‹ Traité de minéralogieChapitre 96 sur 118 · MÉTAUX · texte numérisé non relu

MÉTAUX

Les minéraux compris dans cette classe offrent deux divisions essentiellement distinctes sous le rapport de leur aspect :

1^ Les métaux natifs, et les combinaisons de plusieurs métaux entre eux à Tétat métallique ;

2^ Les combinaisons des métaux avec Toxygène ou avec des acides.

Les minéraux appartenant à la première division ont, en général , un éclat métallique prononcé, qui leur donne un caractère extérieur remarquable qui les distingue nettement des autres minéraux.

Les combinaisons des métaux avec Toxygène ou avec les acides ne jouissent que rarement de cet éclat : sous ce rap^ port , elles se confondent avec les minéraux de la classe des silicates. Néanmoins» elles oi|t pour la plupart une couleur propre, particulière , qui guide dans leur étude. Leur pesan* teur spécifique est en général assez élevée, et presque tous donnent immédiatement par l'essai un régule ou une scorie métalloïde.

gehbe CÉRIUM.

Gtrbocérine ( Beudant ) ; Lanthauito QaidiBitr.

C% minéral est en petites couches minces cristallines , d'uB blane grisâtre sur de la cérite ; il y est accompagné d'amphibole vert fibreux et de cuivre pyriteux. La forme du cérium carbonate est inconnue ; il en est de même de sa pesanteur spécifique.

Il est rayé facilement par la chaux phosphatée. Les seuls etraetères connus sont ceux en rapport avêc sa composition; il est soluble dans les acides ; la solution traitée par l'oxalate

»04 CÉRIUM PHOSPHATÉ.

d'ammoniaque donne un précipité qui brunit par la calcination. Ce précipité, fondu avec du borax, produit un verre rouge ou orange, lequel devient jaune par le refroidissement. Une analyse de M. Hisinger a donné pour la composition de ce minéral :

Oxyg.

Oxyde de cériam..,. 75,7 il, 22 5.

Acide carboniqae... 10,8 7^81 2.

Eau 13,5 12,00 3.

Ce serait donc un sous-carbonate hydraté. Ce minéral est très-rare; il n'a été trouvé qu'à Bastnaès , près de Ryddarhyttan en Suède, associée à de la cérite : il paraîtrait le produit de la décomposition de ce minéral.

Mosander a annoncé , postérieurement à l'analyse de Hisinger, que c'était du carbonate de lanthane , dans lequel il y aurait 75,7 d'oxyde de lanthane au lieu de cérium. Sa formule serait La^C + 3S. Haidinger a, par suite, désigné ce minéral sous le nom de lanlhanite.

oéBXUm PH08PBAT*.

Edwardsite Shépard *; Éremite.

La forme primitive du cérium phosphaté est un prisme rhomboïdal oblique sous l'angle de 95^, fig. 1, pi. 53; sa base est inclinée de 100 degrés environ sur les faces verticales. Les cristaux portent toujours des modifications et se présentent sous deux formes d'apparence assez différente ; l'une, fig. % est la forme primitive aplatie par des faces g* placées tangentielle* ment sur les petites diagonales. L'angle de M sur 9 ^ est de 137« 50'. L'autre, fig. 3, est la même variété, mais surmontée d'un pointement à quatre faces placé sur les arêtes de la base : dans ces cristaux, les faces 9* sont fort petites, ils ont alors quelque analogie avec le zircon, et M. Shépard, qui a fait connaître cette substance, annonce que pendant quelque temps il a regardé le cérium phosphaté comme un zircon. Sa couleur d'un rouge hyacinthe et son éclat vitreux complé-

' SUUman, American Journal, t. XXXII; p. 162.

GËRIUM PHOSPHATÉ. 505

talent l'analogie ; mais la dureté beaucoup moindre, représentée par le nombre 4, 5, lui a révélé que cette substance était nouvelle. Sa pesanteur spécifique est 4,2 à 4,6.

Le cérium phosphaté possède un clivage suivant la base, et un second plus faible que le premier parallèlement à la modification g *. La poussière donnée par la raclure est grise. Exposé au chalumeau en fragments minces, il perd sa couleur rouge, devient d'un gris perle avec une teinte de jaune, et fond avec une grande difficulté sur les bords, en un verre transparent. Avec le borax, il devient blanc, se dissout lentement dans ce réactif, et forme un globule d'un jaune verdâtre, qui perd sa couleur par le refroidissement. En poudre, il se dissout lentement dans l'eau régale.

