‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 2)Chapitre 26 sur 165 · Billonau lion · texte numérisé non relu

Billonau lion

1. R. Chalon, Monnaies de Fallais dans la Reu. belge de numism., 1859, p. 378.

2. Wolters, Notice historique sur Vaticien comté de Hornes, Gand, 1850.

On ne possède pas de monnaie deGérard (i ^4^-1 34$), et il est difficile d'attribuer à Guillaume VI (iM5-ï3$7) une pièce qui lui appartienne sans contestation.

Sous le long règne de Guillaume VII (1357-141 5), on peut classer également cinq monnaies différentes : un florin d'or au saint Jean- Baptiste, une imitation du double gros (roosebeker) de Jeanne de Brabant, sur laquelle le seigneur s'intitule WILb' D€l : GRAVONS: HORNENS : Z 2 ALTENA*. un gros à l'aigle tenant deux écussons (fig. 1724), type créé en Flandre par Philippe le Hardi, un quart de gros à

Fig. 1724

l'écu écartelé, et un demi-gros au buste copié sur les pièces de son oncle, révêque d'Utrecht.

A la suite d'événements qui ne sont pas éclaircispar les historiens, les trois oncles de Guillaume Vil exercèrent, de son vivant déjà, les droits de souveraineté dans le pays de Homes. Tous ont frappé monnaie. On possède d'Arnould de Homes, évêque de Liège (1378-1389), un demi-gros au buste mitre, qui porte au revers le nom de l'atelier de V/essem : MONETA : NOVA : DE : WESSE '.

Thierry de Hornes, sire de Perwez, mais aussi qualifié de sire de Homes dans quelques documents, nous a laissé des gros au lion, de très mauvais aloi, frappés à Weert et à Wessem, puis un esterlin copié sur ceux des archevêques de Trêves, au buste épiscopal entouré de la légende DID€RIC D*bOR et portant au revers, avec les clefs en sautoir, le nom de l'atelier de Wessem.

Le troisième oncle, que les généalogistes appellent Thierry-Loef et les monnaies Lopicus, a frappé, à Weert, un beau botdraeger d'argent sur lequel on lit: b€R€ : VAR : bOR^Z: ALTEN (Altena), C'était la mode, au xiv* siècle, chez beaucoup de seigneurs des bords de la Meuse, d'employer la langue vulgaire sur leurs monnaies. Le même a frappé un gros à reçu aux quatre lions, pareil à ceux de Jeanne et Wenceslas, et un gros au lion (MONETA + WIERD')-

I . R. Serrure, Les monnaies d'Arnouîd de Hornes, évêque de Liège, dans le BuîL de numism., t. IV, p. 11.

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Nous ignorons si les successeurs de Guillaume VII ont continué le monnayage. Son petit-fils Jean I obtint en 14J0 l'érection de la seigneurie de Homes en comté.

§ XXXV. — Seigneurie de Heusden.

Au XIV* siècle, Jean de Heusden, sire d'EIshout, qui mourut vers IJ20, ou son successeur du même nom, cité en 1557, établirent à Heusden un atelier monétaire. Les seuls produits qu'on en possède sont des billons imités de ceux de l'alliance entre Philippe le Hardi et Jeanne de Brabant.

§ XXXVI. — Seigneurie de Kuyk.

Le pays de Kuyk, sur la rive gauche de la Meuse, dans le Brabant septentrional, formait au moyen âge un fief brabançon d'une certaine importance. Le monnayage des sires de Kuyk commence au xiv* siècle, avec Thierry de Hornes, seigneur de Perwez, qui administrait le pays comme tuteur de Jean IV, fils mineur de Jean 111 (mort en 1 564).

Thierry de Hornes, pendant les sept années que dura son pouvoir (i 364-1 371), fit frapper dans la petite ville de Grave, chef-lieu du pays de Kuyk, de beaux botdraegers et leurs demis, imités de ceux de Louis de Mâle. On y lit : Tb€OD€RICVS : D€l : GRA : DRS : P€RVI€RSI et M0NETA:DE:GRAVENS'.

