FER PHOSPHATÉ BLEU TERRECX
Ces analyses présentent beaucoup d'analogie; on peut les réunir ensemble par la formule Fe* P* + 5Aç.
Fer azuré; Blea de Prusse natif.
Cette variété forme des masses à cassure terreuse, tantôt compactes et ayant une certaine dureté, tantôt sans adhérence, tendres à la manière de la craie, et tachant les doigts; la couleur des premières variétés est ordinairement d'un bleu foncé, les autres sont d'un bleu clair; outre cette variété de teinte, qui souvent dépend du plus ou moins de mélange de matières étrangères, la couleur est très-difiérente quand les échantillons sont récemment tirés de leur gite; elle fonce très-fortement par leur exposition à l'air; il en résulte que certains phosphates, d'abord grisâtres, deviennent bleuâtres, puis bleus, à mesure que le protoxyde de fer qui les compose prend un degré d'oxydation plus élevé.
D'après les échantillons que l'on voit dans les collections, le fer phosphaté terreux forme des amas plus ou moins considérables, de petits rognons terreux disséminés au milieu d^argiles modernes ; quelquefois même il est en poussière superficielle, recouvrant la surface de certaines tourbes, d'argiles modernes ou d'ossements fossiles. Cette dernière circonstance montre qu'il est fréquemment le produit de la double décomposition du phosphate des os par les oxydes de fer. Je rappellerai que c'est à la présence de ce phosphate que certains minerais de fer très-modernes , et notamment ceux que Ton désigne sous les noms de limoneux ou des marais, doivent la propriété qu'ils communiquent aux fers qu'on fabrique avec ces minerais, de casser à froid.
La composition des masses terreuses dénote des différences assez notables entre elles ; elles en présenten t davantage encore avec les phosphates cristallisés ; mais une circonstance singu^ lière» c'est que la proportion de fer est presque constamment
650 DUFRÉNITE.
la méme^ aiDgi qu'on a déjà pu le remarquer pour les phosphates cristallisés. La coustâuce de ce principe, qui persiste dans la plupart des minéraux qui se décomposent, tendrait à faire croire, qu'il se passe quelque chose d'analogue pour les phosphates, et que lacide phosphorique et l'eau sont les seuls éléments variables.
Phosphate terreux compacte Dea Ëtata-Uoia, Terreux Compaete
de Hillcntrup, par d'Alleyras, de Hic de France,
paru. Uraodef. Klaproth. par H. Ben hier, par Laurier.
Acide pboapberique... 30,3S 32 23,10 i9,23.
Protoxydede fer. 43,78 42,5 43,00 41,25.
Eau 25,00 25 32.40 31,25.
AlumiM 0,70 ArgUe... 0,00 5.
Silice 0,03 1,25.
L'examen d'un échantillon de fer phosphaté de File de France» qui existe dans la collection de l'Ecole des Mines, donne quelque réalité à la supposition que je viens de faire du passage d'une variété à une autre. En effet, le fer phosphaté fibreux y forme une espèce de rognon au milieu du fer phosphaté compacte terreux, dans lequel il se ramifie; ces deux parties contiennent l'une et l'autre exactement la même quantité de protoxyde de fer ; et si on fait abstraction du silicate d*alumine qui est mélangé dans la partie terreuse, la seule difierence entre le phosphate cristallin et le phosphate terreux consiste dans les relations d'eau et d'acide phosphorique.
BUFRÉNZTIL
Fer phosphaté vert; Crbneùenstein ; Kraurite.
On connaît dans plusieurs localités du fer phosphaté vert ; il en existe une espèce très-caractérisée qui se retrouve avec les mêmes caractères aux environs d'Ânglar, dans le Limousin, et à Uirschberg dans la Westphalie, à laquelle M. Brou* gniart a bien voulu donner mon nom.
Elle constitue des rognons de 6 à 10 juillimètres de dia-
DUFRÉNITE. 65i
mètre, à cassure fibreuse radiée. Leur couleur est d'un vert olive très-foncé ; la dufrénite de Hirschbcrg est presque noire ; sa poussière est d'un gris verdàtre; les fibres en sont légèrement translucides, et leur éclat est soyeux, un peu nacré. Sa pesanteur spécifique est de 3,227. Peu dure, elle est rayée par la chaux carbonatée. Ses caractères chimiques sont les mêmes que pour le phosphate bleu; toutefois, elle est plus fusible que la vivianite. Dans quelques échantillons de la dufrénite d'Anglar, on voit des parties devenues bleues^ qui annoncent que le phosphate vert peut passer au bleu par une suroxydalion du fer, comme cela a lieu pour le phosphate blanc. La quantité d'eau de la dufrénite est en outre beaucoup moins considérable que dans les phosphates purs. L'analyse de ce mméral m'a donné pour sa composition :
Oxyg.
Acide phosphorique 24,80 iZ,S& 5.
Peroxyde de manganëse. 9,00
Eau 15,00 13,33 5.
Eléments qui conduisent à la formule :
F* *$ -h 5 s ou /«P» + 5Ag'.
La composition de la dufrénite d'Hirschberg se rapproche beaucoup de celles de Limoges et de Siegen, ainsi qu'il résulte des analyses suivantes :
D'Hirichberg, GrfIneitensieiD, MéliDcbor, par DQfrenoj. det environs de Siegen. par l-uchi.
Acide phoiphoriqne.. 28,42 27,52 35,06.
Peroxyde de fer > » 3%90,
Protoxyde de fer.... 57,60 63,45 3.87.
— de manganèse. » » 12,45.
Eau 12,15 8,56 10,00.
On a décrit sous le nom de grûneisemtein^ ou minerai de fer vert, des rognons complètement analogues à la dufrénite, que Ton trouve dans une mine de fer d'Eiserfeld, près de Siegen. Son analyse, que j'ai ajoutée à la suite de celle de
632 DELVADXINE.
Hirschberg, montre que cette substance très-riche en fer ne contient au contraire qu'utfe petite quantité d'eau ; sous ce rapport, comme sous celui des caractères extérieurs, il existe une grande analogie entre les phosphates verts fibreux et en rognons d'Anglar, d'Hirschberg et des environs de Siegen.
Mélanohor. — Ce minéral est entièrement analogue à la dofrénite par sa structure fibreuse et concrétionnée ; il est d*un vert très-foncé passant à* la couleur noire, caractère auqud Fuchs a emprunté le nom de mélanchor. Sa composition est du reste assez différente de celle de la dufrénite ; elle contient une proportion d'acide phosphorique plus considérable que les autres phosphates de fer.
