M|7» = 121» IS
Mo'/* = 160» 25'.
Me« = 107» 47'.
MeV « 116^ ly.
Gtiement. — La strontiane carbonatée est une substance de filon; au cap Strontian, etàLead-hills, en Ecosse, elle est associée à du plomb sulfuré ; à Braûnsdorf , elle est accompagnée de pyrite.
Analogies. — La variété blanche présente de l'analogie avec de la baryte sulfatée, de la baryte carbonatée, de la chaux carbonatée, et de la chaux sulfatée. La pesanteur spécifique considérable de la strontiane carbonatée la distingue immédiatement des deux dernières substances. On pourrait également la distinguer des deux premières par ce même caractère, mais alors il ne faudrait pas se contenter de souspeserréchantillonqueTon étudie, il serait nécessaire d*en déterminer exactement le poids spécifique ; Teffervescence dans Tacide nitrique ôte tout rapprochement avec la baryte sulfatée ; enfin la couleur pourpre de la flamme du chalumeau révèle la strontiane. J'ajouterai que la baryte carbonatée fibreuse ne Test pas à la mîinière de la strontiane carbonatée; celle-ci est en aiguilles isolées, quoique accolées ; dans la baryte, les aiguilles sont soudées ensemble, de sorte que la cassure est à la fois fibreuse et esquilleuse.
stromnite. — M. le docteur Troil ^ a trouvé à Stromness» dans les Orcades, une variété de strontiane carbonatée, mélangée de baryte sulfatée, à laquelle il a donné le nom de slromniie, emprunté à la localité où il l'a recueillie ; elle forme de petits filons dans un schiste argileux associé à une mine de plomb abandonnée.
I Transactions de la Société royale d'EdiMHmrg^ vol. IX> p. 8i.
STRONTIANE SULFATEE. 271
La 8trotnmte est composée d'aiguilles divergentes, r^ées. Sa couleur est un blanc grisâtre passant au blanc jaunâtre ; son éclat est nacré; elle est translucide; sa pesanteur spécifique est de 5,903» et sa dureté 3,5. Très-fragile.
Sa composition est, d'après M. le docteur Troil :
Carbonate de strontîane..
Salfate de baryte
Carbonate de chaux •
Oxyde de fer
Ce même minéral a été désigné par Shépard sous le nom de barylstrontianite.
Le rapport atomique qui existe accidentellement entre le carbonate de strontiane et le sulfate de baryte, a fait ranger les échantillons de Stromness au rang des espèces sous un nom particulier, mais tous leurs caractères sont identiques aTec ceux de la strontiane carbonatée, et la stromnite me parait devoir être regardée comme un simple mélange.,
EDimonite ou Emmonsite. — M. le docteur Thomson a donné ce nom, en Thonneur de M. le professeur Emmons, à une variété de carbonate de strontiane, mélangée de carbonate de chaux, qui provient du comté de Schoharie, aux États-Unis. Elle contient : carbonate de strontiane , 82,69 ; carbonate de chaux, 12,50; peroxyde de fer, 1,00; zéolithe, 3,79. Elle est d'un blanc de neige; elle possède des clivages parallèlement aux faces d'un prisme rhomboîdal droit, dont 1 angle est environ de 117®.
SVKOmTXAMB WOirATiMm
GoBlesUn; Schtklzite; Célestlne Beudant.
Ce minéral se présente avec les mêmes variétés de texture que la baryte sulfatée; sa pesanteur spécifique est également très-rapprochée de celle de cette dernière substance. Ces deux circonstances ont été cause que, pendant longtemps, l'espèce
strontiane sulfatée se composait exclusivement de la variété fibreuse dePensyivanie, que sa couleur bleu céleste avait fait désigner sous le nom de célestine. Mais ce caractère regardé alors comme essentiel, assez fréquent pour la variété fibreuse, ne se retrouve que fort rarement dans les échantillons cristallisés; la strontiane sulfatée de Sicile, si remarquable parla beauté de ses cristaux^ est hyaline et blanche.
Souvent la strontiane sulfatée admet des mélanges de carbonate ou de sulfate de chaux, de carbonate ou de sulfate de baryte. Quelquefois ces mélanges sont considérables, sans que les caractères extérieurs en éprouvent une grande altération ; mais la relation entre ses éléments constitutifs est la même dans toutes ses variétés. Les cristaux transparents de Sicile sont ordinairement purs ; quand leur couleur est d'un blanc laiteux, ils contiennent presque toujours de la chaux sulfatée en mélange.
L'analyse des premiers a donné à Stromeyer :
Oxygène. Btpp.
