‹ Traité de minéralogieChapitre 66 sur 118 · SUT · texte numérisé non relu

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La baryte carbonatée présente souvent des macles analogues à celles de Tarragonite. Des stries assez profondes, que Ton observe sur les faces du dodécaèdre triangulaire , et qui souvent sont interrompues sur le milieu des faces , donnent un moyen de les constater; mais on reconnaît les lois qui ont présidé à leur formation, par la lumière polarisée. M. de Sénarmont ' a récemment étudié cette intéressante question. Il a

* Sur les groupements cristallins de la witherite , de l'alstonite et de Tarragonite, par M. H. de Sénarmont {Annaksdê chimie et de physique^ troisième aérit, t. XLI,p.64,1851).

BARYTE GARBONATÉB. Ï^S*

fait taiUsr vingt-deux plaques dans des cristaux de baryte earbonatéd, provenant de localités différentes; il a reconnu que toutes étaient composées, comme Findique la fig. 69 bis^ pi. 19, de six individus qui , Tun par rapport à l'autre , sont hémitropes autour des faces verticales du prisme de 118<^ 30^ de sorte que les faces de pointement sont en réalité de même nature, et résultent toutes de modifications sur les angles latéraux.

Chacun des individus est de plus traversé par une multi^ lude de lames hémitropes , sans que le système qui correspond à son orientation spéciale cesse pourtant de prédominer. C'est la multiplicité de ces lames qui rend quelquefois les cristaux opalins; elle produit, en outre, une certaine confusion des courbes isochromatiques; mais celles-ôi deviennent facilement observables, quand on taille les plaques de baryte carbonatée suffisamment minces.

Les phénomènes que nous venons d'indiquer sont analogues à ceux que présente Tarragonite ; ces derniers sont même plus variés , et nous engageons les lecteurs à les étudier en même temps que la cristallisation de cette espèce.

Les cristaux de baryte carbonatée n'admettent point de clivages distincts ; leur cassure inégale et écailleuse offre un éclat légèrement vitreux. Ces cristaux, d'un blanc grisâtre, sont translucides et quelquefois demi-transparents.

Baryte carbonatée fibrense. — Celte variété forme des rognons , des espèces de boules de 4 à 5 pouces de diamètre , dont la cassure fibreuse est rayonnée. Les fibres ne sont pas distinctes; elles sont soudées ensemble, en sorte que la cassure est, en outre, esquilleuse d'une manière très-prononcée , surtout vers la partie extérieure des rayons. Il en résulte que , dans quelques échantillons , la texture fibreuse passe à la texture compacte.

Gisement. — La baryte carbonatée a été découverte dans ht mine de plomb de Snailbach, en Angleterre, dans le Shropshire, par le docteur Withering, ce qui lui a fait don-

su EARYTE GARBONATËE.

ner le ûom de wUhmte par Werner. Elle a lété retrouTée depuis en plusieurs autres points, notamment à Alston-Moor» dans leCumberland, et dans la mine de Stein-Bauer, dans la haute Styrie.

La baryte carbonatée est un poison pour les animaux ; aussi est-elle connue en Angleterre sous le nom de pierre contre les rats.

- sulfato-carbonate de baryte. — Les analyses faites par Klaproth de la baryte carbonatée du Shropshire et d'Anglesay ont appris depuis longtemps que cette substance pou. vait contenir en mélange de la baryte sulfatée , de la strontiane sulfatée, et du carbonate de chaui. Un échantillon de la mine de Brownley-Hitl, dans le Gumberland , a donné à M. Thomson:

Ripp.

Carbonate de baryte. . . . 64,83 0^052 1 .

Sal&te de baryte 34,80 0,023 2,3.

Carbonate de chaux. .... 0,28 .

Eau 0,60.

