CHAUX CARBONATES
de la nacre : elles sont alors très-eslimées. On distingue la lumaehelle d'Astracan et la lumaehelle opaline : dans la première, les coquilles sout d'un jaune clair» et se détachent sur un fond brunâtre. La lumaehelle opaline provient du Bleyberg en Carinthie; elle présente des reflets irisés de couleur rouge orange, rouge de feu etgorge de pigeon, du plus bel effet.
Calcaire ftiiblamellaire. — Certains calcaires, notamment ceux de transition, contiennent avec une prodigieuse abondance des fossiles désignés sous le nom d'enerines; ces fossiles étant transformés à Tétat de chaux carbonatée lamelleuse, le calcaire qui les contient est cristallin par parties, et il devrait être classé parmi les calcaires lamelleux; pour les distinguer de ceux qui sont lamellaires sur toute leur surface, et qui le sont par leur nature même, on les désigne sous le nom de calcaires sublamellaires.
Y. Chaux caebonatée terreuse. — Les calcaires qui constituent cette sous-espèce sont tendres, tachent le plus ordinairement les doigts, ou du moius sont friables, happent facilement à la langue. La craii dont on se sert pour écrire ou pour dessiner est la chaux carbonatée terreuse par excellence ; cependant il existe d'autres variétés de calcaire terreux, on en connaît même dans le terrain de calcaire jurassique. La pierre de Caen est souvent terreuse : sa couleur est le plus ordinairement le blanc pur ; quelquefois cependant elle est grise ou légèrement jaunâtre. La composition du calcaire terreux est identique avec celle de la chaux carbonatée lamelleuse, ainsi qu'il résulte de l'analyse suivante de la craie de
Meadon, due à M. Berzélius :
oiyg.
Chaux 56.50 15,87 1.
Acide carbonique. . . . 43,00 51,10 2.
Eao 0,50
Beaucoup de calcaires terreux contiennent une certaine quantité d'argile; mais, dans ce cas^ la relation atomique n'est pas changée.
T. II. • ai
5^ GHAUÏ CARBONATÉE.
Marne. — Quand la proporlion d'argile est considérable, environ 40 à 50 pour 100, le calcaire prend le nom de marne ; il possède alors une propriété particulière qui le rend d'un usage très-important en agriculture, c'est celle de tomber en poussière, de se fondre à Vair\ Il peut alors être répandu sur la terre, et la chaux qu'il contient améliore les terres froides, c'est-à-dire celles où le sable ou l'argile domine.
Le calcaire grossier exploité dans les carrières de Paris, principalement à Vaugirard et àMontrouge, pour les constructions de la capitale, est le plus ordinairement à l'état de cal* caire terreux ; quelquefois cependant il doit être rangé avec le calcaire compacte : ces deux textures passent Tune à l'autre , quoiqu'en réalité elles soient très-différentes. Ce qui caractérise les substances terreuses, c'est le peu de liaison des parties, et on peut rendre terreuse une substance cristalline par la simple désagrégation de ses particules. En effet, si l'on prend du calcaire cristallin, qu'on le porphyrise en poussière impalpable et que Ton agglutine cette poussière par de l'eau gommée très-légère, on fera un calcaire terreux. La poussière, vue au microscope, sera cependant encore de la chaux carbonatée lamelleuse, mais dont les particules n'ont pas d'adhérence : c'est ce qui a lieu pour la craie composée de parties distinctes. Dans quelques autres roches, les molécules calcaires sont séparées par des matières étrangères comme de l'argile, et il résulte de leur ensemble un calcaire terreux. Lorsque les molécules calcaires sont soudées ensemble, et que la roche prend de la ténacité, la texture compacte se développe.
Les calcaires terreux appartiennent principalement aux terrains crétacés et aux terrains tertiaires; ilsn'y sont cependant pas exclusifs, ainsi que nous l'avons indiqué ci-dessus , mais ils sont surtout abondants dans les premiers, et la craie forme certainement plus des neuf dixièmes de tous les calcaires terreux. J'ai indiqué que la craie était souvent pure, néanmoins, il résulte des observations de M. Ehrenberg qu'elle est
aUUX GÀRflONATÉt. m
composée de deux parties distiDcles» une cristalline ^ Tautre organique , mais toutes deux calcaires ; la partie organique est formée par laccumulation d'une quantité infinie de dépouilles de petits corps organisés appartenant à deux familles distinctes, les polylhalamiles et les nauiilites.
Dans la craie blanche et jaune du nord de l'Europe, celle de Meudon, par exemple, le volume de la partie organique égale ou dépasse peu le volume de la partie cristalline.
Dans la craie du sud de l'Europe (craie à nummulites de la Grèce, de la Sicile), ces mêmes restes organiques sont plus abondants encore, et les formes sont mieux conservées.
D'après les observations du savant professeur de Berlin, les fossiles de la craie auraient environ Va», ligne de hauteur^ en sorte qu'il y en aurait plus d'un million dans chaque pouce cube, et, par conséquent, plus de dix millions dans une livr« de craie.