Les cristaux de cérium phosphaté atteignent rarement un pouce de long; les faces verticales sont assez fortement striées par le clivage parallèle aux faces 9 ^ . .

Ce minéral a été trouvé dans les beaux escarpements de gneiss qui bordent le Yantic dans le Gonnecticut. Il est associé avec la bucholzite, qui est fort abondante dans cette localité. M. Shépard Ta nommé edwardsite, en l'honneur du gouverneur du Gonnecticut, qui s'intéresse vivement aux sciences.

L'analyse du cérium phosphaté , faite par M. Shépard, a donné les éléments suivants :

Protoxyde decériam... 56,53 8,40 1.

Acide phosphorique. .. . 26,66 14,94 8.

Zircon 7,77

Alamine 4.44

Silice 3.53

Protoxyde de fer une trace.

Les proportions entre l'oxyde de cérium et l'acide phosphorique correspondent à peu près à un atome sur deux, ce que l'on exprime par la formule Ce. P^.

cryptolilha.— Photphocérlte. — On a décrit récemment deux phosphates de cérium sous ces noms ; on n'en possède p^ d'échantillons isolés. Disséminées en parties impalpables

Sm GÊRIUII FHOBPHÀTÉ.

dans d'autres niinéraui, on ne possède que des éehaniilleiii microscopiques de ces deux espèces. Wôhler, qui les a fait connaître, a pu s'en procurer assez pour en déterminer la forme et pour les analyser.

La cryptolithe est associée à Tapatite verte et rouge d'Arendal, on l'en sépare en soumettant Tapatite à l'action de Tacide azotique étendu ; elle constitue 2 ou 3 pour 100 de la masse ; elle y est associée à du fer magnétique , à de la hornblende et un autre minéral de cérium de couleur rouge hyacinthe que Ton suppose être de la monazite.

Ce minéral cristallise en prismes hexagonaux, aciculaires. Sa pesanteur spécifique est d'environ 4,6 ; sa couleur est jaune de vin : elle est transparente. Soluble dans l'acide sulfurique concentré , elle n'éprouve aucun effet d'une calcination modérée.

L'analyse de la cryptolithe a donné les proportions luivantes :

Protoxyde de cérium. . . 69«4.

Acide phosphorique. . . • 30,6.

Ce qui conduit è la formule te^Ph.

Lsiphosphocérite alsi même composition que la cryptoliiht, mais il parait qu'elle en diffère par la forme cristalline ; qui est un prisme droit à base carrée ; la phosphocérite est commt la cryptolithe en cristaux microscopiques. On l'obtient sous forme d'une poussière jaune grisâtre , en traitant les minerais de cobalt de Tunaberg par les acides. Ces cristaux sont des octaèdres et des prismes terminés par des pyramides à quatre faces placées sur les arêtes de la base.

Leur pesanteur spécifique est de 4,78; leur dureté, de 5,0 à 5,5. Incolore , ou couleur jaune de soufre ; l'éclat de la phosphocérite est vitreux, résineux, ou adamantin.

Au chalumeau, ce minéral fond partiellement en verre sur les bords, colorant en même temps la flamme en vert léger; il donne au borax et au sel de phosphore un bleu violet, pâle à chaud, cette couleur est peut*étre due à la présence du didymium ou à celle d'une faible proportion de eoball.

MONAOTE. K07

D'aprèsl'analyse de Watb, la phosphocérite aérait composée de:

Protoxyde de cérium, lantbanum, didymium. *.,,. 67,38.

Acide phospborique 29.66.

Oxyde de fer «,©6.

L'oxyde de fer, et la petite quantité de cobalt qu'on y a découvert, sont probablement à Tétat de mélange. On a donc

la formula {C#,L,D)»*^h.

Mengite de M. Brooke.

Ce nom a été donné par M. Breithaupt à un minéral trouvé l^ès de Zlatoust, dans les monts Ourals. Sa cristallisation, étudiée successivement par M. Breithaupt, M. de Brooke et M. Gustave Rose, l'a été récemment par M. Descloizeaux ; de très-beaux cristaux, appartenant à M. Adam, ont permis à ce savant minéralogiste de mesurer les angles de la monazite avec beaucoup d'exactitude. Nous empruntons, en conséquence, la description des cristaux de cette substance au Mé* moire de M. Descloizeaux*.

