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VI. Inflammations squameuses

Les inflammations squameuses sont caractérisées, d’après M. Rayer, par des élevures ou des taches rouges, sur lesquelles se forment, se détachent et se renouvellent des squames , c’est-à-dire des lames ou lamelles d’épiderme

(i) Je n’entends pas dire par là que le prurit est un symptôme exclusif aux phlegmasies papuleuses , car je n’ignore pas combien il est violent dans quelques autres genres , la gale, par exemple. Mais, dans ce dernier cas, le prurit est dû à la présence d’un corps étranger vivant ( acarus icabiei ), cause matérielle de l’affection cutanée , et non à cette affection elle-même.

plus ou moins altère. Cet auteur en admet six espèces : lu lèpre, le psoriasis, le pityriasis, la pellagre, l’acrodynie et la syphilide squameuse. Willan a classé J’ichthyose parmi les inflammations squameuses; et comme il existe du moins une assez étroite affinité entre cette affection et ces dernières, nous avons cru qu’il n’y avait aucun inconvénient sérieux à la placera leur suile.

M. Rayer pense que l 'inflammation du corps réticulaire et des papilles est un des principaux caractères des maladies qui composent le présent groupe. Il nous semble qu’il est plus naturel encore de considérer l’organe spécial consacré à la sécrétion de l’épiderme comme étant le principal siège de ces affections; mais elles peuvent coexister avec d’autres espèces de pldegmasies cutanées ; et dans ces cas si communs, plusieurs des éléments constitutifs de la peau sont affectés à la fois.

Ainsi que M. Rayer l’a très bien noté, il existe une certaine analogie entre les inflammations squameuses et les inflammations exanthémateuses, puisque, comme nous l’avons vu, ces dernières se terminent par desquamation. L’observateur que nous venons de citer ajoute qu’une inflammation exanthémateuse, l’érythème, par exemple, passée à l’état chronique, revêt presque toutes les apparences des inflammations squameuses. Des recherches plus précises que celles faites jusqu’ici, nous apprendront sans doute un jour quelles sont les véritables causes auxquelles il faut rattacher les analogies et les différences qui existent entre les deux ordres de pldegmasies dont nous parlons. Comme des squames succèdent aussi aux pldegmasies dites vésiculcuses , nous aurions encore à rechercher a quoi tient précisément ce trait de ressemblance entre elles et les pldegmasies squameuses proprement dites.

En terminant, nous dirons à l’occasion de ce groupe de maladies, ainsi que nous l’avons dit à l’occasion de quelques autres, que l’élément inflammatoire qui en fait le fond est

PHLEGMASIES CUTANÉES EN GÉNÉRAL, d’un degré bien peu élevé, et qu i 1 s’y trouve comme réduit à sa plus simple expression, de telle sorte que pour certaines espèces il ne diffère guère du simple travail hypertrophique (irritation nutritive).

ARTICLE III

QUELQUES APERÇUS SUR LES CARACTÈRES ANATOMIQUES, LES SYMPTOMES, LES CAUSES ET LE TRAITEMENT UES PHLEGMASIES CUTANEES EN GÉNÉRAL.

Il est bien difficile de présenter des généralités vraiment utiles sur des maladies aussi variées que le sont les phlegmasies cutanées. Les particularités l’emportent trop ici sur les communautés.

I. Nous avons déjà dit plus haut combien la plupart de ces phlegmasies laissaient à désirer sous le rapport de la détermination rigoureuse de leur siège précis. C’est avoir dit en même temps que les altérations anatomiques observées dans chacune des formes établies plus haut n’ont pas encore été elles-mêmes assez exactement décrites. En effet, la première condition d’exactitude en pareille matière, c’est de pouvoir assigner à un organe ou à un tissu, ou bien à un liquide, les changements matériels, physiques, qui constituent les caractères anatomir/ues des maladies. Toutefois , comme la classification des phlegmasies cutanées a précisément pour hase des caractères extérieurs , physiques, anatomiques , cette partie de leur histoire a dû nécessairement atteindre un certain degré de perfection.

II. I ^es symptômes locaux des phlegmasies cutanées ne sauraient donner lieu à des considérations générales bien importantes. Les uns, tels (pie la rougeur, la tuméfaction, etc., se confondent ici avec les caractères anatomiques eux-mêmes. Les produits de sécrétion et les symptômes fonctionnels varient selon l’élément de la peau , qui est le siège unique ou principal de la phlegmasie.

Un certain nombre de phlegmasies cutanées donnent lieu à un état fébrile plus ou moins intense, soit uniquement par réaction dynamique, soit par résorption d’une matière purulente, simple ou virulente.

La fièvre qui précède certaines phlegmasies cutanées , telles que la variole, la rougeole, la scarlatine, etc., ne doit pas être confondue avec la fièvre secondaire que l eruplion, celle delà variole particulièrement, pourra produire plus tard. Cette fièvre, qui signale l’invasion des maladies dont il s’agit, est elle-même le résultat d’un poison spécial infectant la masse sanguine, et il est digne d’attention qu’elle cède quelquefois complètement, que, très souvent du moins, elle perd de sa violence au moment de l’éruption.

