‹ Traité de moraleChapitre 91 sur 233 · PREMIÈRE PARTIE. —DE LA VERTU. 8ri · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. —DE LA VERTU. 8ri

tlans la '^rkve aussi bien qae dans la nature *. Ainsi il est certain par rEcriliire sainte, que Jésus-Christ comme homme, est la cause occasionnelle qui détermine par ses prières ou par ses désirs reflicace de la loi jjénérale, par laquelle Dieu veut sauver tous les hotnmes en son FilsetparsonP'ils. Car encore un coup, si persnnne ne vient au l'ère que par le Fils ; s'il est certain, ce q ue dit Jésus-Christ à ses Apôtres, d'une part, que c'est lui qui les a choisis, et de l'autre, que c'est son Père qui les lui a donnés : s'il est vrai en un mot que Jésus-Christ est le vrai Salomon, qui doit construire le Temple éternel dont nous sommes les pierres vivantes, on ne peut nier qu'il soit la cause occasionnelle de la f>ràce : car c'est là précisément l'idée que ce mot réveille dans l'esprit de ceux pour (jui j'écris ^.

IV. Il est nécessaire de se bien convaincre de cette vérité essentielle à la Religion, parla lecture du Nouveau Testament, et principalement de l'Epître aux Hébreux; et comme je crois l'avoir suflisamment prouvée dans le Traité de la Nature et de la Grâce, et dans les Méditations Chrétiennes, je ne m'y arrêterai pas davantage. J'écris pour des philosophes, mais des philosophes chrétiens, qui reçoivent l'Ecriture et la tradition infaillible de l'Eglise universelle: et je tâche d'expliquer les vérités de la foi, par des termes clairs et exempts d'équivoques : car c'est pour cette raison que je dis que Jésus-Christ, comme homme, est Souverain Prêtre des vrais biens, et cause occasionnelle de la Grâce. Je pourrais dire naturelle, instrumcntelle, seconde, distributive, ou me servir de quelque autre terme plus commun : mais les termes les plus communs ne sont pas toujours les plus clairs. Quoiqu'on s'imagine les bien entendre, on ne sait pas trop ce qu'on dit, lorsqu'on les prononce. Et si on veut se donner la peine d'examiner ceux-ci, on verra bien que le mol de cause naturelle réveille une fausse idée, que celui d'instrumentelle est obscur, que celui de seconde est si général, qu'il ne dit rien de distinct à l'esprit, et que celui de distri^Jutivc est du moins équivoque et confus. Pour celui de cause occasionnelle de la grâce, il n'a, ce me semble, aucun de ces défauts, du moins par rapport aux personnes pour lesquelles uniquement j'ai écrit le Traité de la Nature et de la Grâce ; duquel néanmoins plusieurs autres ont voulu juger, qui n'entendent pas trop les

Page 1