Jean IV de Kuyk devenu majeur (i 371-1382) continua le monnayage à Grave. On possède une pièce de billon blanc, avec un lion dans le champ et, du côté de la croix, l'inscription lObA-nNE-S : D€-KVIC.

§ XXXVII. — Comté de Megen.

Ce comté était enclavé entre les duchés de Brabant et de Gueldre et les seigneuries de Kuyk et de Ravestein. Ses armes étaient de gueules au che/d'or, La chronologie des comtes de Megen est assez malaisée à établir, par ce fait qu'au xiv^ siècle tous portaient le nom de Jean :

Jean I, .... 128$...

Jean II, .... 1320- 13 59.

Jean III, 1359-1415-!

Van der Chijs a tenté de répartir les monnaies entre ces trois comtes.

A Jean I, il accorde deux pièces, sans doute un denier et une obole^ portant lecu de Megen avec le nom de l'atelier : + MONETA MEGhEHSI, et au revers: IOb-AR€-SCO-MES ou IO-nC-05n-€S. coupé par une croix pattée.

Jean II reçoit égalementdeux monnaies : un demi-gros au lion et un quart de gros au lion, imités des pièces de Louis de Crécy. Le quart de gros est anonyme et répète au revers le nom de Tatelier déjà indiqué au droit.

Jean III, dont le règne s'étend sur plus d'un demi-siècle, a une série numismatique plus riche. Outre ses monnaies d'argent et de billon, il fit fabriquer des pièces d'or; c'est ce qui résulte d'un acte de 1 380, passé devant les échevins de Bois-le-Duc, et dans lequel il est question d'une somme évaluée en lis d'or de Megen (lilia aurea de Megen). Ces pièces, qui n'ont pas été retrouvées encore, étaient probablement copiées sur le lis d'or de Charles V, roi de France.

L'argent de Jean III est abondant. Sur les planches de Van der Chijs on en voit douze types différents, et depuis la publication de son livre plusieurs monnaies nouvelles ont été signalées. Comme toutes les pièces des petits feudataires brabançons, celles de Megen sont des imitations. Jean III copie le botdraeger de Flandre, les monnaies de Hollande, de Gueldre, de Lorraine et va chercher ses modèles jusqu'en Westphalie.

A sa mort, Jean III de Megen laissa son comté à sa fille Elisabeth, qui a frappé de menues monnaies copiées sur celles de Gueldre. Elisabeth semble être morte vers 1420.

Le comté de Megen, confisqué pendant quelque temps par le duc de Brabant au profit de Jean de Grimbergen, passa bientôt dans la maison de Dickbier, d'abord à Henri sire de Mierlo, puis (depuis 1430) à son frère Jean.

On possède diverses pièces au nom d'un Johannes cornes de Megen et sur lesquelles les armes de Megen sont écartelées de celles de Dickbier qui étaient à trois fers à moulin. Faut-il les classera Jean IV Dickbier (1430-1438) ou à son successeur Jean V (1438-1469)?

C'est sous ce dernier comte que la fabrication monétaire de Megen fut arrêtée brusquement. L'imitation des espèces étrangères, c'est-à-dire la frappe de fausses monnaies, à laquelle se livrait cet atelier, amena l'intervention du duc de Brabant qui exigea la punition d'Henri van Broekwyck, monnayeur du comte. Jean V s'y opposa d'abord ; mais il dut céder en livrant son subalterne au tribunal des échevins de Bois-le- Duc qui le condamnèrent au supplice du chaudron. Un autre de ses serviteurs, Jean Hoes, qui avait distribué les fausses monnaies, fut condamné par le même tribunal à périr par la corde. Finalement le duc

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de Brabant contesta à Jean de Megen le droit monétaire, et le comte se désista, pour lui et ses successeurs, de toute prétention à ce sujet '.

§ XXXVIIL — Seigneurie de Raves tein.