Leur forme primitive est un prisme rhomboldal oblique de Wf" Wyfig.A, pi. 53, dont la base fait avec les faces latérales un angle de 100^ 25' 13". Le rapport entre Tun des e6tés delà base et la hauteur est à peu près comme les nombres 416 : 77.

Les cristaux ordinaires sont des prismes très-aplatis par une modification h', fig, 5, placée sur l'arête de devant, et terminés par un pointement à quatre faces résultant de trois modifications différentes a', o* et e'. Ils portent, en outre, des faces g^, parallèlement à l'autre plan diagonal. Les faces M sont très-petites, quelquefois même elles manquent sur certains cristaux, en sorte qu'on serait porté à les regarder comme des prismes rectangulaires obliques, forme qui précisément avait été adoptée par quelques auteurs. Des indices

' AfmaUs des minei , quatrième série , t. XI, p. 868.

508 MONAZrrE.

de clivage, que H. Breitbanpt annonce exister parallèlement aux pians diagonaux, donneraient raison à cette opinion si les faces n'existaient pas. Elles sont assez développées dans des cristaux de la collection de TEcole des Mines.

Angles prtnctpatu;.

P sur M = lOOo 25' 13'. M sur H = 92» SO".

P sur A* = 104* 30'. H sur A« == 130- W.

M sur g' = 133» 30'. g^ sur h' = 90».

a' sur h^ c= 1260. o* sur h» = 141* 5'.

o« sur 0* = 93» 25'. e« sur g* = 132» 9.

a» sur «* = tl7«. «• sur o« = 126» S7'.

Les cristaux de monazite ont ordinairement 2 à 3 lignes de long. Leur couleur est le rouge brun, le rouge hyacinthe, le brun rouge. Les facettes sont mates. La cassure, indistinctement lamelleuse dans le sens de la longueur, est inégale en travers. Elle a un éclat gras, faible et un peu nacré, légèrement translucide sur les bords. La dureté de la monazite, représentée par le nombre 5,5, est comprise entre celle de Tapatite et du feldspath. Sa pesanteur spécifique est, d'après M. Breithaupt, 4,922 à 5,019.

Seule au chalumeau, la monazite est infusible. Elle se dissout dans le borax et le sel de phosphore en un verre opaque; rouge jaunâtre à chaud, qui devient incolore lorsqu'il est complètement refroidi. L'acide hydrochlorique l'attaque avec dégagement de chlore; il se forme une dissolution jaune, et il se dépose un résidu insoluble.

Des analyses de Eersten et de Hermann ont donné :

Kenleo. Hermann'

Adde phosphorique 28,50 28,05 30^.

Peroxyde de cérium 26,00 40,12 40,1.

Oxyde de lanthane 23,40 27^1 S9,i.

Thorlne 47,95 »

Oxyde d'éUin 2,10 1,75

Protoxyde de manganèse . . 1 ,86 »

Chaux 1,68 1,46

Acide titaniqae et potasse, une trace. Magnésie. . 0,80

I Jùumai d^Srdmamy octobre 1844, p. 92.

CÉRIUM FLUATÉ. 809

Cette composition place lamonazite dans les phosphates de cérium. Elle est très-remarquable par la forte proportion d'oxyde de lanthane. Hermann n'a point retrouvé de thorine. Son analyse mène à la formule :

La composition atomique que Ton en déduit est presque identique avec les résultats de la seconde analyse.

La monazite se trouve dans une gangue de feldspath à gros grains d'albite d'un blanc jaunâtre. Elle a été découverte par Menge, qui Favait considérée comme une variété de zircon.

OÉaZUM FI.IIATÉ.

Floate neutre de cériam; Fluocérine; Flaocérite (Heid. ); Flucérine (Beudant).

Cette substance, recueillie par M. Berzélius dans Talbite, à Fimbo et à Brodbo, près Fahlun en Suède, se trouve en cristaux et en masses amorphes.

Les cristaux sont, d'après la description donnée par M. Berzélius, des prismes à six faces réguliers très-courts, dont les angles sont quelquefois remplacés par des faces. Leur couleur est un rouge jaunâtre analogue à celle du zircon. Leur dureté est 4, et leur pesanteur spécifique est de 4,7.

