‹ Traité de minéralogieChapitre 84 sur 118 · DOLOMIE · texte numérisé non relu

DOLOMIE

carbonique, 28,50; eau, 11,00; impuretés terreuses, 2,S5. M. Thomson, en reproduisant cette analyse, annonce qu'il n*a pas eu Toccasion de voir ce minéral. Dans un voyage que j'ai fait a Naples en 1835, M. le chevalier Monticheili a eu la complaisance de me donner un échantillon de chaux carbonatée bleue venant de la Somma, précisément du même gisement que la substance de Karsten; la mesure des angles, que j'ai trouvés de lOG® 10' et de 73**,50^, m'a conduit à penser qu'elle devait appartenir à la dolomie ordinaire; son analyse m'a confirmé dans cette opinion. Je ne sais donc à quel minéral attribuer l'analyse de Klaproth ; peut-être son examen a-t-il eu pour objet de la dolomie grenue chargée d'eau acidulée, ainsi que j'ai eu l'occasion d'en voir dans plusieurs localités.

Hydro-calcite. — Dana, qui a admis l'existence de la chaux carbonatée hydratée du Vésuve, lui a donné le nom d'Aydrocalcite. Il a associé, en outre, à cette espèce des petits cristaux rhomboédriques formant une incustration siju* du bois. D'après une analyse de M. Scheerer *, ces cristaux contiennent 52,7 de carbonate de chaux, et 47,3 d'eau; exposés à l'action de l'air, ils se décomposent assez rapidement, et ils laissent une masse blanche qui contient les mêmes proportions de chaux et d'acide carbonique que la chaux carbonatée ordinaire.

Le mode de gisement de ces cristaux donne tout lieu de penser qu'ils sont le produit d'une double décomposition. Je citerai à cette occasion des cristaux d'un hydro-carbopale de chaux, obtenu par M. Becquerel, par ses procédés électrochimiques. Je ne connais pas la relation qui existe entre la chaux et l'acide carbonique, mais j'y ai constaté la présence d'une assez forte proportion d'eau ; ces cristaux, quoique fort petits, étaient très-nets, et j'ai pu en mesurer les angles.

Hydro-dolomite. — On a trouvé au Vésuve des stalactites

' Annales der phys» imd chêtniê , t. LXVUI , p. 881 .

(SAUX FLUATÉI. S7I

d'un blanc terreux, qui, d'après leur oomporitkm» seraient une dolomie terreuse hydratée. Il résulte d'une analyse de Kobell * , que ces stalactiles seraient composés de chaux, 25,23; ma** gnésie, 24,28 ; acide carbonique, 33,10; eau, 17,40. Ram<melsberg a désigné ces mêmes stalactites par le nom de *ydromagnocakite.

OHAUZ TUSATtm.

Fluor; Flaorite; Spath fluor; Spath fusible; Fluorure dtcaleîtmjQbloropbafto; Ralofkite; Fluorine (fieudant).

Cette substance est le plus ordinairement en cristaux trèsnets* Dans certaines circonstances, elle constitue des masses concrétionnées, dans lesquelles le tissu lamelleux est encore fort prononcé; enfin, dans quelques localités, elle est à Tétat compacte. M. Berzélius a trouvé pour sa composition constante :

ftapp.

Chaux 72,157 0,20 1.

Acido fluorique. 27,863 0,21 1.

ses analyses ont été faites sur des cristaux d*Alston-Moor iimpides et d'un blanc légèrement jaunâtre. Les nombres pré* cédents nous apprennent que la chaux fluatée contient un atome de chaux et un atome d'acide fluorique, composition que l'on représente par le signe GaF. D'après les rcherches de M. Gay-Lussac, on doit considérer cette combinaison comme un fluorure. En transformant cette analyse dans cette hypothèse , la composition de la chaux fluatée devient :

Calcium 5t,87 0,20 1.

fluor 48,15 0,41 2.

Le rapport de 1 à 2 donne pour expression de ce minéral Ca¥.

La dureté de la chaux fluatée, un peu supérieure à celle dt la chaux carbonatée, est représentée par les nombres 4 et 4,25. Sa pesanteur spécifique varie de 3,1 à 3,2. Soumise en poudre

« JmÊrmalfîirprat. chemie., U XXXVI, p, 9H.

372 CHAUX FLUATËE.

à Taction de l'acide sulfurique , il s'en dégage , même à froid, une vapeur qui corrode le verre , et qui est de Tacide hydrofluorique. La chaux fluatée décrépite sur un charbon ardent; au chalumeau, elle perd son éclat, devient d*un blanc laiteux, et se fond en une perle opaque ordinairement blanche , quelquefois légèrement colorée par hne petite quantité de manganèse ; souvent phosphorescente par la chaleur. Une variété qui provient du Gonnecticut , où elle forme deux veines dans le gneiss , possède cette propriété à un très-haut degré; elle a été appelée chloraphane par les minéralogistes américains.

Ghauc fluatée oritftalliiée. — Souvent hyaline ^ elle est toujours au moins transparente; limpide et incolore dans quelques échantillons , la chaux fluatée possède le plus ordinairement des couleurs vives et variées, qui se groupent en trois teintes presque exclusives; le violet améthyste ^ souvent très-riche , quelquefois assez clair; le vert bleuâtre et le jaune àe vm ; le violet améthyste est beaucoup plus fréquent que les deux autres couleurs , et même dans les échantillons compactes, on aperçoit presque toujours une teinte violette qui devient un caractère de distinction : les cristaux d'un vert bleuâtre sont ordinairement dichroîtes. Ils sont violets dans un sens, et verts dans Tautre. Cette propriété ne parait pas, pour la chaux fluatée, due à une disposition moléculaire; elle serait le résultat d'un mélange mécanique comme pour Taméthyste ; du moins , les cristaux de chaux fluatée qui sont dichroîtes polarisent la lumière, et échappent aux lois optiques particulières aux formes cubiques.

La chaux fluatée est éminemment lamelleuse ; elle présente quatre clivages égaux et également faciles, qui conduisent à l'octaèdre régulier. Malgré cette constance du clivage, la chaux fluatée se trouve rarement en octaèdres parfaits, fig, 238 , pi. 39; les cristaux les plus habituels sont des cubes, /I9. 237, sans aucune modification , ce qui m'engage à prendre ce polyèdre pour forme primitive, comme représentant le plus ordinairement l'aspect des cristaux de chaux fluatée. J'ajouterai

CHAUX FLUATÉE. 373

que, sauf quelques exceptions rares, le cube est encore la forme dominante dans les cristaux modifiés les plus habituels à ce minéral.

Fig. 239. Cube portant des troncatures tangentes sur les arêtes et conduisant au dodécaèdre rhomboïdal régulier, variété assez rare, mais dont les mines de Saxe et du Cornouailles offrent des exemples.

. Fig. 240. Dodécaèdre rhomboïdal, plus rare encore ; on en possède cependant des échantillons trouvés près de Chalucey, dans le département de Saône- et-Loire, en France.

Fig. 241. Cube portant une double troncature sur chaque arête qui conduit à l'hexatétraèdre dont le signe est 6'. Cette forme, qui a 24 faces symétriques, est la plus abondante après le cube; on la trouve fréquemment dans les mines de la Saxe et dans celles d'Angleterre , notamment près de Derby. Dans cette dernière localité , la plupart des cristaux portent, outre les biseaux que je viens d'indiquer, des stries très-prononcées sur chaque face du cube, lesquelles représentent les traces du solide à 24 faces.

Fig. 242. Hexatétraèdre complet; les plus beaux cristaux de cette variété proviennent des mines d'étain de Sainte-Agnès dans le Cornouailles ; on en connaît de plusieurs autres mines; les cristaux en hexatétraèdres sont plus fréquents que les dodécaèdres complets.

Fig. 243. Cube portant les traces de l'hexatétraèdre précédent et de Toctaèdre : ces dernières faces sont assez larges dans les cristaux qui proviennent de Schlackenwald , en Bohême.

Fig. ^2Ai,pl. 40. Cube dans lequel les arêtes d'intersection de la face de l'octaèdre, avec chaque face du cube , sont tronquées par les modifications a^ qui conduisent à une variété de Irapézoèdre.

Fig. 246. Cube modifié d'abord par les faces b^ appartenant au même hexatétraèdre qui existent dans les figures précédentes, mais portant en outre, sur chacun de ses angles, le

37i CHAUX FLUÀTËE.

pointement sextuple t, qui conduit à un solide à 48 faces , lequel est donné par une lâodiflcation intermédiaire dont le signe est t = ( 6* ¥P 6V* ).

Fig. S47. Réunion du cube P de Toctaèdre régulier a* du dodécaèdre régulier 6^ et du solide à 48 faces t.

Hg, 248 1 pi. 40. Cristal très-complexe de Kongberg , en Norwége, décrit par M. Lévy ; il comprend à la fois le cube P, le dodécaèdre rhomboldal 6*, deux trapézoèdres a* et a*/*; enfin, un solide à 48 faces V différent de celui que j'ai indiqué précédemment. Son signe cristallographique est : V = {b*f^

On remarquera que, dans tous les cristaux, depuis la fig. 241 , pi. 39 , le cube domine ; on peut dire avec certitude que sur cent cristaux de chaux fluatée qu^on rencontre dans la nature, quatre-vingts au moins sont à Tétat de cube parfait, ou de cube légèrement modifié.

AngUs frmeipaao).

P gup P = 90». a« snr a« = 109» 28' 16*.

P gQF 6' = 155». 6* sur h' = i30».

P sur al = 1250 15' 52'. 6» sur 6» = 153» 28' 4'.