La forte proportion de sulfate de baryte et son rapport simple avec le carbonate de baryte ont conduit ce savant chimiste à faire une espèce particulière de l'échantillon de Brownley-Hill, sous le nom de sulfato-carbonate de baryte ^ La forme en prisme à six faces , surmonté de pyramides également à six faces, /ig. 69 , sous laquelle il se présente , étant exactement la forme de la baryte carbonatée, nous pensons que Ton peut considérer le sulfate de baryte qu'il contient comme à Tétat de mélange et non pas en combinaison. Le rapport simple est purement accidentel; du reste, il n'est même pas complètement exact.

Analoffies. — Quelques échantillons de baryte sulfatée fibreuse, de strontiane sulfatée et de strontiane carbonatée ,

' (MUlhiêit ofndnêratogyt gtology and mbiêrol wudffii , vol. 1% p. 106.

BARYTO-GALGITE. 245

sont les seules substances qui pourraient, par leur pesanteur spécifique, présenter deTanalogie avec la baryte carbonatée. Pour une personne au courant de l'^étude des minéraux, la cassure à la fois fibreuse et esquilleuse, que j'ai indiquée comme habituelle à la baryte carbonatée, suffirait pour la distinguer. Toutefois, des essais faciles et caractéristiques permettent de s'assurer de suite de la nature de ce minéral ; l'effervescence qu'il produit avec Tacide nitrique révèle la présence de Tacide carbonique. Cette effervescence n'est ni aussi prompte ni aussi vive que pour la chaux carbonatée, mais elle se développe assez rapidement quand Tacide est étendu de la moitié environ de son volume d*eau. La strontiane carbonatée faisant également effervescence avec les acides, on pourrait encore être dans Fincertitude, sans la coloration différente que la strontiane et la baryte communiquent à la flamme; du papier trempé dans une dissolution concentrée de baryte brûle avec une flamme jaune orange , tandis que la strontiane communique à la flamme une cou* leur purpurine très-belle.

Ce minéral a été trouvé à Âlston*Moor, dans le Gumberland; sa forme primitive est, d'après M. Brookes^, qui a fait connaître cette substance de concert avec M. Children , on prisme rhomboîdal oblique, dont l'incidence des faces latérales est de 106® 54% et celle de la base sur chacune d'elles est de 102<> 55'. Le rapport d'un des côtés de la base à la hauteur est à peu près comme les nombres 100 à 99.

Les fig. 71, 72 et 73, pi. 12, représentent les différents cristaux de baryto-calcite. La base y est généralement rare ; dans là plupart de ceux que j'ai vus, elle était le résultat d'une fracture. Les faces M y existent toujours, mais elles ne

I ilimobo^lKMfosopfty (second Mries), t. VIII, p. 1U.

146 BARYTO-CALCrrE.

sont presque jamais qu'à l'état de rudiment, ainsi qu'on lé voit dans les fig. 72 et 73. La disposition des cristaux est due aux facettes î données par un décroissement intermédiaire dont la loi est t=(6*"fc*'V); ces facettes ont pris beaucoup d'extension, de sorte que les cristaux sont très-allongés dans le sens de la petite diagonale. Il existe en outre des facettes verticales h* et g* placées sur les arêtes latérales du prisme , et une petite facette o* qui établit d'une manière certaine que le prisme est oblique.

Les cristaux de baryto-calcite sont peu miroitants , et les facettes se prêtent difficilement à la mesure ; deux clivages nets, suivant les faces latérales, donnent avec certitude Tangle de M sur M. Il n'en est pas de même de langle de P sur M, le clivage suivant cette face n'étant simplement qu'indiqué. Le tableau suivant, que je donne d'après les observations de M. Descloizeaux y auquel on doit une description cristallo* graphique de la baryto-calcite, fait connaître les angles principaux de cette substance.

P sur M = 102» 50'. M sur M = 106o 55'.

P sur h* = IO60 8'. M sur V = 143» W.

P sur t = 118* 56'. UBUti » iOOo 11'.

P sur e = 104' 2' 41*. M sur i' = 115» 20' 27'.

i sur i = 84' 45'. •' sur i' = 39o 58' 32'.

i sur r = 157*. e sur i' (adjacent) = 140». P sur 0' sa 1470 34' 26'.

