AnnalM des mines, quatrième série, t. XUI, p
BAIÉRINE. 653
Cette composition, presque identique avec celle donnée par Nordenskiold pour le tantalite de Tamela, peut être représentée par la formule fJïa*.
Tantalite de Bavière; Tantale oxydé; Kolumbite ; Columbite.
Les caractères extérieure du tantalite de Bavière sont presque identiques avec ceux deTespèce précédente. Il est d'un noir brunâtre , plutôt même noir; légèrement métalloïde; son éclat est plus vif que celui de la baiérine ; des stries verticales très-prononcées indiquent la position de Taxe. Lacassure est inégale et conchoîde; toutefois, elle présente un clivage faible parallèlement à la modification g^ ; elle raye légèrement le verre ; infusible au chalumeau, elle ofi&e du reste tous les caractères pyrognostiqùes de l'espèce précédente; sa pesanteur spécifique est de 6,038.
La baiérine constitue des masses amorphes et des cristaux ; ceux-ci dérivent d'un prisme rhomboïdal droit, fig, 131, pi. 73, dans lequel Fincidence des faces latérales est de 120 degrés environ , et le rapport d un des côtés de la base à la hauteur est à peu près celui des nombres 25 et 26.
Les cristaux sont ordinairement aplatis parallèlement à la face A^ et les stries que j'ai signalées paraissent indiquer la superposition de cristaux l'un sur Tautre.
J ai vu récemment des cristaux assez beaux de baiérine ; toutefois j'emprunte les dessins qui suivent à M. Lévy, ils représentent des cristaux appartenant à la collection de M. Heuland. Le caractère le plus saillant et que j'ai eu l'occasion de vérifier, consiste dans la perpendicularité de la base sur les faces verticales, disposition qui difierencie essentiellement le tantalite des États-Unis de la baiérine.
La base existe presque toujours; les cristaux les plus simples, représentés /!;. 132, pi. 73» sont des prismes droits basés, formés par les modifications h^ et 9* ; les petites fa-
634 BAdRINE.
eettefl M sur les côtés sont des indications de la forme primitive ; ces cristaux portent en outre quatre facettes b^, placées symétriquement sur les arêtes, et deux facettes a^ C^ deux dernières sont ordinairement assez développées , ainsi qu'on le voit dans la fig. 133 , pi. 74 , qui ne diffère de la fig. i52 que par de petites facettes verticales g^. Les cristaux de l'École des Mines /quoique peu nets, possèdent le biseau a^ d*une manière très-prononcée I ces cristaux sont, en outre, fort aplatis t suivant la modification gf*.
La fig. 134 représente une maole , dont les cristaux élémentaires sont associés parallèlement à Tune des faces M.
Les cristaux dont je viens de donner la description proviennent tous de Bodenmais, en Bavière ; ils sont disséminés dans un schiste micacé , et ils accompagnent la dichroîte et le fer magnétique,
M. Damour a fait connattre un nouveau gisement de baiérine; elle accompagne le tantalite de Chanteioube; elle y existe également ep cristaux disséminés dans la pegmatite. Les caractères cristallographiquea et la composition des cristaux de Chanteioube , presque identiques avec ceux de Bodenmais, confirment la séparation de la baiérine, du tantalite de Suède, et des États-Unis.
Ses cristaux sont en prisme^ rectangulaires droits , surmontés des facettes at et 6* , que Ton remarque dans la fig. 132, pi. 73. On y voit, eu outre, des stries profondes, qui paraissent des indications des faces gK Leur densité a été trouvée , sur plusieurs échantillons, de 5,60, 5,601 , 5,67 et 5,72. Hs rayent légèrement le verre. Infusibles à la flamme du chalumeau , ils donnent, avec le sel de phosphore, au feu de réduction, un verre jaune tirant sur le brun.; au feu d'oxydation , on obtient la réaction du manganèse.
On connaissait, avant le travail de M. Damour, deux analyses de la baiérine, Tune par Vogel, l'autre par M. Dunin- Borkowsky; leurs résultats, quoique un peu différents, conduisent néanmoins à h même formule, quand on admet
BAltaUKE. 6SS
le remplacement du proioxyde de ter par du protoxyde de manganèse.
Les analyses de M. Damour offrent une composition presque exactement la même, en admettant Tidentité du pélopium et du tantale. Bien que cette identité nous paraisse certaine, nous laissons les analyses de M. Damour sous la forme où ce savant les a publiées.
AMlyte de Togol. De M. Dunln-Borkowiky.
Oiyg. Oxu-
Acide tântalique... 75 8,63 2. 3,871 i.09|
Proioxyde de fer. . 47 3,871
— de raanganbse. 5 1,09
Oxyde d'élain 1 0,21
Mo7«nn«.