P 8UP «»• = lei» 31' 56*. b» sur 6» == 126- 56' 9r.

P sur a* :s iW W S', »> sur &> » 154» 9' 28".

P sur < == 150* 47' 38*. a> sur a* = 146* 27' 33".

P sur id. opposé 102o 36' 32'. P sur t =: 161o 31' 56".

On a souvent décrit à part , sous le nom de chaux fluatée quartzifire et de chaux fluatée aluminifirey des cristaux de cette substance mélangés de quartz ou d*argile ferrugineuse. La première a été trouvée dans le comté de Cornouailles, en Angleterre ; elle donne par place des étincelles sous le choc du briquet, circonstance qui montre avec la dernière évidence que le quartz est à Tétat de mélange mécanique.

La chaux fluatée aluminifère a eu quelque célébrité par la parfaite conservation de sa forme , malgré le mélange de 40 à 50 pour cent d'argile. Il y a vingt ans , les cristaux de celte variété, qui provient de Buxton en Derbyshire, étaient très-

CHAUX FLDATËE. 375

ehers; aujourd'hui elle est simplement curieuse, comme preuve de la puissance de la cristallisation : elle oflre, en effet, un exemple tout à fait analogue à celui de la chaux carbonalée quartzifere de Fontainebleau.

Je signalerai encore , à la suite de la description des formes cristallines, une disposition remarquable que présente la chaux fluatée ; ce sont des cristaux en octaèdres réguliers , formés par la réunion de cubes empilés régulièrement les uns sur les autres , suivant les lois de la théorie des décroissements.

chanz lloatée concréiloiiiiée. — Cette variété forme des couches ou zones successivement blanches et violettes , dont les lignes de séparation ne sont pas très-tranchées ; les parties cristallines dont elles se composent s'enchâssent assez ordinairement les unes dans les autres, en produisant alternativement des angles saillants et des angles rentrants : son tissu lamelleux est' très-sensible ; en sorte qu*à Texception de la structure zonaire, elle présente tous les caractères de la chaux fluatée cristallisée.

chaux flnatée compacta. — Les échantillons qui appartiennent à cette variété ont une cassure légèrement esquilleuse, mate, et dont l'éclat est très-prononcé; les fragments minces en sont fortement translucides. La couleur violàtre ou verdàtre de cette variété , analogue à celle des cristaux , met sur la voie pour la reconnaître ; toutefois , on doit dire que certaines substances , notamment la baryte sulfatée compacte^ la ehaxix phosphatée compacte , le pétrosilex, le quartz néopètre et la paranthine^ ont, par leur cassure et leur éclat, beaucoup d'analogie avec la chaux fluatée compacte : les deux dernières substances rayent le verre , et sont par conséquent distinguées immédiatement par ce caractère ; la pesanteur spécifique de la baryte sulfatée est beaucoup plus considérable que celle de la chaux fluatée; la difficulté est donc entre la dernière substance et la chaux phosphatée. La première est ifiattaquable par les acides nitrique et muriatique, tandis

37(5 CÉAUX FLUATÉE.

que la chaux phosphatée est solubie dans l'un et l'autre réactif. L'action du chalumeau est encore un caractère qu'on peut employer avec avantage pour distinguer ces deux minéraux. La chaux fluatée compacte est rarement pure; elle contient fréquemment de la chaux sulfatée, de la chaux carbonates, et€. Une variété, qui provient du Derbyshire, a donné à Smithson :

Cbauifluatée ^^{ Aoafui

Sulfiile de baryte 51,50 j ^""•""•

Ella a été désignée dans quelques ouvrages sous le nom de ratofkit; mais c'est un simple mélange en proportions variables.

Gisement. — La chaux fluatée est une substance essentiellement de filons : elle accompagne l'étain en Gornouailles et dans la Bohême; elle est associée à des cristaux de topaze et d'émeraude. La chaux fluatée existe, en outre, avec une grande abondance dans les filons d'époques plus modernes; elle y forme la gangue de minerais de plomb et de zinc. Parmi ceux qui fournissent les plus beaux échantillons, nous citerons les mines de Gersdorf, en Saxe, et celles du comté de Durham, en Angleterre : les beaux cristaux verts qui possèdent le dichroïsme proviennent de cette localité. On cite descristaux cubiques de 1 pied de diamètre dans les roches qui bordent le lac de Afuscalonge, dans le comté de Jefferson, dépendant de l'État de New-York.

La chaux fluatée compacte, peu fréquente, forme plusieurs filons au Hartz, notamment ceux de Stolberg etdeStrasberg; l'un et l'autre sont exploités comme fondant : on l'emploie dans le traitement des mines de cuivre ; c'est probablement cette circonstance qui lui a valu son nom de fluor.

On doit citer aussi, comme gisement de la chaux fluatée, les arkoses de la Bourgogne. On découvre dans le ciment siliceux qui solidifie ce genre de grès des cristaux de chaux fluatée cubique violets, souvent presque microscopiques, mais très-abondants. Ce minéral y a été produit par le même

CHAUX SULFATÉE. 3T7

phénomène qui a donné naissance à la production si abondante de quartz qui a eu lieu à cette époque. .

OHAUZ SUUPATBB.

Selénite; Spath séléniteux; Gypse (Beadant); Pierre à plâtre.

Cette substance se présente avec des textures différentes, qui exigent que Ton distingue dans sa description les vfiriétés suivantes :

i® Chaux sulfatée cristalline ou lamelleuse ; 2® — fibreuse ;

3* — saccharolde ;

4*^ — compacte;

5* — calcarifère.

Ces différentes variétés de chaux sulfatée affectent des gisements analogues ; elles ne présentent donc pas, sous ce rapport, la même importance que celles qui leur correspondent dans la chaux carbonatée.

ciaractères erénéranz. — La chaux sulfatée est le plus tendre des minéraux solides et cristallisés; elle se laisse fortement rayer par l'impression de Tongle. Sa dureté est représentée par le nombre 1 ,5 ; sa pesanteur spécifique est de 2,264 à 2,350. Elle blanchit par l'action du feu, et donne de Veau par calcination. Au chalumeau, elle fond difficilement en un émail blanc, qui tombe en poussière au bout de quelques heures; donne à la flamme intérieure une matière blanche hépatique ; fond , avec la chaux fluatée , en un verre qui devient opaque en se refroidissant. Insoluble dans les acides. La chaux sulfatée est généralement blanche; quand elle est colorée, elle n'affecte que des teintes fort claires; légèrement soluble dans Teaut environ dans 465 parties. Sa composition est représentée par la formule CaSu^ + 2iig , ainsi qu'il résulte des analyses suivantes :

Sn CHAUX SULFÀTBB.

Cbani fDifalée erittalliiée, par Buchola.

Oiyf, K*pp,

Chaux 33 9,26 1.

Acide sulfurique. 46 27,53 2.

Eau 21 18,66 2.

Saeebarofda de« Alpei, Caleanfèra

par Rose.

de Paris.

Oxyr.

Carbonate de cfaanxi

Argile

La dernière analyse , qui appartient à la pierre à plâtre de Paris, montre que, malgré son mélange de carbonate de chaux et d'afgile, le rapport entre les éléments ne varie pas.

On a signalé des variétés de chaux sulfatée, dans lesquelles la proportion d*eau est moins grande que dans les analyses que je viens de transcrire. M. le professeur Rogersa spécialement annoncé que le gypse qui forme des masses considérables dans le sud de la Virginie contient un atome d'eau pour deux atomes de sulfate de chaux. Des exemples de cette nature sont nombreux; mais l'examen des échantillons qui les fournissent établit, de la manière la plus certaine, qu'ils présentent un mélange d'anhydrite et de chaux sulfatée. Us appartiennent à du gypse formé par l'altération d'anhydrite, qui a absorbé de leau à l'atmosphère , et suivant que l'altération du dernier de ces sulfates est plus ou moins complète , l'analyse donne une plus ou moins grande proportion d'eau. On observe le passage de Tanhydrite au gypse sur une grande échelle dans plusieurs points des Alpes, notamment dans la vallée de Cognes, au Val-Canaria et dans les environs deBex.

chaux sulfatée cristalline. — Le caractère le plus saillant de cette variété est d'avoir un clivage tellement facile, qu'on en sépare des lames extrêmement minces et fort larges par l'interposition d'un couteau; le plus léger choc suffit même pour déterminer ce clivage, qui se trahit dans tous les morceaux par des anneaux colorés. Outre ce clivage très-net, la chaux sulfatée en possède deux autres peu distincts , mais presque toujours cependant indiqués par deux systèmes de stries; ces deux clivages sont perpendiculaires au premier, et ils constituent par leur ensemble un prisme rectangulaire

GHACfX SULFATÉE. 37»

droit que Hafty avait adopté pour forme primitive, et qui est également celle que donne M. Boudant.

La difficulté que Ton éprouve à faire dériver d'une manière simple les difierents cristaux de la chaux sulfatée, du prisme rectangulaire droit , a engagé plusieurs minéralogistes à modifier le système cristallin proposé par Haûy. M. Soret *, M. Hessel * et M. Lévy *, ont successivement proposé des changements qui consistent à prendre pour forme primitive un prisme rhomboïdal oblique. Récemment, M. Descloizeaux * a de nouveau étudié cette question intéressante, et il a reconnu que si le prisme rhomboïdal oblique rend seul compte des différentes modifications, il en est quelques-unes, principalement celles de Sicile, qu'on ne saurait déduire d'une manière simple de la forme primitive des minéralogistes que je viens de citer.

