‹ Traité de moraleChapitre 55 sur 233 · Ch. III. Ild · texte numérisé non relu

Ch. III. Ild

7. Cette phrase est un des nombreux exemples de la confusion de l'amour et de la volonté dans Malebranche.

tion réciproque de la grandeur de ces deux amours habituels et de leur mouvement actuel, l'amour pour l'Ordre surmontera l'amour-propre, si dans ce moment on se détermine à agir.

IX. 'On conduit par exemple un innocent au supplice. L'Ordre le défend, un païen le sait, et peut en disant une parole empêcher ce désordre. La mort ou la vie de cet homme ne touche point à son amour-propre, je le suppose. Certainement il empêchera, ou du moins il aura assez de force et de raison pour parler et empêcher ce désordre. Pour moi je ne doute nullement qu'il ne l'empêchât dans la supposition telle que je la fais, car naturellement tous les hommes aiment l'Ordre; et ils y sont tellement unis, qu'on ne peut blesser l'Ordre sans les offenser eux-mêmes en quelque manière ^. Les mêmes choses supposées, quoique cet homme soit avare, si sa passion est un peu endormie, ou quoique excitée, si on ne lui demande qu'un sou par exemple pour délivrer cet homme de la mort, certainement il fera, ou du moins il pourra faire une action opposée à son amour-propre; parce qu'effectivement elle lui est peu opposée, et que l'ordre qu'il est disposé naturellement à aimer serait extrêmement blessé, s'il ne faisait pas ce petit sacrifice.

X. Or ces actions sont bonnes, parce qu'elles sont conformes à l'Ordre; et elles sont méritoires, parce qu'elles sont accompagnées du sacrifice qu'on fait de l'amour-propre à l'amour de l'Ordre. Mais ces actions ne sont point méritoires des vraisbiens, ni de rien qui conduise à leur possession : parcequ'outre qu'elles ne sont que de légers sacrifices, elles procèdent '' d'un cœur corrompu, d'un cœur où. l'amour-propre aveugle et déréglé * est absolument le maître ^.

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