Lorsque cette substance est amorphe, elle forme des nodules imparfaits, de petites masses irrégulières disséminées dans Taibite, tantôt jaune rougeâtre, tantôt jaune verdâtre. L'éclat et la cassure de cette variété la rapprochent du soufre avec lequel sa couleur lui donne également de l'analogie.

Le cérium fluaté raye la chaux carbonatée ; seul , au chalumeau , il ne fond pas, mais sa couleur change et devient brune; avec le borax et le sel de phosphore, il donne un globule rouge ou orange, qui pâlit en se refroidissant. Attaquable par les acides; sa solution, traitée par l'ammoniaque, produit un précipité qui devient brun par la calcination, mais

MO CËRIUM HTDRO.FLUATÉ«

qui forme avec le borax un verre rouge à chaud| et jaune à froid.

La composition de ce minéral est, d'après M. Benélius :

Peroxyde de cérium 82,64

Acide fluorique 16,24 ^ 100.

Yttria

En transformant cette analyse dans la théorie du flaor, on a:

Ripp. ttom.

Fluor 35,58 0,3.

Cérium 65,53 0,1.

éléments qui donnent pour la formule du cérium fluaté

célLXnM HTDRO-ri.UAT .

Cénum Ûuatéavec excès de base; Cérium fluaté basique; Basicériae (BeodanO-

Ce minéral n'est connu qu à Tétat compacte ; il forme de petites masses associées avec le quartz et l'albite de Fimbo; sa cassure, un peu grenue; est inégale ; sa couleur jaune le rapproche du cérium fluaté avec lequel il se confond par la plupart de ses caractères. En effet, il produit les mêmes réactions par les acides et avec le chalumeau. Son caractère saillant est de donner une certaine proportion d'eau quand on le calcine dans un tube.

Sa composition, d'après Tanalyse de M. Berzélius, est :

Acide fluorique 10,85 \

Peroxyde de cérium.. 84,20 [ 100.00.

Eau 4,95 )

laquelle, transformée dans la théorie du fluor, devient :

Rapp. atoBB.

Fluor 28.28 0,21 6.

Cérium 66,77 0,12 3.

Si on considère Teau comme essentielle, on a pour la tor^ mule de ce minéral 3CeF*-f-Aqf.

ALLAMITB. m

Ce minéral et I0 précédent sont fort rares, et je n'ai eu Toccaeion d'en étudier que des échantillons très-imparfaits :

M. Berzélius a analyse un cérium hydro-fluaté de Bastnaès, qui ne difiere du précédent que par la quantité d'eau ; il l'a trouvé composé de :

Rapp.

Flaor S6,67 0,326 2.

Cérium 60,03 0,104 1.

Eaû 15,50 0,12P 1.

Ce qui donnerait CéF^+kq.

M. Hisinger a donné plus récemment une analyse de ce minéral, de laquelle il résulte qu'il serait composé de :

Fluorures cérique et lanthanique 50,15

Oxydes.eérique et lanthanique 36,43

Ban 13,41

La formule qu il adopte est (Ce, L) F2+(C^,L)"0'+4H\0.

Le minéral de Bastnaès est compacte, d'un jaune de cire clair, à cassure inégale ; son éclat est vitreux et sa dureté est analogue à celle de la chaux fluatée. Ces différents caractères identifient le minéral de Rastnaèsà Thydro-fluate de Fimbo; il en diffère seulement par sa plus grande proportion d'eau.

Cette substance est une combinaison de silice et de proloxyde de cérium : sa place est donc avec les silicates. Toutefois, j'ai cru devoir faire une exception pour lallanite et pour les autres silicates de cérium, les caractères généraux qu'ils présentent étant dus à la base qu'ils renferment; d'un autre côté, on ne saurait quel rang leur assigner dans la série des substances pierreuses.

L'allanite est cristallisée. M. Thomson décrit un très-beau cristal, fig. l,pl. 53, qui est déposé dans le Musée de la Compagnie des Indes orientales ; il provient de Tlndoustan, mais on n'en connaît pas exactement la localité. Il résulte del'exa-

SIS r^U^^^^TE.

men de ce cristal que la forme primitive de l'allanite est un prisme oblique non symétrique, fig. 1, dont les angles sont :

M 8UP T = 145P. P sur M = 135» 4»'. P sur T = 12e«> 17'.