Du reste , la forme de M. Descloizeaux présente un rapport très-simple avec celle de Haùy. Sa base P, fig. 249, pi. 41 , est suivant un des clivages difficiles, et correspond à la face T de Haûy; le clivage facile est parallèle au plan AO A'O' déterminé par les petites diagonales , et le troisième clivage passe par l'arête H , intersection des faces MM. On ne trouve pas dans la nature de cristaux complets de la forme primitive t mais on la voit distinctement dans la macle , fig. 258 , qui provient de Sicile, et dont nous donnerons la description dans quelques lignes.

Les angles de la forme primitive sont, d'après M. Descloizeaux :

p sur M = 109« 46' 15'.

M sur M = 1110 g(y.

Angles plans delà base... 106» 32' 18'; 73* 27' 42*.

Des faces verticales 104» 9' 52'; 750 ôC 8'.

Rapport entre le eôlé de la base et la hauteur à Irbs-peu prës 3:1.

1 Annales des Mines, I8l7, p. 436.

■ TMtschTîfi fiir minéralogie. V. Léonhard, septembre 1826, p. 222,

* Description d'une collection de minéraux» formée par M. Heuland.

^ Nouvelle détermination de la forme primitive et des principales formes mcoDdaires du gypse {Annales de chimie et de physique » troisième série, vol. X, p. 65. 1844).

580 CHAUX SULFATEE.

La fig. S50, qui appartient à des cristaux assez fréquents, est celle qui fait le mieux connaître la position de la forme primitive : elle représente une table, fort aplatie parallèlement au plan diagonal ; sa face large g^, qu'on serait tenté de placer horizontalement, comme HaUy le faisait, est parallèle au clivage facile : la base P serait tangente à l'arête du biseau «* qui naît sur les angles E de cette base par un décroissement d'une rangée. Un biseau tï , donné par un décroissement intermédiaire , complète ce cristal.

La forme représentée par la fig. 251 , désignée par Haùy sous le nom de trapizienne , est la plus fréquente ; on la trouve avec une grande abondance dans la nature, elle se développe, en outre , toutes les fois qu'il se produit de la chaux sulfatée par double décomposition : c'est la précédente dans laquelle le biseau e' est supprimé. Le biseau tï, qui reste, détermine la forme primitive de M. Lévy, la base étant tangente à l'arête d'intersection de ce biseau: mais, en adoptant cette forme, on arrive à des lois très-compliquées pour la dérivation des différentes modifications de la chaux sulfatée, et, de plus, les plans de clivage ne se rattachent pas tous d'une manière simple à la forme primitive , comme dans le système cristallin déterminé par M. Descloizeaux.

La fig. 252 porte à la fois deux biseaux e', c'^', nai^ntsur les angles E, deux biseaux intermédiaires t et i% et enfin des modifications g^ placées sur les arêtes d'intersection de M et deff*.

La fig. 253, qui provient de Bex, possède une face fe* parallèle au troisième clivage de la chaux sulfatée ; elle offre , en outre, l'exemple d'un biseau t" qui joue un rôle important dans la cristallisation de la chaux sulfatée de Paris et de Sicile. Dans ces deux localités , les cristaux sont fréquemment raccourcis ; comme le représente la fig. 254 , et le raccourcissement du prisme est presque toujours accompagné de l'arrondissement des faces, fig. 255, pi. 42, circonstance qui a fait désigner ces cristaux par Haûy sous le nom de lenticulaires.

CHAUX SULFATÉE. 38t

Beaucoup de cristaux, et notamment presque tous ceux qui se trouvent avec tant d'abondance à Montmartre , sont formés de la réunion de deux de ces lentilles, qui se pénètrent suivant l'arête d'intersection du biseau t. Quand ces cristaux sont cassés parallèlement à la face large, ce qui est le cas le plus général, par suite de la grande fissilité de la chaux sulfatée, ils présentt^nt des coupes analogues à la fig. 256, dans lesquelles une des extrémités est terminée par un angle rentrant, et l'autre par une pointe aiguë, disposition que Haûy a définie d'une manière exacte en donnant à ces cristaux le nom de fer de lance. Les lignes en points tracées sur cette coupe indiquent les traces du clivage , toujours marquées dans la nature par des stries; celles-ci servent à orienter ces cristaux : quelquefois on observe plusieurs cristaux en fer de lance placés les uns à la suite des autres , mais toujours de manière que le clivage large soit dans le même plan.

Les cristaux représentés par les fig* 250 et 251 se groupent suivant le plan A^, et donnent les macles, fig. 257 et 258 , qui ne diffèrent entre elles que par le biseau qui les termine : ces macles sont très-fréquentes dans le gisement du soufre de la Sicile. Dans la fig. 258, une cassure , opérée du côté de l'angle rentrant, montre d'une manière distincte le clivage suivant la base.

J'ajouterai une dernière forme décrite par M. Soret, comme provenant des mines de sel de Bex, remarquable parla multiplicité des facettes verticales qu'elle présente ; elle est terminée par les biseaux n, et f', i"', fig. 259.

Éclat. — Vif , suivant les faces parallèles au grand clivage et au biseau n; souvent faible , suivant les facettes i"\ t"^

Angles principaux de la chaux stUfatée.

M sur M

= 1110 scy.

M sur i"'

M sur g*

g^ sur e»

M sur A*

«* sur «'

M sur^

g' sur t

M sur ^

« sur t

B2 CHAUX StfLFÂTiE.

11 sur «i r=: 121«.

g' sur i'

s 154» SSf 39",

M sur «'/» = * 129» 14' 50".

g* sur î"

== iir 5'.

M sui^ f =: • 130» 51' 5".

^* sur f"'

M sur f = • 920 4' 5»'^

< suri"

M sur C = 960 20'.

Les angles précédés d'an astérisque ont été calculés.

Transparence. — Souvent complètement hyaline, la chaux sulfatée est toujours transparente; elle possède la double ré* fraction à deux axes : le plan des deux axes est parallèle au clivage facile. L'angle de ces axes est de 60® ; la ligne moyenne paraît coïncider avec la diagonale AA'.

Couleurs. — Ordinairement incolore , quelquefois la chaux sulfatée est d un blanc laiteux; certains échantillons sont d'un jaune de miel , ou légèrement colorés en gris.

Pesanteur spécifique : 2,531.

chaux sulfatée fibreuse. •— Ordinairement en plaques minces, dont les fibres sont droites , presque toujours largeg, et ayant une légère indication de clivage dans le sens de leur largeur; quelquefois les fibres sont contournées; la chaux sulfatée est alors pour ainsi dire en touffes, comme à Matloc, dans le Derbyshire; enfin, dans certains cas, elle forme des rognons à structure radiée : les échantillons de cette variété, qui proviennent de la Nouvelle-Ecosse, ont des fibres divergentes larges et un peu lamelleuses.

L*éclat de la chaux sulfatée fibreuse est nacré et soyeux * sa couleur est d'unblànc laiteux; elle est fortement translucide.

chanz salfatée saccharolde. — Cette variété, connue dans les arts sous le nom d'aiftdfre , est grenue comme le marbre statuaire; elle lui serait complètement identique, sans sa forte translucidité qui lui donne un aspect particulier. Sa cassure est grenue et un peu inégale ; sa couleur habituelle est le blanc de neige. Quelques variétés sont légèrement grisâtres, jaunâtres ou rougeâtres; elles affectent toujours des teintes fort claires.

Très-tendre , se laisse rayer à l'ongle. Ce caractère , qui permet de la tailler avec un instrument tranchant, sans le se-

GflàUX 8ULFATEE. 385

ceiirs du eiseau» reod ralbàtre d'an usage habituel pour les

objets d'ornements^ tels que \ases et pendules.

cbanz calfatée compacte. — La cassure de cette variété est esquilleuse, à esquilles fines , analogues, sous ce rapport, au quartz-agate grossier, au feldspath compacte et à la baryte sulfatée compacte; elle se distingue de ces trois substances par son peu de dureté : la pesanteur spécifique de la baryte sulfatée ne permet aucune erreur quand on la soupèse.

Elle est généralement d'un blanc jaunâtre un peu sale , quelquefois légèrement colorée en jaune.

chaujc sulfatée calcarlfère. — Cette cinquième variété forme une espèce de passage entre la chaux sulfatée cristallisée et la chaux sulfatée saccharoïde; elle se compose de petits cristaux agglomérés de la variété trapézienne, dont on distingue souvent les formes à une forte loupe • mais dont la cassure parait grenue à la simple vue : cependant elle miroite à la manière des substances lamelleuses. Son tissu, beaucoup plus lâche que celui de l'albâtre , lui donne un aspect particulier; elle est, en outre, presque toujours grossièrement schisteuse, et il est rare que dans un échantillon de 1 pouce à 1 pouce et demi d'épaisseur, cette disposition , due à son dépôt par voie de sédiment, ne soit pas visible : sa couleur ordinaire est le blanc jaunâtre. Le mélange d'argile et de chaux carbonatée , quoique homogène , se décèle cependant sur les plans des schistes , par un aspect terreux.

A ces variétés, qui se trouvent avec quelque abondance, nous ajouterons une chaux sulfatée en petites paillettes cristallines qui rentre dans la première variété , mais à laquelle la petitesse de ses cristaux donne un caractère particulier. On la désigne sous le nom de chaux sulfatée niviforme , qui est la traduction exacte de son aspect; elle est composée de petites lamelles blanches à éclat nacré superposées les unes sur les autres, et formant de petits amas sur la pierre à plâtre (ordinaire de Montmartre. Lorsqu'on presse la chaux sulfatée niviforme , on sent ces lamelles céder sous le doigt avec un

384 CHAUX SULFATÉE.

petit bruit , comme la neige que l'on écrase; elle prend alors Taspect terreux.

