I. Sources : p
l' ITALIE 1365
Une combinaison des deux types, c'est-à-dire les saints debout de la pièce d*or et le saint assis de VAmbrosino d'argent, constitue le gros et le soldo (demi-gros) de l'empereur Henri VII de Luxembourg (13 10-13), à cette seule différence que le mol Medialanum y est remplacé par HNRIC IPAT. Mais il existe d'autres variétés de ce gros. Sur le soldo de Louis de Bavière (1314-29), on lit LVDOVIC REX ou IPT entre les deux saints, et les exemplaires qui portent A-Z dans le champ du revers, doivent avoir été frappés par Azzo Visconti (1329-39), le premier des seigneurs de Milan qui ait mis son nom sur les monnaies. Voici la liste de ses successeurs :
•Luchin et Jean Visconti (i 3 39-49). *Jean-Galéaz (i 385-1402).
•Luchin seul (1339-49). * Jean-Marie (1402-12).
•Jean Visconti (1349-54). 'Estor et Jean-Charles (1412).
*Galéaz II et Barnabô (1354-78). 'Estor seul (1412).
•Galéaz II seul (1354-78). •Jean-Charles seul (141 2).
•Barnabô seul (1354-85). •Philippe-Marie Visconti (1412-47).
Le coin caractéristique de Milan est l'image de saint Ambroise assis; on Ta imité dans plusieurs pays. Mais les armes des Visconti: la guivre enroulée, ou leur écusson penché sous un casque, tiennent une place non moins grande dans la série des types milanais et sur les monnaies des villes soumises temporairement au sceptre , des Visconti. Galéaz II (1354-78) frappe le premier cavalier d'or. De Jean-Galéaz(i385-i402), nous avons une grande pièce d'or à son effigie, le décuple florin, pesant 35 gï"- 30 i le même a placé son buste sur la lire d'argent. Un grand B gothique barré distingue quelques pièces de Barnabô.
Enfin, la seconde République (1447-50) décore son ^or/n et son demi-florin d'or d'une grande SU gothique entourée d'un sexilobe (CO- MVNITAS MEDIOLANOj tout en conservant, au revers de ces monnaies, l'image du saint Ambroise à mi-corps'.
Montferrat (marquisat) ^ — A l'extinction de la branche régnante, qui descendait d'un Aleramo du x* siècle, le marquisat de Montferrat échut à Théodore I Paléologue (1305-38), fils de l'empereur Andronicll de Constantinople et d'Yolande, sœur du dernier marquis. Théodore ouvrit, de sa propre autorité, à Chivasso, un atelier monétaire (1306) qui dura tout un siècle. Nous possédons son florin d'or au lis, son gros tournois (unique), son matapan au type de saint Martin remettant
1. Voir la suite dans notre Traité de ntim. moderne, 1. 1, 429.
2. Promis (D.), Monete dei PaJeoîogi march:si di Motif errato. Turin, 1858.
la bannière au marquis, et son piccolo avec + MON-TISFE-RAT en trois lignes dans le champ. Manfred de Saluces (1305-10), voulant s'emparer de l'héritage de Théodore, envahit le pays et fit frapper unpiccolo à son nom : MANF MARCHIO.
Jean I Paléologue (1338-72) a déjà trois ateliers : Chivasso, Asti et Moncalvo. Ses types sont très variés : cavalier, écu penché sous le heaume (décor: bras droit tenant Tépée, entre deux bois de cerf), saint Pierre assis (S- PETRVS DE CLAVASIO), aigle avec 1 ecudes Montferrat sur la poitrine (S- lOHES EVANGELISTA), buste de saint Second d'Asti, sans compter le saint Martin du matapan. Un piccolo donne le nom de l'atelier où il a été frappé (|N MONTECALVO).