M sur ^ = 160» 32' 55'. g* sur ^ = 67« 59' 50*.

CompotfUob. Rapp. atoniqaes.

Carbonate de baryte... 65,9 0^053 1. Carbonate de chaux... 33^6 0,055 1.

Eléments qui donnent pour la formule de la baryto*calcitê BaC«-+-CaCa.

Sa pesanteur spécifique est 3,66; elle raye la chaux carbonatée, et elle est rayée par la chaux phosphatée ; sa couleur est le blanc grisâtre sale, avec une légère teinte verdâtre; en fragments minces, elle est translucide et transparente ; sa cassure en travers est vitreuse ; au chalumeau seule ne fond pas.

BARYTO-GALGITE. Ul

dit donne par la calcination une matière caustique; soluble ayee effervescence dans l'acide nitrique.

Baryto-caldte en piiime droit. — Alstonlte- — Thomson a donné le nom de hkalcaréo-carbonate de baryte à un miné* rai cristallisé sous la forme d'une double pyramide opposée base à base, fig. 74, provenant de la mine de Bromley-Hill, en Cumberland. Ce chimiste avait d'abord admis qu'il était composé de deux atomes de carbonate de chaux et d'un de carbonate de baryte ; plus tard, il a trouvé que cette substance contenait quatre atomes de carbonate de baryte, quatre atomes de carbonate de chaux , et un atome de carbonate de manganèse ; il proposa alors de lui donner le nom de bromlite. D'après une analyse de M. Johnston', professeur à TUniiFerâté de Durham, la substance de Bromley-Hill contiendrait, comme la baryto-calcite , un atome de carbonate de chaux , uni à un atome de carbonate de baryte. Ce minéral présentant exactement la forme delà baryte car bonatée, je serais porté à croire que le carbonate de chaux est accidentel, bien qu'il s'y trouve en proportion atomique. Toutefois, ce qui apporte des difficultés à ce rapprochement, c'est que M. Johnston a retrouvé la baryto-calcite* en dodécaèdres triangulaires isocèles à Fallow-Field, ce qui l'a engagé à conclure que ce minéral fournit un nouvel exemple de dimorphisme.

En effet, les cristaux de cette seconde espèce de barytocalcite sont incompatibles avec le système cristallin de la première. Us affectent la forme de dodécaèdres triangulaires isocèles aigus, représentés fig. 74. Us ne possèdent aucune trace de clivage, mais la cassure indique clairement que ces dodécaèdres sont formés par trois pyramides ou par six segments de pyramides quadrangulaires se pénétrant

• PhOMcphical Magasin», t. VI, 1835, troisième série, p. 4.

De Fallow-Field. De Bromley-HiU.

' Carbonate de baryte 65,248 62,156.

CârboBiCe de ehaux 52,88$ 32,156.

Carbonate de Btrontiane 2,870 6,4l .

248 BARYTO-GALOTE.

suivant leur axe vertical. Cette disposition est encore indiquée par les stries que Ton observe sur chaque face ; cellesci, au lieu de se prolonger sur toute leur surface, viennent aboutir à un léger sillon qui divise chacune de ces faces en deux, ainsi que les ombres mises sur la /îg. 74 le représentent. Chaque face apparente du dodécaèdre triangulaire est donc composée en réalité par la réunion de deux faces, ce qu'on a indiqué en mettant deux fois le signe Vt\ qui caractérise leur mode de dérivation.

Le groupement des cristaux qui, par leur ensemble, constituent les dodécaèdres d'alstonite, est analogue à celui que nous avons indiqué pour la baryte carbonatée ; mais il est plus conjplexe, ainsi que cela résulte de Tétude que M. de Sénarmonten a faite. D'après les observations de ce savant minéralogiste, la transparence de Falstonite est fortement troublée par la multiplicité des lames hémitropes, de sorte qu'à la lumière polariée parallèle, chacun des secteurs polygonaux montre une coloration moirée^ et qu'à la lumière polarisée convergente les courbes isochromatiques sont un peu confuses. On les distingue néanmoins sur des plaques suffisamment minces; la structure du groupe composé devient alors manifeste.