La forme du cristal qui a servi à cette détermination est assez compliquée. II porte une facette b^ sur l'arête B, une autre d sur larête opposée. Les angles de ces deux facettes étai)t différent^, il en résulte nécessairement que le prisme est oblique. Sur cette même arête, il existe une face d' dont la symétrique ne se retrouve pas dans le cristal : la présence de cette face établit que non-seulement le prisme est oblique, mais qu'il n'est pas rhomboïdal. Une face unique e confirme cette conclusion, en nous apprenant que les angles solides de la base sont tous d'un ordre différent. Enfin, le cristal d'allanite de la Compagnie des Indes est fortement aplati par une grande face fc* qui remplace Tarête verticale placée sur le devant. Les angles sont, d'après M. Haidinger :

p sur h*

T sur h'

M sur T

ZZl

6» sur h*

P sur 6»

d' sur V

P sur d'

g* sur e

P sur d»

d» sur d*

laeo 30^.

On observe de faibles traces de clivage parallèlement à la face T et à la modification h^.

La cassure de l'allanite est imparfaitement conchoîde. Ses cristaux sont mats à l'extérieur; leur éclat, résineux dans la cassure, est demi-métallique à leur surface. Opaque, elle est légèrement translucide sur les bords. Sa couleur est le noir, le brun noirâtre ou vert noirâtre foncé; la première est la plus babituelle. Sa poussière est d'un vert grisâtre. Sa dureté est représentée par le nombre 6; raye le verre facilement. Sa pesanteur spécifique varie , suivant sa pureté, de 3,2 à 3,39. Elle se fond difficilement au chalumeau en une scorie noire, et forme gelée avec l'acide nitrique.

La composition de Tallanite laisse encore quelque incerti* tude sous le rapport des proportions.

GËRITE. 5i5

. Attinite dn Groentand, parThomion.

Oxrr.

Silice : 55,4

Âlninine 4,1

Protoxjde de cérium .... 31,48

— defer 22,80

— de magnésie.. »

Chaux 9,2

Eao etperte. 3,98

La première analyse donne une formule assez simple :

Outre ces deux analyses, j'en citerai une de M, WoUaston sur de Tallanite du pays de Mysore, dans Ifiquelle Toxyde de cérium est beaucoup moins abondant ; elle lui a donné :

Silice 34,00 17,66 9.

Alumine 9 4,20 2.

Protoxyde de cérium . . . 19,80 2,90 ) g

— de fer 32,00 7,28)

L'allanite appartient aux terrains anciens.

Gérioe; Cérite; Cérium oxydé silicifère rouge; Ochrcflte; Ferricalcite; Cécérite (Beudant).

La cérite est ordinairement en masse amorphe d'un violet brunâtre passant au rouge brunâtre. Sa cassure granulaire inégale possède un éclat gras, ayant cependant une certaine vivacité.

Sa dureté 5,5, est supérieure à celle de la chaux phosphatée; elle raye difficilement le verre, et elle est rayée par le feldspath.

Sa pesanteur spécifique est 4,912. La poussière de la raclure est blanche.

La cérite donne de Teau par la calcination ; elle est infusible au chalumeau, et forme avec le borax un globule d'un jaune orange.

B)4 GËRtMB.

Cette substance est composée, d'après H. Hisinger :

Oxyg.

Stllce. 48,00 9,35 1.

Oxyde de cérium... 68,59 10,16 1.

Oxyde de fer » . . 2,00 0,45

Chtux 1,25 0,35

Eau 9,60 8,53 1.

Eléments qui conduisent à peu près à la formule de CeSi +Aq. La quantité d'eau est un peu faible, mais dans une analyse de Vauquelin elle s'élève jusqu'à 12 pour 100, en sorte qu'on peut admettre une légère perte de ce liquide.

La cérite se trouve dans les mines de cuivre de Nya-Baslnaès, près Riddarhyttan en Suède; elle est accompagnée d'amphibole verte fibreuse*

On pourrait peut-être confondre le corindon granulaire d'un brun rougeâtre avec la cérite ; la facilité avec laquelle ce dernier minéral raye le quartz lève bientôt Tincertitude.

Gérium oxydé siliceux noir; Gérérine ; Cérérite.