Fer phosphaté de schnéeberiTf «& flaze. — L'Elcole des Mines possède deux échantillons portant cette étiquette. Ils se composent de cristaux de quartz, associés à de la pyrite de fer et recouverts d'une poussière d'un vert jaunâtre superficielle ; celle-ci est tellement liée au quartz, que je n'ai pu ressayer. Je n'ai trouvé dans aucun ouvrage d'indications sur la composition de ce minéral.
Deivauxite; Dèlvauxëne; Phofipbate brnn terreux.
Ce minéral a été trouvé en masses réniformes fragiles, i texture compacte et à cassure parfaitement conchoîde. Son éclat est résineux, et sa couleur est d'un brun noir ou d'un brun marron ; sa poussière est d'un brun jaunâtre. Trèstendre et très-fragile, il se brise par le plus léger choc. Dans Teau il pétille et se délite en fragments. Sa pesanteur spécîr fique est de 1,85.
La composition de cette substance a été ét^lie par M. Del* vaux * ; Haûer a publié récemment une analyse faite sur des fragments de delvauxine plus purs :
i Institut, 1839, p. ISl.
KAKOXËNE. 685
Variété OMrroB, par Delniu. Variété ooire, par UL Par Haller *.
Oiyg. lUpp. Oi7f. ftapp.
Acide phosphoriijne... 15,60 14,30 . 8,01 5 90,04 1i,23 10.
Peroxyde de fer 29,00 31,60 9.69 6 54,54 16,32 15.
Eau 42,20 40,40 36,91 24 19,04 16,92 16.
Carbonate de chaux . . 11,00 9,20 Chaux... 8,37 2,35 2.
Silice gélatinease .... 3,60 4,40 »
Les analyses de M. Delvaux conduisent à la formule : ¥e*$" + 24ft; celle de M. Haûer serait représentée par Câ»Pii -|-F>pii +16».
Ce phosphate se rapproche de celui de fougères analysé par H. Berthier ; mais il ne contient pas la même proportion d*eau. Il a été trouvé dans la mine de plomb de Besneau, près Visé, dans la province de Liège. La delvauxine se rapproche du fer résinite^ sa couleur est seulement beaucoup plus claire; il est probable qu'elle est produite, comme ce minéral, par une double décomposition. Il est dès lors naturel de penser que ses proportions ne sont pas constantes, et que la delvauxine ne constitue pas un minéral nettement déterminé.
Cacoxëne.
J'ajouterai à la suite des phosphates de fer le Kakoxine^ dont la composition a d'abord été établie par Steinmann. Depuis, cette espèce a été l'objet de recherches de Haûer et de Richardson. Les analyses de ces savants offrent une trèsgrande analogie, quand on en sépare les parties qu'ils considèrent comme étant à Tétat de mélange :
Aniljtei direetea, par Hafler '. Par Steinmao.
Oxya.
Acide phosphoriqae 18,56 17,86 11,01 2.
Peroxyde de fer 45,05 36,32 11,29 1 .
Alumine » 10,01 4,771
Eau, perte et acide aaorique. 30j94 25,95 23 4.
Silice ) Rg» 8,90
Chaux > ' 0,15
« Journal fMrprat, chem., t. LXllI, p. 13. • Jahrb, g0ol. reichSy 1854, p. 73.
iS(4 FER ARSEMUTÉ.
Analyses corrigées.
Haâer. steinnunn. Rlchardsoo. Oxyg.
Acide pbosphorique. .. 49,63 22,28 21,85 12,24 5.
Peroxyde de fer 47,64 45.32 45.94 14,08 6.
Eau 32,72 32,28 32,19 28,02 12.
En supposant avec M. Kobell que Talumine soit isomorphe du peroxyde fer, ou trouve pour formule de cette substance :
Ce serait dans ce cas un phosphate de peroxyde de fer, de même que la delvauxine. Les analyses corrigées conduiraient à la formule :#i3ii'ft + 12&,*
Le kakoxène remplit les fissures d'un minerai de fer argileux dans les mines de fer de Hirbeck, près Zbirow en Bohême. Il est en fibres très-déliées, d un jaune tendre, jaune de paille. Ses fibres se séparent assez facilement, comme celles de Tasbeste; mais cette substance est fusible en scorie noire attirable; de plus, elle est soluble dans les acides, caractères qui la distinguent complètement de Tasbeste, si sa couleur et son gisement ne suffisaient pas pour la faire reconnaître.
Querques minéralogistes associent le kakoxène à la warellite : Tabscnce d'acide fluoriquê et les différences essentielles qui existent entre les proportions des éléments dd ces deux minéraux nous empêchent d'adopter cette réunion.
Wùrfelerz; Pharmaootidèrile.
Ce minéral, d'un vert foncé, est toujours cristallisé; en lames minces, il est transparent; sa cassure, inégale, conchoïde, présente un éclat gras. Les cristaux ont souvent à Textérieur un éclat très-vif et adamantin. La variété décrite sous le nom particulier de beudanlile est moins brillante, el ses faces sont ondulées ; ses lames, minces, sont également transparentes.
FSR AltSEKlATË. W»
La dureté du fer arséniaté est comparable à celle de la chaux ciirbonatée; il est rayé par la chaux fluatée. Sa pesauteur spécifique est 3. Electrique par la chaleur. Exposé À la flamme d'une bougie, il passe d abord du vert au bruu, puis se fond en un globule dont la surface est d'un brillant mé* tallique. Au chalumeau et sur le charbon, le fer arséniaté répand une fumée abondante d'arsenic, et se fond au feu de réduction ea une scorie grise attirable à Taimant. Seul dans le tube, il dégage de Teau et devient rouge. Se dissout facilement dans Tacide hydrochlorique.
La forme habituelle des cristaux de fer arséniaté est le cube, fig. 148, pi. 76. Dans quelques échantillons provenant du Gornouailles, les cristaux portent des troncatures a' sur quatre angles du cube, fig. 149, ainsi que cela a lieu pour la boracite. M. Lévy annonce que cette dissymétrie est en rap* port avec la propriété électrique et polaire de ces cristaux , et que le fer arséniaté fournit un exemple de plus de la relation qui existe entre les anomalies de l'a cristallisation et les propriétés physiques des cristaux.