La fig. 74 iw, p/. 13, que j'emprunte au mémoire de M. de SénarmontS représente la position des axes optiques pour chacun des douze secteurs qui entrent dans la composition des cristaux d*alstonite. Les angles rentrants qui existent sur chaque face y sont en outre nettement accusés; ils donnent « avec la fig. 74, une idée complète de ces cristaux.

Les incidences des parties des faces de Talstonite mesurées par M. Desdoizeaux* établissent une correspondance remar-

' Sur les groupements cristalUns de Varragonite, de la witherite et de Valstonite^ par M. H. de Sénarmont {Annaln de cMmi» et de physique, troisiëme série, l.XLI,p.65,1854).

* Examen de la cristaiUsation de la baryto-^xOcUe , par U. Descloizeaiu (infuâes de chimie , février 1845 ).

BÀBYTE SULFATÉE. 249

quable entre les cristaux de Fallow-Field et la baryte carbonatée. Si Ton suppose, en effet, que ces faces soieat données par un décroissement de 1/4 sur les côtés du prisme rhomboidal droit de la baryte carbonatée, dont Fangle est de 118^ 50% et les dimensions sont dans le rapport de 25 : 16» on obtient les résultats suivants, qui sont presque identiques :

Baryta etrbonalée. Barylo-caleUe de Fellow-Pfed .

H sur M = lis» W. ilSO SC 40*.

6*/« air 6"« adjacent =122» 9' 34*. 422« 30". 6"* sur 6"* à la base =a i42^ 6' 24'. 442» *. Angle rentrant des madee = 178* SO'. 178» SCT 40'.

Les angles suivis d'un astérisque sont ceux quelil. Descloizeaux a obtenus directement par le goniomètre à réflexion.

La forme cristalline identifie donc cette espèce de barytocalcite avec la baryte carbonatée ; mais la pesanteur spécifique semble établir une différence ; celle de la baryte carbonatée est de 4,30, tandis que la baryto-calcite en pyramides est de 3,71 peu différente de celle de la baryto-calcite d'Alston- Hoor, qui est de 3,66.

Cette variété de baryto-calcite a été désignée par quelques auteurs sous le nom de niotype.

BA&TTB MOIJfAVéM,

Spath pesant; Barosélénite ; Hépatite; Pierre puante; Pierre de Bologne ; Schwerspatb; Barytine Bendant. — AUomorphite.

Garactèret ffénéranz. —La baryte sulfatée se trouve à la fois à Tétat cristallin^ fibreux^ saccharcide^ compacte et terreux. Sa pesanteur spécifique, comprise entre 4,3, et 4,56, est pour toutes les variétés de baryte sulfatée un caractère saillant qui la distingue de la plupart des minéraux; sa dureté 3,5 est telle, que cette substance raye la cbaux carbonatée, et qu'elle est rayée par la chaux fluatée ; ordinairement blanche ou d'im blanc grisâtre» elle présente quelquefois de l^res teintes de jaune, de rouge ou de brun ; difficilement fusible au chalumeau en émail blanc ; à la flamme intérieure^

m BÀKTTË tmlkftR.

elle se décompose en partie, et donde uû tnilfure de bftrium qui produit sur la langue une saveur hépatique et cuisante. Elle est insoluble dans les acides.

Toutes les variétés de baryte sulfatée ont une compôsitiOB identique, quelques-unes admettent de légers mélanges.

Baryte sulfatée crisUUisée du Cumberland.

Baryte

Acide sulforique...

Alumine et eau., .

Oij%. Ripporli.

La relation qui existe entre la baryte et l'acide sulfurique, 1 : 3, donne pour la formule de cette espèce BaSu'. LeI analyses réunies dans le tableau suivant montrent que la texture n'influe pas sur la composition de ce minéral; on y a indiqué seulement les proportions entre la baryte sulfatée et les mélanges.