Strontiane 56,04 8,65 1.
Acide suifurique 43,39 S5,97 3.
Oxyde de fer et alumine 0,03.
Eau 0,18.
Composition que l'on représente par la formule Sr Su*.
Les cristaux de strontiane sulfatée sont ordinairement transparents, incolores ou d'une couleur bleu de ciel, quelquefois d'un blanc laiteux; ils possèdent la double réfraction attractive. Le plan des axes de double réfraction est perpendiculaire à la base, et parallèle à la modification g* ; l'angle des axes est de 50^. La ligne moyenne est parallèle à la petite diagonale; Téclat de ce minéral est vitreux et nacré; sa dureté, un peu supérieure à celle de la chaux carbonatée, est de 3,6 ; sa pesanteur spécifique est de 3,85 à 3,96 ; au chalumeau il décrépite, fond en un émail blanc laiteux ; à la flamme intérieure, il donne de la strontiane caustique, dont la saveur est à la fois hépatique et cuisante.
STRONTIANE SULFATÉE. 273
8trontl«iiefiilf«tée lamalleiue. — • La forme primitive de la strontiane sulfatée est un prisme droit rhomboîdal sous Tangle de 104® *, dans lequel B : Il : : 51 : 50. Ce minéral, qui affecte le même type cristallin que la baryte sulfatée, présente Clément les cinq formes dominantes x[ue nous avons décrites pour cette espèce ; savoir : le prisme rhomboîdal droit primitif P M; le prisme rectangulaire droit (P, h^ g^); le prisme rectangulaire droit donné par le biseau e^ ; celui qui résulte du biseau a*; enfin Toctaèdre formé par la réunion des deux biseaux e' et a*.
La forme primitive domine dans beaucoup de cristaux de strontiane sulfatée; on en connaît de beaux exemples dans les mines de Léogang, dans le Salzbourg , à Herrengrund, en Hongrie, et à Bristol. A l'exception de ces localités, la forme primitive est peu fréquente ; le plus grand nombre des cristaux se rapporte au prisme donné par le biseau e^. Ceux qui dérivent du biseau a^ sont très-rares. Cette disposition cristallographique apporte une différence essentielle entre les cristaux de baryte sulfatée et de strontiane sulfatée.
Les mines de sel du Salzbourg fournissent de beaux cristaux de strontiane sulfatée suivant le prisme e' h^. Ils sont bleuâtres et fortement striés par des lignes parallèles à l'arête H. On trouve également avec abondance cette variété de cristaux dans le beau gisement de strontiane de la Sicile ; ils sont associés à du soufre. On a souvent rapporté à la forme primitive les cristaux formés par la réunion des faces e* et ft*; cette erreur est très-facile à commettre, attendu que l'angle du biseau c* sur e* de 102® 58', ne diffère que de 1 degré de MM. Le manque de netteté de la face h^, souvent courbe et portant des stries profondes, est un moyen de distinction facile. Le clivage , quand on peut l'observer ,
* L'angle de 104* est celui adopté par Lévy. Je Tal retrouvé sur plusieurs cristau que j'ai mesurés avec soin. Haûy avait adopté, pour la valeur de cet angle , 104*48'; Dana, 103o 58'; et Kreithaupt, 104' 12'.
révèle immédiatement la différence qui existe entre ces deux formes.
La plupart des cristaux de strontiane sulfatée sont le résultat de rallongement de la forme primitive dans le sens de la petite diagonale, joint à un biseau e*, fig, 116, pi. 19. Ces biseaux prolongés donnent naissance au prisme rhomboïdal «*, e*, que Ton place ordinairement dans une position verticale, mais qui doit, pour être en rapport avec le solide de clivage, être mis ainsi qu'il Test dans la fig. 116. Ce prisme est rarement terminé par un plan ; quand il existe, il n est représenté que par une facette étroite, ainsi qu'on le voit dans les fig. 120 et 122. Dans le plus grand nombre de cristaux, le prisme eS «^ est associé au biseau MM, composé des deux faces de la forme primitive qui se coupent sous un angle obtus. Cette circonstance différencie les cristaux de strontiane sulfatée de la plupart des cristaux de baryte sulfatée, dont le biseau est aigu. (Voir page 252.)
Dans la plupart des cristaux, les faces e^ et M sont très-dominantes; elles leur donnent leur aspect général, ainsi qu'on le voit dans les fig. 117, 118, 119 et 120 : les lettres indicatives des lois de décroissements placées sur ces figures montrent que les modifications de la strontiane sulfatée sont des répétitions de celles que nous avons citées dans la baryte sulfatée. Les quatre cristaux dont nous venons d'indiquer les figures proviennent de Sicile.