Plusieurs phlegmasies cutanées ne donnent lieu par elles-mêmes à aucune réaction fébrile.

III. Si les phlegmasies cutanées , considérées par rapport à leur siège, à leur localisation précise, sont destinées à exercer longtemps encore Je zèle et la patience des observateurs , on peut en dire autant de quelques unes d’entre elles étudiées sous le rapport de leurs causes. Parmi ces dernières phlegmasies, nous citerons spécialement la variole et ses dérivés , la rougeole et la scarlatine, lesquelles, sous le point de vue étiologique, sont autant de véritables mysières de la médecine.

Au reste , les phlegmasies cutanées de cette catégorie ne sont qu’un des moindres éléments des fièvres continues spécifiques, auxquelles il a été jusqu’ici d’usage de les rattacher : elles en constituent en quelque sorte la forme plutôt que le fond. Nous nous sommes déjà précédemment expliqué sur ce point , et en sacrifiant à l 'usage reçu , nous sommes loin assurément de sacr fier à l’erreur de ceux qui s’imagineraient avoir donnéune idée complète de la variole, de la rougeoleet de la scarlatine, en les considérant comme des phlegmasies de la peau , erreur d’autant plus irapar-

PHLEGMASIES CUTANÉES UN OÉNEHAL. 127

donnable, d’ailleurs, que la phlegmasie cutanée ne se manifeste (|ue quelques jours après le développement de la fièvre continue spécifique , en laquelle consiste essentiellement chacune de ces pyrexies générales.

Les principes variolique, rubéolique et scarlatineux ne sont pus , d’ailleurs, les seuls agents insaisissables propres à faire naître certaines phlegmasies cutanées. Le principe syphilitique est un agent de la même classe. On sait qu’on désigne sous le nom de contagieuses les affections produites par les ageuts de cette classe. U est une autre affection de la peau également contagieuse, dont on est enfin parvenu à saisir la véritable cause matérielle : ]e veux parler de la gale, qui doit incontestablement son origine à la présence d’un acarus particulier.

Cela posé sur certaines causes spécifiques des phlegmasies cutanées, il est juste d’ajouter que rien n’est en général mieux connu que les causes ordinaires des phlegmasies indiquées. Les divers irritants physiques et chimiques , dont le nombre est si considérable, sont au premier rang de ces causes, et l’on peut à volonté, par l’application directe de ces irritants , produire artificiellement la plupart des diverses espèces de phlegmasies cutanées. Qui ne sait que nous les provoquons journellement pour remplir des indications thérapeutiques? C’estdans ce but que nous appliquons des vésicatoires, que nous faisons pratiquer des frictions avec l’huile de croton-tiglium , avec la pommade stibiée , que l’on a quelquefois recours à l’urtication, très souvent aux sinapismes, etc., etc.

L’influence de la malpropreté , irritant d’une espèce particulière, ne saurait être révoquée en doute.

Les autres causes , telles cpie celles tirées de l’usage de certains aliments, méritent sans doute d’être mentionnées, mais elles sont moins importantes que ne l’ont pensé plusieurs auteurs.

Il est incontestablement des prédispositions aux diverses

12S l’IlLEGMASlKS ET IIIIII TATIONS EN PARTICULIER, phlegmasies cutanées, et l’un peut affirmer quelles sont au nombre de celles qu’on appelle héréditaires; ce qui, en saine médecine, ne -signifie autre chose, sinon que l’on naît souvent avec les mêmes prédispositions que ses parents.

IV. Le traitement des phlegmasies cutanées est varié comme ces phlegmasies elles-mêmes, selon leurs divers degrés d’intensité, et aussi selon les causes particulières , spécifiques ou non , auxquelles elles doivent leur origine.

Les émissions sanguines, formulées dans de justes mesures, les bains simples ou composés, les boissons adoucissantes, la dicte, conviennent aux phlegmasies dans lesquelles on observe une fièvre plus ou moins forte. On peut, on doit même s’abstenir quelquefois d’émissions sanguines, lorsque la fièvre n’existe pas ; et dans les cas de ce genre, s'il est utile d’y recourir, on se contentera des saignées locales, surtout chez les sujets peu sanguins, anémiques ou chloro-anémiques.

Une foule de topiques, d onguents et de pommades de tout genre, la cautérisation avec le nitrate d’argent et autres agents de même espèce, les purgatifs plus ou moins répétés , les dépuratifs, etc., ont été mis à contribution pour le traitementde diverses phlegmasies cutanées. Nous en parlerons en temps et lieu.

Nous rappellerons en terminant que souvent les phlegmasies cutanées sont provoquées comme moyens thérapeutiques, et qu’alors, loin de chercher toujours à les guérir, on les entretient par des procédés particuliers de pansement.

nmuKouc.

SEC'TIOX DEUXIÈME.

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