Baryte salfotée lamelleuse de tyer.

fons

Nutfield , par Stromeyer. .

— laminaire fétide de Kc

berg (Norwége)

— saccharolde gris-clair de Pezey (Savoie]

— fibreuse de Bologne.

— bacillaire du Hartz

>^ concrétionnée de Chaudfontaine

— compacte gris clair très esquili. de Gurban (B.-Alpes)

•^ du Derbyshire

Sulfiite

de baryte.

Sulfiite

destroD-

tiaoe.

Soiflite

de chaux.

Oxdye

de fer,

alumine

et silice.

Eau.

Fluor.

M«tièr«t bitumineusei.

La yariété compacte est quelquefois fortement mélangée de matières étrangères , comme on le remarque dans l'échantillon du Derbyshire.

Baryte sulfatée cristalliiée. — Cette variété , la plus abondante de toutes, est ordinairement en cristaux nets et transparents; leurs faces, presque toujours éclatantes, sont

BARYTE SULFATÉE. tti

&cilement mesurables par le goniomètre à réfleiion ; elle possède trois clivages faciles^ qui déterminent un prisme droit, rhomboldal, sous Tangle de 101® 42' et dont le rapport d'un des côtés de la base à la hauteur est à peu près 6ômme les nombres 50 : 51 . Quelquefois la baryte sulfatée cristallisée est simplement en masse lamelleuse ; sa pesanteur spécifique, qui est de 4,44, jointe à son triple clivage, sont deux caractères de reconnaissance presque absolus. Incolore, ou légèrement colorée de jaune ou de gris, elle est souvent hyaline; elle Jouit de la double réfraction; on l'observe en regardant à travers une des bases et une face oblique; le plan des axes de double réfraction est perpendiculaire à la base, et parallèle à la modification ^ ^ L'angle de ces axes est de 37® 42 ^ la ligne moyenne est parallèle à la petite diagonale. La double réfraction est attractive.

La baryte sulfatée est très-riche en variétés cristallines; mais ses nombreux cristaux peuvent se grouper en cinq formes dominantes principales^ savoir :

1* Le prisme rhomboldal droit, fig. 75, pi. 13, adopté pour la forme primitive de cette substance, est fréquemment le résultat du clivage.

S® Le prisme droit rectangulaire, flg. 85, pi. 14, résultant de modifications sur les arêtes H et 6 parallèlement aux plans diagonaux de la forme primitive. Ce prisme n'est jamais simple; quelquefois de petites faces M existent encore, et le prisme est à six ou huit faces, comme dans les ^g. 77, 78 et 79, qui représentent des cristaux de. Schemnitz en Hongrie ; souvent aussi les faces verticales sont remplacées par des biseaux, flg. 87, pi. 15. Dans ce dernier cas, de beaucoup le plus fréquent, la base est un rectangle et les cristaux sont très-aplatis, en sorte qu'ils affectent dans leur ensemble la forme de tables rectangulaires.

3® La troisième forme dominante est donnée par un biseau naissant sur les angles A, fig. 95, pi. 16, prolongé de manière à remplacer complètement la base, et à ce que le bi-

25i BARYTE SULFATEE.

seau supérieur coupe le biseau inférieur. Les faces M ont alors presque entièrement disparu, de sorte qu'elles ne sont plus représentées que par de petites facettes triangulaires klk\ En même temps que la forme primitive s*éyanouit sous les quatre faces a>, le cristal s'allonge dans le sens de la grande diagonale; il en résulte que si on plaçait les faces a^ yerticalement, les cristaux qui appartiennent à cette variété seraient un prisme droit, rhomboîdal, sous Tangle de 102^ 9% terminé par un biseau formé des faces M. Les clivages qui, dans ce cas, ont lieu sur Taréte kW^ et parallèlement aux facettes M, indiquent la véritable position à donner aux cristaux qui se rangent sous cette troisième forme dominante.

