DOLOMIE
ne retrouve pas à droite de la face rhomboédrique e^ les faces i et i' qui existent à gauche. Une circonstance assez singulière encore, c'est que ces métastatiques , qui ont pour indices les signes (d* d*/" 6'/*) ^^ (^' ^V* ^*/*)? quoique assez simples, ne se sont pas encore rencontrés parmi les nombreuses modifications de la chaux carbonatée.
La dolomie présente assez fréquemment la macle représentée fig. 235. Pour concevoir la situation relative des deux cristaux qui la composent, il suffit de supposer qu'ils étaient dans des positions parallèles , et d'imaginer ensuite que l'un d'eux a tourné d'un angle de 60 à 180 degrés autourde son axe.
Je terminerai cet énoncé des principales formes de la dolomie, en rappelant qu'on a voulu faire une espèce particulière, sous le nom de tharandiiSj de cristaux d'un jaune verdàtre très-brillants, provenant deTharand, en Saxe, dont la forme, fig. 236 , réunit à la fois le primitif, l'inverse c' et la base a* du prisme à six faces. Haûy avait donné à ce cristal le nom A'époinii , à cause de la largeur de la base ; les cristaux de chaux carbonatée de Guanaxuato au Mexique , qu'il a figurés comme exemple de cette variété , appartiennent à de la dolomie.
Les cristaux lenticulaires de Miemo , en Toscane , ont été décrits aussi par Klaproth , sous le nom de miémite, La eonUe de Schuhmacher est également une variété de dolomie trouvée seulement en Islande. La dolomie a été désignée, par quelques minéralogistes allemands, sous le nom de rauhkalkj qui signifie calcaire rugueux.
Vankérite est également une dolomie cristallisée ; elle a été observée dans plusieurs localités de la Styrie et au Salzbourg : l'angle de son clivage est, suivant Mohs, de 107« 12', et, d'après l'analyse de M. Berthier, une certaine quantité de fer remplace une proportion de magnésie correspondante. Cette différence dans la composition en apporte une dans la couleur, qui offre des teintes de gris ou de brun plus ou moins prononcées.
DOLOMUE.
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Dolomle sacGliaroicl«. —Analogue par sa blancheur, sa structure grenue et son éclat , au marbre de Carrare, elle s'en distingue par son peu de solidité ; souvent elle est fiiable et se désagrège sous les doigts à la manière du grès peu adhérent ; quelquefois elle possède une certaine solidité, mais la manière dont elle se casse révèle cette propriété , qui tient au mode de cristallisation de la dolomie. Chaque grain est un cristal isolé, et ces cristaux étant mal soudés ensemble se désagrègent facilement; dans le marbre de Carrare , au contraire, les grains s'entre-croisent dans tous les sens, en sorte que la roche est très-solide.
La disposition que je viens d'indiquer permet aux grains de jouer les uns sur les autres, d'où il résulte que des plaques de dolomie peuvent subir une certaine courbure sans se casser. Les variétés qui jouissent de cette propriété ont été désignées sous le nom de dolomie ou de marbre iUuliqw.
Dolomie fl^Kiiiie. — Je sépare cette variété de la précédente, quoiqu'elle doive théoriquement y être réunie, sa texture étant due, comme celle de la dolomie saccharolde, à une cristallisation confuse et en masse ; mais la dolomie grenue possède un aspect particulier, elle est composée de grains sou-
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dés ensemble, laissant souvent de petits interstices entre eux qui lui donnent Taspect persillé qu'elle possède si fréquemment : sa couleur est le gris sale et le gris jaunâtre ; ses grains ont presque toujours un éclat particulier, ils présentent un scintillement douteux , beaucoup moins vif que celui du marbre, impossible à décrire, et cependant jtrès-caractéristi* que pour un œil habitué à Feiamen des minéraux. Quelquesunes de ces dolomies sont caverneuses, cariées, et ont quelque ansJogie avec les pierres meulières par la disposition des cellules. La/joargnieule des Alpes, qui accompagne la pierre à plâtre, appartient à la dolomie; enfin, dans certaines circonstances, cette roche présente l'apparence d'une brèche. On voit des parties anguleuses, généralement d'un gris clair, à texture grenue, se détacher sur une masse compacte de teinte différente, mais de même nuance; les parties anguleuses qui ont l'apparence de fragments sont de la dolomie; la masse est du calcaire compacte.
Dolomie oompaete. — L'essai est presque le seul caractère que l'on puisse indiquer pour cette variété ; toutefois, quand elle est pure, sa couleur est le blanc ou le café au lait très-clair ; sa cassure unie est concholde. La gurhoflané présente le type de cette cassure, mais elle est loin d'être absolue. Associé avec la précédente, le gisement est souvent une indication très-utile.
solomio terronso. — Certains calcaires terreux parais* sent appartenir à la dolomie, ou du moins être formés d'un mélange de dolomie et de chaux carbonatée ; celle de la Madeleine près de Figeac, dans le déparlement du Lot, appartient à cette variété : Fessai est le seul caractère qui me l'ait fait connaître. On réunit aussi à la dolomie terreuse les parties pulvérulentes que les Allemands désignent sous le nom de oiche (cendres), tapissant les cavités de certains calcaires caverneux, qui sont eux-mêmes des dolomies compactes ou tenues.