AnalofftM. — La forme de la chaux sulfatée cristalline , et surtout son clivage si net et si facile, lui donnent un caractère particulier qui ne permet de la comparer à aucun autre minéral ; mais lorsqu'elle est à Fétat saccharoîde» fibreux ou compacte , la chaux mlfatée présente de Tanalogie avec la chaux carbonatie. Toutefois, pour un œil exercé, sa demitransparence la distingue facilement. Le caractère saillant pour toutes les variétés de chaux sulfatée consiste dans son peu de dureté ; aucun minéral , à l'exception du talc et des substances terreuses, ne se laissant rayer à Tongle comme cette espèce. J'ajouterai , en outre, que la chaux carbonatée est soluble avec effervescence dans les acides, tandis que la chaux sulfatée est insoluble.

Gisement. — La chaux sulfatée en cristaux isolés se trouve dans tous les terrains de sédiment ; elle y est ordinairement produite par décomposition ; on observe fréquemment, dans les argiles de toutes les formations, des coquilles dont le test est en partie transformé à Tétat de chaux sulfatée ; elle résulte de la décomposition de pyrites de fer, fréquentes dans ces argiles qui donnent naissance à de Facide sulfurique, puis à de la chaux sulfatée. L'argile d'Oxford , souvent riche en pyrites, contient, dans plusieurs localités, beaucoup de cristaux de chaux sulfatée de forme trapézienne.

Lorsqu'elle est en masses un peu considérables , la chaux sulfatée constitue deux genres de gisements distincts; elle forme :

1^ Des couches puissantes dans les terrains tertiaires, ainsi que dans ceux de marnes irisées , dont la formation par voie neptunienne est évidente.

2® Elle se trouve en amas plus ou moins considérables dans les différentes formations secondaires; ces amas, par leur disposition et par le dérangement que Ton observe dans les couches des terrains auxquels ils sont associés , paraissent

CHAUX SULFATÉE. 585

avoir été produits postérieurement à la formation de ces terrains. Les Alpes et les Pyrénées nous fournissent, en France, de nombreux-exemples de ce gisement , remarquable par toutes les circonstances qui l'accompagnent. Presque toujours le gypse y est associé à des porphyres amphiboliques; souvent il Test également avec des dolomies , du sel gemme , du bitume et du soufre; quelquefois , enfin, il est accompagné de sources thermales. Les couches sédimentaires, au milieu desquelles ces amas de gypse se font pour ainsi dire jour, se contournent autour de ces masses étrangères au terrain , et les recouvrent de tous côtés, en s'inclinant à leur approche. Il semble que ces amas gypseux, poussés au jour par la même force qui a fait surgir les porphyres du sein de la terre , ont soulevé les couches de calcaire et de grès au milieu desquelles ils se trouvent, et les ont forcées à se plier. Outre cette disposition qui décèle la postériorité du gypse, on en trouve quelquefois des preuves matérielles , comme aux environs de Bayonne. On voit , en effet , sur la côte , un peu au sud de Biaritz , un amas de gypse autour duquel le calcaire à nummulites de la craie se contourne, dans lequel il existe à la fois des masses arrondies d'ophite et des fragments de calcaire appartenant à la craie. Les fragments peu considérables de ce calcaire ont une texture saccharoïde , qui empêche de déter^ miner le terrain d*où ils proviennent; mais lorsqu'ils ont un grand volume , l'altération qu'ils ont éprouvée ne se prolonge que peu avant dans leur intérieur, ils ont alors la texture compacte qui leur est propre, quelquefois même ils contiennent des fossiles encore reconnaissables. J'ai recueilli plusieurs de ces fragments , dans lesquels on observe des milliolites nombreuses, je les ai déposés dans les collections de TEcole des Mines. L'étude du terrain montre qu'ils proviennent de couches inférieures à celles où est situé Tamas de gypse ; il en résulte donc nécessairement que le terrain a été bouleversé, et que des fragments du calcaire inférieur ont été amenés au jour par l'action qui a produit le gypse. T. 11. 25

^è CHAUX SULFATÉE.

Un phénomène analogue s'observe aux environs de Dai , dans les Landes. Dans cette dernière localité, le gypse est intercalé au milieu du terrain tertiaire moyen : l'époque de l'arrivée au jour est donc fort moderne; elle paraît, d'après l'alignement des buttés d'ophite, et surtout d'après la direction générale des couches soulevées , coïncider avec le soulèvement de la chaîne principale des Alpes , qui est la dernière réVolulLion générale que le globe a éprouvée.

Les gypses des Alpes sont de la même époque , et se présentent dans les mêmes circonstances que les gypses des Pyrénées ; les roches porphyriques qui les accompagnent sont seulement différentes.

Quant aux gypses de formation évidemment neptunienne , ils sont beaucoup plus abondants dans les terrains tertiaires que dans le terrain de trias ^ quoique cependant il existe des dépôts assez considérables de gypse dans les marnes irisées des départements de la Meuse , de la Meurthe , et dans ceax de l'Aveyron. Le bassin de Paris offre l'exemple le plus remarquable du gypse tertiaire ; ce minéral y forme trois masses séparées par des couches de marnes , et les assises de chaux sulfatée qui les composent sont elles-mêmes séparées par des couches peu épaisses d'argile et de marne feuilletée. Chacune de ces masses a des caractères particuliers qui permettent de les suivre sur de grandes longueurs; on les retrouve dans les carrières de Quincy , près Meaux, à plus de douze lieues de Paris. Le gypse forme donc, dans le terrain tertiaire de Paris, de vastes amandes qui participent à la régularité des autres roches du terrain , et ne sauraient en être ^parées ; les fossiles nombreux qu'on y trouve conduisent à la même conclusion. Indépendamment des diverses espèces de coquilles parfaitement conservées qu'on observe dans les marnes supérieures du gypse , on trouve dans la masse principale des ossements fossiles de tortues, de mammifères et d'oiseaux incrustés dans la pierre à plâtre ; ce sont ces débris qui ont fourni à l'illustre Cuvier le premier sujet de ses belles recherches sur les ossements fossiles.

GRAUX ANHT!)RO-S0LFÀTÉÉ. 3âî

OHA0Z AMBTDRO-SULrATlâB.

Anbydrite ; Gypse anhydre ; Muriacite; Plengite ; BardiglioDe ; Spath cubique ; Wârfelspath; Yulpinite ; Pierre de tripes ; Gekrôsentein ; Karsténite (Beudant}.

La chaux sulfatée anhydre diffère de la chaux sulfatée ordinaire sous le rapport chimique , par labsence de l'eau : c'est an sulfate triple représenté par la formule CaStif , ainsi qu'il résulte de l'analyse suivante :

ADbjdrile de Suly, par Klaproih.

Oiyf.

Chaux 42 11,79 1.

Acide sulfurique. 67 34.12 3.

Oxyde de fer. . . . 0,10.

Silice 0,25.

Cette substance se trouve à l'état cruiàllin^ fibreux et wéckardîde.

Caractères généraux. — La dureté des différentes variétés de chaux anhydro-sulfatée , représentée par lei nombre 3,5, est supérieure même à celle du marbre statuaire. Sa pesanteur spécifique est 2,899 ; blanche, ayant souvent une légère teinte violacée ou bleuâtre. Au feu elle ne blanchit pas et ne s'exfolie pas ; au chalumeau , difficilement fusible en émail blanc, donnant à la flamme intérieure une matière blanche hépatique. Fond avec la chaux fluatée en un verre qui devient opaque en se refroidissant ; insoluble dans les acides.

chaux anhydro-tnlfatéa lamellente. — Très-rarement en cristaux terminés : elle se trouve ordinairement en masses lamelieuses, qui admettent trois clivages faciles perpendiculaires entre eux ; elle en possède deux autres plus difficiles « parallèles aux diagonales sous l'angle de lOO* environ ; les premiers sont tellement prononcés , que la plupart des échantillons d'anhydrite portent des fissures parallèles à ces clivages, qui partagent sa surface en espèces de carreaux rectangulaires. Cette régularité avait fait croire que la forme de Tanhydrite était cubique; mais elle possède à un assez haut degré la double réfraction à deux axes , propriété qui établit

388 CHAUX [ANHYDRO-SULFATÈE.

que sa forme est un prisme rectangulaire droit ; le plan de ces axes est parallèle à la base , et leur angle est de 44* 41'. Les cristaux , /îff. 261 et 262, pi. 42, découverts à Hall en Tyrol, à Bex en Suisse, et à Iscbel en Autriche, ont confirmé que sa forme primitive est le prisme rectangulaire droit.

En eifet , dans chacun des cristaux que représentent ces figures , il existe des modifications a, et a, que Ton n'observe que sur l'une des faces , tandis que si le prisme était carré , ces modifications seraient doubles.

On trouve dans l'anhydrite amorphe de petits cristaux du même minéral en prismes à six faces allongés suivant Taxe , et donnés par des modifications /t> et 9*.

Les dimensions de la forme primitive B , G , H , sont entre elles comme les nombres 12 : 10 : 9 , ou , plus exactement ,

:: 1^30 : V^ : l^. Les principaux angles sont :

P sur M =: 90». M sur a. = 14&» lO'.

M sur T = 90». M sur a = 155« 7'.

M sur a* a 125* 42'. a< sur a, = leo» SS*.

H sur h' = 140- 4'. a» sur a, = ISO» 35'.

T sur h» =3 12y 56'. o* sur a» = 170« 3'.

