‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 2)Chapitre 15 sur 165 · Revue num., 1868, p. 214 (article de M. Trachsel · texte numérisé non relu

Revue num., 1868, p. 214 (article de M. Trachsel

2. Rod. Blanchet, Monnaies des pays voisins Ju Utnan, p. 117.

3. Perrin (A.), Catalogue du méJaiUier de Savoie au Musée d'Annecy, p. VII. — Demole, l'atelier monétaire des comtes de Genevois à Annecy (Genève, 1883).

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Annecy, où, de i^^à 1362 et de 1574 à 1391, ils firent frapper toute une série de jolies pièces : sizains, deniers et mailles, sans s'inquiéter des droits régaliens ni de l'évêque de Genève, ni du comte de Savoie. L'empereur Charles IV leur avait conféré ce privilège en 1355. Nous possédons les monnaies de deux comtes: Amédée III (1320-1365), créé Prince de l'Empire, etPierre (1 371-1 J94). Leur 5/^a/n d'argent (AMED: COMES: GEBENSou RETRVS: CO: GEBENES), de type tout savoisien, porte, dans le champ ou dans unquatrefeuilles, l'écu de Genevois penché sous un casque. Le casque se termine, sur les pièces d'Amédée par deux cornes de chèvre, sur celles de Pierre par une tête humaine barbue et munie des mêmes cornes. Au revers, on lit : FIDELIS IM- PERII autour de la croix. Le type des deniers et mailles est purement héraldique, mais leurs légendes sont moins abrégées. Les deux princes ont fait frapper des florins d'or, analogues à ceux de la Savoie. Au commencement du xv'^ siècle, le Genevois fut cédé à la Savoie.

§ XXL — Évêché de Genève.

Dans toute cette période, les deniers et oboles à la tête de Saint-Pierre

Fig. 160;

ne cessent d'être frappés à profusion (^ souvent GENEVAS)» et leur aspect devient de plus en plus barbare (fig. 160^).

§ XXII. — Évêché de Lausanne K

A partir de 1375, les évêques cessent de frapper des monnaies anonymes, et, en même temps, le demi-gros d'argent, appelé sit^ain parce qu'il valait 6 deniers, vient prendre place à coté des deniers et mailles en usage. Gui de Prangins (1575-1394), pour opérer cette innovation, fait venir à Lausanne un maître flamand, Pierre Manfred. Son demigros (sesen), avec GVIDO EPS LAVSAN. imité des pièces milanaises au

I. Morel-Fatio, Histoire monétaire de Lausanne (i 394-1496). Lausanne, s. d.

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type du Sainl-Ambroise assis, représente un évêque assis et bénissant, la crosse à la main, le blason de famille à ses pieds. Au revers, une croix pattée, inscrite dans un quatre-feuilles, est entourée de la légende : sit nomen domini benedictum.

De Guillaume de M en t h onay (i 594-1406), nous avons des pièces identiques et un trésel (valant trois deniers) au type de Tévêque à micorps, la croix cantonnée de coquilles ; maison retrouvera, un jour, son gros d argent, et même son écu d'or, car le monnayeur milanais, Jeai. de Canturio, qui entra au service de l'évêque en 1 596, prit l'engagement de frapper ces espèces, en dehors des demi-gros, deniers et oboles.

Sous Guillaume de Challant (1406-1431), nous voyons deux types nouveaux : la Vierge à l'enfant et, au revers de quelques pièces, une croix chardonnée. Georges de Saluées (1440-1462) donne à ses armes de famille une importance particulière en les plaçant toutes seules sur Tavers de ses monnaies. En 1452, le duc de Savoie accorde aux florins d'or de Lausanne l'autorisation de courir librement dans ses Etats.

Guillaume V de Varax (1462-1466) a frappé le premier double gros d'argent; une seule pièce, à son écu personnel, est connue de Jean Michaëlis (1466-1468). Après lui, pendant une longue vacance de siège ( 1 469-1 472), l'évèché fut administré par Barthélémy Chuet, évêque de Nice, dont le gros porte la légende: B: EPS: NICIENS: ADMINISTRATOR: LAVSA'. Enfin, il existe une petite monnaie de Julien de la Rovère (1472-1476), portant un | gothique dans le champ. Il n'est pas besoin d'insister sur la rareté extrême de presque toutes ces pièces.

On attribue aux différentes vacances de siège les monnaies anonymes qui portent, d'un côté, un temple (SEDES LAVSANE), de l'autre, une croix (CIVITAS LAVSANE). La légende CI VITAS LAVSAN(e) se retrouve en effet sur des deniers de Guillaume de Challant.

§ XXm. — ComU de NeuchâteL

En 1^47, Louis I^"" de Chalon (1 343-1 ^73) reçut de l'empereur Charles IV le droit de frapper de la monnaie d'or et d'argent, et ce droit fut confirmé en 1354 et 1358. On connaît trois variétés de deniers qui portent son nom, LVDOVICVS, et dont l'avers représente une façade de temple avec la légende NOVI CASTRL De la fille de Louis, Isabelle

1. Revue num., 1863, p. 43. Les mots pulcra ut luna, electa ut sol, qui entourent le buste de la sainte Vierge, sont tirés de l'ancien Testament.

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(1373-1395)5011 n'a que de petites bractéates quadrangulaires, figurant un casque à cimier, la visière rabattue, entre les lettres gothiques ïl • 6*. Cependant, Neuchâtel se trouve en dehors de la zone des bractéates, dont la limite extrême va de Bàle à Fri bourg.

§ XXrV. — Abbaye de Saint-Oyen (Saint-Claude).

Après avoir obtenu de Tempereur, en 1360, le renouvellement de droits monétaires très anciens (voir p. 773), l'abbé Guillaume IV de Beauregard (1348-1380) fit frapper àas frarics à pied en or, dont un seul exemplaire est parvenu jusqu'à nous. Sous un dais orné de crosses, et dans un champ semé de fleurs de lis, on y voit l'empereur debout, couronné, tenant l'épée et la main de justice. Légende : G • DEI • GRACIA • ABAS (sic). SANTI • OGEND'; le revers est celui des écus royaux de France. Si le nom latin de saint Oyen (Eugendius) y est écrit Ogendius, cela s'explique par l'orthographe médiévale: Saint-Ouyan.

L'an 1 374, le même abbé contrefaisait, à Moirans, les blancs du roi. On ignore la date exacte à laquelle l'abbaye prit le nom de Saint-Claude.

§ XXV. — Archei'éché de Besançon.

Pendant deux siècles encore, le xiV et le xv*, les archevêques ont continué la frappe des esievenants anonymes, au type de la main bénissante. Les deniers à l'O long doivent être placés à cette époque, ceux à l'O rond sont moins anciens. L'an 1357, l'empereur Charles IV permit aux prélats de frapper de la monnaie d'or, et ce privilège leur fut confirmé en 1423 par Sigismond ; mais il n'est pas probable qu'ils en aient profité.

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