t. -« La dolomie en cristaux se trouve dans des
filons à Traverselie en Piémont, à Sainte-HariiMiiixrMinw
en France, à Guanaxuato au Mexique, dans les mines de cuivre du Cornouailies, et dans celles de plomb du Gumberland, etc. La dolomie saccharoïde paraît constamment être le produit de causes postérieures aux terrains dans lesquels on la trouve : telles sont les dolomies des Alpes, et particulièrement celles du Saint-Gothard, du col de laFurka, de Bina, etc. La stratification dérangée du terrain ne laisse aucun doute à cet égard, et la présence de roches d'origine éruptive montre à la fois la cause et TefTet. De plus, cette dolomie est associée à des terrains si différents, qu'il est évident qu'elle en est in« dépendante. Au Saint-Gothard et au col de la Furka, toutes les circonstances tendent à prouver qu'elle est le résultat de Faltération du calcaire jurassique. Il en est de même àBinn. M. Hugard, aide naturaliste au Muséum, qui, dans Tété de 1854, a fait un voyage pour étudier le gisement des minéraux des Alpes, m'a transmis des renseignements intéressants sur les différents phénomènes qui accompagnent la dolomie de Binn; je les indiquerai sommairement dans quelques li* gnes. A Sournia, dans les Pyrénées-Orientales, la dolomie passe d'une manière insensible à des couches à hippurites qui appartiennent à la craie inférieure ; enfin, le défilé de Pancorbo en Espagne, fermé sur ses eûtes par des escarpements colomnaires d'une dolomie saccharoïde, sablonneuse, se ramifie au terrain tertiaire qui forme le sol de cette partie de l'Espagne, depuis Vittoria jusqu'au delà de Briviesca. Dans cette localité encore, la présence défilons et d'amas d'ophite au milieu du terrain tertiaire nous apprend la cause de la présence de la dolomie; elle est liée à celle du sel gemme et du gypse, qui se trouvent presque toujours réunis sur le même point. La dolomie grenue afiecte également ce genre de gisement; elle se trouve, en outre, en couches bien réglées, qui ne paraissent avoir éprouvé aucune altération depuis leur dépAt. Telles sont les dolomies qui constituent des couches puissante.8 dans la.partie inférieure du lias du sud et du sud-ouest de
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la Frauce, notamment dans les départements de la Dordogne, de la Corrèze, du Lot, de TAvayron, du Tarn et de l'Hérault. Ces couches de dolomie, continues sur de grandes longueurs, séparées par des couches de calcaire argileux et d'argile» sont dans les mêmes conditions que tous les terrains neptuniens; les fossiles y sont, à la vérité, très-rares; mais j'en ai rencontré à Nouailles, près de Brives, à la Madeleine , dans le département du Lot , à Saint-Benoist, près de Poitiers, et dans plusieurs autres localités.
M. Elie de Beaumont a reconnu , dans le terrain de craie de Paris, une couche de dolomie, qui se trouve dans le milieu même de cette formation; sans être aussi continue que les dolomiesliasiques, on la voit cependant sur différents points qui embrassent ensemble une étendue de plusieurs lieues. La route de Rambouillet à Mantes en présente une fort belle coupe. Certaines couches de la craie sont à l'état de dolomie ; il en existe à Beynes une de 2 mètres de puissance, où la dolomie est sableuse. Ces grains , examinés au microscope , se présentent en rhomboèdres complets, en sorte que cette couche sableuse est formée par un dépôt cristallin analogue à celui du nitre que l'on fait cristalliser dans une eau agitée.
Dolomie de Binn. — Cette roche apparaît sur plusieurs points de la vallée qui porte ce nom près du village de Binn » et sur le chemin qui conduit de ce village- à Imfeld, situé au fond de la vallée.
La doTomie y occupe une assez large surface ; elle présente des zones de nuances diverses, noirâtres , grises, blanches, jaunes, disposées par bandes et alignées de l'E, 22® N., à l'O. 22» S., comme les feuillets de la roche schisteuse qui l'accompagne.
Elle est , en outre , fissile ; l'inclinaison des masses produites par la division en grand concorde aussi avec celle du schiste; elle plonge vers le N.-O. , faisant à peine un angle de deux ou trois degrés avec la verticale.
Les bandes noirâtres de la dolomie doivent cette couleur à
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un mélange de la matière schisteuse ; d*après tous ses caractères, la dolomie ici ne forme qu'un seul et même système avec les schistes qui raccompagnent, et qui sont très-dé?e* loppés dans toute cette partie de la Suisse orientale. Ces schistes argileux, noirâtres, très-fissiles , sont plus ou moins chargés de paillettes de mica; ils sont, en outre, traversés de nombreuses veines de quartz, qui affectent la même direction que les feuillets du schiste.
En remontant la Binn , on remarque de l'amphibolite en place, tantôt en contact immédiat avec la dolomie^ tantôt avec les schistes.
L'amphibolite traverse en filons tout le système des schistes. Les différents phénomènes que Ton observe conduisent à considérer la dolomie de Binn comme une roche métamorphique. On doit attribuer à la même cause la formation des nombreux minéraux de différents genres que la dolomie contient. Leur réunion offre un des exemples les plus intéressants de Taction métamorphique par voie ignée.
La serpentine, que Ton rencontre aussi sur plusieurs points de la vallée de Binn , et dont la plupart des torrents qu'elle reçoit sur son cours roulent des blocs énormes, ne parait former qu'un même système avec l'amphibolite; elle a participé aux mêmes phénomènes que celle-ci.
On observe encore la dolomie à découvert au fond de la vallée, près des chalets dlmfeld; c'estle point principal étudié par les géologues et qui a fourni aux collections de nombreux échantillons de dolomie et des espèces minérales remarquables qu'elle contient.
Ce gisement est situé au S.-E., à environ une demi-lieue au-dessus des chalets dlmfeld. On l'aperçoit du village ; il se distingue de loin par sa couleur claire blanche ou d'un blanc jaunâtre ; on le voit sur une longueur d'environ 40 mètres, et sur une largem: de 10 à 12 mètres, dans la dépression d'un ravin où il a été mis à découvert par le torrent qui descend de la montagne voisine.