GENRE POTASSE
POTA88B mTRATillI.
Nitrc; salpêtre; nitrate de potasse.
Le nitre se trouve fréquemment en efflorescences superficielles, composées d'aiguilles très-déliées; il est analogue, sous ce rapport, à toutes les efflorescences salines , qui n'ont d'autres caractères que leurs propriétés chimiques; mais ce sel possède un caractère particulier qui le fait immédiatement reconnaître, c'est la propriété de déflagrer sur les charbons ar-
' PhUosophical Magazine, 1846, t. XXMU , p. 548. * Qmrt, J. ckem, soc., avril 1849.
200 POTASSE NITRATÉE.
dents, qu'il communique à la poudre. Le nitre a, en outre , une saveur fraîche et un peu fade, également caractéristique.
Sa pesanteur spécifique est de 1,93.
Soluble dans trois fois son poids d'eau froide, et dans la moitié de son poids d*eau chaude , le nitre cristallise facilement par le simple refroidissement d'une liqueur saturée à chaud. Les cristaux que l'on obtient dérivent d'un prisme rhomboïdal droit sous l'angle de 119® 10', dans lequel le rapport des côtés de la base à la hauteur est à peu près celui des nombres 50 : 30 ; la fig. 48, pi. 8, indique leur forme la plus habituelle.
Les cristaux que nous venons d'indiquer sont ceux qui se produisent dans la plupart des circonstances. M. Beudant paraît en avoir obtenu sous la forme d'un rhomboèdre obtus ; cette substance présenterait donc un exemple de dimorphisme, et ce qu'il y aurait surtout d'intéressant, c'est que , de même que pour les carbonates , ces deux formes seraient d'une part le rhomboèdre , et de l'autre le prisme rectangulaire droit. La soude nitratée nous offrira bientôt un autre exemple de ces deux formes.
Les cristaux de nitre sont blancs, translucides, et quelquefois transparents ; leur lustre est vitreux ; ils présentent des clivages suivant les faces de la forme primitive , ainsi que parallèlement aux modifications e^ eig^. La cassure en travers est concholdale.
Composé , d'après l'analyse de WoUaston, de :
Potasae 46>46
Acide nitriiiae 53,54
Son signe minéralogique est KNi'.
Glsemait. — Le nitre paraît le résultat de la décomposition des pierres calcaires ; c'est en effet à la surface des terrains de calcaire qu'on recueille ce sel; on n'en a cité ni en couches, ni en filons. En France, on en exploite en efilorescences sur la craie des environs de Rouen et d'Évreux; les terrains crayeux
Oxyg.
Rapp.
POTASSE NITRATÉE« 201
des enyirons de Tours, de la Roche-Guyon et d'Angouléme , dans lesquels on a creusé des habitations, sont couverts d*efilorescences de nitre; c'est un phénomène analogue à celui que Ton observe sur les murailles enduites de plâtre , et qui , par leur position, sont fréquemment humides; elles se couvrent de taches rondes , qui bientôt forment de petites ampoules » pour ainsi dire, de gros boutons, composés d'aiguilles très^* fioes de nitre et de chaux nitratée. On dit alors que les murs sont salpêtres, et, effectivement, la lixiviation des plâtras qui en proviennent fournit beaucoup de salpêtre. La nitrification , semblable à une carie , commence sur une surface • très-circonscrite , s'étend bientôt et corrode la pierre à la manière de la carie. La présence du sel favorise beaucoup cette action. Dolomieu a remarqué que du moment où un rocher calcaire de l'Ile de Malle est touché par l'eau de la mer, il tombe en efilorescence » et que cette efllorescence destructive se propage en peu de temps sur toutes les pierres environnantes.
Cette origine de la potasse nitratée doit faire présumer que ce sel se trouve partout où les conditions que nous venons de signaler se représentent; effectivement, il existe peu de pays où ce sel ne se recueille avec quelque abondance.
La Fouille, en Italie, est célèbre par quelques nitrières naturelles, notamment celle de Holfelta.
La Hongrie , l'Ukraine, et surtout la Podolie , fournissent à l'Europe une gr$inde quantité de nitre. On le retire par la lixiviation du terreau noir et fin qui recouvre ces vastes plaines. L'Egypte , l'Arabie et la Perse , exportent une quantité considérable de salpêtre.
Aux États-Unis , on recueille cette substance dans les grottes calcaires de Kentucky. Les pâturages secs , situés sur les bords de la mer, près de Lima , dans l'Amérique méridionale, sont couverts d'efflorescences nitriques.
202 POTASSE SULFATÉE.
POTASSE SUIiFATtB.
Tartre vitriolé; sel de Duobus; sel polycbreste de Glaser; aphtalose Beudant; arcauiteHaidinger; aphthitalite Dana.
Ce sel, très-rare, a été seulement trouvé en petits mamelons sur des laves récentes du Vésuve. Il est d'un gris blanchâtre sale ; inaltérable à l'air, légèrement amer, il est soluble dans cinq fois son poids d'eau bouillante ; il cristallise par le refroidissement, en prismes à six faces, surmontés d'un pointement à six faces, fiy. 69, pi. 12, analogues aux cristaux de baryte carbonatée ou en dodécaèlres bipyramidaux, terminés par une base ; la différence d'inclinaison entre les faces 6* et e*, fig. 46, p/. 8, montre que, bien que Tangle de ses faces 120^ 30' soit très-rapprocbé de l'angle du prisme à six faces régulier, sa forme est un prisme droit rectangulaire , fig. 45. Le rapport des côtés de la base à la hauteur est à peu près celui des nombres 50 : 32.
La potasse sulfatée possède des clivages peu distincts , parallèlement aux faces de la forme primitive. Sa pesanteur spécifique est de 1,73.
Sa composition , représentée par KSw^, donne :
Oiyg.
Pousse 54,07 8,96 1.
Acide sulfarique.... 45,93 27,05 3.
HUénlte. — M. Scacchi ^ a donné ce nom à un sulfate de potasse, dont les proportions de base et d'acide différent notablement de celle du sulfate ordinaire; il a été recueilli dans la grotte dite Grotia dello solfo, où il paraît y avoir été amené par des fumerolles. Il est en petites masses fibreuses blanches, à éclat soyeux analogue à l'alun de plume ; il est soluble dans une petite quantité d'eau. Les deux analyses suivantes, dues à ce savant minéralogiste, font connaître les proportions de la misénite :
* Mémoire sur les formations géologiques de la Campante , par M. Arcangelo Scacchi, 1849, p. 98.