£clat. — Transparence. — Couleurs. — Éclatant sur les lames , mais beaucoup moins que la chaux sulfatée , souvent un peu nacré. Diaphane , en lames peu épaisses , ou , lorsqu'elle est en cristaux terminés, quelquefois demi-diaphane; elle est le plus ordinairement très-translucide. Ses couleurs sont le blanc laiteux, le blanc grisâtre, souvent avec une légère teinte de violet , quelquefois rosàtre ou même rose. On a trouvé de l'anhydrite d'un beau bleu à Lockport , dans TÉtat de New-York ; elle y constitue des géodes dans un calcaire noir. Dans cette localité, l'anhydrite est accompagnée de cristaux de gypse et de chaux carbonalée.

Ghaiiz anhydroHratfatée flbMiise. — Cette variété , très* rare, n'a été trouvée qu'à Hall en Tyrol, dans les salines d'Ischel dans la haute Autriche , et à Wieliczka en Pologne. Dans les deux premières localités, elle forme de petites masses

CHAUX ANHYima-SULFATÊE. 389

fibreuses droites d'un rouge de chair ou rouge de brigue , anal(^es à la chaux sulfatée fibreuse rouge ; mais elle n'en a pas Téclat soyeux, et, de plus, sa dureté assez considérable la distingue immédiatement.

La chaux anhydro-sulfatée fibreuse de Wieliczka est d*un gris très-clair ; elle forme de petites masses repliées sur ellemême à plusieurs reprises à la manière de^ intestins , ce qui la fait d^gner vulgairement sous le nom de pierre de tripes. Ses fibres sont très-déliée&, et au premier abord sa texture parait compacte.

chaux anhydro-sQlfatée saccharolde. — Presque corn-* plélement analogue, par sa texture, au marbre statuaire, elle est cependant plus translucide ; elle est grenue, à grains trèslarges , pailletés , et ayant une tendance à la texture lamellaire des marbres grecs. Ordinairement bleuâtre , violacée ou rosâtre, elle est quelquefois d'un gris blanchâtre ou d'un gris clair, comme le marbre bleu turquin. Une variété qui contient une petite quantité de silice , et qui , par cette raison , acquiert une dureté supérieure à celle qui lui est propre , est désignée sous le nom de vulpinite. Dans quelques localités , son association avec une certaine quantité de sel gemme lui a fait donner le nom demuriacite, La présence dii sel est immédiatement constatée en la mettant sur la langue.

La pesanteur spécifique de la chaux anhydro-sulfatée , sa dureté, supérieure à celle du marbre, la distinguent de la chaux carbonatée saccharoïde et de Talbàtre. Son insolubilité dans les acides est également un caractère de distinction avec la première espèce.

Ghaujc ralfatée épi^étïe. — L'anhydrite s'altère facilement par l'action de l'air : la variété lamelleuse devient d'un blanc mat et nacré; elle perd sa transparence, et elle se fendille dans les différents sens du clivage. Cette altération dans les caractères extérieurs est accompagnée d'une altération analogue dans la composition chimique ; les échantillons qui la présentent contiennent une certaine quantité d'eau , et si on

S90 CHAUX ANHYDBO- SULFATEE.

les examine à la loupe , on remarque que la surface des fissures est tapissée de petits cristaux de chaux sulfatée de la variété trapézienne ; il s'est donc formé de la chaux sulfatée ordinaire par l'absorption de Teau atmosphérique ; cette variété est désignée sous le nom de chaux sulfatée épigine. L'altération de l'anhydrite, presque nulle dans les échantillons de collections, est quelquefois très-active dans la nature, et elle apporte une grande difficulté dans certaines exploitations, notamment dans les salines de Bex, situées dans le pays de Vaud. La dureté de cette roche, dans son état naturel, exige remploi de la poudre ; il est néanmoins nécessaire de soutenir les excavations que Ton y pratique, par des boisages très-solides, le terrain devenant plus tard fortébouleui.

Gisement. — La chaux anhydro-sulfatée est répandue avec abondance dans les Alpes; il parait qu'elle constitue aussi des masses considérables dans la Nouvelle-Ecosse, notamment au confluent de FAvon et de la rivière de Sainte-Croix : on la trouve aussi en rognons dans les marnes irisées* Bien que ce minéral soit abondant, ses gisements sont peu nombreux ; dans la plupart d'entre eux , les circonstances qui accompagnent l'anhydrite conduisent à admettre qu elle est postérieure au terrain avec lequel elle est associée. Il est probable que certaines chaux sulfatées ordinaires doivent leur origine primitive à de l'anhydrite altérée; c'est du moins ce qu'il est naturel de conclure de plusieurs analyses qui donnent une proportion d'eau de beaucoup inférieure à celle nécessaire à la chaux sulfatée. Nous avons déjà indiqué une observation analogue à la description de la chaux sulfatée.

La chaux anhydro-sulfatée n'est point susceptible de donner du plâtre ; sa dureté l'a fait employer, dans quelques localités, comme marbre , notamment à Milan , où elle est connue sous le nom de marbre bardiglio de Bergame.

a^Ul PHOSPHATES. 39i

OBAUZ PBOSPBATléB.

ifalite; Pierre d'asperge; Spargelstein ; Asparagolittie; Moroxite; AugnsUte ; Pseudo-apatite (Breithaupt ) ; Phosphorite ; Eupychrolte ( Emmons ].

Avant le Mémoire que M. Gustave Rose a publié en 1827 *, sur la composition de la chaux phosphatée, on regardait cette substance comme uniquement composée de chaux et d'acide phosphorique. M. Rose a montré que les échantillons cristallisés contenaient toujours en outre du chlore et du fluor dans la même proportion; en sorte qu'il faut considérer cette espèce comme composée de trois atomes de phosphate de chaux, unis à un atome de chlorure de calcium. Cette découverte a été d'autant plus intéressante, que cette composition s'est reproduite pour le phosphate de plomb et Tarséniate de plomb. L analyse suivante de la chaux phosphatée de Snarum, en Scanie , établit les relations que je viens d'indiquer.

Oxyg. Bapp.

Chaux 49,65 15.94 3 | ç^,^

Acide phoephorique. 41,48 83,94 5 |

Rapporta atomlqnei.

Chlore 2,71 0,012 I o

Fluor 2,21 0,018 J

Galctum 3,95 0,015 1.

Analyse qui se décompose en :

Rapporta atomiquei.

Phosphate de chaux 91 ,13 0,0465 3.

Fltto-chlorure de calcium. 8,87 0,154 1.

Cherchant le nombre d'atomes contenus dans le phosphate de chaux, ainsi que dans le fluorure et le chlorure de calcium, on trouve trois atomes de phosphate et un atome de fluo-chlorure de calcium. La composition de la chaux phosphatée est par conséquent exprimée par la formule :

3Ca»/» + Ca(Cl,Fl)«.

i» Poggmidùrfy t. IX, p. 185, f827.

392 CfflAUX PHOSPHATÉE. J

Des échantillons de chaux phosphatée d'Ârendal, du cap de Gâte, du Saint-Gothard , du Tyrol, d'Ehrenfriedersdorf en Saxe, ont donné à M. Rose des résultats entièrement analogues. La seule différence entre ces analyses a été dans la proportion relative de fluor et de chlore; mais en considérant ces deux corps simples comme isomorphes, les phosphates de chaux de toutes ces localités contiennent un atome de fluochlorure de calcium sur trois de phosphate.

Quelquefois, une certaine quantité de chaux est remplacée par une proportion de magnésie correspondante. Ces remplacements , si fréquents dans les carbonates , sont plus rares pour les phosphates. Des échantillons d'apatite, trouvés dans les monts Schischimskian, près Slatoust, en offrent des exemples intéressants ; ils contiennent, d'après Tanalyse de Hermann *,7 pour 100 de magnésie. Ce savant chimiste a désigné cette variété, par cette raison , sous le nom de talc-apatiie ; mais on ne saurait en faire même une espèce particulière , attendu que sa composition atomique est la même que celle de la chaux phosphatée, et qu'elle cristallise comme ce minéral en prismes réguliers à six faces.

La chaux phosphatée est presque toujours cristallisée . ou du moins cristalline; il existe des échantillons compactes , et d'autres concrétionnés. On décrit de la chaux phosphatée terreuse ; mais, pour plusieurs des échantillons de cette \jiriélé, l'analyse n'a point révélé la présence ni de chlore, ni de fluor, de sorte qu'il est probable que c'est ou une autre espèce , ou un mélange d'argile et de substances organiques.

La chaux phosphatée est la plus dure des substances calcaires ; elle raye très-légèrement le verre , et elle est rayée par le feldspath. Sa dureté est représentée par 5 ; sa pesanteur spécifique varie de 3,166 à 3,285. Très-difficilement fusible au chalumeau , les paillettes les plus minces ne se fiit-

' Jowmai fur prat, chmi$f t. XXXI, p. 101.

CHAUX PHOSPHATÉE. 393

tent que sur les bords ; soluble dans l'acide nitrique : sa poui^ sière est phosphorescente.

Chaux phosphatée crIatalUne. — Elle se présente le plus ordinairement en prisme régulier à six faces, fig. 263, pL 43, dont la hauteur est à l'un des côtés : : 39 : 53. Les cristaux admettent des clivages difficiles suivant les faces du prisme ; ils ne sont pas assez prononcés pour influer sur la cassure^ qui est généralement inégale, grenue, et quelquefois concholde. Les couleurs de la chaux phosphatée sont très-variables ; toutefois, on peut les grouper en quatre : le vert d'eau très-clair^ qui appartient aux cristaux hyalins, analogues au béril ; le vert foncé y le vert jaunâtre et le violet. Les cristaux hyalins sont assez rares y cependant ceux des Alpes sont d'une limpidité parfaite ou légèrement laiteuse ; la chaux phosphatée se présente , en général , sous la forme d'un prisme à six faces plus ou moins modifié. Le plus ordinairement, ses cristaux sont terminés par une base ; mais dans quelques gisements, notamment à Jumilla, dans le royaume deMurcie, ils sont surmontés d'une pyramide à six faces, fig. 267 et 268, qui leur donne au premier abord un aspect différent : la couleur jaune verdâtre de ces cristaux les avait fait distinguer par Werner sous le nom de spargerlstein^ pierre d'asperge, tandis que les cristaux basés formaient son espèce apatite. Haûy, en montrant l'identité des pointements qui atteignent seulement leurs limites lorsque le prisme est surmonté d'une pyramide , a identifié Vapatite et le spargelstein.