Dans quelques gisements, notamment dans les marnes du gypse, il existe des rognons de strontiane sulfatée calcarifere, dont le centre présente des cristaux d'une variété particulière, fig. 121, pi. 20, désignée par Haûy sous le nom à'apotome; elle consiste dans le prisme «^, surmonté d'un pointement à quatre faces très-aigu, placé sur les arêtes horizontales de ce prisme, et donné par un décroissement intermédiaire sur le primitif. La disposition symétrique de ce pointement a engagé quelques minéralogistes à proposer de prendre le prisme e^ pour forme primitive; l'avantage de ce système cristallin
serait que tous les cristaux en dériveraient par dés lois simples; mais l'analogie avec la baryte sulfatée, dont seulement un petit nombre de cristaux se rattachent à la forme e*, doit faire préférer le prisme adopté par Haûy, qui concorde avec les cliTages.
J'ai recueilli aux environs de Beaumont, dans le département de la Dordogne, au milieu des marnes gypseuses, des rognons de strontiane sulfatée compacte, ayant dans leur intérieur des aiguilles analogues à celles de Montmartre. Ce rapprochement de gisement est intéressant, et confirme lés relations que nous avons indiquées entre la forme secondaire et le milieu dans lequel la cristallisation s'opère.
Cette même forme secondaire se retrouve dans la strontiane sulfatée qui tapisse quelques silex de la craie, à Meudon. Les cristaux de cette localité sont bleuâtres et portent une modification fc*, fig. 122, pi. 20, placée transversalement sur Tarêle H. M. Lévy cite des cristaux de Passa, en Tyrol, fig. 123, dans lesquels la modification intermédiaire i se trouve réunie avec les deux faces M du prisme, ainsi que le biseau a^ placé sur les angles obtus. Ces échantillons présentent donc à la fois les deux groupes de modifications qui président à toute la cristallisation de la strontiane sulfatée. Dans la majeure partie des gisements, les cristaux sont analogues à ceux de Sicile.
Les détails qui précèdent établissent les connaissances que nous possédions, à l'époque de la première édition de cet ouvrage, sur la cristallisation de la strontiane sulfatée. Depuis, M. Miller et M. Hugard les ont beaucoup augmentées par la découverte de- plusieurs variétés; ces formes nouvelles viennent aussi se ranger dans les formes dominantes que j'ai indiquées. La plupart se rapportent au prisme e\ eik des modifications intermédiaires, aujourd'hui assez nombreuses. Le Mémoire que M. Hugard ^ a publié sur la strontiane sul-
' Élmdê cristaUographique de la strontiane sulfatée ^ et description depiusiem's
tatée a été entrepris à Toccasion de la déterminatioD cristallographique de la collection de minéralogie du Muséum d'histoire naturelle, que j*ai commencée, il y a cinq ans, et qui sera bientôt terminée. Je n'aurais pu mener à bien ce travail considérable, qui facilitera Tétude de la cristallographie, sans le concours actif de M. Hugard et sans ses connaissances approfondies dans celte science.
Les cristaux qui ont servi aux déterminations de M. Hugard appartiennent à la collection du Muséum. Les/lgr. 35, 36, 37, 38 et 39, pi. 230, que j'emprunte au Mémoire de ce jeune minéralogiste, font connaître les facettes les plus intéressantes pour rhistoire de la strontiane. Le cristal représenté dans la jigr. 34 provient de Léogang, dans le Salzbourg; la forme primitive y domine. On y remarque deux biseaux sur les angles A et sur les angles E; on y voit, en outre, les faces h* et g', dont la dernière surtout est extrêmement rare. Les fig. 35, 36 et 39, pi. 230, sont analogues à des formes de la baryte sulfatée et complètent la similitude entre ces deux espèces. Leur disposition générale est donnée par les deux biseaux e^ et fl». Dans iBifig, 36, on remarque les facettes t*, qui, par leur extension, donnent lieu au cristal (fig. 37) qui offre une facette nouvelle a*. Ce joli cristal provient du lac Érié.
Le cristal représenté fig, 38 offre trois facettes intermédiaires portant les lettres i", i°, et i% dont les signes cristallographiques sont :
i« = (6r ôV'« r/^) î «'» == (àr 6»/« g*/^) ; t« = (6r av* g^/^l
Ces cristaux proviennent de Montecchio-Maggiore, dans le Yicentin ; ils sont d'une belle couleur bleue.
