DEUXIÈME PARTIE.— DES DEVOIRS
qui llatlo irautanl plus leur amour-propre éclairé, qu'elle surpasse iiiliniinonl la jirandeur de leurs services?
XII. il n"y a point d'aniis désintéressés ; ceux-là seuls peuvent passer pour tels, (jui n'atiendeiit point de nous leur récompense. Ceux-là donc peuvent seuls être véritablement nos amis, qui ne souhaitent rien dans ce monde qui se renverse. Ceux-là seuls sont nos bons amis, nos amis sincères, fidèles, salutaires, (|ui nous rendent service parce que la Raison et la charité l'ordonnent, et n'espèreni que de Dieu seul des biens capables de llatler leur amour-propre, amour-propre seul éclairé, généreux et légitime. Faisons donc choix de semblables amis ; et pour nos amitiés déjà faites, tâchons de les assurer dans l'immutabiliié de la Raison, et de les sanctifier dans la sainteté de la religion. Ne nous rendons aimables nousmêmes que pour faire aimer la loi divine, et regardons le salut de nos frères comme la récompense des services que nous leur rendons. Cette récompense sera bientôt suivie d'une autre : et notre gloire d'avoir travaillé sous Jésus-Christ à la construction de son ouvrage, subsistera éternellement. Le commerce du monde ne doit tendre qu'à établir en Jésus-Christ une société éternelle. Nous ne devons converser avec les hommes que pour travailler à leur sanctification et qu'ils travaillent à la notre. Certainement Dieu ne nous a mis au monde que dans ce dessein. Heureux, mille fois plus heureux qu'on ne peut s'imaginer, si entrant dans ce juste dessein de notre maître commun, nous nous rendons dignes, par Jésus-Christ notre précurseur, d'entrer dans son repos, et de jouir pour jamais de sa gloire ' et de ses plaisirs !
1. C'est-à-dire de ses perfcctions, manifestées par toutes ses œuvres et tous ses actes.