Ravestein est une petite ville sur la Meuse, non loin de Grave; elle formait au moyen âge une seigneurie indépendante. En 1328, Jean de Fauquemont épousa Marie d'Herpen, héritière de Ravestein, et porta la seigneurie dans sa maison.

Renaud de Fauquemont, sire de Born, fils de Jean et successeur de son frère aîné Walerand, établit à Ravestein un atelier monétaire. On a son double gros aux deux écus surmontés de REI : D. BOR. imitalion des pièces aux deux écus surmontés du mot FLADRES (Philippe le Hardi), puis un autre double gros, dit roosebeker, calqué sur ceux que frappait le même Philippe le Hardi conventionnellement avec Jeanne de Brabant. Renaud s'intitule: REINOLD DE VALKERBO:Z: DNI... BORNE ou RER : D6I : GRA: DRS : BORRÉR : Z : RAV€ST€I. L'atelier est indiqué par les formules MONETA • NO • DE • RAVES ou MOR€TA : KOVA : BORNENS : \U : RAV€ST€I.

Renaud de Fauquemont mourut sans enfants. Tan nçj, et la terre de Ravestein passa dans la maison de Salm.

§ XXXIX. — Seigneurie d'Herpen.

Cette seigneurie, située sur la Meuse et comprenant la ville de Ravestein, échut à la fin du xi** siècle à la maison de Kuyk et passa en 1 328 à

celle de Fauquemont. Cest à Walerand de Fauquemont (1544-78) qu'on attribue un esterlin anonyme au type du lion, portant sur ses deux

I . P. Cuypers, Notice sur les monnaies des comtes de Megen, dans la Bev, belge de numism., 185 1.

laces la légende MONETA HERPENSIS. Le blanc que nous avons fait reproduire (fig. 1725), à la croix cantonnée de deux corbeaux, lui appartient incontestablement.

§ XL. — Comté de Namur.

En février 1263, Gui de Dampierre (1263-1 297), marquis de Namur, donna la permission de monnayer, pendant cinq ans, dans la capitale de ses états, à Huberti Alioni d'Asti. En vertu du droit qu'il s'était réservé, il adjoignit à Tltalien un habitant de Douai, Gillon Foret, qui partagea avec Alioni la direction de l'officine.

L'ordonnance du roi Philippe le Hardi, que nous avons citée à propos des monnaies du Hainaut, nous apprend que déjà avant 1273 des esterlins frappés à Namur étaient en circulation. Ce sont les pièces à Técu au lion, sur lesquelles Gui s'intitule cornes Flandrie, bien qu'il ne devînt qu'en 1 280 souverain du pays.

En dehors de ces esterlins, nous avons, de Gui de Dampierre, des deniers d'argent fin selon l'ancien système, des petits gros à Técu, des esterlins anglais (à la tète), etc. Toutes ces monnaies lui donnent le titre de marchio Namurc(ensis) que ses successeurs abandonnent pour prendre celui de cornes.

Le règne de son fils Jean I (1297-1331) marque une époque très importante pour la numismatique. Sorties en grand nombre des officines de Namur et de Vieuville, les monnaies de Jean sont en général supérieurement gravées. Ainsi les gros, au portail brabançon ou au châtel crénelé (imités à Luxembourg, Looz et Élincourt), \qs gros aux quatre lions dans une cpicycloïde, les gros au lion (ou doubles esterlins), les petits gros au cavalier, les esterlins à diverses empreintes, etc.

Parmi les pièces forgées à Vieuville, il en est une qui constate le fait d'une alliance monétaire (p. 109 1) entre le comte de Namur et Louis de Crécy, comte de Flandre (1 322-1346). Il s'agit du gros aux quatre lions portant les légendes : lOH'S COM • NAM • LVDOVC • CQM • FADIE — MONETA VETRIVIL.

D'autres gros, mais au type du portail, ont été frappés conventionnellement par le comte de Namur et Jean II, duc de Brabant (1294-13 12). Leurs légendes sont: lOHS • COS • NAMR — BRABANTIE DVX ou MONETA NAMVI — BRABANTIE DVX (voir p. 1099).