La fig. 264, qui représente les cristaux les plus abondants après la forme primitive, est le prisme à six faces portant une bordure 6* sur les arêtes de la base; Haûy a désigné par cette raison cette variété sous le nom d'annulaire.

Souvent aussi les cristaux sont à douze faces , fig. 265, par suite de troncatures sur chacune de leurs arêtes verticales. Fréquemment, les deux modifications &• et fc' sont réunies sur le même cristal , ainsi qu'on le voit sur la fig. 266.

Les fig. 267 et 268 , qui appartiennent spécialement au

394 CBÀUX PHO^HiTÈS.

spargelsteiQ, sont la répétition des fy. 364 et 36ê , dans lesquelles Tanneau b^ est devenu un pointement par le prolongement de ses faces. Cette disposition n'est pas cependant complètement exclusive aux cristaux du royaume de Murcie : il en existe également avec cette forme à Arendal , en Norwége. Ceux-ci, d'un vert foncé, presque opaques, et à cassure granuliforme , ont été désignés sous le nom de moroxite ; les angles sont exactement les mêmes , et l'identité des cristaux de ces deux localités est complète.

Les angles du prisme portent fréquemment des modifications a^ ; mais elles sont toujours accompagnées de facettes placées sur les arêtes de la base, ainsi que le représentent les fig. S69 et 270 , ph 44. La dernière de ces figures porte deux bordures bV^ et 6^, dont on pourrait exprimer les lois de décroissemeut par 1/2 et 1, en doublani les hauteurs. La chaux phosphatée offre également une très-fine bordure 6^, fig. 271, qui , réunie aux deux premières, donne un nouvel exemple de la loi de simplicité des modifications. Ce même cristal, abondant dans les mines de Ehrenfriedensdorf en Saxe, porte deux troncatures a' et à^ sur les angles du prisme.

Les fig. 272 et 273 contiennent, outre les facettes que j'ai déjà indiquées , des modifications a^ placées sur les angles de manière que leurs traces soient parallèles aux diagonales des faces M. Toutes les faces du prisme étant identiques , ces modifications devraient être doubles sur chaque angle du prisme; mais elles sont toujours simples. Il en résulte que la chaux phosphatée présente un défaut de symétrie dans sa cristallisation. Les faces h* devraient également se répéter de chaque côté de la face M, tandis que dans plusieurs des cristaux où Ton voit cette modification , il n^xiste de face h* que d'un seul côté , ainsi que cela est indiqué dans la fig. 272. Jusqu'à présent , aucune propriété physique particulière ne se rattache à cette anomalie; le quartz, qui offre aussi une certaine dissymétrie , possède la polarisation rotatoire , qu'on ne connaît dfms aucun autre minéral.

CBAUI PBOSPHi^TKe. Z^

Je terminerai la description des cristaux de chaux phosphatée par une macle que M. Descloizeaux a fait connaître S d'après un échantillon appartenant à la collection de l'École des Mines. Ce groupement , qui n*a laissé aucune trace sur la base, a lieu par un plan qui passe par Taxe; il est indiqué par langle rentrant , fig. 274, que forme la face h* avec une autre face verticale dont la loi de dérivation n*a pu être déternainée. L'inégalité des deux parties de la face 6^/*, marquées &*/« et 6' */•, enfin, une légère suture verticale que porte la troisième face M en retour, dévoilent cette hémitropie. On observe dans ce même cristal un élargissement considérable des faces a* et 6^^^, qui le rend , au premier abord , méconnaissable. La mesure seule des faces a conduit à sa détermination. M. Descloizeaux, auquel nous empruntons ces détails, a été amené, par suite de ce travail, à une révision complète de la cristallisation de la chaux phosphatée

Nous donnons, d après ce minéralogiste, le tableau des principaux angles de cette substance.

sur M

Wo.

sur M

sur 6i/«

sur 6'/*

14do 30'.

sur 6»

sur 6*

sur A«

sur a*

sur a*

ss

sur a*

4430 39/ lo».

sur a"

sur a*

sor a,

sur a»

1570 2or.

sur g'

sur g*

sur a*

sur a«

sur h*

' sur b*/»

ft»

6ur6>

al

sur a.

sur a.

ff*

sur a.

sur Gz

Les angles précédés d'un astérisque sont calculés.

cliaiijK phosphatée çrannliforme. — On trouve à Gellivara, et dans plusieurs points de la Suède et du Groenland, des masses verdâtres et rougeâtres dont la cassure est granulo-

* CristalHêoUon de la chaux phosphatée y par M. Desdoizeaux ( intiote des ,tnisiteftetérte,t. II, p. 362).

596 CHAUX PHOSPHATEE.

lamellaire qui appartiennent à la chaux phosphatée. Quelque* fois leurs grains n'ont qu'une faible adhérence, et on peut les détacher. Ils sont entremêlés de grains d'amphibole noir et de fer oxydulé. Certains cristaux d'Arendal possèdent également cette cassure.

chaux phosphatée compacte. — On donne ce nom à des échantillons qui ont une cassure unie , passant à la cassure coQohoîde , et dans lesquels on n'observe plus aucune trace de cristallisation. Cette variété, qui provient de Lograssan, près de Truxillo, dans l'Estramadure, y constitue des masses assez considérables pour être employée à la construction de murs d'enclos. Elle est plus dure que la variété cristalline ; souvent même elle fait feu au briquet , par suite d'un mélange de quartz. Haûy a désigné cette variété sous le nom de chaux phosphatée quarizifère. La chaux phosphatée d'Estramadure, projetée sur les charbons, brille, dans l'obscurité, d'une lumière jaune verdâtre qui lui a valu le nom de phosphorite. Ce nom s'applique aussi aux cristaux de Jumilla, qui possèdent à un haut degré la propriété phosphorescente.

chaux phosphatée concréttonnée.— - Elle forme des masses réniformes, à cassure fibreuse très-fine, d'un gris jaunâtre, passant au brun. Cette variété a été trouvée dans l'Estramadure, en Espagne ; à Schlakenwald en Bohème ; à Hammondsville et à Amberg ; elle est identique, par ses caractères extérieurs, avectla baryte sulfatée et la blende, également en masses concrétionnées. La pesanteur spécifique suffit pour la distinguer de ces minéraux. L'action de l'acide nitrique est également caractéristique. Les échantillons d'Hammondsville, près de Crown-Point, dans le comté d'Essex, aux États-Unis, ont reçu d'Emmons le nom particulier à'eupychrdite. Elle forme des concrétions gris de cendre ou gris bleuâtre, qui sont mamelonnées et fibreuses. La francolite est également une variété de chaux phosphatée concrétionnée trouvée à Tavistock, dans le Devonshire ; elle forme des petits rognons irréguliers dont la surface est hérissée d'aspérités anguleuses et qui offrent, sous

CHAUX PHOSPHATEE. 397

ce rapport, de l'analogie avec la baryte sulfatée désignée sous le nom de cauwk.

GliaiuE phosphatée terreuse. — La variété compacte de Truxillo passe quelquefois à des masses demi-dures, peu résistantes, qu'on peut regarder comme terreuses. Klaproth a décrit, sous le nom de pierre de Martnarosch^ une chaux phosphatée pulvérulente dans laquelle il a signalé la présence de l'acide ïluorique^, circonstance qui Tidentifie avec la chaux phosphatée cristallisée. Breithaupt a désigné sous le nom de pseud(hapaiiie une variété de chaux phosphatée terreuse.

L*ostéoUte de Bromeis appartient également à cette variété de chaux phosphatée ; elle est blanche et pulvérulente comme de la craie. Elle a été trouvée entre Ostheim et Eichen, près de Hanau, dans une dolérite celluleuse et décomposée. L'analyse, faite par M. Bromeis, ne laisse aucun doute sur la nature de cette matière terreuse ^.

Goprolithee. — C'est également à la variété terreuse qu'on rapporte les petits rognons de phosphate de chaux d'un gris cendré, ou d'un noir grisâtre peu cohérents , trouvés dans le grès vert de la côte du Havre, ainsi que dans les argiles du lias, près de Fins, dans le département de TAlher. M. Berthier a le premier fait connaître la composition de cette substance, dont M. de Bonnard avait donné la description. Ces rognons, plus endurcis que la roche qu'ils contiennent, se dissolvent dans les acides, et donnent à l'analyse de la chaux et de l'acide phosphorique mélangés avec plus ou moins de matières étrangères. Leur composition est :

' Chaux 47

Acide phosphorique 52,25

Acide flttoriqae 2,50 .

Silice 0,50 ^ ^""•

Oxyde de fer 0,75

Eau 1,00

Mélange de quarUet d'arg. li,50.

Perte éfiO,

y (Bwtrûflre, t. IV, p. 273).

* /wn». (for pr. cft«n<<;., t. LIII, o. S44.

CHAUX PHOSPHATÉE.

