CLASSIFICATION DES MALADIES. XCV
dites chirurgicales, physiques et mécaniques ou d e structure externe (i).
En prenaut ainsi pour unique base de classification les lésions de ce que les auteurs appellent les forces ou les propriétés vitales, les nosologistes, depuis Théinison jusqua Brown et Broussais , ont forcément réduit les maladies à un très petit nombre de classes , et à une sorte de système dichotomique. Ainsi, les maladies sthéniques et asthéniques remplacent le strictüm et le laxuhi de Thémison. Ainsi, les maladies par excès et par défaut d’irritation , par excès ou par défaut de stimulus , succèdent aux affections siheniques et asthéniques . Bichat élargissant un peu la base de classification qui nous occupe, aux deuxprécédentes classes (augmentation et diminution des forces ou des propriétés vitales) en ajoute une troisième sous le nom d 'altération des propriétés vitales. Mais qu’est-ce réellement que cette altération de forces ou de propriétés vitales? Bichat ne formule rien de clair et de précis à cet égard.
Je le demande maintenant à tous les bons observateurs, à tous les esprits sérieux : que nous apprennent ces divisions purement dynamiques, exclusivement vitalistes , sur le fond même de la plupart des maladies auxquelles elles sont appliquées? Qu on les réserve pour les névroses proprement dites, à la bonne heure. Mais des classes particulières doivent être instituées pour les maladies qui, comme l’inflammation d’une part, la décomposition putride d’autre part, en même temps quelles atteignent les organes dans
(i) Cette remarque n’avait point échappé à l’auteur Je la Nosographie chirurgicale. « Le nosologiste le plus moderne (I’inel), dit Riche, and en excluant de son plan les maladies chirurgicales, était tombé dans l’erreur
capitale qui frappe de vice radical la plupart des systèmes nosolomques. » G
L’auteur que nous venons de citer a proposé une classification bien préférable à toutes celles qui lui étaient antérieures, et, sous certains rapports, conforme à celle que nous allons développer tont-à-l’heure
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PROLÉGOMÈNES
leurs conditions vitales, déterminent dans leurs conditions matérielles des changements, qui rentrent dans 1 ordre de ceux qu'on appelle chimiques ou physico-chimiques.
VI. Le système nosologique de Pinel, cette sorte de pentaleuque médical, qui, pendant près d un quart de siècle, a régné dans nos écoles, n’a pu se relever des coups qui lui furent portés, en 1 8 1 6, par le célèbre auteur de 1 Examen des doctrines.
La classe des fièvres essentielles ou primitives était établie sur des fondements essentiellement fragiles.
La troisième classe, sous le nom d hémorrhagies , laissait aussi beaucoup à désirer.
La quatrième classe , celle des névroses, et surtout la cinquième, celle des lésions organù/ues, réclamaient de grandes réformes (i).
Combien de maladies physiques et mécaniques Pinel n avait-il pas, d’ailleurs, oublié de comprendre dans son cadre nosologique!
VIL Depuis la chute de l’édifice nosologique que Pinel avait élevé, aucun autre ne s’est encore établi sur ses ruines. Justement effrayés des difficultés dont la construction d’un pareil édifice est environnée, un bon nombre d’auteurs ont renoncé à toute classification philosophique ou rationnelle des maladies.
Malgré tous les efforts que, depuis plus de dix ans, j’ai tentés presque chaque jour pour trouver une classification nosologique qui satisfit aux conditions fondamentales d’un œuvre de ce genre, je n’y suis point encore parvenu au gré de mes propres désirs. Je m’empresserai donc de profiter de toutes les améliorations qui pourraient
(i) Nous ne faisons ici qu’cnoncer l’opinion de Pinel lui-même. Eu effet, voici comment il s’exprime sur cette dernière classe de maladies : „ Je me suis borné à une dist.ibution purement artificielle dans la cinquième classe , qui a pour objet les lésions des fondions organiques , en attendant des perfectionnements ultérieurs de la clinique, que tout semble nous promettre.» {Nos. pli il., p. 118-119, dern. édit., .818.)