Après Jean II (1351-1335) dont les monnaies se distinguent difficilement de celles de son père, le trône fut occupé, pendant une année seu-

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lement, par Gui II, autre fils de Jean I. On a retrouvé de ce prince un petit gros au lion, copié sur ceux de Louis de Crécy, et un billon.

La courte durée du gouvernement de Philippe 111(1556-1337)06 permit pas de frapper une grande variété de monnaies. Nous n'avons de ce troisième fils de Jean 1^^ que des billons au châtel tournois et à reçu au lion. Sa mort prématurée plaça sur le trône un quatrième frère, Guillaume I, qui, encore mineur, resta provisoirement sous la tutelle de sa mère Marie d'Artois. Marie avait acheté, en son nom personnel, de Jean de Bohème, comte de Luxembourg, la terre de Mérode ou Poilvache, près de Dinant. Elle y frappa des pièces sur lesquelles elle s'appelle MARIA DCA (domkella) ARTESN. parfois en français: MARIE D'ARTOIS. On a ses esterlins à la tète de face et ses deniers tournois] Tatelier signe : MONETA MERAVD. Le 11 septembre 1353, la comtesse douairière remit la terre et le château de Poilvache à son fils.

Guillaume I le Riche(i 337-1 391), admis en 1363 à faire hommage direct à l'empereur, est le seul des souverains de Namur, antérieurs à la maison de Bourgogne, dont on ait une monnaie d'or, lejlorin^ imité de celui qui parut en Gueldre en 1371, et représentant le prince à mi-corps, sous un dais gothique, Tépée à la main.

Ses monnaies d'argent et de billon blanc ou noir forment une série de plus de quatre-vingts variétés ; presque rien d'original ; la Flandre et le Brabant lui fournissent le plus grand nombre de types. Nous y retrouvons le botdraeger, le roosebeker, \Qgros au //on(fig. 1726), des pièces à l'écu

Fig. 176

dans une bordure en arc de cercle ou aux quatre lions dans un quadrilobe, le gros à l'écu heaume, Vesterlin anglais, etc. Le génie inventif des graveurs namurois ne s'est exercé'que sur le billon noir, où nous voyons tantôt les lettres RA5n dans le champ, tantôt l'écu au lion et, au revers, l'écu à l'aigle.

Les ateliers en activité sous ce règne étaient, en dehors de la capitale, Vieuville, Poilvache ou Mérode, Bouvigne et la Neuveville-lez- Namur.

Un fait assez rare dans les annales de la numismatique est la triple alliance monétaire conclue entre le comte de Namur, l'évèque de Liège

Adolphe de la Marck, et le duc de Luxembourg, Jean de Bohème. Le synchronisme des règnes de ces trois princes limite aux années 1357 à 1 545 l'espace pendant lequel Talliance a pu se former. Les monnaies frappées en vertu de la convention sont d'une extrême rareté ; elles portent les noms et titres des trois souverains avec la marque de Tofficine de Namur. Sur le gros au lion^ nous lisons lOHS • REX BOEM • ADVL- PH'EPS ' GVILL • COM ; sur le demi-gros à la tête de face (type anglais): I • REX • BOEM • AD • EPS • LEOD • GVILL • CO.

Vers la même époque, après 1557 et avant 13)5, Guillaume I doit avoir conclu une autre alliance monétaire avec Jean III, duc de Brabant, car un curieux billon au type du châtel, pareil aux pièces de Jean, porte les légendes DVX: BRABANTIE — MONETA NAMVRC.

Les monnaies de Guillaume II (1391-1418) ne sont pas aisées à démêler de celles de son père. M. Chalon lui attribue des roosebekers et des pièces aux deux écus surmontés de la légende NAMVRES. qui ressemblent aux coins de Philippe le Hardi. Tout ce que Ton croit frappé par Guillaume II provient des ateliers de Namur ou de la Neuveville.