Clitox pboiphatée de Fini, p«r h- Baribier. Phosphate de chaux Ca^P» = 86,3

Carbonate de chaux 11,76

Carbonate de magnésie »

Argile 0,6

Houille, eau et perlé 1,4

Idem du cap de la Hère, par le i

De chaux 7,G0

Id. avec silicate de fer .... 25;30 Eau 7,50

Ces analyses, quoique assez modernes, ne relatent ni la présence du chlore, ni celle du fluor : ce qui conduit à supposer que ces rognons n'appartiennent pas à la même espèce que la chaux phosphatée cristallisée. D'après ce que j'ai eu l'occasion d'observer à Fins, où j'ai recueilli plusieurs rognons analogues à ceux analysés par M. Berthier, j'ai tout lieu de croire qu'ils appartiennent à des corps organiques. Ces rognons sont en eflet identiques aux coprolithes signalées par M. Buckiand dans les argiles du lias du Yorkshire, et de Lime-Régis dans le Dorsetshire : ils appartiennent au phosphate des os, et non au phosphate ordinaire dçla nature inorganique. Les rognons découverts par M. Becquerel dans l'argile plastique d'Auteuil, près Paris , me paraissent appartenir aux mêmes genres de corps.

Depuis l'époque où la première édition de cet ouvrage a paru, les prévisions indiquées dans les lignes qui précèdent ont été confirmées ; il a été reconnu que les rognons de la chaux phosphatée du cap de la Hève, près le Havre, sont des coprolithes par leur forme, comme parleur composition. Au milieu de rognons informes, on en trouve où la disposition en spirale, signalée par M. Buckiand, est très-prononcée. Souvent aussi, en désagrégeant ces rognons, on a trouvé des fragments d'os et même des dents d'animaux, qui ont servi de pâture à ceux dont les coprolithes sont les restes.

La partie inférieure du terram de craie est, sur quelques points, très-riche de ces produits organiques. Depuis qu'on a reconnu que l'acide phosphorique joue un grand râle dans la composition des plantes, et notamment dans celle des céréales, qui contiennent de 0,015 à 0,018 pour 100 de phosphates divers. On les exploite sur la c6te du Surrey,

GÉAUX raeSPHÂTËË. SM

êù Angleterre, pour ramendement dés terres. Gëà eàprolithés ne peuvent se fondre à la manière de la marne; pour les répandre sur la terre et les assimiler au sol, on les réduit en poudre dans des moulins analogues à ceux que Ton emploie pour le café, mais construits sur une grande échelle. J'ai constaté les importants résultats que cette addition de chaux phosphatée produit sur le rendement des terres à blé ; des terres qui donnaient 42 grains pour 1 de semence en ont produit, deux années de suite, 15à 16. Mais, tout en constatant rinflueuce de cet amendement sur la végétation, je nai eu aucun moyen de connaître la dépense qu'elle nécessite, et par suite l'avantage réel de son emploi.

L'exemple de l'Angleterre a été suivi sur quelques points du sol crayeui de la France. Des recherches intéressantes ont été faites à ce sujet, et je signalerai celles de MM. Meugy et dé Laaoue, qui ont montré que l'espèce de tuf, désigné dans lé département du Nord sous le nom de Tun, contient 35 à 40 pour 100 de phosphate de chaux.

Les rognons de chaux phosphatée terreuse sont quelquefois associés à une certaine quantité de bitume comme à Fins. M. Berthier a décrit, sous le nom de phosphate de chaux graphUeuXy des nodules de cette espèce, disséminées dans les argiles schisteuses noires faisant partie des terrains crétacés inférieurs de la Normandie. Ces nodules ont une cassure à la fois compacte et grenue; l'un d'eux, paraissant très-pur, a donné à ce chimiste la composition suivante :

Graphite 17,00 \

Piiosphate de chaax 65 f .^^

Quartz mêlé d'argile.... 17 (

Eau 1 j

Lé phosphate dé chaux graphiteux est analogue, par soii gisement et sa composition, aux rognons terreux.

AnalofftM. '— En cristaux nets et transparents, la chaux phosphatée peut se confondre avec Témeraude, qui affecte la même forme et présente des modifications identiques : la per-

400 CHAUX PHOSPHATÉE.

mière substance raye le Terre avec difficulté ; la seconde raye le verre et même le quartz. Lorsque la variété verte est en cristaux imparfaits, transparents, et quand elle est d'un vert jaunâtre, elle ressemble au péridot, circonstance qui Ta fait désigner par Werner sous le nom de chfTisolithe. Grenue et d'un vert foncé, elle a de l'analogie avec le pyroxène coccoUihe : la dureté de ces deux minéraux est plus grande que celle de la chaux phosphatée ; celle-ci est, en outre , soluble dans les acides. La chaux phosphatée compacte pourrait se confondre avec le pétrosilex^ le quartz tiéopètre^ peut-être avec la chaux fluatée compacte : la dureté et Taclion des acides sont encore deux caractères certains pour la distinguer.

Gisement.— La chaux phosphatée appartient aux terrains les plus anciens ; on la trouve en petits fiions dans le granité; ! elle accompagne les mines d'étain, dans le Cornouailles, la

t Bohême et la Saxe; elle forme des rognons dans le schiste

! talqueux du Zillerthal; au Saint-Gothard, elle accompagne

I Talbite ; les cristaux transparents d'Ala sont dans le schiste

; chloriteux ; elle existe dans les filons de fer oxydulé d'Arendal,

I en Norwége, associée à de Tamphibole, du grenat, du pyroxène

' et de Tépidote. Au lac de Laach, sur les bords du Rhin, à Al-

bano, près de Rome, elle est disséminée dans les roches volcaniques : c'est dans un gisement analogue que Ton trouve la chaux phosphatée du cap de Gâte, en Espagne. On a découvert de magnifiques cristaux de chaux phosphatée à Saint-Laurent et à Hammond, dans TÉtat de New- York. M. Logan a reconnu dans le Canada, un très-beau gisement de chaux phosphatée dans le calcaire silurien ; les cristaux y sont aussi volumineux qu'ils sont abondants. J'ai vu, à l 'Exposition de Londres, des cristaux recueillis par ce savant géologue, de plus de 3 décimètres de haut. Leur diamètre dépassait 1 décimètre. Ils étaient entièrement cristallisés ; leur cassure était grenue. Néanmoins, ils se séparaient facilement en tronçons par des clivages pefu nets parallèles à leur base : la couleur de ces cristaux était le vert jaunâtre clair.

CHAUX ARSENIATÉE. 401

OHAuz AsuÊÛanAtém.

Pharmacolite; Ârsénicile.

II règne quelque confusion sur les combinaisons de chaux et d'acide arsénique. Les différents auteurs sont loin d*étre d'accord sur les divisions à adopter. Cette circonstance me parait tenir à ce que la chaux arséniatée est ordinairement le produit de la décomposition de minéraux arsénifères, et que souvent elle contient un excès de base et de l'eau hygrométrique qui changent en toutes proportions. En ne consultant donc que les analyses, on serait conduit à faire trois ou quatre espèces distinctes. Les cristaux de chaux arséniatée sont trèsrares : ceux que j'ai eu l'occasion d'étudier sont trop imparfaits pour me permettre d'émettre une opinion motivée sur la classification à adopter entre les différentes espèces de chaux arséniatée. Néanmoins, l'ensemble de leurs caractères me conduit à en admettre trois espèces, savoir : la chaux arséniatée ordinaire, Vhaidingérite et la berzélUe. Dans la chaux arséniatée ordinaire , la relation de la base et de l'acide est analogue à celle qui caractérise les phosphates.

Pour Vhaidingérite^ l'oxygène de l'acide arsénique est à l'oxygène de la chaux dans le rapport de 5:2..

La troisième, appelée berzélite^ est une chaux arséniatée anhydre; je préfère la désigner par sa compositiçn chimique, le nom de M. Berzélius étant appliqué à un autre minéral. Outre ces trois espèces, on décrit à part, sous le nom de picropharmacolite^ un sous-arséniate hydraté qui a été retrouvé dans deux localités distinctes avec des caractères chimiques presque analogues ; je crois néanmoins qu'elle constitue seulement une variété de pharmacolite.

La CHAUX ARSÉNUTÉE cst Ic plus Ordinairement en houppes soyeuses blanches, quelquefois légèrement rosées par de l'arséniate de cobalt. Dans certains échantillons, les rayons sont cristalhns et brillants, à la manière de la wawellite. M. Haidinger annonce que quelquefois ils sont assez bien formés T. II. 26

4rt4 êkkxsx ARSÉNrAttfe.

pour qu'on puisse s'assurer de leur forme, et il les décrit comme appartenant à un prisme rhomboïdal droit sous l'angle de 117*24'; les cristaux sont des prismes hexaèdres symétriques. Us possèdent une dureté comparable à celle de la chaux fluatée; mais la chaux arsénialée fibreuse s'écrase entre les doigts, ce qili tient au peu de résistance de ses aiguilles déliées et soyeuses. Exposée à la chaleur , la chaux arsénialée émet de l'eau, que Ton peut recueillir dans le tube d'essai. Au chalumeau, elle se fond difficilement en émail blanc; sur le charbon et à la flamme intérieure, elle donne une odeur d'ail. Soluble dans l'acide nitrique sans efiervescence.

Ces caractères s'appliquent aux différentes espèces de chaux arséniatée. Il faut une analyse pour les spécifier davantage» à moins que les échantillons ne présentent, ce qui est trèsrare, des formes cristallines appréciables.

L'espèce la plus connue, la seule peut-être bien constatée, a été désignée par Werner sous le nom de phannacolite. L'analyse de Klaproth est celle qui caractérise le mieux celte espèce; elle a été faite sur des échantiUonâ de Witticken, en Souabe :

DeWIUlckeD. De GlûcksbruDii. Oxyg.