La strontiane sulfatée offre souvent des masses lamelleuses ; les clivages y sont moins nets que dans la baryte sulfatée; ils sont néanmoins fort distincts. Cette variété est très-firagile, et se brise facilement entre les doigts.
fortnês fUMiiMUe» de cette substance , par M. Hugard, aide naturaliste au Muséum d'bisloire naturelle ( Annales des mines, quatrième série, f. XVIII. p. is).
8TR0NTIANE SULFATEE. f77
PU
Usuri =1350 4'.
PA'
t sur • = 1070 55'.
Ve*
a« 8UP a* = 78» 28'.
assura* = llô» 35'.
Pf-
a'a'adjac. = 63«» 27'.
= iÔQO 48'.
Pa'
«1 «; adj. = 136' 50'.
Pa-
«jaioppog. = 43o W.
Pa*
Pa*/»
«»«»adj. = 14oir.
=: il5» 58'.
0>'0>oppos. = 151 0 38'.
e>e>adjac. = 640 31'.
Psurt
0< «• oppos. = 1150 25'.
i suri
«•garer = 125» 46'.
«•8ur««
MM
6« br == 142» 3'.
MA'
flftflr» =1140 66'.
Môy
flf»flf =147* 23'.
Mo-
*» sur <o = 1610 19'.
Mir<
= lis- 52'.
<» sar 0« = 1530 19'.
Ma*
im sur a* = 134* 37'.
Ma*
t»8ur«» =166'39'.
Ma*/*
1* sur f» = 1660 40^.
fo sur f« = 1290 11'.
Mi^
to sur «• = 134* 37.
MJk
tosuro- =141*52'.
Mte
strontiane sulfatée fibreuse. — Cette variété est composé de fibres accolées parailèlemeDt les unes aux autres ; elle forme des filous, ou de petites veiues daus lesquelles les fibres sont perpendiculaires à la surface du filon ou aux plans de couches ; ordinairement d'un, bleu clair, passant du bleu céleste au bleu perlé« quelquefois elle est grise, mais il est rare que cette teinte n'offre pas au moins un œil de bleu.
etrontiane sulfatée compacte. — On donne ce nom à des masses sphéroïdales aplaties de 3 à 4 pouces de diamètre, et qui atteignent quelquefois la grosseur de la tète, composées à la fois de strontiane sulfatée, de chaux carbonatée et d'argile; ces rognons, d'un gris verdàtre, admettent une cassure compacte, un peu esquilleuse. Souvent, au centre de ces ro-
Î78 STRONTIANE SULFATEE.
gnons, il existe des fissures plus ou moins larges, ou même des géodes tapissées d aiguilles de strontiane sulfatée ; quand ces aiguilles ont une certaine grosseur, on reconnaît généralement alors la forme apotome, fig. 121, pi. 20. Quelquefois même ces rognons présentent des cristaux fort nets de cette variété. D'après lanalyse de Vauquelin, la strontiane sulfatée calcarifère contient moyennement de 80 à 90 pour 100 de strontiane sulfatée et 10 à 20 pour 100 de carbonate de chaux ; les cristaux sont presque du sulfate de]strontiane pur; la pesanteur spécifique de ces rognons est de 3,3 à 3,5. Ce caractère est le seul qui les distingue des septarias, si abondants dans certains terrains calcaires ; la couleur gris verdâtre est une indication de la nature de ces rognons, elle est en rapport avec le gisement de cette variété de strontiane sulfatée et elle sert à la reconnaître.
Analogies. — La strontiane sulfatée cristallisée sous la forme du prisme c* ressemble à quelques variétés de baryte sulfatée; il en est de même des masses lamelleuses; l'angle des clivages, la différence de pesantem* spécifique, qu'il faut, dans ce cas, évaluer exactement, sont deux caractères de distinction certains; j'ajouterai que, dans la strontiane sulfatée, les clivages, aussi faciles que dans la baryte, sont moins nets; je rappellerai enfin que la strontiane colore la flamme du chalumeau, et surtout celle de lalcool en pourpre, tandis que la baryte la colore en jaune orangé.
Les cristaux terminés par le pointement à quatre faces i, placé sur les arêtes du prisme e*, connus sous le nom d'apotome, ont une analogie complète avec Vairagomte sous la même forme. La pesanteur spécifique, l'effervescence que l'arragonite fait avec Tacide nitrique, enfin les circonstances du gisement, servent à distinguer ces deux espèces. La strontiane sulfatée fibreuse est la variété qui présente de l'analogie avec le plus grand nombre de minéraux ; la chaux carbonatée. la chaux sulfatée, la baryte sulfatée, la baryte et la strontiane carbmatées fibreuses, etc., pourraient se confondre avec elle.