Sous Jean III, dit Thierry (1418-1429) on ne rencontre que de rares pièces d'argent, imitations serviles des monnaies flamandes et bourguignonnes de Jean sans Peur.

Après trois ans de règne, Jean III, perdu de dettes et ne pouvant obtenir de nouveaux crédits, vendit ses états à Philippele Bon, duc de Bourgogne (1421). Philippe a désormais le droit de monnayer à Namur, d'abord sans prendre le titre de comte, et Jean conserve le tiers des bénéfices de la fabrication. Mais dès le 14 octobre 1421, le duc de Bourgogne nomma un maître particulier à Namur, avec mission d'y forger des monnaies flamandes. Elles ne sont reconnaissablesqu'à leurs points secrets. Les chaises d'or de Philippe, émises à Namur en 1426, lui donnent le titre d'héritier du comté de Hollande.

Jean III mourut le i*^*" mars 1429, et le comté de Namur, réuni à la Monarchie bourguignonne, disparut comme état indépendant.

§ XLL — Seigneurie de Florennes^.

Le pays de Florennes, compris aujourd'hui dans la province belge de

1. R. SçTTurCf Monnaie conventionneUe de Brabant'Namitr dans le Bull, de Numism., t. I, p. 20.

2. R. Chalon, Les seigneurs de Florennes, leurs sceaux et leurs monnaies, \n'4, 1863.

aUATRIEME PARTIE

Namur, formait au moyen âge une seigneurie considérable relevant de révêché de Liège.

Thibaut de Lorraine (1281-1 312) qui, en 1281, avait épousé Isabelle de Rumigny, héritière de Florennes, obtint en 1298 de l'empereur Albert d'Autriche le droit de monnayer à Yves. Ce droit fut, en 1 500, confirmé par l'évêque de Liège, Hugues de Chalon, et étendu à Florennes; son successeur, Thibaut de Bar, le contesta en 1 307.

On ne connaît pas de monnaie de Thibaut frappée à Yves ; mais ses petits gros à l'aigle et ses gros tournois au type français sont dans nos collections. Ils viennent de l'atelier de Florennes, car ils portent le mot FLORINENSIS autour du châtel. Thibaut sy intitule simplement MILES.

Après sa mort, Isabelle se remaria avec Gaucher de Chàtillon, comte de Porcien (1312-22), qui fit forger de nombreuses pièces dans l'officine d'Yves, principalement des esterlins à la tête de face, des deniers au type chartrain, des deniers à Técu de Chàtillon (fig. 1 727), etc.

Pendant qu'il était maître de la terre de Florennes, Gaucher semble

Fig. 1727

Fig, 1728

avoir obtenu en engagère, de son voisin le comte de Chiny, le village ardennais de Moiry (Moreium). Là aussi, il frappa des esterlins (fig. 1728-1729) et des deniers à l'écu{ï\^. 1750), mais à la légende: MONETA

Fig. 1129

Fig, 1730

MOREI '. Ce sont les mêmes pièces qui, par suite d'une erreur de lecture, ont été attribuées longtemps à Château-Porcien (MONETA PORCI).

On n'a rien des successeurs immédiats de Gaucher, Mathieu et Raoul (i 322-1346). Jean I (13-16-1391) émit quelques pièces à Florennes, et

I. R. Serrure, Moreiutn, dans VAtmuaire de h Soc. franc, de numism., 1886.

de Charles II de Lorraine (1591-14^1) nous possédons un blanc de Florennes imité des blancs français au K couronné '.

§ XLII. — Seigneurie d'Agimont,

Agimont, dominé par un château dont on voit encore les ruines, était autrefois le chef-lieu d'une seigneurie qui s'étendait sur les deux rives de la Meuse, en aval de Givet. D abord aux comtes de Chiny, cette terre passa dans la maison de Looz par le mariage de Jeanne de Chiny avec Arnould IV de Looz (mort en 1256).