4^ Les angles aigus E sont quelquefois remplacés par un biseau e^, fig. 104, qui^ étant accompagné d'un allongement du cristal, dans le sens de la petite diagonale, donne naissance à un prisme analogue au précédent, mais placé avec celui-ci sous un angle de 90^, le même que Tangle des deux plans diagonaux; cette quatrième forme se distingue de la troisième, en ce que le biseau donné par les faces MM est obtus, tandis que dans la troisième il est aigu. Les cristaux de baryte sulfatée, en rapport avec la forme dominante e^, sont fort rares ; cette circonstance donne un moyen facile pour distinguer les cristaux de baryte sulfatée de ceux de strontiane sulfatée.

5^ La dernière forme dominante, également fort rare, est un octaèdre rectangulaire, fig. 108, pi. 18, résultant de la combinaison des biseaux a* et e^

Les cristaux simples, même de la forme primitive, sont peu fréquents. Dans la plupart des échantillons, on retrouve les éléments des cinq modifications que je viens de décrire ; mais les facettes d'une d'entre elles ont toujours beaucoup plus d'étendue que les autres, et impriment la forme aux cristaux ; la plus grande partie des cristaux de baryte sulfatée se rapportent au prisme rectangulaire. Pour donner une idée complète de la cristallisation de cette espèce, je vais faire con-

BARYTE SULFATEE. 285

naître les variétés les plus habituelles de cristaux, en même temps que celles les plus chargées de facettes. Les figures qui les représentent sont rangées suivant les formes dominantes.

Toirmm primitive. «— Les mines de Kapnick et de Nagyag en Transylvanie* ainsi que celles d*Alston-Hoor, dans le Cum« berland, nous offrent des cristaux de la forme primitive sans aucune modification.

La figure 76, qui représente un cristal de Felsobanya» en Hongrie, est la forme la plus simple que Ton connaisse après la forme primitive. C'est cette même forme portant de légères troncatures a ^ sur les angles A. Ces facettes, représentées par des triangles , sont souvent tellement petites que l'on ne les aperçoit que par le miroitement.

Les figures 77 et 78 sont des cristaux très^iplatis, dans les* quels les arêtes H et G sont successivement remplacées par des faces parallèles aux plans diagonaux.

La figure 80 appartient à des cristaux d'une mine de plomb deFreyberg, dans lesquels les angles A portent une double troncature a^, a^. Les figures 81 , 82, 83 et 84 représentent la forme primitive avec des troncatures frV>, placées sur chacune des arêtes de la base. Outre les modifications b^l^, ces différents cristaux contiennent en outre des facettes sur les angles. Dans la figure 84, elles ont lieu sur Tangle obtus A ; ce sont les facettes a^, que nous avons déjà citées plusieurs fois; la figure 82 porte des facettes e^ sur les angles aigus. Dans la figure 83, on trouve à la fois réunies les facettes a^ et a^ lesquelles étant prolongées donneraient l'octaèdre rectangulaire qui constitue la cinquième forme dominante.

Prime rtuoïgwâââr^ h^ 9^. — J*ai déjà annoncé que ce prisme n'existait pas simple; il est même fort rare d'observer des cristaux dans lesquels les deux faces M et g^ soient réunies, presque toujours on voit une seule de ces faces; g^ se trouve avec beaucoup plus de fréquence que h^ ; et cependant M. Lévy cite plusieurs cristaux, dans le catalogue de la

SM BARYTE 8ULFATBB.

GoUe^tion de M. Heuiand, qui portent ces dtux faces. Lts uns, asseï simples, représentés fig. 86, proviennent du Palatinat ; ils sont assez fortement colorés en rouge par du mercure sulfuré, disséminé d'une manière irrégulière entre leurs lames. Dans ces cristaux très-aplatis^ les arêtes de la base du prisme rectangulaire sont remplacées par de^ biseaux a* et e*.

