard ' décrit sous ce nom de petits cristaux, enprismesrhomboidaux, possédant l'éclat métallique et attirables à l'aimant. Ces petits cristaux, qui proviennent de Honroë, dans le canton d'Orange, dépendant de l'État de New- York , sont adhérents à des cristaux de fer oxydulé dodé« eaèdres. On en observe également dans les cavités assez nombreuses de ces cristaux. La dimagnétite est peut*étre une pseudo-morphose. Aucun essai chimique n'ayant fait connaître la nature de ce minéral, on peut supposer qu'il appartient à un oxyde de manganèse magnétique par Tinterposilion de fer oxydulé.
Etsen-mulm. — Gent ^ a donné ce nom à un minéral trouvé aux environs de Siegen, dont les caractères le rappro-^ chent de la gillingite ; il a également une apparence terreuse. Il a trouvé pour l'eisen^mulm la composition suivante : pe^* roxyde de fer, 66,20; protoxyde, 13,87; protoxydede manganèse,17,00; protoxydede cuivre, 0,09 j sable, 1,75=98,91.
Analogies. — Le fer oxydulé en cristaux dodécaèdres res* semble à certains cuivres gris. En masse amorphe , il pré*^ sente de l'analogie avec le fer chromé^ le fer oligiste, le manganèse oxydé , le schéelin ferruginé et le cuivre griié Là propriété magnétique le distingue de chacune de ces espèees«
< American Journal, deuxième série, t. XIII, p. 592. * AmuUs ch. undpharm,, t. LXVI, p. 277.
£64 FER OXYDULÉ.
J'ajouterai , en outre » que le fer oligiste donne une poussière rouge , tandis que celle du fer oxydulé est noire. Le fer chromé colore le borax en vert émeraude ; le manganèse oxydé le colore en violet. Enfin , le schéelin ferruginé et le cuivre gris sont facilement fusibles.
ctoemoit. — Ce minéral appartient essentiellement aui terrains anciens. J'ai déjà indiqué qu'il est disséminé en cristaux isolés dans le schiste micacé; il y forme , en outre, des amas considérables. J'ai eu l'occasion d'en voir un remarquable par son étendue à Gombenègre^ près de Yillefranche, dans l'Aveyron. Le fer oxydulé qui remplace le mica constitue une couche assez régulière de plus de deux mètres de puissance sur quelques points ; elle se termine en coin et se fond, pour ainsi dire, dans le schiste micacé. Il existe, en outre, des cristaux de fer oxydulé disséminés dans les roches volcaniques. Us produisent, comme ceux du schiste micacé, des sables que le lavage concentre sur certains points. Les roches amphiboliques sont peut-être encore plus riches en fer oxydulé que le schiste micacé. Les beaux gisements de l'Oural, du Canada et des Etats-Unis, ainsi que ceux de Suède appartiennent à ce genre de terrain. Le minerai de fer de Suède offre, en outre, une particularité remarquable que l'on doit signaler : il fournit le meilleur fer à acier que l'on connaisse. On a souvent attribué les qualités spéciales du fer de Suède pour la fabrication de l'acier à ce qu'il était fabriqué avec du fer oxydulé. Partant de ce principe, les Anglais, qui possèdent dans rinde et dans TAmérique du Nord de magnifiques gisements de fer oxydulé , ont fait, depuis plus de cent ans, de nombreux essais pour échapper au monopole de la Suède. Les fers qu'ils ont fabriqués avec ce genre de minerai étaient de bonne qualité , mais ils ne possédaient pas la propriété aciéreuse qui distingue les minerais de fer de la Suède, ainsi que de deux gisements de l'Oural.
Cette propriété aciéreuse , qu'on ne sait encore à quelle cause attribuer, n'est pas non plus commune à tous lesgi-
FER OXYDULE. 56$
sements de fer oxydulé de la Suède; ils ne la possèdent pas tous au même degré, et un assez grand nombre seraient improprès à la fabrication du fer à acier. Un exemple remarquable de la différence qui existe entre ces minerais est fourai par la mine de Danemora , la plus célèbre de toutes les mines de la Suède par l'abondance de son minerai, la grandeur de ses excavations et la supériorité de ses produits. Elle comprend trois champs principaux d'exploitation, désignés par leur orientation, sous le nom de mines du nord, du centre et du midi. Us sont ouverts sur trois masses principales, entre lesquelles il n'y a pas de continuité , et qui forment en réalité des groupes distincts. La qualité de fer que produit chacun de ces champs d'exploitation est différente. La mine du centre, dite la grande mine, est, sous ce rapport , la plus estimée. Dans ces groupes, il existe même des parties de minerais dont les caractères n'offrent aucune différence avec la masse principale , qui donnent cependant du fer dont la propriété aciéreuse est très- faible.