Le fer arséniaté présente , outre les deux formes précédentes , des cubes tronqués sur toutes les arêtes , /I7. 150 , par des facettes également inclinées, appartenant par conséquent au dodécaèdre régulier. Ces mêmes cristaux portent encore des moditications octaédriques sur quatre de leurs angles.
D après l'analyse de Âf . Berzélius, le fer arséniaté contient :
Oxyg.
Acide anénique 37,82 13,13 I ^^
Acide phosphoriqae. , 2»53 1,41 )
Peroxyde de fer 39,20 12,01 9 .
Oxyde de cuivre 0.65 0,13
Eau 18,61 16,54 12.
Cette composition correspond à peu près à la formule : i'»'i«^ + 12 4. Celle que M. Berzélius a adoptée est : 'Yc^'Îs + ïe» -^^a + 18 ft, dans laquelle le fer se trouverait à la fois au minimum et au maximum ; mais les analyses
6S6 FER ARSENIATÉ.
des différents arséniates de fer, faites depuis quelques années t^endent à prouver que le fer est constamment au mvimum. Cette circonstance m'engage à préférer la première formule adoptée par M. Beudant, laquelle est d'ailleurs plus conforme aux résultats de l'analyse.
Bradantite. — On trouve à Hornhausen , dans le pays de Nassau, des cristaux de fer arséniaté engagés dans une mine de fer brune, qui différent à quelques égards, par leurs caractères extérieurs , du fer arséniaté du Gornouailles. Leurs faces sont légèrement courbes ; leur couleur est tantôt noire. tantôt d'un vert foncé passant au brun. M. Lévy, guidé par ces différences, en avait fait une espèce particulière sous le nom de beudantile. Il avait été conduit à adopter cette division par les deux observations suivantes : la première, qu'il avait trouvé pour la mesure des cristaux un angle de 93^ 30' au lieu de l'angle droit, disposition qui Ta naturellement conduit à admettre que cette substance cristallisait en rhomboèdre; la seconde résulte d'une observation de M. WoUaston, qui, l'ayant soumise à, un essai y n'y avait reconnu que de l'oxyde de fer et de Toxyde de plomb. Ces deux circonstances sont aujourd'hui reconnues erronées. M. Damour a en effet constaté par un essai qualitatif * que les cristaux noirs comme les cristaux verts de beudantine sont essentiellement formés d'acide arsénique , d'oxyde de fer et d'eau ; les premiers seulement lui ont donné une quantité très-appréciable d'oxyde plombique. Il est dès lors probable que les cristaux noirs contiennent un mélange en petite quantité d'une combinaison plombique, •peut-être de phosphate de plomb. M. Descloizeaux a soumis de son côté les cristaux de beudantine à un examen cristallographique duquel il résulte une identité complète entre cette substance et le fer arséniaté. Les faces cubiques des cristaux qu'il a mesurés étaient trop peu nettes pour être déterminées
* Examen analytique des eristanx désignés $oii» l« nom de heuiantite de Homhauseut par M. Damour.
exactement: c'est sans doute à cette disposition qu'est due l'erreur d'angle de M. Lévy; mais les cristaux étudiés par M. Descloizeaux portaient sur leurs angles des troncatures assez miroitantes pour être mesurées par le goniomètre à réflexion ; il a trouvé qu'elles avaient entre elles une inclinaison del09** 15\ presque identique avec l'angle de Toclaèdre régulier*. De plus, ces mêmes faces faisaient avec les faces principales du cristal un angle de 125®, qui est précisément l'inclinaison des faces de l'octaèdre sur celles du cube; enfin à cette double mesure, qui ne laisserait aucune incertitude, est venue se joindre une autre preuve : elle consiste en ce que les cristaux 4e Hornhausen ne* portent de troncatures octaédriques que sur quatre angles au lieu d'en avoir sur les huit. Us offrent donc la même anomalie aux lois de la cristallisation que les cristaux du Cornouailles.
Ces conclusions sont certaines si les cristaux étudiés par M. Lévy et par M. Descloizeaux sont les mêmes , mais cette identité paraît douteuse d'après les observations de M. le docteur Percy. Ce savant chimiste, dans un voyage qu'il a fait à Paris en 1851 , a examiné les cristaux déposés à la collection de l'Ecole des Mines, et qui ont servi au travail de M. Descloizeaux, il ne les a pas reconnus comme représentant la beudantite de Lévy, dont il avait fait l'analyse. Cette incertitude m'engage à ajouter à la suite de cet article les deux analyses que M. Percy a faites de la beudantite.
Peroxjdo Oxjde «^
de fer. de plomb. "*"•
Acide
Acide Acide
arscDic»
pbospbor. aulfurique.
indéterminé. 12,35
Analofiries. — La forme du fer arséniaté jointe à sa couleur le caractérise d'une manière nette; toutefois, quand les cristaux sont mal déterminés , on pourrait le prendre pour une substance pierreuse ; son peu de dureté et sa manière de se
* Examen cristallographique des mêmes cristaux, par M. Descloizeaux {Afinet~ (M de chimie et dep^yngiM, troisième série, t. X, 1843}.
6M dCORODItE.
comporter au chalumeau Yen distlugueront facliem«iit. LV deur arsenicale que ce minéral développe par Taction du chalumeau pourrait, dan» certains cas, le faire considérer comme étant un arséniate de cuivre. La propriété d'attirer l'aiguille aimantée, que possède la scorie que Ton obtient, décèle la présence du fer. On constaterait celle du cuivre par la oouleur du verre de borax « dans le cas où réchantillon que Ton étudierait serait un arséniate de cuivre.
Giietneiit. ^ Le fer arséniate est principalement as8ocié aux âlons d'étain. G*est dans ce gisement qu'il existe dans les mines duHuel-gorland, Carharrack et Tincroff, en Gornouailles. Il est également associé au même minerai à Saint-Léonard, près de Limoges. La variété désignée sous le nom de beudantite provient d'un filon de fer hématite brun dans le terrain de transition de Liège. M. Mahon a récemment donné à la collection du Muséum d'histoire naturelle de très-jolis cristaux de fer arséniate provenant d'Irlande , et entièrement analogues à ceux de Hornbausen. Us sont, comme ces derniers cristaux, disséminés dans les cavités d'une mine de fer oxydé hydraté brun concrétionûé ; leur surface est également couverte d'une pellicule d'hydrate ♦ et la couleur verte qui leur est propre n'apparaît que lorsque l'on a enlevé cette pellicule brune.
sooKOftns.