On rapporte assez généralement à l'allanite une substance d'un brun noirâtre qui accompagne la cérite à Riddarhj^tan. Ses caractères extérieurs offrent, en effet, beaucoup d'analogie avec ceux de Tallanite ; M. Boudant l'en a séparée par l'examen de sa composition , qui est très-différente; M. Lévy a confirmé l'opinion de M. Beudant par l'observation de masses cristallines qui, bien qu'imparfaites, paraissent se rapporter à un prisme hexaèdre régulier. La composition de cette substance et de l'allanite a été également cause d'erreurs dans les indications qui ont été données sur le système cristallin de ce dernier minéral.

La cérine est d'un noir brunâtre, quelquefois complètement noire ; elle est opaque ; son éclat vitreux et résineux tire un peu sur le demi-métallique; sa pesanteur spécifique, 4,173, est supérieure à celle de l'allanite. Elle ne donne pas d*eau

TSCffiEWlLINITE. 5iSS

par calcination ; fond aisément au chalumeau ateo boursouflement en un globule noir éclatant; se dissout facilement dans le borax; il en résulte un verre noir et opaque, qui, exposé à la flamme extérieure , devient rouge sanguin, et garde cette couleur tant qu'il est chaud; il passe au jaun^ plus ou moins sombre par le refiroidissement. Attaquable par digestion dans les acides.

M. Hisinger a trouvé pour la composition de lacétinè:

Oxyg.

silice 80,17 15,67 3.

Âlumioe 11»31 5,28 1.

Oxyde de cériom 28,19 4,17 \

Oxyde de fer 20,72 4,71 S 2.

Chaux 9,12 2,56 )

Oxyde de caiyre 0,89

Matière Tolatile 0,iO

La relation atomique qui résulte de cette composition est 2;((7e, f) Si+AlSi.

TSOBB

M. Gustave flosé * a décrit sous ce nom un minéral amorphe à cassure conchoïde, d'un noir brunâtre foncé, composé essentiellement de silice, d'oxyde de cérium, de lanthane, de didyme et d'oxyde de fer, qui possède une certaine analogie avec le précédent. Toutefois, la présence du lanthane et du didyme le difiérencie sous le rapport chimique, et doit faire admettre cette espèce jusqu'à preuve contraire.

La tschewkinite, presque complètement opaque, est seulement translucide sur les bords aigus des écailles minces; elle paraît alors colorée en brun. Elle possède un éclat vitreux passant à l'éclat résineux ; sa poussière est d'un brun sombre ; sa dureté, peu supérieure à celle de l'apatite, est de 5,3; sa pesanteur spécifique a été trouvée de 4,508 à 4,549.

Au chalumeau, la première impression du feu fait rougir

i AimakB da Poggmdorffy t. XLVUI, p. 551.

516 TSGHEWKÏNITE.

le minéral, qui se gonfle d'une manière remarquable, devient brun et finit par fondre en une boule noire. Dans le matras, il se gonfle également et donne une petite quantité d'eau. Dans le borax, la poudre se dissout assez facilement en un verre légèrement coloré par le fer. Quand on a mis très-peu de minéral, le verre reste complètement transparent.

La poudre se dissout dans lacide hydrocblorique chauffé, avec dépôt de silice, en une liqueur d'un vert jaunâtre, qui fait gelée au bout d*un certain temps. Si on traite la liqueur filtrée par Tacide tartrique et qu'on la sature par Tammoniaque, rhydrosulfate d'ammoniaque y fait alors un précipité de sulfure de fer qui montre qu'environ 1/10 du minéral consiste en oxyde de fer. Si on évapore la dissolution filtrée et qu'on fasse rougir le résidu, on peut, au moyen de l'acide nitrique très-étendu, séparer de l'oxyde de lanthane titanifère et une petite quantité de chaux. La partie non dissoute consiste presque entièrement en oxyde de cérium.

Les essais que nous venons de rapporter d'après le mémoire de M. Gustave Rose établissent la nature des éléments de la tschewkinite; l'analyse suivante^, due à M. H. Rose, en fait connaître la composition :

SUiee 21,04\

Chaux 5,50]

Magnésie 0.221

Oxyde manganeax 0,83 f

Soude et potasse 0,12 ) 104^38.