Les relations atomiques correspondent donc à la formula (fjfnn) Jfl«, fort différente de celle que Ton pourrait obtenir des analyses des tantalites de Suède.
Analyses de U Uiérioe de Limoges, par M. Damour (*).
Acides pélopiqae 7 niobique . 78,44
Oxyde ferreux 14,96
Oxyde manganeux 6,52
AnalofflM. — Les tantalates de fer, par leur couleur nom •i leur éclat demi-métallique, ressemblent à un grand nombre de minéraux ; les principaux sont la gadolinile^ Vyltro4anîa* /tto, la nigriney Vallanitôy Vorlhite, Vilménite, le fer chromé^ et certains minerais de manganèse. La pesanteur spéciûque des tantalites, comprise entre 6 et 7,1, est plus considérable que celle des différentes substances que je viens de citer; ce caractère sera presque toujours suffisant pour distinguer ces minéraux ; dans quelques cas cependant, il serait possible qu on eût besoin de recourir aux réactions du chalumeau.
* GoBiptes rendus de l'Académie des sciences, t. XXVIIi, p. 553.
636 SGHÊEUN FERRUGINË.
80BÉBUV FB&»UaZM]fi.
Tangstate de fer et de manganèse ; ScUéelin ferragineox ; Wolfram ; Eiaeasched.
Minéral d'un noir brunâtre , noir de fer, en cristaux ou en masses distinctement lameileuses dans un sens, lequel correspond au plan diagonal g^. Il existe un second clivage, suivant la face P ; il est beaucoup moins facile que le précédent, et les lames, suivant cette direction, sont légèrement courbes et striées. L'éclat du schéelin ferruginé*, assez vif dans la cassure lamelleuse, est demi -métallique. Sa cassure est inégale et raboteuse en travers du clivage. Sa dureté, 5, est supérieure à celle de la chaux fluatée, mais le schéelin ferruginé est facilement rayé par une pointe d'acier; il donne alors une poussière d'un brun sombre. Sa pesanteur spécifique a été trouvée de 7,15 à 7,3.
Au chalumeau , le schéelin ferruginé est fusible en une boule noire à surface cristalline. Il communique au verre de borax une couleur jaune, et à celui du sel de phosphore un rouge sombre au feu de réduction ; l'acide hydrochlorique bouillant laltaque et le transforme en grande partie en une poudre d'un beau jaune , qui est de l'acide tungstique.
Les cristaux de schéelin , quoique volumineux et à faces bien déterminées , sont cependant peu nets ; leur surface, souvent striée « n'est que très-rarement réfléchissante. Il résulte de cette disposition qu'on ne peut obtenir les angles de ces cristaux que d'une manière imparfaite ; ce qui a été cause que l'on a modifié à plusieurs reprises le système cristallin de cette espèce. M. Haûy avait considéré la forme primitive du schéelin ferruginé comme étant un prisme droit rectangulaire ; M. Beudant a adopté pour sa forme primitive le prisme rectangulaire oblique; plus tard , M. Lévy a rapporté les cristaux de schéelin ferruginé à un prisme rhomboîdal oblique, ^g. 136, pi. 74, dans lequel Tincidence des faces latérales est de 101^ , et l'incidence de la base sur ces mêmes faces de
SCaaÊELIN FERRUGINÉ. 657
i \(y* 46' 30" ; le rapport de l'un des côtés de la base à la hauteur est à peu près celui des nombres 100 : 31. La forme de M. Beudant est la dérivée de celle de M. Lévy, et, sous ce rapport, ces deux manières de considérer les cristaux de schéelin se confondent. Pour faire concorder les cristaux dessinés dans l'atlas de M. HaUy avec ceux que je vais indiquer, il faut faire tourner les figures; je place le clivage facile parallèlement à la face g^, tandis que dans les figures données par Haûy, il est disposé suivant la face T.
On connaît des cristaux provenant du Gornouailles, composés d'une large base et des modifications fc' et g\ qui représentent la forme primitive de M. Beudant; le clivage suivant la face j* est très-facile ; c'est ce clivage qui dojnine dans toutes les masses lamelleuses.