Cuivre arséniate ferrifëre; Fer arséniate; Néoctëse.
On a trouvé dans la mine de Saint-Austle, au Cornouailles, ■ une seconde combinaison d'acide arsénique et de peroxyde de fer, différente, par la forme et par la composition , de l'espèce précédente, à laquelle M. Breithaupt a donné le nom de scorodite. M. Berzélius ayant fait l'analyse de cristaux du Brésil analogues à la scorodite du Gornouailles leur trouva une composition si différente de celle qu'on avait admise pour cette substance, d'après une analyse de Ficinius, que M. Beudant avait cru devoir en faire une espèce sous le nom
SGORODITE.
àenéoetè^e. Un examen' cristallographique des cristaux du Cornouailles et du Brésil a prouvé à M. Descloizeaux que la scorodite et le néoctèse sont identiques sous ce rapport. La chimie a bientôt cçnfirmé ce résultat intéressant ; et M. Damour a montré de son côté, dans un travail chimique remarquable^, que la composition des scoroditeâ dtl Cornouailles, de^aulry dans la Haute- Vienne , de la Saxe, et du néoctèse du Brésil est complètement identique. La réunion de ces deux espèces en une seule est donc motivée à la fois par l'identité de leurs formes cristallines et de leur composition.
La scorodite est d'un vert bleuâtre analogue à la couleur du sulfate de fer; elle constitue des cristaux transparents ou du moins fortement translucides. Son éclat est vitreux ; sa cassure est inégale. Elle possède deux clivages difficiles parallèlement aux modifications gr^ et ft^ Sa dureté est analogue à celle de la chaux carbonatée ; elle est rayée par la chaux fluatée.
La pesanteur spécifique de la scorodite du Cornouailles est de 3,162; celle des cristaux du Brésil de 3,180.
Au chalumeau , elle fond en bouillonnant et se réduit en un globule gris noirâtre ; sur le charbon, elle fond en laissant dégager une odeur arsenicale et se résout en une scorie noire attirable à Taimant.
L'acide nitrique, soit à chaud, soit à froid, est sans action sur la scorodite. L'acide hydrochlorique la dissout avec facilité.
La composition de la scorodite est,^ d'après les analyses de M. Damour :
DeVaulrjCUte-Vlenne). DeSne. Bu Coroodailtef .
Aeide arsénique. . . 50,93 Peroxyde de fer. . . 31.89 Eau 15,64
0«r. Ripp.
Du Brétil.
Oiyv. Rapp.
* Eiamen cristallographique et réunion du néactëse à la scorodite, par H. Descloizeaux (Annales des mines^ 1844).
s Nouvelles analyses de la scorodite et du ndoclfese , par M. Damovr ( AnnaUs de chimk etdephysiqWf troisième série, t. X, année 1844 ).
(jeo SCORODITE.
Ces analyses, presque identiques, établissent d'une manière certaine que les trois éléments dont se compose la scorodite sont entre eux dans les proportions atomiques 5:3:4.
La formule qui représente ce minéral est donc :
Les cristaux de scorodite et de néoctèse dérivent d'une manière très-simple d'un prisme rhomboïdal droit , fig. 151 , pi. 76, dans lequel l'incidence des faces latérales est de 98® 2', et le rapport entre un côté de la base et la hauteur est à peu près celui des nombres 143 : 206.
Les faces de la forme primitive sont très-rares : on ne les voit que dans des cristaux assez complexes qui proviennent du Brésil, et qui appartiennent au néoctèse.
Les fig. 152, 155 et 154, pi. 76 et 77, montrent les formes les plus habituelles de la scorodite ; elles ne différent entre elles que par de légères modifications : ce sont des prismes rectangulaires donnés par des faces parallèles aux diagonales de la base et surmontés d*un pointement à quatre faces i' placées sur les arêtes de la base.
La fig. 155, qui a été retrouvée à la fois en Saxe, dans le Gornouailles et au Brésil, résume à elle seule toute la cristallisation de la scorodite. La forme primitive y est représentée par quatre petites facettes verticales M ; le prisme rectangulaire g^ei h^ s'y montre également; la modification 9^, qui existe dans les fig. 153 et 154, se retrouve dans ces cristaux; enfin le pointement 5* leur donne l'aspect général; mais il est en outre surmonté d'un second pointement fta.
Angles comparés de la scoroâUe et du néocièse.
M sur M
WWL.
H sur M
M sar^
U surflf»
flf» sur g^
fti sur p»
SGOROpITE. 66i
fil* sur ^ =: eO«. 60« 25' L.
^ sur p« = i20o iCK. I20o 10' P.
M sur 6* = 1450 35'. : 146« 4' L.
6» «ur 61 = 114o 35'. 1150 icy L.
61 8or6» =1030 5'. io5o 5' P.
6« sur flf» = 1410 8'. 141» 5' P.
M sur 6* = 1260 i'. 126<» 37' L.
6> sur 6* =: 1540 38'. 154o ^ L.
6* sur 6s = 126» ^ly. 126« 25' M.
ô« sur 6* = i60o 32' 8'. 160« 52' L. '
a« sur h} = 155» 31'. 156» C 30" M.
al sur 6» = 1430.
La première colonne rappelle les angles obtenus par M. Descloizeaux à la fois sur des cristaux de scorodite et de néoctèse. La seconde colonne ne se rapporte qu'à la scorodite. Les lettres qui suivent les nombres de la seconde colonne indiquent les noms de MM. Lévy, Phillips et Mohs, auteurs auxquels on a emprunté les mesures citées.
Les scorodites de Schwarzenberg en Saxe, de Saint-Austle en Cornouailles, et de Vaulry près Limoges, se trouvent dans des filons de minerai d'étain qui traversent le granité. Celle de San-Antonio-Perreira, près de Villa-Rica au Brésil, tapisse les fissures d'une hématite brune, en filon elle-même, dans les terrains anciens.
scorodite terretue. — M. Boussingault^ a donné la description d'un arséniate de fer en masse terreuse, d'un vert, blanchâtre, provenant de Loaysa, prèsMarmato, dans la province de Popayan en Colombie , dont la composition se rapporte assez exactement avec celle de la scorodite ; seulement une faute d'impression a dénaturé les nombres obtenus par M. Boussingault , et a conduit à considérer la scorodite terreuse de Marmato comme une espèce nouvelle.