Le fils aîné de Jean, Secondotto (1372-78), qui se laissa prendre Asti par les Milanais, n'a monnayé que pour cette seigneurie. Du fils cadet, Jean II (1378-81), nous n'avons absolument rien; mais Théodore II Paléologue (1381-1418) se présente avec une série d'argent et de billon assez remarquable, fabriquée à Casale après la fermeture de l'atelier de Chivasso (1404). Il introduit les types de l'agneau pascal, du buste de saint Théodore, de la croix fourchée et feuillue, de la croix ornée de quatre grosses fleurs, de l'écu sous un soleil rayonnant, de la targette etc., et emploie seul la légende PATRIE MONTISFERRATI. Ses successeurs Jean-Jacques (i4i8-45)et Jean III (1445-64) se servent des mômes types. Guillaume I*-'' (GVLIERMVS, 1464-83) y ajoute Vécu d*or au revers du saint Théodore Tiron combattant le dragon, et Boni face (1483-94) symbolise sa dignité de vicaire impérial par l'aigle à deux têtes couronnées qui surmonte son blason. Il faut aller jusqu'à Guillaume II (1494-1518) pour trouver une pièce exceptionnelle: le quadruple écu d'or (I^ cerf couché), ou le double ducat au buste du prince et à l'artichaut, ou Vécu d'or au buste, etc. C'est sur ces monnaies qu'on lit pour la première fois le titre sacri romani imperii princeps vicarius.
Une autre branche des Montferrat a monnayé à Ponzone (p. 1368).
Mon^a (Piémont). — Sur toute une série de pièces de coin milanais, Estor Visconti (1407-13) s appelle DOMINVS MODOETIE. MODOI- ZIE. etc.
Novare. — Jean Visconti, évoque de Novare (1329-31), monnayait dans son comté de Domodossola. — Quelques billons au buste mitre de saint Gaudence ont été frappés à Novare par d'autres Visconti (13 5 1- 1400). — Les pièces obsidionales de Louis d'Orléans (1495), publiées dans la Revue Nutn., 1860, p. 226, sont fausses. Voir ibid.y 1867, p. 251.
l' ITALIE 1367
PadoueK — Sur les dernières pièces de la république, le vicaire impérial place son écusson après le mot CIVITAS; on a reconnu les armes d*Engelmar de Villanders (1324-28), vice-capitaine de Conrad d'Ovenstein. Mais bientôt les types monétaires changent, à Tavènement de la famille de Carrare :
*Ubertino (1338-45). [*Jean-Galéaz Visconti, duc de Milan (1388- •Jacques II (1345-50). 90).]
•Jacopino I et François I" (13SO-5S). 'François II Novello (1390-1405). •François I" seul (1355-88).
Ubertino de Carrare a frappé un petit denier avec Tinitiale de son nom (un V) dans le champ (I^ étoile). Sur le carrarino de Jacques II, les lettres lA sont reléguées dans les cantons de la croix, et le revers montre la figure assise de saint Prosdocime (S PSDOCIMVS). Son petit denier conserve le type créé par Ubertino, avec un | dans le champ. On attribue au règne commun de ses successeurs deux petits deniers anonymes, figurant les armes parlantes de la maison de Carrare : un char (carro) à quatre roues. Avec François I", c'cstle ducat d'or qui fait son apparition (char et buste de saint Prosdocime). Le carrarese de 4 soldi reproduit tantôt le même char (F. D. KRARIA) et saint Daniel martyr, tantôt il reprend le type du saint Prosdocime debout et place le char dans les cantons de la croix. De même, les pièces de 2 soldi. Le soldo a simplement un char et une croix longue coupant la légende CI* PADVA; le petit denier porte une F dans le champ, et le bagattino une rose.
Pendant l'occupation milanaise de Jean-Galéaz, on n'a frappé que des deniers avecCOMES VIRTVTVM (p. loii) autour d'une croix fleurdelisée et les lettres GZ dans le champ. Enfin, sous François II, il y a quelques types nouveaux : un saint Antoine debout, une comète avec la croix au centre, le buste de sainte Justine, une tête tournée à gauche et un grand A dans le champ.
Les monnaies padouanes frappées par les Vénitiens à partir de 1423 n'ont rien qui indique plus spécialement Padoue et seront citées à la fin de l'histoire monétaire des doges (p. 1372).
Pavie. — Après la mort de Frédéric II, Pavie se déclare indépendante (1250-59), mais le titre d'IMPERATOR se maintient encore sur ses monnaies qui reçoivent pour décor l'image du patron de la ville, saint Syr (fig. 1904). Bientôt, la vieille cité lombarde obéit aux Visconti et aux