L'examen d'autres calcaires terreux a également appris à M. Ehrenberg qu'ils étaient composés de la réunion d'animaux microscopiques; de sorte qu'il paraîtrait que la plupart^ des calcaires, si ce n'est même tous, sont produits à la foi» par des dépôts chimiques qui ont fourni la partie cristalline,! et par l'accumulation de tests de fossiles microscopiques.
Il me paraît utile de remarquer que les fossiles trouvés par M. Ehrenberg dans la craie du nord de l'Europe et dans le calcaire à nummulites du Midi sont analogues, de sorte que l'analyse microscopique de ces terrains les identifie. Quant aux fossiles que ce savant a reconnus dans les calcaires ter^ reux dépendant des terrains tertiaires, ils sont différents.
Affario minéral; — farine foMile. — Ces deux substan^^ ees, composées exclusivement l'une et l'autre de chaux carbonatée friable, doivent être associées au calcaire terreux. La première, désignée, en outre , sous le nom de moelle de pierre et de lait de montagne, est d'un beau blanc : son grain est très-fin ; elle est douce au toucher, très-tendre et même friable : ses parties fines et pulvérulentes sont cependant lé»
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gèremeot agglutinées. Elle est assez commune en Suisse, où on remploie pour blanchir les maisons ; elle forme des dépôts dans les fentes de rochers calcaires.
La farine fossile, blanche et légère comme du coton , se réduit en poudre par la plus légère pression; elle est assez commune aux environs de Paris; notamment dans les carrières de Nanterre : elle recouvre , sous la forme d'un enduit de 1 centimètre d'épaisseur» les surfaces inférieures ou laté* raies des bancs de calcaire grossier.
Des marbres. — Les calcaires saccharoîdes et les calcaires compactes fournissent les différents marbres employés dans les arts et dans Tarchitecture. Les marbres à structure saecha' rende sont les plus précieux par la beauté du poli qu'ils peu-vent recevoir ainsi que par leur rareté. Les détails que nous avons donnés sur le gisement de cette variété de calcaires établissent qu'ils sont peu fréquents et qu'ils n'existent que dans les pays de montagnes.
Nous indiquerons, dans quelques lignes, leurs principales variétés. Les marbres fournis par les calcaires compactes sont variés; ils sont, en outre, répandus avec une assez grande abondance, et il existe peu de pays qui n'en possèdent des carrières plus ou moios nombreuses. Exploitées principalement dans les terrains de transition , les formations jurassiques et même les formations crétacées produisent cependant quelques marbres en usage dans le commerce. Mais la plupart des marbres exploités dans ces terrains secondaires doivent les caractères particuliers qu'ils présentent, soit à des modifications postérieures éprouvées par la roche calcaire, soit à des circonstances spéciales de gisement.
Marbres et calcaires compaoles.—- Le nombre de marbres fournis par ces calcaires est presque infini ; leurs noms, empruntés aux localités d'où ils proviennent ou à des dispositions particulières dans leur texture et dans la distribution des couleurs, n'ofTrent aucune généralité. Leur nomenclature varie dans chaque contrée ; toutefois, il est facile d'établir uneclassi-
CHAUX CARBONATEE. ^^
fication dans les marbres, d*après leur coloration ; elle est due presque exclusivement à quatre corps qui participent au mode de gisement du calcaire et qui se sont trouvés en dissolution ou en suspension dans les eaux dans lesquelles les calcaires se sont formés. Ces corps sont le bitume ou le charbon^ qui produisent la coloration en noir ; Voxyde de fer y qui donne les marbres oii la couleur rouge domine, et Vhydrate de fer, auquel sont dues les teintes jaunes ou ocreuses plus ou moins foncées qui caractérisent certains marbres. Ces couleurs, par leurs nuances diverses et par leur distribution variée, produisent tous les marbres connus. On doit y ajouter cependant la couleur blanche, due à des veines de calcaire pur qui courent dans toutes les directions, à des débris de corps organisés , ou à des moules de coquilles, distribués d'une manière plus ou moins régulière dans les calcaires. Quelques marbres verts sont le résultat du mélange de calcaire et de schiste talqueux ou de serpentine.
Dans les marbres noirs on distingue : l^le noir antique ^ ou drap mortuaire, dont la couleur est homogène ; 2« le petit granité, dont le fond noir est parsemé de parties plus claires, disséminées d'une manière à peu près régulière ; ces parties, qui brillent dans la cassure, sont dues à des encrines spathiques; 3® le marbre Sainte^Anne, qui présente sur un fond noir, ou d'un gris très-foncé, des veines blanches qui se croisent dans tous les sens ; Af le petit antique^ offrant un mélange de taches noires et blanches, répandues d'une manière à peu près uniforme. Ces quatre variétés de marbre, appartenant au terrain de transition, existent avec abondance dans les environs de Mons , et forment pour la Belgique un objet considérable d'exportation; 5<^ le marbre portor, exploité au pied des Apennins, au sud-est de Gènes, et près de Porto-Venere, lequel présente, sur un fond d'un beau noir, des veines d'un jaune doré du plus bel effet.