La composition obtenue par M. Boussingault est :
Acide arsénique 49,60 \
Oxyde ferrique 34,30 ( jai 26
Oxyde plombique.... 0,40 l ' Eau 16,90 J
' Annal/e9 de chimie et de physique, t. XLI, p. 75.
68i ARSËNIO-SIDËRITE.
Si on compare ces nombres avec ceux que M. Damour a obtenus pour la scorodite, on les trouvera presque identiques,
symplésite. <— M. Breithaupt^ a désigné sous ce nom un arséniate de fer qui contient 25 pour 100 d'eau, et donne en outre la réaction du manganèse. Le peu de détails que renferme la note de ce savant professeur ne me permet pas d avoir une opinion certaine sur cette substance ; en sorte que je me contenterai de la citer sans l'admettre au rang des espèces. Une circonstance seule m*a frappé, et qui mériterait beaucoup d'intérêt si une analyse venait à la confirmer, c'est que la symplésite serait un arséniate de protoxyde de fer, tandis que jusqu'à présent on ne connaît que des arsénialeg de peroxyde. Il semblerait même que la présence du protoxyde serait incompatible avec celle de Tacide arsénique , comme si ce dernier corps cédait une partie de. son oxygène au fer pour donner lieu à des arsénites.
Fer arséniate cuprifère. — M. le comte de Bournon a décrit sous ce nom des cristaux d'un vert foncé, mesurant exactement les mêmes angles que la scorodite, et dans lesquels Chêne vix avait indiqué 22 pour 100 d'oxyde de cuivre. M. R. Phillips, qui les a examinés depuis, n'a pu y découvrir la plus petite quantité de ce métal ; ainsi il n'est pas douteux que cette espèce ne soit une variété de scorodite. Ce qui a pu induire Chenevix en erreur, c'est que les cristaux sont adhérents à du cuivre arséniate fibreux, et qu'il n'aura pas fait un triage exact de la substance qu'il a soumise à l'analyse.
ARBBHIO-SZOÉRXTS.
Arsénocrocile.
Cet arséniate forme des masses concrétionnées fibreuses à structure testacée et de couleur d'ocre foncée ; ses fibres, larges et distinctes , peuvent se séparer comme celles de l'asbeste
* Journal fiir ph ch,m„ ch. i^ p. 501 .
ABSÉNUMIDÉBITE. 66S
dure. Il ressemble, par son aspect général et sa fcouleur, à Tor musif. Il est très-tendre, s'écrase entre les doigts et tache même le papier. Lorsqu'on le porphyrise, sa poussière empâte le pilon ; sa couleur est alors d'un jaune brun, plus foncé que celle de l'hydrate de fer.
L'arsénio-sidérite a été trouvé dans le gtte de manganèse de la Romanèche, près de Mâcon. M. Lacroix, pharmacien de cette ville 9 en ayant reçu quelques échantillons, acquit par plusieurs essais la conviction que ce minéral constituait une espèce nouvelle. Il eut la complaisance de m'en adresser des échantillons, afin que je pusse en déterminer la composition et les principaux caractères.
La pesanteur spécifique de l'arsénio-sidérite est de 3,53. Soluble presque immédiatement à chaud dans l'acide nitrique et dans 1 acide hydrochlorique, il se dissout lentement à froid dans ces mêmes acides. Au chalumeau, il fond en émail noir avec une odeur arsenicale très^faible qui se développe par l'addition d'une certaine quantité de soude, Chauffé dans le tube, il donne de l'eau, et sa couleur se rembrunit par la calcinar* tion.
L'aQalyse d^ l'arséaio^idérita m'a conduit à la composition suivante :
OtSffLm
Acide àrsénique 34,S19 11 ,89 5.
Peroxyde de fer . . 41,31 IS^ i ^
Peroxyde de m^ngraj^.. 1,29 0,39 |
Chaux 8,43 2,3Ç J.
Silice 4,04
Potasse 0,76
Eau ... 8,75 7,99 3.
En considérant la silice gélatineuse comme étrangère au minéral, ainsi qu'on en a beaucoup d'exemples, on peut représenter la composition de l'arsénio-sidérite par la formule ;
3Fd«A«4-CaA*»H-3Afl.
Il y a quelque analogie entre cette substance et le kakoxène ; la présence de l'acide anénique Its distingue immédiatement.
664 pyrosmalhe.
P^jfrodmalite (Léonhnard) ; Fer muriaté.
Ce minéral, découvert dans la mine de Bjelke, près de Nordmark, dans le Wermland, a été nommé par Hausmann pyrosmalite\ par suite de la propriété qu'il possède de donner une forte odeur d'acide hydrochlorique par l'action du chalumeau. Il constitue des cristaux imparfaits d'un gris verdàtre, ayant un clivage facile parallèlement à leur base, et que Ton rapporte au prisme hexaèdre régulier. Les cristaux mesurâbles sont très-rares; l'Ecole des Mines n'en possède que d'indistincts.
La dureté de la pyrosmalite est de 4,5; sa pesanteur spécifique , de 3,081 . Son éclat est nacré , surtout sur les faces du clivage. ChaufTée dans le tube d'essai, elle donne d'abord de l'eau; la chaleur augmentant, on obtient une substance jaune qui se dissout en gouttelettes de la même couleur dans les dernières traces d'eau. On reconnaît aisément que ce liquide contient du muriate de fer.
L'analyse de la pyrosmalite a donné à M. Hisinger :
Protoxyde de fer 21,810 i
— de manganèse. 21^1401
Muriate de fer 14,0951 .^n nnn
Silice 35,(fëO/ '
Chaux 1,2101
Eau 5,8951
Quel est le rôle de l'acide muriatique dans cette substance? est-il accidentel? est-ce un mélange de chlorure et de silicate? M. Hisinger, M. Berzélius et M. Beudant le regardent comme accidentel. Ils supposent que sa formule doit être MffS?4-/Si*, mélangé accidentellement de 14 pour 100 d'un muriate de fer hydraté. La dureté et les autres caractères extérieurs de la pyrosmalite ne me paraissent pas s'accorder avec le mélange de 14 pour 100 d'une substance soluble dans l'eau.