STR019TIANB SULFATEE. 279
La pesanteur spécifique la distingue des deux premières.' Quant à la baryte, on emploiera les caractères que Ton vient de citer. J'ajouterai que la strontiane sulfatée fibreuse, blanche, est rare, et que presque toujours elle offre une couleur ou une teinte bleue qui la caractérise. La strontiane carbonalée est verte. On rappellera, en outre, que les carbonates foDt effervescence avec les acides.
Gisement. — La similitude de propriétés de la baryte et de la strontiane, l'analogie entre les caractères des minéraux composés de ces deux terres, porteraient naturellement à penser que leurs gisements doivent être les mêmes, cependant cela n'a pas lieu ; la strontiane sulfatée se rencontre, il est vrai , dans quelques filons, comme à Passa dans le Tyrol, mais son gisement le plus habituel est d'être associée au gypse et au sel genune; elle forme de petits filons et des veines dans ces terrains ; on la trouve dans cette position dans le Salzbourg. à Bex en Suisse, à Bristol en Angleterre, aux environs de Toul dans le département de la Meurthe. Le gisement si remarquable de Sicile est également dans le terrain gypseux ; elle y est associée avec du soufre, dans lequel elle forme des géodes, de sorte que la plupart des cristaux de la catolica sont adhérents à du soufre. La strontiane sulfatée compacte, en masses ovoïdes aplaties, appartient également à ce genre de terrain. C'est dans les marnes vertes qui accompagnent la pierre à plâtre qu'on recueille, soit à Montmartre, soit dans les buttes Sannois,près de Paris, les rognons de strontiane sulfatée calcarifere. En outre, on observe àMontecchio-Maggiore, dans le Vicentin, une amygdaloïde volcanique dont les noyaux sont en partie d'analcime blanc, d'analcime rouge, dite sarcolithCf et de strontiane sulfatée laminaire de couleur bleue. Ce gisement, en apparence si différent des autres , a cependant quelque analogie avec eux, en ce sens que la plupart des terrains de pierre à plâtre où la strontiane existe appartiennent à la classe des gypses postérieurs. (Voir le gisement de cette substance.)
280 STRONTIANE SULFATEE.
Mélanflres. — J'ai annoncé que la strontiane sulfatée contient fréquemment des mélanges de sulfate de chaux et de sulfate de baryte. Dans quelques localités, ces mélanges sont en proportions définies, et on a cru par cette raison pouvoir les ériger en espèces. M. Thomson a décrit * une variété de strontiane sulfatée, des environs de Bristol, qui ofTre cette condition ; ce savant lui a donné le nom de calcaréo-sulfaie de strontiane. D'après l'analyse de ce célèbre chimiste, ce minéral est composé de .
Sulfate de strontiane 85,20 0,072 7.
Sulfate de chaux 16,73 0,020 2 .
J ai eu occasion de recueillir cette substance dans la localité même indiquée par M. Thomson, où elle forme un filon dans le terrain de marnes irisées. Son analyse m*a donné un peu moins de sulfate de chaux, ce qui prouve que cette substance n'y existe pas en proportion constante. Mais ce qui s'oppose complètement à ce qu'on en fasse une espèce particulière, c'est que ses clivages, qui sont très-faciles, m'ont permis de mesurer langle de cette variété ; je lai trouvé de \0i^ 10', presque identique avec l'angle de la forme primitive de la strontiane sulfatée.
À propos de ces mélanges accidentels, je donnerai quelques détails sur des cristaux de Sicile, dont l'Ecole des mines est redevable à M. Adrien Paillette, qui a exploré la Sicile et a publié un travail fort intéressant sur les soufres de cette partie de l'Italie et sur les minéraux qui les accompagnent. Les cristaux que cet ingénieur distingué a recueillis jettent beaucoup de jour sur la question des mélanges; ils montrent avec quelle défiance il faut adopter les espèces formées de l'association de deux sels, quand la cristallographie n'a pas sanctionné les résultats de l'analyse. Us affectent dans leur ensemble la
' (hUliness ûfmneralogy, géology, and minerai analysis, par V. Thompson , M. D., tl2.
STRONTIAME SULtATËE. 284
disposition du prisme rhomboldal e^ e*, et portent quelques modifications ; les plus gros, complètement opaques et d'un blanc laiteux, ont la forme apotome des cristaux de Mont< martre, (ig. 121, p/. 20 ; les autres, transparents à leur partie supérieure, opaques et blancs à leur base, et qui se ramifient dans une masse de strontiane sulfatée lamelleuse, sont représentés dans les fig. 124, 125 et 118; ces cristaux ont donné à M. Descloizeaux les angles suivants, presque identiques avec ceux de la strontiane sulfatée :
M sur M sur 104* W; i sur i = 107o 15' 36".
e* =e» environ iOS»; a' sur a' = 77» 30'.