Les autres, fig. 90, très-chargés de facettes, proviennent de la mine de mercure d'Almaden en Espagne. Il est curieux de remarquer que ces cristaux, pour ainsi dire exceptionnels, se trouvent dans des gisements analogues, et qu'ils sont dans ces deux localités colorés par du cinabre. On ne saurait mé> connaître, dans cette circonstance, Tinfluence du milieu sur la cristallisation. Toutefois, la réunion rare des faces 9* et M n'est pas exclusive aux mines de mercure, et la collection de FEcole impériale des mines possède un très-beau cristal» Ag. 91, qui provient d une mine de plomb du West-Moreland en Angleterre, dans lequel on retrouve les deux faces du prisme rectangulaire.

Les figures 87 et 88 représentent les cristaux les plus simples appartenant à ce prisme. La première, appelée îrapé^ Ttienne par HaOy, se trouve avec fréquence dans les mines du Hartz et de la Saxe : elle se compose des deux biseaux a^ et e*, fortement tronqués par la base P ; la seconde est la même forme, dans laquelle il existe des rudiments des faces primitives M sur les arêtes latérales du prisme rectangulaire; ces faces, suivant lesquelles on aperçoit toujours le clivage, offrent un moyen facile de placer les cristaux de baryte sulfatée de cette variété dans leur véritable position.

Les cristaux associés au prisme rectangulaire présentent souvent un assez grand nombre de facettes ; elles s'accumulent en général sur les angles A; on en voit jusqu'à trois rangées sur ces angles, tandis que, le plus ordinairement, il n'en existe qu'une seule sur les angles E; les figures 89, 90 et 91 en sont des exemples; la notation de ces facettes o^, a*, a^

BAIYTS flULFATSI. Wi

montra qw la» lois qui le» font oaltre 90Qt simples. Doux de ces cristaux offrent des facettes i , données par un décroissement intermédiaire, dont l'expression est (b* b^l^ g*i%

Quelques cristaux, comme celui représenté par la figura 92, et qui provient du West-Morelanden Angleterre, portent plusieurs séries de facettes 6* et b^f\ placées sur les arêtes B. Enfin, dans quelques cas fort rares, l'angle E présenté égale* ment trois séries de biseaux, ainsi qu'on le voit dans la figure 93, qui représente un cristal de la collection de M. Heuland, et décrit par M. Lévy dans le catalogue raisonné de cette précieuse réunion de minéraux. Il provient d'une mine de Freyberg, en Saxe. Les lois également très-simples qui président à cette triple bordure sont comme les nombres i, a et i/a ; ils fournissent précisément les mêmes relations que pour les facettes placées sur les angles A, dont les lois sont I, a et 4.

Ce même cristal porte des faces o„ ,a, qui naissent sur Tangle A, mais dont les traces, au lieu d'être parallèles à la diagonale de la base, sent parallèles aux diagonales des faces latérales. Il résulte de cette position, qu'elles doivent se représenter symétriquement à droite et à gauche de cet angle, en sorte que, tandis qu'il n'existe que quatre faces a\ il existe huit faces a^. Les angles E présentent également des modifications placées sur les faces M et M ; la figure 94 en offre un exemple : les faces M sont bordées de deux trapèzes f,/,, qui dérivent de modifications symétriques. Cette même figure porte de petits triangles très-allongés, marqués i, qui sont le produit d'un décroissement intermédiaire dont la loi esl(M6V*ft3/4).

Prisme rhomboldal a^. — La troisième forme dominante, fig. 95, pi. 16, donne naissance à un assez grand nombre de cristaux ; mais peu de localités en fournissent. La plupart des cristaux qui se rapportent à cette variété proviennent de l'AuveoElpae : qq en trouva à Roure et à Royat, dans

236 BARYTE SULFATEE.

le département du Puy-de-Dôme. Cependant on en possède également des mines du Hartz et du Gumberland.

Les cristaux les plus simples qui dérivent du prisme rhom* boldal a', représentés fig. 96, portent, outre les faces a* et M, de petites facettes triangulaires e^y qui donnent au cristal l'apparence d un prisme surmonté d'un pointement à quatre faces, composé de deux faces M, et de deux faces e^.