Oxydes de cérium de lanthane et de didyme. . . 47,29 1

Oxyde ferreux 11,21 i

Acide titanique 20,17^

Ce minéral, qui emprunte son nom au général Tschewkin, major-génèral du corps des mines de Russie, provient des environs de Miask et de Slatoust, où il existe dans du granité.

• Annaka de Poggendor/T^ t. LXII^ p. 505.

ORTHITE. . 8i7

Ce minéral se trouve à Fimbo en Suède; il y forme des baguettes minces engagées dans du feldspath laminaire. Le nom d'orthite fait allusion à la disposition de ses baguettes; il est noir ou d*un brun noirâtre; son éclat est vitreux et résineux; sa cassure conchoïde; sa poussière est grise tirant sur le brun. Sa dureté est 6,5, et sa pesanteur spécifique 3,15 à 3,280.

Au chalumeau, l'orthite se fond en se boursouflant en un globule noirâtre; avec le borax, elle produit un verre transparent ; elle se prend en gelée dans les acides et donne les réactions du cérium.

Les analyses de Torthite ont été faites par M. Berzélius* ; les éléments qu'il a reconnus sont très-nombreux, et les relations atomiques sont tellement compliquées, qu'il est difficile d'indiquer les mélanges, et, par suite , la véritable composition de ce minéral ; j'en donne les résultats avec ceux de la pyrorthite.

Cette description,.faite sur de beaux échantillons de la collection deFEcole des Mines, est incomplète si des échantillons récemment acquis de M. Sœmann par le Muséum d'histoire naturelle appartiennent bien à cette espèce. Ils proviennent de Hitteroë en Suède. Ils offrent de beaux cristaux en prismes rhomboîdaux droits, non terminés, de deux pouces de long, sur un dans le sens de la plus grande diagonale. J ai trouvé Tangle de ces prismes de 112® 30'; ils portent, en outre, de trèspetites faces g* et g^. L'angle de M sur g* = 118 ; il devrait être de 123® 45' si le prisme était symétrique. D'après leur disposition générale, ces cristaux, sauf la couleur , ressembleraient à de la staurotide. La surface des cristaux- est d'un brun foncé; leur cassure nacrée est luisante et résineuse. Leur pesanteur spécifique = 3,13. Ils contiennent, pour la plupart, des petits cristaux de zircon, disséminés dans leur

« AfhandUngar i FyHk, Kern och miniralogi, i. V, p. 32,

Ki8 ORTHITE.

masse. D'après leur forme, ces cristaux ont de l'analogie avec de Tallanite, et si l'analyse confirme leur association à Torthite, peut-être faudrait-il réunir cette espèce à Tallanite. L'orthite bacillaire n'en serait alors qu'une simple variété.

pyrorthite. — Ce minéral a beaucoup d'analogie avec le précédent; il forme également des baguettes prismatiques d'un brun noirâtre, quelquefois même noires, intercalées dans du feldspath et du quartz. Il est moins dur; la chaux carbonatée le raye facilement ; sa pesanteur spécifique, également plus faible, est de 2,19. Sa cassure est inégale, conchoïde; son éclat est résineux. Au chalumeau, il prend feu; abandonné ensuite à lui-même, il continue à brûler sans flamme ni fumée ; puis il devient blanc, et fond en émail noir. Attaquable parles acides, sa solution donne les réactions du cérium.

La singulière propriété de brûler au feu, jointe à sa dispotion bacillaire, a valu à ce minéral le nom de pyrorthite. U doit cette propriété à la présence d'une grande quantité de charbon, ainsi qu'il résulte de l'analyse suivante, due à M. Berzélius* :

Pyrorthile. Orthile.

Saice 10,43 \ 556,25 53,18*

▲lamine 3,59 J ***^ **»^^

Chaux 1.811 *»^ ''•^

Protoxyde de cérium 43,92 I *'»^^ ^>^*

— de fer 6,08 ) 100,00 . **>^2 **»f^

— de manganësQ. 1,30 / *'^ ^'^

Tttria,...: 4,87 i 3.80 2,87

Eau et matière volatile. . . 26,30 1 ^^'^^ ^J^

Carbone et perte 31,41 j 97 81 99 434

La composition de la pyrorthite se traduit difficilement en formule ; la silice, Toxyde de cérium, Teau et le carbone en sont les éléments essentiels. Il se pourrait cependant que le carbone n'appartint pas au minéral même, et, dans ce cas, la pyrorthite pourrait être considérée comme de la cérite mélangée de beaucoup de matières étrangères.