Ces deux derniers angles sont très-nets.
La transition entre la partie hyaline et la partie blanche des cristaux n'est pas brusque; on voit leur limpidité diminuer successivement, ce qui met en évidence le mélange d'une substance blanche interposée. Ce mélange est tellement intime que la partie blanche, séparée de la partie transparente, parait complètement homogène. Les faces de ces cristaux sont brillantes et continues; toutefois elles présentent, surtout à leur base, un léger arrondissement qui ne permet pas de les mesurer exactement ; on dirait qu'ils ont éprouvé un renflement qui les a légèrement déformés. Les clivages sont au contraire purs et fort nets dans toute la longueur du cristal, et rien n'annonce de solution de continuité entre les deux parlies. L'angle de ces clivages est de 104^ 10'. Cet angle, presque identique avec celui de la strontiane sulfatée, montre que ce mélange n'a pas altéré le système cristallin de cette espèce, quoique la forme extérieure se soit un peu contournée. L'analyse de ces différentes parties m a donné ;
opaque. Demi-transp. Ilyalioe.
Sal&te de strontiane. . . 82,40 91,65 96,80 Carbonate de chaux. . . ■ 17,15 8,20 3,60
Pour quelques cristaux, le mélange de carbonate de chaux
28« CTRONTIANE SpLF^TpP-
est homogène, et un minéralogiste î^jciliep avait cnj, *u prtmier abord, devoir en faire une espèce particulière, ce que le contournement de leurs faces extérieures avait , jusqu'à un certain point, motivé. Le passage qu'on observe entre la partie hyaline et la partie compacte s'y oppose ; il explique, en outre, d'une manière précise , comment le§ choses se sont passées dans le mélange des minéraux cristallisés.
Baryto-sulfatedettrontlane. — Cette espèce, égftlemeqt de M. Thomson, est un simple mélange comme le calcarÀi' sulfate de strontiane. Elle est blanche avec une teinte de bleu; elle possède trois clivages, et tous ses autres caractères sont identiques avec ceux de la strontiane sulfatée. Sa pesanteur spécifique est 3,92.
D'après Tanalyse donnée par M. Thomson, elle est composée ie :
Salfot^ de strontiane. . 63,5K)4.
Sulfate de baryte 35^195.
Protosyde de fer. 0,588.
Eau 0,720.
Ce minéral est désigné par Dana sous le nom de baryîgcélestine.
caldte. — iratrocalcite. — M. Freisleben a décrit sous le nom de cALcrrE* de petits cristaux mal conforn^és en octaèdres aigus, fig. 127, pi. 20, d'un blanc jaunâtre, sale, dont la grosseur varie depuis celle d'un grain d'orge jusqu'à 3 ou 4 centimètres de longueur sur 1 centimètre de diamètre, et composés presque exclusivement de carbonate de chaux. La surface de ces cristaux , qui ofTre le poli particulier aux empreintes d'un moule à parois très-luisantes, est creusée de sillons parallèles dans des directions constantes. Cette disposition, jointe au tissu lâche et spongieux particulier à la calcite, a fait présumer à M. Descloizeaux^ que cette substance
' Magasin fur die orykiogra/pMe, von Sachsen, t. VII. ' Jfmalet 4» €kM» #i de pkytfqus, troisibne série, t. VIL
STEONTIANE SULFATEE. 285
n'était qa'une pseudomorpbose; Tétude de sa forme lui a montré, en effet, qu'elle provenait du moulage de petits cristaux de strontiane sulfatée de la variété apolome d'Haûy, |ij. 121, dans lesquels les faces e*, e* étaient fort raccourcies, ainsi qu'on le remarque dans la fig. i26. Les faces de la calcile sont tellement ondulées qu'on ne peut en mesurer les angles avec exactitude. Cependant les valeurs obtenues par M. Descloizeaux pour les faces i, i (107® 44', et 84® 20') presque identiques avec celles des angles correspondants dans la strontiane sulfatée, rendent ce rapprochement très-probable.
Les directions des stries Tout en outre confirmé. En effet, en devinant, au moyen d'une caméra-lucida appliquée au microscope , les stries qui existent sur la surface de la strontiane sulfatée de Meudon et celles de la calcite, M. Descloizeaux a trouvé que les premières se croisaient sous l'angle de 116®, et les secondes sous celui de 115** environ.
