‹ Traité de moraleChapitre 89 sur 233 · PREMIÈRE PARTIE.— DE LA VERTU · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE.— DE LA VERTU

que toujours iiiiiiiiuMiiciii imirc rnuti'. Je crois avoir prouvé suflisntiiuicnt ces vérités.

II. Mais lors{|ue la foi n'est point ass(7. vive, ni respérance assez ferme pour nous faire résoudre à sacrifier une passion, qui s'est rendue tellement la maîtresse de notre cieur, qu'elle corrompt à tous moments notre esprit en sa faveur ; tout ce que nous devons, et pouvons peut-être faire alors, c'est de chercher dans la crainte de l'enfer • ce que nous ne trouvons point dans l'espérance d'une félicité éternelle. C'est de prier avec ardeur, dans le mouvement que cette crainte inspire, le Sauveur des pécheurs, qu'il augmente notre foi et notre conliance en lui, sans cesser de méditer sur les vérités de la Religion et de la Morale, et sur la vanité des biens (|ui passent : car sans cela on ne pense pas même à ses misères, ni à invoquer son Libérateur. Enfin lorsque nous sentons en nous assez de force pour former actuellement la résolution de sacrifier nos passions à l'amour de l'ordre ; alors, quoique selon les principes que j'ai établis dans les chapitres précédents, nous puissions absolument par le secours de la <.;ràce, en réitérant de semblables actes, acquérir la charité ou l'amour habituel et dominant de l'Ordre immuable, il vaut mieux sans différer s'approcher des Sacrements, et venir, par ce mouvement actuel de l'amour de l'Ordre que le Saint-Esprit nous inspire, laver ses péchés par la pénitence. C'est assurément la voie la plus courte et la plus sûre de changer l'acte en habitude; l'acte, dis-je, qui passe et ne convertit point, en l'habitude qui demeure et qui nous justifie '. Car Dieu ne juge pas des âmes sur ce qui est en elles d'actuel et de passager, mais sur leurs dispositions habituelles et permanentes. Et par les Sacrements de la nouvelle loi, on reçoit la grâce justifiante, ou la charité habituelle ^ qui donne droit aux vrais biens et aux secours nécessaires pour les obtenir. Ce sont là des vérités que je dois maintenant expliquer par des principes certains, par l'évidence et par la foi *.

m. Je crois avoir démontré en plusieurs endroits^ et en

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