PYROSMALITE. 665
La formule que je viens de citer correspond à celle du pyroxène. Les caractères extérieurs de la pyrosmalite sont en outre analogues aux caractères de ce minéral. Cette double circonstance a engagé M. Beudant à la classer comme une variété de pyroxène; mais les mesures des cristaux de pyrosmalite, prises avec le goniomètre de réflexion, ne peuvent s'accorder avec l'hypothèse de M. Beudant en établissant que sa forme est un prisme hexaèdre régulier. Le clivage perpendiculaire à Taxe qui domine dans tous les cristaux de pyrosmalite s'oppose également à cette supposition.
La pyrosmalite se trouve avec de l'amphibole bacillaire. Cette association fournit un moyen pour reconnaître cette espèce- Fer molybdaté. — Le docteur Owen a décrit sous ce nom des aiguilles fines, soyeuses, d'un jaune foncé, recouvrant la surface de cristaux de quartz, trouvées près de Nevada-City, dans la région aurifère de la Californie. D'après une analyse approximative faite par le docteur Owen*, ce minéral serait composé de : acide molybdique, 40; peroxyde de fer, 35; magnésie,' 2 ; alcali, 8 ; eau, 15. Il parait que ces mêmes aiguilles auraient été retrouvées dans la Géorgie. Dans cette dernière localité, elles sont également associées à du quartz ; mais celui-ci contient du molybdène sulfuré, ce qui pourrait faire supposer que le moIybdate de fer serait le produit d'une double décomposition. De la poussière jaune, verdâtre, disséminée sur la surface du quartz, et regardée comme de Vacide molybdiqucy conduit naturellement à admettre, pour le mo- Iybdate de fer, ce mode de formation.
Fer borate.— Les lagoni de Toscane, qui fournissent l'acide borique, présentent souvent, sur les roches qui en forment les parois, des incrustations salines, Parmi ces incrustations, M. le professeur Becchi « en a recueillies d'un jaune d'ocre et terreuses, à la manière des tufs, qu'il considère comme du fer
' Proced. Ac. Nat. sciences. Philadelphie, t. VI, p. 108. * American Journal, deuxième série, t. XYII^ p. 129.
666 FEa SULFAT* VERT.
borate. Cette espèce, à laquelle ce eavast professeur a donné le nom de lagoniie, serait composée de la manière suivante : acide borique, 47,95; protoxyde de fer, 36,36 ; eau» 14,03; magnésie, chaux et perte, 1,77. La formule en rapport avec cette composition serait ^e Bo + 3H.
Couperose verte; ^triol martial; Eisen vitriol; Gmner vitriol; MéUntério (Beadaut); Copperat (Dana).
Ce sel se produit dans les mines par la décomposition des pyrites de fer. Très-soluble dans l'eau, il ne se trouve presque jamais en cristaux ; il est même rarement pur ; constamment associé à d'autres sulfates, il se présente sous la forme d'efilorescences verdàtres, ou sous celle de filaments soyeux, qui ont reçu le nom d'alun de plume ^ ; il est alors le résultat d'un mélange de sulfate de fer et de sulfate d'alumine ; plus fréquemment encore, il imprègne des matières terreuses que l'on voit s'etUeurir à l'air. S^ couleur verte et son gnùt styptique le font reconnaître immédiatement.
M.Haûy annonce que le fer sulfaté cristallise en rhomboèdre sous l'angle de 81%23' D'après M. Pendant, la forme de ce £el est un prisme rbomboîdaj obliquei sousTangle de 99^,30'. Le peu de différence qui existe entre les angles pians qui aboutissent au sommet A du prisme rbomboidal semble donner raison à Haûy.
Pour m assurer de la forme de ce sel^ j'ai prié M. Jacque^ mard, qui possède une fabrique de couperose dans le département de l'Aisne, d'en faire cristalliser quelques échantillons avec beaucoup de soin. Après plusieurs opérations successives, il a obtenu des cristaux d'une netteté remarquable. Ces cristaux m'ont donné, pour les valeurs de P sur M et de M sur M, les angles de 81« 30' et 80^ 30'. La différence de 1* que Ton
' Pagel375, même votane.
VEB flCUÀTÉ VERT. 667
obsery6 entre ces angles ne suffirait peut-être pas pour détermÎDer d'une manière absolue la cristallisation du sulfate de fer. Jlfais les cristaux que m'a remis M. Jacquemard portent deux genres de modifications qui ne peuvent s'accorder qu avec le prisme rhomboidal oblique ; Tune est une facette placée sur l'angle Â, l'autre consiste en troncatures verticales sur les arêtes H.
La pesanteur spécifique du fer sulfaté vert est de 1,84 à 1,97. Sa composition est :
Oiyg. Bapp.
Acide sulfurique 28,80 17,24 3.
Protoxyde de fer 25,70 5,85 «.
Ea« 45,40 40,36 6.
Elle est représentée par la formule ¥e Su* + 6 A9, qui est celle du sulfate de protoxyde de fer, allié à six atomes d'eau.
Mlsy i. — M. Duménil a donné ce nom à un mélange de sulfate de fer et de plusieurs autres sulfates, trouvé au Rammelsberg, près de Goslar. 11 est en petites écailles cristallines d'un éclat perlé, de couleur jaune soufre. H est accompagné d'une matière terreuse d'un vert serin clair, et sa cassure est terreuse. Ce mélange est composé de :
Sulfate de fer 42,55
Sullatêde zioc 5,98
Sulfate d'alumine. 6,41 \ |qq ç^
Protosulfale de manganèse.. 5,42 ^ '
Sulfate de ciiiTre, 3.11
Eau 39^
UMiTM du sulfate de far. — Ce sel est employé dans la fabrication de l'encre et dans la teinture ; la dernière de ces industries exige que ce sulfate de fer soit pur. On le fait cristalliser, pour le séparer des autres sels avec lesquels il est mélangé. Toutefois , la séparation n'est jaitoais complète : les cristaux eux-mêmes absorbent, pour ainsi dire, toujours une certaine quantité de matières étrangères. Le sultate de fer est surtout sujet à ces mélanges, ce qui fait que les couperoses
> Archives de Karstm, t. XI, p. 489.