Les cristaux de calcite ont été trouvés d'abord à Sangerhaùsen en Saxe, dans une argile formant un atterrissement récent au milieu du gypse argileux. On en a découvert un second gisement dans une argile de Tonningem en Schleswig.
On avait d'abord cru que cette substance renfermait de la soude, ce qui l'avait fait désigner par les minéralogistes allemands sous le nom de nairocalciU. L'analyse suivante , due à M. Karsten, nous apprend qu'elle ne contient que de la chaux carbonatée. Le microscope révèle également cette composition, en montrant qu'elle est uniquement formée de petits rhomboèdres aigus de chaux carbonatée, serrés les uns contre les autres.
GakitedeSangerhaÛsen, par Karsten.
Carbonate de chaux 96,40
Sulfate de chaux
Oxyde de fer et de manganèse
m CHAUX GARBONATEE.
GEimE CHAUX.
OHAUZ OARBOHATÉB.
Carbonate de chaux rhomboédrique ; Prisme calcaire; Spath d'Islande; Spath calcaire; Kalkspath ; Calcaire ( Beudant).
Cette espèce, si importante par le rôle qu'elle joue dans la nature, est remarquable par la diversité d'aspects sous lesquels elle se présente. Ses nombreuses variétés peuvent se grouper en cinq grandes divisions qui sont la
Ghaai carboBatée cristallisée ou cristalline.
— — fibreuse,
— — saccharolde.
— — compacte.
— — terreuse.
Ces divisions, fondées sur la différence de texture que Ton observe dans les échantillons de chaux carbonatée , sont, en outre, en rapport avec leur gisement, circonstance qui donne à ces groupes une généralité que ne possèdent pas les simples variétés. Cette considération a conduit plusieurs minéralogistes, et, entre autres, M. Brochant, à les regarder comme des sous-espèces.
caractères ffénéranz. — Toutes ces variétés sont composées de chaux et d'acide carbonique, dans la proportion d'un atome de chaux pour deux atomes d*acide carbonique, composition que Ton exprime par la formule CaC*.— Pures, elles sont d'un blanc laiteux ou d'un blanc jaunâtre ; mais souvent la couleur propre de la chaux carbonatée est voilée par des mélanges qui, dans aucun cas, n'en altèrent la composition; elles font une effervescence très-vive avec lacide nitrique, et s'y dissolvent complètement lorsqu'elles sont pures. La du* reté de la chaux carbonatée, représentée par le nombre 3, 7, est telle que toutes ses variétées sont rayées par une pointe d'acier, et même par la chaux fluatée ; elles rayent la chaux sulfatée; leur pesanteur spécifique varie de 3,5 à 2,723; le premier nombre appartient à la craie; pour toutes les autres
GBAUX CARBONATEE. 285
variétés, la pesanteur spécifique approche beaucoup du second. Au chalumeau, la chaux carbonatée produit de lachaux vive, sans se disperser ni tomber en poussière.
dianjccaiiioiiatée oristallitée. — On donne ce nom à la fois aux cristaux et aux masses cristallines lamelleuses. Quelquefois complètement hyaline, comme dans le spath d'Islande, celte variété est , le plus ordinairement, translucide et d*un blanc laiteux. Elle est caractérisée par un clivage triple, également facile dans tous les sens, et qui conduit à un rhomboèdre sous l'angle de 105** 5' •. Le moindre choc détermine ces clivages, qui sont extrêmement brillants, maison ne peut enlever de plaques avec la lame d'un couteau, comme pour la chaux sulfatée. Outre ces clivages suivant la forme primitive, certains cristaux de chaux carbonatée présentent trois clivages, appelés supplênentaires par Haûy ; ils passent par les grandes diagonales des faces opposées, ou, ce qui revient au même, ils sont parallèles aux arêtes culminantes du rhomboèdre primitif, et, par suite, au rhomboèdre équiaxe, fig, 136, pi. 22. Ces clivages supplémentaires sont ordinairement indiqués par des stries, qui laissent entre elles des distances plus ou moins sensibles, et ils ont lieu de préférence aux endroits de ces stries. Ce second ordre de clivage ne s'obtient pas, à beaucoup près, avec la même facilité que ceux parallèles à la forme primitive, et tandis que ces derniers se déterminent par le simple choc, il faut, pour produire des fractures lamelleuses suivant Téquiaxe, guider, pour ainsi dire , ces fractures, en appliquant surTéchantillon, et dans le sens de ce clivage, une lame de couteau sur laquelle on imprime ensuite une percussion vive*.