Parmi les marbres rouges, on distingue : le marbre griotte, dont le fond, d'un rouge brun, est parsemé d'une manière sy*^
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métrique de taches d*un rouge beaucoup plus clair, quelquefois aussi de taches blanches, arrondies, que j'ai montrées appartenir à des goniatites ; 2® le marbre de Sarrancoliny dans les Pyrénées, d'un rouge foncé, mêlé de gris et de jaune, avec des parties transparentes ; Z^ le marbre incamal, d'un rouge assez clair, mêlé de parties plus claires, dues encore à des polypiers. Ces parties sont distribuées d'une manière fort irrégulière, et donnent lieu à des marbres différents suivant leur abondance et leurs formes. Le marbre incarnat est désigné assez communément sous le nom de marbre du Languedoc, où il en existe de très-belles carrières dans les environs de Caunes. Le canal du Midi a permis d'en exporter les produits dans les diverses contrées de l'Europe. Fort en usage en Espagne» on le rencontre fréquemment dans les églises dltalie, où il est employé en profusion et en grandes masses. Les colonnes du grand Trianon à Versailles, celles de l'arc de triomphe du Cai*rousel à Paris, et celles du Capitole à Toulouse, sont en marbre de Languedoc ; elles sont toutes d'un rouge brun de mars fouetté et jaspé de veines blanches et grises. Ce marbre, d'un aspect monumental, se trouve en blocs de toutes dimensions, avantage précieux pour son emploi dans l'architecture.
On doit encore signaler le marbre de Florence, ou marbre miniforme, dans lequel on remarque, sur un fond gris, des dessins anguleux, bizarres, d'un brun jaunâtre, qui simulent l'apparence des ruines; c'est un calcaire compacte argileux, d'un gris jaunâtre, dans lequel le retraita produit des fentes dans différents sens. Un ciment calcaire en a réuni plus tard les fragments, tandis qu'une infiltration ferrugineuse, se distribuant d'une manière irrégulière dans la pâte calcaire, a produit des dessins figuratifs.
Dans quelques localités, les terrains de calcaire contiennent des couches de poudingues à fragments et à galets de calcaires compactes, appartenant à des terrains plus anciens et dont les nuances sont variées : ces poudingues, susceptibles d'un beau poli, donnent, sous le nom de brèches y des marbres es-
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timés. Le marbre brèche des Bouches-du-Rhône a été l'objet d'une exploitation très-importante sous Louis XIV et sous Louis XV ; il a été alors employé sur une grande échelle dans la décoration de quelques monuments et palais ; il était, en outre, très-recherché pour Tornementation intérieure des appartements : un grand nombre de cheminées de cette époque, des dessus de meubles dits Pompadour sont en marbre brèche. Les carrières d où proviennent ces marbres brèches sont situées dans la vallée du Tholonet, aux environs d'Aix. On y distingue trois variétés principales :
1® La 6f«cAed'ià/et, appelée vulgairement et improprement brèche d'Alep. Les galets qui ont des couleurs variées, jaunes, noirs, gris et rouges, sont réunis ensemble par un ciment silicéo-calcaire.
2» La brèche jaune du Tholonet^ qui ne diffère de la précédente que par l'abondance des fragments et des galets jaunes.
3® La brèche universelle de Sainte-Victoire. Dans ce marbre brèche, tous les fragments sont de même grosseur et à Tétat de galets arrondis. Leur couleur, très- variée, produit un effet agréable.
Il existe des brèches dans presque tous les pays qui fournissent des marbres, notamment dans les Pyrénées et dans les Alpes ^ Nous devons mentionner à çari la, brèche violette, ex^
' Pour compléter cet aperçu succinct des marbres , je donne dans cette note le catalogue des principaux marbres français qui ont figuré à TExposition univermUo qui a eu lien à Paris en 1855 :
ALPES (HAUTES ET BASSES-). ARDENNES.— ATardfM de trantUion. Caicaire jurassique moéU/ié.
Gris clair.
Vertmanrin. Gris flambé.
— foncé nni. Cer fontaine.
— de Saiflac. Franchimont.
Portor brèche. Rouge de Givet ( couleur de sang avec
Leiaozanler. tacbes blanches).
LeCareaa.
Tilts
CftiAUX GARBONATËE.
ploitée près de la petite ville de Seravezza, à 6 lieues de Car-i rare, connue aussi sous le nom de^^ur de pêcher. Ce marbre, que Ton trouve fréquemment employé dans les églises dltalie, est composé de galets d'un beau lilas, quelquefois roses, cimentés par du calcaire blanc. Quand les taches lilas et roses sont larges, ce marbre est exclusivement employé dans larchitecture monumentale. Lorsqu'au contraire les taches sont petites et également disséminées dsms la masse, on en