Nous citerons encore , parmi les gisements intéressants de fer oxydulé , celui de l'île d'Elbe , célèbre de tout temps par ses mines de fer. Le fer oxydulé parait y être d'une origine beaucoup plus moderne qu'en Suède. — D'après M. Burat * , " le minerai de l'ile d'Elbe est intercalé dans du terrain jurassique métamorphique, transformé, comme dans les Alpes, à Tétat de calcaire saccharoïde, de gneiss et de schiste micacé.
Le glte^de fer oxydulé et d*hématite du mont Galamita esl surtout digne d'intérêt : il forme une espèce d'amas dans des couches cristallines qui sont sur le prolongement de calcaires non altérés de l'âge du Jura. Une couche de dolomie blanche, grenue, dont tous les caractères dévoilent de la manière la plus complète les perturbations que la stratification du terrain a éprouvées, forme autour du minerai une ceinture
* Géologie appliquée, ou TfaiUi d« la recherche et de VexphUaiûm dei minéravœ uhleSt par M. Amédée Bnrat , p. 137,
Me FRANKLINITE.
courbée en arceau de 100 mètres de hauteur, qui sépare le gîte métallifère des roches schisteuses encaissantes.
Le fer oxydulé forme la masse centrale de ce vaste amas. Danscertaines parties du glte^ il est mélangé d'hématite brane. Un fait remarquable, et qui nous montre que les minerais de fer ont joué à Ttle d'Elbe à la fois le rôle de roches soulevantes et d'agent métamorphique, c'est que ces minerais constituent quelquefois des brèches composées de fragments anguleux des roches encaissantes cimentées entre elles par le fer.
Isophane (Breithaupt ).
Ce minéral ressemble au fer oxydulé par sa forme , qui es( l'octaèdre régulier ; par sa couleur, qui est le noir de fer, el son éclat métallique; il agit même sur l'aiguille aimantée, mais son action est très-faible.
L'octaèdre simple est la forme la plus fréquente de la franklinite. J'ai vu de très-beaux cristaux portant des troncatures sur les arêtes , et quelques-uns offrant les faces du cube sur leurs angles.
La composition de la franklinite donne les analyses suivantes :
H. Bertbier *. H. ThoawoD '. M. Abich >.
Peroxyde de fer 66 66,10 68,88.
Oxyde rouge de manganèse. . . 16 14,96 18.17.
Oxyde de zinc 17 17.45 10,81.
SUiM • O.aOAlum. 0,73.
M. Berzélius a cru devoir traduire Toxyde rouge de manga- Dèse en protoxyde, ce qui Ta conduit à établir la formule (Zn,mn) F'; mais le dégagement de chlore que la franklinite
* Annales des mines, t. IV, p. 489 .
t Traité de mMrflo^i», t. II.
> ÀmuUes de Poggendorffy t. XXIII, p. 342.
FER OLIGISTE. 567
donne par Tacide hydrochlorique indique que le manganèse est à rétat de deutoxyde. La supposition qui me parait la plus probable, et qui serait d'accord a^ec les analyses, consiste à considérer le zinc comme isomorphe du fer; la formule de la franklinite serait alors (F^,Zn,Mn), (l^e Mn), la même que celle du fer oxydulé. Ce serait du fer oxydulé contenant une certaine quantité de manganate de zinc. L'association de la franklinite et de la brucite peut, jusqu'à un certain point, autoriser cette supposition.
La franklinite a été trouvée d'abord à la mine de fer oxydulé de Franklin dans le New-Jersey, où elle existe avec abondance; elle y est accompagnée de brucite, remarquable par sa couleur d'un brun rougeàtre. On l'a retrouvée depuis à Stirling, dans le même comté, où elle forme un dépôt considérable; on Ta en outre citée dans les mines d'Altenberg, près d'Aix-la-Chapelle.
raa ouoxstb.
Peroiydede fer; Fer oxydé roage ; Fer micacé; Eisenglanz; Eisenglimmer ; Rotber Glaskopf; Rotheneisenstein.
Cet oxyde, lorsqu'il est pur, contient 69,34 de fer et 30,66 d'oxygène; il correspond exactement au peroxyde de fer des chimistes, dont laformule est F. Il admet souvent des mélanges étrangers, mais on rétablit bientôt sa véritable composition par les relations atomiques qui le caractérisent. Les mélanges ainsi que les textures variées que présente cet oxyde de fer influent beaucoup sur ses caractères extérieurs et donnent des minéraux d'aspect très-difPérents; il en résulte qu'avant qu'on ne connût sa composition d'une manière exacte, on distinguait comme autant d'espèces les variétés qui en dépendent ; leur distinction était en outre fondée sur la nature des minerais de fer propres à cette espèce. Ces considérations conduisent à faire trois divisions dans le fer oligiste, savoir :
1* Le fer oligisie métalloïde;
2® Le fer oHgiste eoneritionnéy ou hématite rouge ;