* Cet angle n'est pasrigottreasement exact, c*est l'angle qui se représente le plus fréquemment, i'ai troavé des spaths dislande donnant 104" 55', et d'autres 105« !&. Cette légère différence se remarque dans toutes les substances; elle est due , pour b plupart du temps, à une courbure trës-légère des faces et des lames de clivage.
* M. de Sénarmont a montré que les clivages supplémentaires de la chaux carbonatée sont le résultat de mades , et ne peuvent être considérés comme de véritables lames.
ig6 CâAUX CARBONATES.
La chaux carbonatée possède la double réfraction à un haul degré. On Tobserve même entre deux faces parallèles. Electrique par le frottement, elle prend l'électricité vitreuse ou négative. Sa pesanteur spécifique est 2,723.
composition. — La chaux carbonatée en cristaux limpides est presque toujours uniquement composée de chaux et d'acide carbonique; cependant, dans certains cas, une petite quantité de chaux est remplacée par ses isomorphes.
Spalh d'Islande, par Slromeyer.
O17K. Rapp.
Chaux 56,15 i5,77j^
Protoxyde de mangan. 0,15 0,03) Acide carbonique 43,70 51,61 2.
Spalli du Mexique, par K. Beudant.
OlTf.
51,38 14,45 ) Magnésie.... 4.21 1,62 ]
La relation atomique de 1 : 2 est donc conservée pour la chaux carbonatée du Mexique, quand à Toxygène de la chaux ou ajoute loxygène de la magnésie; l'angle restant le même, malgré le mélange de magnésie, cette base est isomorphe de la chaux. Quelquefois une certaine quantité de protoxyde de fer ou de protoxyde de manganèse remplace de la chaux. M. Berthier adonné l'analyse d'une chaux carbonatée lamel* leuse de Moutiers, qui est remarquable par ces remplacements. Cette variété, fort brune et un peu nacrée, contient :
Chaux 35,58
Magnésie 5,51 -.,w. x ,^^ .
Protoxyde de fer 10,74 2,44 l *^'*' * '
Protoxyde de manganëse. . 4,01 0,90 J
Acide carbonique 42,76 80,92 2.
Argile 1,40
Quand ces remplacements sont en quantité assez considérable, les caractères extérieurs de la pierre calcaire sont un peu altérés ; ils donnent alors naissance à des variétés particulières qui ont été' décrites sous les noms de chaux carbonatée magnésienm, ferrifère et manganésifère. Ces variétés sont du reste moins fréquentes que ne le croyait Haûy, et la plupart
CHAUX CÀR60NÂTEE. 287
des minéraux décrits sous ces noms ont été reconnus depuis pour être de la dolamie^ du fer carbonate, ou du manganèse carbonate.
Gristalllsatlon. — La chaux carbonatée est la substance la plus riche en variétés de cristaux. M. le comte de Bournon, qui a consacré deux volumes à une monographie de cette espèce minérale, a décrit près de huit cents formes différentes. Un grand nombre de ces formes sont produites par des combinaisons deâ mêmes facettes qui se représentent associées de différentes manières, La description de toutes ces formes apporte de grandes difficultés à l'étude de la minéralogie, sans utilité réelle, attendu que l'on peut découvrir encore des combinaisons autres que celles décrites. Mais s'il est inutile de se charger la mémoire de la plupart de ces variétés de cristaux, il y a, au contraire, de Fintérêt à connaître les différentes faceltes qui constituent des formes simples ; elles peuvent se grouper dans les quatre formes dominantes propres au système rhomboédrique *, qui sont des rhomboèdres, des prismes réguliers à six faces y des scalénoèdres ou mélasta tiques, enfin des dodécaèdres triangulaires isocèles^ qui sont ou birhomboèdres ou des isocéloèdres. Je décrirai successivement les principales de ces formes, ainsi que les combinaisons les plus ordinaires.
Je commencerai d abord par indiquer par leur signe les modifications dont Texistence est bien constatée. Je les emprunterai, pour la plupart , à l'ouvrage de M. Lévy sur le cabinet de M. Heuland. Je les rangerai suivant Tordre que nous venons d'indiquer :
i^ Rhomboèdres.
Placé sur Fangle sommet a^/^,
— sur les arêtes culminantes., b^ équiaxe Ha&y.
Placés sur les angles latéraux: e* ; 0> (contrastant Haûy); e>/>; ^/* (contracté H.) ; «•/« ( dilaté H.) ; «*/»; «»/• (mixte H ) j e*/» ; «•/»; «*/» ( cuboïde H. ) ; i^/*; 0* (inverse H. ] ; s'/* (rbomboMre de même angle que le primitif, appelé • Rar H. );«•/•;«'/•.
* Premier volume, page il9.