Chaux 23,58 85,00 7,02 2.

Acide arsénique.. 51,58 50,54 17,54 5.

Eau 23,40 24,46 21,74 6.

Cobalt et fer 1,43 » »

Composition qui, traduite en formule, donne Cà^A^+6Aq.

Cette même espèce a été retrouTée à Andréasberg, au Harlz ; à Neusladt en Saxe^ à Joachimsthal en Bohême.

PIGROPHARBIAGOUTE. — Àrsétiiate (Beudant); chaux sous-arséniaiée (Broogniart). — Les analyses suivantes de bhaux arséniatée d'Ândréasberg et de Riechelsdorff ont indiqué une quantité de chaux un peu plus grande que dans la pharmacolite. Cette différence aparu suffisante à M. Stromeyer

HAibîîiûtftiTE. iaî

pour considérer les édianlilloag àè (MdéMt lécalités comme constituant une espèce nouvelle» à laquelle il a donné le nom de picropharmacolile. Elle ne se trouve qu'en globules fibreux rayonnes, ou même en masses terreuses. L*examen des échantillons me fait penser qu'il n'y a pas lieu de séparer cette variété sous une dénomination particulière.

Mcropbamiaeolite d'Andréasberg, par John. De Riechelsdortf; pif Sltoni^k

Cbaax 27,28 7,05 î 24.646 6,dtl

Magnésie. 3,218 1,28 (

Acide areénique.. 45,68 15,8o 2 46,971 lé,Si 'i.

Eau 23,86 21,21 3 23,977 21,32 3.

Oxyde de cobalt. . . 0,998

BAzmkâiiaxM.

Ce nom a été donné par M. Brongniart à une chaux arséniatée qui parait devoir former une lespèce sjiéciale. C'est M. Haidinger qui l'a déterminée d'après un échantillon provenant du cabinet de M. Ferguson, de Raith. Elle diffère à la fois, par sa forme et sa composition, de la pharmacolite. M. Beudant l'appelle chaux arséniatée haidingériie; et M. Gustave Rose l'a décrite comme étant la véritable chaux arséniatée. Suivant ce dernier minéralogiste, la pharmacolite serait cette même espèce, qui aurait pris une quantité d'eau supplémentaire, et dont la texture aurait changé par cette addition.

D'après la description de M. Haidinger, les cristaux de M. Ferguson sont des octaèdres tronqués dérivant d'un prisme rhomboïdal droit ; ils sont blancs, fortement translucides, peu durs, rayés par la chaux carbonatée. Leur pesanteur spécifique est 2,848. Leur composition a été trouvée^ par M. Turner, être :

R<pp.

Anénlate de chaux. .

Ean

3 ou 4.

OU Ca^A$^+ZAq.

404 ROMÉINE.

OBAOZ âJUmnATBB

BenéUte.' — On trouve à Langsbanshitta, en Suède, des masses fragiles d'un blanc mat jaunâtre, ou de couleur de miel, à aspect cireux et lustré, qui donne, àTessai, de lachaui et deTacide arsénique. Leur pesanteur spécifique est de 2,52. Leur dureté, représentée par 2,60, est à peu près la même que celle de la cîiaux sulfatée.

M, Ânderson ^ a obtenu pour la composition de cette substance, qu'il a désignée sous le nom de berzéUte:

Oxyg. Ripp.

Chaux 20,96 5^ j

Magnésie 15.61 6,01 \ 12,22-2.

Protoxyde de mangan^e 4,26 1,32 )

Acide arsénique 56,46 19,60 3.

Eau et perte 2,71.

La berzélite serait donc un sous-arséniate anhydre.

Cette substance, découverte par M. Bertrand de Lom dans la mine de Saint-Marcel, en Piémont, a été classée d'après une analyse de M. Damour^, comme un antimoniate de chaux. Ce chimiste distingué avait conservé quelques doutes sur l'état d'oxydation de Tantimoine. S'étant procuré récemment une quantité plus considérable de roméine, il en a fait une nouvelle analyse qui le porte à considérer ce minéral comme un antimonite de chaux; il serait possible que l'antimoine y existât à deux états d'oxydation. Les deux analyses de M. Damour offrent du reste une très-grande analogie; je les ai mises en regard, pour établir d'une manière complète la composition de cette espèce intéressante.

La roméine est en très-petits octaèdres à base carrée, fort analogues à l'octaèdre régulier. La mesure m'a donné pour

I BibMhèque de Genève, 1 XXXIX, p. 407.

* Annakt des mkwSf troisi^e série, t. XX, p. 247.

ROMÉINË. 405

leurs angles opposés au sommet 69® 10^ et 110® 50' pour les angles des deux faces qui se coupent suivant la base. Sa pesanteur spécifique est 4,76.

La couleur de la roméine est le jaune hyacinthe. Elle est assez dure pour rayer le verre. Elle ne présente pas de clivage. Dans les échantillons que j'ai examinés, la roméine est à deux états, en masse grenue et en petits cristaux très-édatants. Ceux-ci pointent pour ainsi dire au milieu de la masse, dont la couleur est d'une teinte plus claire que celle des cristaux.

Chauffé sur le fil de platine, ce minéral fond en une scorie noirâtre. Il se dissout avec une grande lenteur dans le verre de borax et dans le sel de phosphore. Au feu de réduction, le verre reste incolore; au feu d'oxydation, il prend une teinte violette. Fondu sur le charbon avec du carbonate de soude, il donne des globules d'antimoine qui produisent une fumée blanche.

Les acides nitrique, sulfurique et hydrochlorique ne l'attaquent pas,

L'analyse a donné à M. Damour, pour les éléments de la roméine :

Ainljtedei84i. De 1853 *.

Oxif. lUpp.

Acide antimonieux.... 79,31 40,79 9,65 5.

Oxyde ferreux 1 ,20 36.82 5,77 3 .

Oxydemanganeux.... 2,16 1,70 0,39 \

Chaux 16,67 1.21 0,27 [ 5.23 3.

Silice solttble 0,64 16,29 4,57 ;

Mat. siliceuses mélangées » 1,90

La dernière analyse a conduit M. Damour à adopter, pour la composition de la roméine, la formule ZCa 4t»4-^ft».

Tantôt la roméine est engagée dans du feldspath, tantôt elle est enveloppée d'oxyde de manganèse ; elle est associée avec de Tépidote violette, du quartz et de la greenowite.

1 Annalm des mines^ cinqmbme série, 1. 111, p. 184, 1853.

4g% PËROWSKITË.

Les eristaux auxquels M. Gustave Rose i a donné ee nom provenaient d'Achmatowsk , près de Slatoust, dans l'Oural; ils étaient cubiques, sans aucune modification : un clivage triple et facile sur chaque face lui a fait présumer que la forme primitive est bien réellement le cube; le seul échantillon que ce minéralogiste ait pu étudier appartenait à la collection de M. Pérowski. Les premiers cristaux de pérowskite coonus étaient fort petits, de deux lignes au plus de câté. Depuis, on en a trouvé de dimensions beaucoup plus considérables; ils sont engagés dans un schiste chloriteux, et souvent leur surface est recouverte d une couche de chlorite, comme cela a fréquemment lieu pour le fer oxydulé; la pérowskite est accompagnée de cristaux de pennine très-nets, de fer magnétique et de chaux carbonatée.

M. Leplay, professeur de métallurgie à l'Ecole des mines, a rapporté, dans un voyage qu'il a fait dans l'été de 1844 dans rOural, plusieurs cristaux remarquables de Pérorowskite, â savoir des octaèdres réguliers qui ressemblent à du fer oxydulé par leur enduit de chlorite, et des cubes portant un grand nombre de modifications; ces derniers adhérents à la roche, étaient assez nets pour être mesurés au goniomètre à réflexion. M. Descloizeaux a reconnu que leurs angles portent quatre ordres de facettes, savoir : l'octaèdre régulier aS des faces; a'*' constituant un trapézôèdre rare, que Ton connaît dans la chaux fluatée et dans le plomb sulfuré ; un ikositétraèdre a'/' existant dans l'argent sulfuré, et un autre a'^qui n*a encore été rencontré dans aucun minéral. Les arêtes de ces cristaux portent, en outre, quatre séries de facettes, savoir : le dodécaèdre régulier fr*, et trois hexatétraèdres fc*'', f *, b"^.

' Afmaies de Poggendorfft t. XLVIII, p. 558.

PÉROWSKITÇ. un

Le premier est fréquent dans la pyrite de fer, à l'état hémièdre, c'est le dodécaèdre pentagonal; le second existe également dans ce minéral; le troisièipe n'avait pas encore é\é trouvé.

Dans les cristaux étudiés par M. Descloiseaux, les facettes sont loin d'être au complet ; quand on les place de manière que les arêtes tronquées soient horizontales, fig. 327, pi. 53, on ne voit aucune modification sur les arêtes verticales, comme cela aurait lieu sur un prisme à base carré : en outre, les modifications qui donnent des hexatétraèdres ne se représentent pas sur toutes les arêtes horizontales; l'une d'elles est quelquefois devenue dominante, et a pour ainsi dire fait disparaître les autres. Cette disposition est telle, qu'au premier aspect la forme parait rectangulaire ; mais la face de l'octaèdre, qui se reproduit avec régularité sur les différent^ angles des cristaux, ne laisse aucun dqutç suf le ^ypç cris^l^in de la pérowskite.

La fig, 327 montre la disposition du cristal mesuré par M. Descloiseaux * ; la fig. 326, pi. 52, représente une portion de ce cristal supposé complet.

Les angles mesurés sont :

P sur a»

P sur aV*

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