La forme adoptée par M. Lévy me parait donner une idée complète de la cristallisation du schéelin ferruginé. Le classement que j'ai récemment fait des cristaux de cette espèce* appartenantau cabinet de minéralogie du Muséum^ d'histoire naturelle, m'engage à la conserver. Je dois cependant, pour compléter Thistoire du wolfram , faire connaître les nouvelles fluctuations qui ont eu lieu dans son système cristallin. En 1845 , M. G. Rose * a publié un mémoire dans lequel il a assimilé les systèmes cristallins du tantalite et du v^olfram ; dans ce travail , cet illustre minéralogiste avait pour but de prouver que le wolfram cristaUisait en prisme rhomboïdal droit comme le tantalite, et que ces deux espèces sont isomorphes. M. G. Rose a surtout appuyé son opinion sur des cristaux provenant de Schlaggenwald et de Nertschinsk, en Sibérie, qui, présentant sur les angles A et 0 des faces qui offrent une symétrie apparente, semblent effectivement conduire au prisme droit rhomboïdal. L'état des faces a et o, dont l'une est terne et striée , ne permet pas de vérifier si les incidences des plans regardés comme symétriques sont
' ÀMuOes de Poggendorffj t. LXIV, p. 171 .
65t SGHÉBUN FEUUaiNfi.
réellement égales. Leur éclat, qui n'est point le ménitt, me parait en outre fournir une raison physique , pour que cet faces soient d'ordres différents et que par suite la fonne pri* mitive soit un prisme oblique. J'ajouterai que la dispoaitîoo des macles du schéelin ferruginé est en rapport avec cette dernière forme.
Depuis le travail de M. 6. Rose, M. le docteur Kemdt * a publié, en 1847, un mémoire remarquable sur la forme cristalline et la composition chimique des combinaisons naturelles et artificielles du tungstène. Ce savant, d'accord avec M. Rose, cherche également à prouver que le wolfram cristallise dans le système du prisme rhomboidal droit. Le travail de M. le docteur Kemdt, très-remarquable par la multiplicité des recherches qu'il contient, fait connaître les angles du schéelin ferruginé avec une exactitude qu'on ne possédait pas , mais il ne me parait pas devoir modifier les opinions des minéralogistes, sur la nature du système cristailio à adopter pour cette espèce.
Effectivement, une nouvelle étude du vrolfram a conduit M. Descloizeaux ^ à conserver le prisme rhomboidal obUqoe pour forme primitive de ce minéral; mais il a trouvé qu'en modifiant la base adoptée par Lévy , on obtenait des kiis plus simples pour certaines facettes, et notamment pour celles désignées par les lettres i dans la /Ig. 139, pi. 74, qui sont données par la loi {g*^ ftV> dV^). Je ne me dissimule pas l'intérêt d'obtenir des lois simples, bien que la nature nous en offre quelquefois d'assee complexes. H. Descloiieaux, dans le beau travail qu'il a récemment publié sur le quarts, a mis ce fait dans toute son évidence. Malgré la simplicité que la forme adoptée par M. Descloizeaux apporte dans les lois de dérivation, je préfère conserver la forme primitive de Lévyt
* Journal fur yrakiische chemte, vol. XLII, p. Si.
s llémoire sur les formes cristallines du wolfram, par H. Desdoizetox ( iaMles de chimie et de physique^ troisième série, t. XXVIII, p. iSS, iSSO).
SQHÊEUN FERRUGtHt. «39
dans laquelle les clivages da wolfram sont en rapport avec la forme primitive, ainsi que je l'ai indiqué au commencement de la description de cette espèce.
Dans la forme primitive de M. Descloizeaux , les faces MM sont les mêmes que celles que j'ai adoptées ; Tangle de 10P5' qui les caractérise est aussi presque exactement le même. La grande différence consiste dans l'inclinaison de la base sur les faces verticales. Elle est, pour Lévy, PM=110« 46'30^ par M. Descloizeaux , PM=91'' 31 ' 43'^ La base de M. Descloizeaux correspond à la face a^ de mes figures, et réciproquement, sa facette a^ représente ma base. La valeur des angles établit cette correspondance des faces P et M. Effectivement, dans ma notation P sur M=HO^ 46' 30*' et P sur a'=152» 40'; dans la notation de M. Descloizeaux M sur a*=lll<»; a»surP=152'»20', les faces j*, fc* et fc» sont les mêmes pour les deux formes primitives. Pour qu'on puisse comparer facilement les cristaux de mon atlas et ceux donnés par M. Descloizeaux, j ai ajouté aux figures du wolfram, sous le n"" 1 39 ftîs, p/. 74, un cristal donné par ce savant minéralogiste, sur lequel j*ai porté à la fois sa notation et la mienne. Pour les faces M et P, les lettres qui se rapportent à mes figures sont indiquées par une barre placée au-dessous de la lettre. Je donne en note ^les principaux angles obtenus parM« Descloizeaux, en conservant sa notation :
LéTJ.
Kerodl.
M sur M
lOfo 0'.
lOP 45'.
M sur h'
M sur g*
M 6ur^
l6lo 43',
P sur M
P sur «*
439o 59' la*.
«• sur «*
e* sur fc«
d'/» sur •*
d»j« sur h'
H sur a*
H sur b'I^
hY «ttr 6i/«