Var. Ou cesser
cesse en nous. C'est une lui éeriie en caractères ineffaçables. C'est le Verbe Divin, objet naturel et nécessaire de toutes les pensées et de tous les mouvements des esprits '. On peut commencer ou cesser d'aimer une créature, car l'homme n'est pas fait pour elles. Mais on ne peut entièrement renoncer à la Raison, on ne peut cesser d'aimer l'Ordre; car l'homme est fait pour vivre de raison, pour vivre selon l'Ordre. Ainsi l'amour de l'Ordre règne naturellement partout oii l'amour-propre ne lui est point contraire. Il règne môme souvent quoi(|ue l'amour-propre ou la concupiscence lui résiste, je ne dis pas seulement dans les .Justes, dans ceux où il règne ^ absolument, mais même dans les méchants, oii l'amour-propre est souverain. Car la beauté de la justice touche souvent les injustes mêmes, de manière que l'amour-propre trouve son compte à se conformer à l'Ordre ^
XV. Certainement l'homme ne voit que parce que Dieu l'éclairé ; il ne veut que parce que Dieu l'anime ou le fait aimer*. Or Dieu n'éclaire que par son Verbe, il n'anime * que par l'amour qu'il se porte à lui-même. Car Dieu ne peut pas éclairer l'homme par une fausse raison, ni lui imprimer un amour contraire au sien. Toute la lumière vient donc du Verbe, tout le mouvement vient donc de l'Esprit saint; puisque enfin Dieu seul agit, et qu'il n'agit que par la sagesse qui l'éclairé et par l'amour qu'il se porte à lui-même. Donc, tant (lue l'homme pensera, tant qu'il aimera, il ne sera point séparé de la Raison, il ne sera point sans amour pour l'Ordre ''. Car, pour tomber dans l'erreur, il faut mal user de la Raison, mais il en faut user; puisque celui qui ne voit rien ne peut juger de rien, no peut tomber dans l'erreur. De même pour aimer le mal, il faut aimer le bien : car on ne peut aimer le mal, (|ue parce qu'on le regarde comme un bien, que par l'impression naturelle qu'on
1. Vnr. C'est In Verbe, objet naturel de tous les nidiv. o:nen(s dos cs[)rits. (1684.)