^ AfhandUngar, t. V, p. 40.

ORTHITB. Si 9

Vorthite et la pyrortkite^ trouvées dans une seule localité, ne me paraissent pas devoir être séparées ; peut-être même ne possèdent-elles pas les conditions nécessaires pour être classées au rang des espèces ; la cristallisation n'existe pas, et une seule analyse a indiqué leur nature, du reste très-compliquée. On doit donc, pour le moment, signaler ces minéraux à la suite des silicates de cérium, comme un appendice.

uralorthite. — Le peu de caractères que présentent les silico-aluminates de cérium non cristallisés a été cause que l'on a décrit sous des noms particuliers plusieurs de ces combinaisons. Je n'ai pas eu Toccasion de les examiner, et ne saurait indiquer d'une manière précise à quelle espèce il faut les associer; la plupart cependant me paraissent, d'après les proportions entre la silice, l'alumine et le cérium, devoir être classées avec l'orthite. Je les placerai donc en appendice à la suite de cette espèce, en indiquant les caractères spéciaux qui ont été donnés comme appartenant à ces variétés d'orthite.

La pesanteur spécifique de VuralortUte est de 3,41 à 3,60. Sa couleur est d'un brun foncé passant au noir; son éclat est résineux et luisant; elle provient des monts llmen dans TOural. Dana admet que cette variété d'ortbite est le minéral décrit par G. Rose, sous le nom de tschewkinite, mais la composition de l'ortbite de l'Oural est plus rapprochée de celle de Torthite que de la composition de ce dernier minéral. Celle-ci ne contient pas d'alumine et est beaucoup plus riche en cérium. Rammelsberg admet que la composition de l'uralorthite est représentée par la formule : R^Si + RS» + 1/2 H.

Baffrationite. — Ce nom parait, d'après Kokscharow, avoir été donné au même minéral que celui que nous venons de décrire. U est effectivement indiqué comme provenant de la même localité que Puralorthite; ce savant ajoute que les angles qu'il présente seraient les mêmes que ceux de l'orthite, dont on vient de faire connaître un échantillon mensurable. Sa pesanteur spécifique a été trouvée, par Kokscbarow» àe

520 ORTHITE.

4yll5,notablementsupérieure à celle de Turalorthite, nuLÎB la même que celle de la cérme ; en sorte que la bagrationite serait peut-être mieux placée à la suite de cette espèce, qui est effectivement quelquefois cristalline.

xanthortbite. — Bolir annonce que ce minéral est d*un brun jaunâtre et que sa pesanteur spécifique est seulement de 2,78 à 2,9, caractère en rapport avec Tassez forte proportion d'eau qu'il contient.

Uralorthite S Ba^ntionite \ Xanthorthite ',

par llemutoii. pwBeck. parBobr.

Sttice 35,49 30,50 5S7,59.

Alnmine 18,21 11,25 16,14.

Cbaax 9^25 9,87 2^.

Protoxyde decérinm. .. 10,85 24,90 11,75.

— de fer....... 13,05 22,27 16,01.

— de manganèse 2,37 v 1,55.

Lanthane 6,54 » Tttria 2,12.

Ean 2,00 » 11,46.

AnaloiriM. — La cérite est le seul minéral de cérium un peu abondant ; c'est le seul aussi qui présente par sa couleur violette un caractère de reconnaissance immédiat ; Vallamte, la cérine^ la tschewkinite sont, au contraire, faciles à confondre entre elles , ainsi qu'avec les espèces suivantes : gadolinUe^ orthite^ pyrorthite, yttrotantalite et thorite. Ces analogies m'engagent à présenter, dans un court résumé, les essais qui fournissent les moyens de reconnaissance les plus prononcés entre ces différentes espèces.

Cérine^ dureté=6; pesanteur spécifique =4,173; brun noir&tre; poussière grise; fusible au chalumeau avec boursouflement.

Allanite^ dureté = 6 ; pesanteur spécifique 3,2 à 3,7 ; brun

' Journal fur prctf. c*., t. XLIII, p. iOiS. « MinêreUogy of Nw)'York, p. 441 .

» Afvirs. Af. k., t. V, p. 86, 1845.

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