Des cristaux qui proviennent de Coude, dans le département du Puy-de-Dôme, présentent un accident de structure assez curieux. Us ont leur sommet encroûté d'une couche jaunâtre de même substance, qui est venue s'appliquer après coup sur les deux faces parallèles aux pans de la forme primitive ; cette matière additionnelle, qui a obéi sans doute à Tattraction exercée par les cristaux préexistants, possède la môme structure que les cristaux de baryte sur lesquels elle est appliquée; les joints du cristal se prolongent en outre dans cette partie surajoutée, comme si le tout avait été produit d'un seul jet.

Fig. 97. Les sommets de ce cristal, très-compliqué, offrent exclusivement des facettes b^l^^e^^g^eiiy que nous avons déjà indiquées dans les cristaux précédents.

Souvent la base réparait dans ce genre de formes; le cristal est alors un prisme à six faces ayant une certaine régularité; mais le clivage faible que Ton aperçoit parallèlement à la face P, et qui est ordinairement marqué par des anneaux colorés fort étendus, montre que Ton doit placer cette face dans une position horizontale.

Les fig. 98, 99, 100, 101 , 102 et 103 en offrent des exemples. La notation des faces indique leur position et les lois suivant lesquelles elles se déduisent de la forme primitive. Malgré la multiplicité de facettes que quelques-uns de ces cristaux présentent, notamment celui fig. 103, la forme du prisme rhomboîdal a^ est toujours dominante, et lui donne son aspect général.

rhomboîdal droit e^. — Cette forme ne diffère de

BARYTE SULFATEE. 257

la précédente que dans la valeur de ses angles et dans sa position relativement à la forme primitive ; les cristaux qui en dérivent sont fort rares; M. Haûy est le seul qui les ait décrits; j'en ai vu deux échantillons dans la collection de M. de Drée, dont la localité n'est pas indiquée. Leur couleur jaunâtre et leur aspect général me font penser qu'ils proviennent d'Auvei^e. Le Muséum d'histoire naturelle a récemment acquis un bel échantillon de cette variété. Les figures 105, 106 et 107 représentent ces trois échantillons; dans les deux premières figures, les cristaux, peu chargés de facettes, retrouvent leur analogue dans le prisme rhomboîdal a* ; la troisième, pg. 107, porte la base et le pointement composé de 16 faces; elle n'offre que des modifications que j'ai citées dans les exemple^ précédents : elle ne possède pas de faces M.

octaèdre à base carrée a^ é^. — Les cristaux de cette forme ne sont à bien dire que des extensions de la variété trapézienne, fig. 87. On ne connaît pas l'octaèdre simple. Le cristal appartenante cette forme dominante le moins chargé de facettes, que j'aie vu, provenait de Roya, dans le Puy-de- DAme. Il est en octaèdre cunéiforme, fig. 109, et porte sur les arêtes les plus longues de la base de petites facettes e^l^.

Les fig. 110 et 111, dont la forme générale est celle d'un octaèdre rectangulaire tronqué au sommet, sont presque la répétition des cristaux déjà décrits, appartenant au prisme rectangulaire droit, dans lesqu^s les biseaux a^ et e* ont pris une grande extension. Le dernier cristal provient de Felsobanya en Hongrie.

En résumé, les facettes connues jusqu'à présent dans la baryte sulfatée sont :

Sur les angles A. . . a^^a^ a»/«, a*, a», a,.

Sur les angles E. . . «V*, «S •'» «i, Ss, «*/t .

Sur les arêtes B... . h»/', 6', ô«/«, 5«, 6».

Sur les arêtes H. . . fc', h\ h\ h*, A».

Sur les arêtes G. . . ^s g*, g*.

Dans ane position intermédiaire < = ( 6* &V^ hY) i'=(b' &</^ g*/*). T. 11. 17

BARYTE SULFATÉE.

Angles principaux de la baryte salfatée.

MM

MA

MA

MA

Mflr-

TAfi

Mb*

Mb'/'

Mi»

Mat

Ma'

Ma^

Ma»

Ma»/*

Ma"

aa8uraa= 151o 50' 8".

Me*

Me»

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