668 FER SULFATÉ ROUGE.
ne doivent pas être employées indifféremment à tous les usages. L'Académie de Rouen, située au milieu d'un grand centre de manufactures, a proposé en 1839, comme sujet de prix, d'établîr la différence qui existe entre les variétés de couperoses du commerce. M. Preisser ' a fait à ce sujet un travail très-important, dont nous extrayons lés passages suivants :
« l"" Les couperoses acides de Paris, de Honfleur et de Saint- Urcel ne conviennent pas pour le mordançage des cotons et des tissus, à cause de Taction nuisible de Tacide sulfurique sur la fibre végétale.
a 2^ Les petites couperoses de Noyon et de Montatère sont impropres à la préparation des cuves dlndigo , le sulfate de cuivre et le sulfate ferrique qu'ils contiennent ayant la propriété d'oxygéner l'indigotine blanche ; d'où il suit que ce sel précipiterait au fond de la cuve une certaine proportion d'indigo qui serait perdue.
« 5° Les couperoses de Paris et de HonQeur conviennent parfaitement pour dissoudre l'indigo. »
FBR Sm-FAXà ROUOB.
Botryogëne de M. Haidinger; Néoplase ( Beudanl) ; Rother eueii vitriol; Red-vitriol.
Ce sel ^ qui diffère complètement du précédent par sa composition, est également un produit de la décomposition des pyrites. On l'a trouvé dans plusieurs localités, notamment dans la mine de cuivre de Fahlun, où, il forme des dépôts à la fois sor le gypse et sur la pyrite de fer. Tantôt d'un rouge hyacinthe ou d'un jaune d'ocre, il est transparent et tendre. Il prend deréclal sous le* couteau. Sa forme cristalline ordinaire est un prisme rhomboïdal oblique dont l'angle obtus est de 119« 66', et Tinclinaison des faces sur la base est de li3o 37'. Les cristaux sont groupés sous forme botryoïde. Sa pesanteur spécifique est de
' Journal defkarmadê^ t. XXV, p. 628.
GOQUIBfBITE. — GOPUPITE. 669
â,059. Il se dissout lentement dans l'eau. Il s'altère à Tair humide, mais il se conserve dans l'air sec.
Deux analyses ont donné à M. Haidinger ^ les résultats suiyants:
Sous-salfote de fer 6^77 6,85.
Sulfate d'oxyde et d'oxydule. . . 35,85 37,92.
— de magnésie 26,88 17,iO.
— de chaax 2,22 6,71.
Eau et perte 28^28 51,42.
La similitude des proportions du sous-sulfate de fer et des sulfates d'oxyde et d'oxydule montre que ces deux sels constituent la composition essentielle du fer sulfaté rouge, tandis que les autres éléments sont accidentels.
M. Berzélius a admis que ce sel est composé de la manière suivante :
Oxyg. Rapp.
Acide sulfurique.... 32,58 19,50 S. Protoxyde de fer. . . . 10,71 2,43 1 .
Peroxyde de fer 23,86 7,31 3.
Eau 32,85 29,20 12.
Sa formule serait alors :
Le fer sulfaté rouge serait donc composé à la fois de sulfate de protoxyde et de sulfate de peroxyde, et dans ces sulfates il n'existerait que deux atomes d'acide sulfurique, contrairement à ce qui a lieu pour les sulfates artificiels.
OOÇUZMBITB» — OOVXAPXTB.
Ces noms ont été donnés à deux sulfates de fer trouvés dans des mines de cuivre de Gopiapo, situées dans la province de Coquimbo, au Chili. Us proviennent l'un et l'autre de la décomposition des pyrites de fer.
1 AfmalBS dB Poggfnâorff, 1828, p. 491.
670 QOQUIMBITE. — GOPIAPITE.
Le plus fréquemment ils font partie des mêmes écbantil* Ions , et sont adhérents Tun à l'autre. Il m*a para utile de mettre leur description en regard pour montrer leurs analogies et leurs différences; ils sont l'un et l'autre des sulfates de peroxyde ; il se pourrait qu'ils appartinssent à la même espèce, attendu qu'ils ont la môme forme cristalline.
La coqaimblte que M. Henri Rose a fait connaître est regardée par ce savant comme un sulfate neutre de peroxyde de fer, ce sel est à la fois en grains et cristallisé ; les cristaux sont des prismes à six faces, surmontés d'un pointement à six faces placé sur les arêtes de la base. Les angles de ces cristaux sont P sur 6» = 151% M sur 6« ==119% b' sur *• = 128® 8'. Il existe des clivages peu distincts parallèlement aux faces M. La coqtiimbite est blanche, ce qui Ta fait désigner par quelques personnes sous le nom de couperose blanche. Cependant elle passe au jaune et même au brun; quelques échantillons ont une peinte violacée. Sa pesanteur spécifique est de 2, 1 ; elle a un goût fortement astringent, elle est soluble dans Teau fraîche. La solution de coquimbite chauffée laisse déposer du peroxyde de fer. La composition de ce sel est établie par les analyses suivantes :
Coquimbite crislalline. Granulaire. Cristaux,
par H. Rose'. par biake '. Oxfg. Rapp.
Peroxyde de fer.... 24,11 S5,2i 26,79 28,00 8,58 1.
Alumine 0,02 0,78 1,05 >
Acide sulfurique... 45,55 43,55 41.37 45,02 25,75 5.
Eau 30,10 29,98 29,40 28,98 25,76 3.
Chaux 0,73 0,14 » >
Magnésie 0,32 0,21 0,30 »
Silice 0,3i 0^37 0,82 >
La composition qui résulte de ces analyses est FeSu^ + 3 Aq] les cristaux analysés par Dlake ont été désignés sous le nom de blakéiie.
« AfmalM de Poggendorff, t. XXVII, p. 809.
> Journal de la Soci^ d'histoire naturelle de BoiUm.
GOQUIMBITB. ^ QQPIAPITE. 671
Lacopiapite [$typtic%ie) perie^ par oppositionavec la coquimbite, le nom de coupero$e jaune^ elle le doit à sa teinte jaune passant ati brun; elle se trouve en grains, en petites tables hexagonales et en masses fibreuses. Les cristaux que M. Haidinger, qui a décrit cette espèce , a examinés, étaient trop petits pour qu^il ait pu en mesurer les angles; il annonce cependant qu'ils présentent un clivage suivant la base. Les lames obtenues par le clivage sont transparentes.
Les éléments de la copiapite sont :
Variété kunèllêusa, Plbfetite, |Mr H. Rose. ■ Par Prideaux.
Peroxyde de fer 26,11 28,11 34,4.
Alumine 1,95 a a
Acide sulfurique 39,60 31^73 28,90.
Eau 29,67 36,56 36,70.
