DEUXIÈME PARTIE.— DES DEVOIRS
lairer son amour-propre, afin qu'il nous excite à la vertu: en cond lieu, qu'il ne faut jamais suivre uniquement le mouveenl de Tamour-propre ; en troisième lieu, qu'en suivant l'ore inviolablement, on travaille solidement à contenter son (lour-propre ; en un mot, que Dieu seul étant la cause de nos aisirs, nous devons nous soumettre à sa loi et travailler à )ire perfection, laissant à sa justice et à sa bonté de propor- )nner notre bonheur à nos mérites et à ceux de Jésus-Cbrist, i qui les nôtres sont dignes d'une récompense infinie. Vil. J'ai expliqué dans la première partie de ce traité les rinclpales choses qui sont nécessaires pour travailler à sa perction ou pour acquérir et conserver l'amour habituel et dolinant de l'ordre immuable, en quoi consistent nos devoirs à otre égard. Les voici en général.
VIII. Il faut s'accoutumer au travail de l'attention et acquér par là quelque force d'esprit. |1 ne faut consentir qu'à l'évi- 'Uce et conserver ainsi la liberté de son esprit. Il faut étudier Qs cesse l'homme en général et soi-même en particulier, pour connaître parfaitement. 11 faut méditer jour et nuit la loi diûe, pour la suivre exactement. Qu'on se compare à l'ordre ur s'humilier et se mépriser. Qu'on se souvienne de la juse divine pour la craindre et se réveiller. Qu'on pense à son ^diateur pour l'invoquer et se consoler. Regardons Jésusirist comme notre modèle : avouons Jésus-Christ comme notre uveur : suivons Jésus-Christ comme notre force, notre sagesse, principe de notre félicité éternelle. Le monde nous séduit par s sens : il nous trouble Tesprit par notre imagination : il us entraîne et nous précipite dans les derniers malheurs par s passions. Il faut rompre le commerce dangereux que nous ons avec lui par notre corps, si nous voulons augmenter l'uc>n que nous avons avec Dieu par la Rainon. Car œs deux lions de l'esprit à Dieu, de l'esprit au corpi), sont incrjmpati- -s. On ne peut s'unir parfaitement k Dieu, nim abandonner ^ intérèisdu corps, sans le mépriser, Kan» le ^acriller, «an» le -rdre.
iX. Ce n'est pas qu'il soit permis de m donner la mort, ni ême de ruiner sa santé. Car noire mr{H n'e»t pa» A nou« : est à Dieu, il est à l'Eut, à noim famille, k m% ami». Nou» îvons le conserver dan» «a Urm et i\m% %% vigueur, «elon Tuge que nous ^mm(t^ obligé» d'en hin*.. Mal» non» «e devon» ^ le conserver contre Tordre d« Uit>M et aux dép^m» de» autre»
hommes. 11 faut Tes poser pour le bien de rËtat,etne point craindre de rafTaibl:r, de le ruiner, de le détruire, pour exécuter les ordres de Dieu. C'est la même chose de notre honneur et de nos biens. Tout fsl à Dieu et à la charité, et doit être conservé, emplo>é, sacriliérn l'honneur et par dépendance de la loi divine, 1 Ordre immuable et nécessaire. Je n'entre point dans le détail de tout aci, parce que je n'ai prétendu exposer que les principes généraux sur lesquels chacun est obligé de régler sa conduite pour ai river heureusement au lieu véritable de son repos et de ses plaisirs *.
1. Il est clair que ces derniers mois doivent être entendus dans nn sens élevé et '« spirituel. •»