Magnésie 2,64 0,59 j»
Chaux < 4 :» 1^91 a
SiUce 1,37 1,43 »
M. Laurence Smith* a représenté la composition de la copiapite par la formule ^e S^ + 11 A, Sa pesanteur spécifique est, d'après ce chimiste, de 1,84.
J'ai déjà annoncé que les cristaux de coquimbite et de copiapite appartiennent au prisme régulier à six faces. La différence cristallographique entre ces deux espèces résulte du clivage. Quant à la différence dans la composition, elle consiste dans la proportion d'acide sulfurique, qui est plus grande dans la coquimbite que dans la copiapite ; mais on sait que les sulfates produits par décomposition contiennent souvent un excès de cet acide.
Prideaux a donné à la copiapite fibreuse qu'il a analysée le nom de fibro ferrite.
ApatélUe^, Meillet a désigné par ce nom un sulfate de fer recueilli dans les lignîtes d'Auteuil , et qui ressemble à la copiapite.
i American Journal, deuxiëme série, t. XVIII, p. 375. * Annales des mines , quatrième aérie, U III , p. 808.
672 PITTIZITE.
9vrvaam.
Fer sulfaté ocreux; Fer sous-sulfaté ; Fer oxydé résinite; Eisenpechen; Eisensiuler; Araeneiseusinter; Diadochite; Sidéritine (Beudant).
Ce minéral, ordiDairement bruD , quelquefois de couleur très-foncée, passant même à la couleur noire, à poussière jaune, à éclat résineux, présente des compositions différentes, qui ont donné lieu à des divisions en espèces. M. Beudant a séparé la pittizite de la sidèriline : il considère la pren4ère comme composée exclusivement d'acide sulfurique , de peroxyde de fer et d'eau: la seconde contiendrait en outre de Tacide arsénique. À ces deux espèces, M. Breithaupt^ en a ajouté une troisième, sous le nom de diadochite, dans laquelle l'acide sulfurique est allié à de Vacide phosphorique.
Les différentes analyses de ces substances ne donnent aucunes proportions fixes entre leurs parties composantes; et quand on étudie les caractères, et surtout le gisement de ces minéraux, on reconnaît qu'ils ne peuvent présenter des éléments en proportions déterminées, attendu qu'ils sont constamment le produit de décompositions. Ceux qui ne contiennent que de Tacide sulfurique sont le résultat de la décomposition des pyrites ordinaires. La pittizite arsénifère est formée par les arsénio-sulfures. Quant à la diadochite, elle est le produit de l'altération de pyrites associées à des phosphates.
La pittizite est très-tendre, fragile; elle s'écrase entre les doigts et se brise même par la chaleur de la main ; elle donne beaucoup d'eau quand on la chauffe dans le tube, et laisse, dans la plupart des cas, une poussière rouge qui devient altirable par une calcination plus prolongée.
PiUiaiie dei environs de Freiberg, De Nieder-Luisk,
par H. Berzéllua. par H. Stromeyer.
Acide sulfarique.... 15,9. Acide arsénique 96,069.
Peroxyde de fer 62,4 . Acide sulfurique 10,038.
Eau 21,7. Peroxyde de fer 33,096.
-— de manganèse.. 0,643.
Eau 29»256.
' Amaks d€ Poggendorff, vol. XXVII, p. 510.
prrnzFTE. 673
M. Berthier a donné l'analyse d'un fer pittîzite d'Huelgoftt qui contient de l'acide phosphorique. Il est compacte, d'un rouge brun, transparent, fragile et à cassure vitreuse. On Ta d'abord pris pour une résine ; il en présente efiectivement tous les caractères. On trouve ce minéral en recouvrement sur les poteaux des galeries d'exploitation de la mine, où il parait qu'il se dépose journellement.
Sa composition est, d'après l'analyse de M. Berthier* :
Peroxyde de fer 38,50
Acide phosphorique.... 17,00
Acide sulfurique 13^80 } 100,00 .
Eau 20,20
Acide anlimonieux 0,50
La mine d'Huelgoât contient un grand nombre de pyrites associées fréquemment à du phosphate de plomb, qui, par leur décomposition, donnent naissance à cette variété de pittizile. Ses proportions se rapprochent beaucoup de celles de l'analyse de M. Stromeyer.
Tectixite.^M. Breithaupt adonné ce nom à un minéral qui, d'après ses essais, lui a paru être un hydro-sulfate de peroxyde de fer; il est en petits cristaux aciculaires, terminés quelquefois par des pyramides à quatre faces assez distinctes. Sa couleur est le brun clou de girofle. Très-soluble dans l'eau, il attire facilement l'humidité de l'air et se décompose; il provient des environs de Schwarzenberg en Saxe, et de Braûnsdorf dans l'Erzgebirge.
Oanomatite. — On a désigné sous ce nom un mélange de sulfate et d'arséniate de fer trouvé dans les mines d'argent de Freiberg; il contient aussi de l'arséniate de cobalt et du sulfate d'argent. Ce minéral, produit par la décomposition des pyrites et des arséniures , parait être la même chose que la chénocoprolite; il a été aussi désigné sous le nom de gansekdthigerz.
Annàlês des wmeSj t. XIII, p. 609, troistème série, 1838.
6Ti FER OIAUTÉ.
Oxalate d« fer;Oplita; Siaeiirésiii; BiiiiaH>l4Uta.
Sabstance jaune , en petites masses terreuses associées à des lignites. Elle paraît, comme la pittizite, être le produit de formation moderne. L*acide oxalique a probablement été fourni par des lignites, tandis que le fer Ta été par des combinaisons ferrugineuses en contact. Le fer oxalaté est trèstendre, et s'écrase entre 1^ doigts. Sa pesanteur spécifique est de 1 ,3 à 1 ,4. Sur les charbons, il donne une forte odeur végétale, et un résidu noir, attirable à l'aimant.
M. Mariano de Rivero Tavait considéré comme un oxalate anhydre. M. Rammelsberg a montré que cette substance contenait de Teau. D'après son analyse, le fer oxalaté de Kolosoruky près Billin, en Bohème, est composé de :
Bapp.
Protoiyda de fer 41,404 3.
Acide oxali(iae 49,601 S,
Eau 15,905 5.
Ca qui donnerait la formule :
Le fer oxalaté ressemble à une argile ocreuse. Un essai au chalumeau, ou une simple calclnation, dénote la véritable nature de ce minéral.
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