On connaît une seule monnaie de la seigneurie d'Agimont, un esterlin à la tête de face, attribué à Jean II (1280-1 3 10); cette pièce porte du côté de la croix : MON-ETA-AGI-MOT.

§ XLIIL — Seigneurie de Fontaine-VÉvêque.

Au xviii^ siècle encore, les seigneurs de Fontaine-l'Évêque se targuaient du droit de monnayage qu'auraient possédé leurs ancêtres. M. de Manet attribue à l'un deux, Baudouin de Hennin, qui obtint la terre en 141 9, un demi-gros et un quart de gros au type du saint Charlemagne d'Aix-la-Chapelle, portant comme légendes: S. BALDEVVINVS F' et MONETA • NOVA • FONTEINIS. Cette attribution n'est pas absolument certaine.

§ XLIV. — Évàhé de Liège ^,

DeRenesse et Perreau ne font dater l'introduction, à Liège, d'une monnaie supérieure à l'ancien denier que de l'épiscopat de Jean IV. Ce prélat aurait, le premier, trappe des esterlins à Técu au lion, dans l'atelier d'Huy. Mais l'examen attentif d une trouvaille faite en 1866 à Bruges a permis à M. de Coster de restituer ces pièces à Jean 1 1 1 d'Enghien (1274-1281).

Quant à Jean IV de Flandre (1282-92), on sait qu'en 1283 il conclut

I . J. Roman, BkDic de Charles, diic de Lorraine, seigneur de Florennes, dans la Rev, bel^cde nutnisin., 1881, p. 356.

3. Sources: p. 573. — R. Serrure, éléments de F histoire monétaire de la principauté êpiscopale de Liège (Gand, i88o). Plaquette in- 18.

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une convention monétaire avec son beau-frère Jean I, duc de Brabant, relativement à l'atelier de Maestricht. L'acte est trop curieux pour que nous n'en citions pas quelques lignes : « Item il est ordonei et accordei « ke li monnoie de la vile de Treitsoit commune aussy bien al eveske kc « au duc, et tout le profit ki en venront aussy seront portables autant « al un que al autre^ et li un dans ne puet la faire monnoie par luy, « mais tout ensemble et de commun accort le puissent /aire et rien « autrement^ et doit celé monnoie estre férue tout en un mesme coing, « et toute d'un pois et d'une valeur, et doit en prendre le coing à « Liège, »

En 1289, révoque abandonna la gestion du temporel de son église à son père Gui de Dampierre. Le comte de Flandre profita de sa « mainbournie » pour battre à Statte-lez-Huy des petits gros à l'aigle portant son nom.

Après une vacance de quatre années, Hugues III de Chalon (1295- 1301) succéda à Jean IV. Complétant le système monétaire liégeois, il fit frapper des gros tournois à Liège (fig. 173 1) et à Huy (fig. 1732), des

Fig. 173 I

Fig. 1732

petits gros à l'aigle (valant deux esterlins) à Statle (Hg. 173 O» Thuin (fig. 1734) G^ Fosses (fig. 173$)' enfila des esterlins à tête à Huy, Statte

(fig. 1736) et Fosses. D'autres pièces se retrouveront un jour, carie moine Zantfliet dit dans sa Chronique : « Anno izgô apud Hoyum, in locoqui dicitur Al Stat, nova moneta fabricatur, aère commixta, vix valens unum turonensem. »

Hugues de Chalon eut à Liège la réputation qu'avait en France son

contemporain Philippe le Bel. En 1301, le pape Boniface VIII l'envoya à Tarchevêché de Besançon, sur les instances du Chapitre de Saint-

Fig. 1736

Lambert qui, ému des réclamations populaires, reprochait au prélat d'altérer sa monnaie.

Adolphe de Waldeck (1 301-1303) en revint à l'émission du rfew/er d'argent fin, et cette pièce est la seule que nous ayons de son épiscopat. Elle porte à l'avers le buste mitre de face et le nom ADVLPH' ; au revers, une aigle de profil et LEOD (fig- 1737).

La numismatique de Thibaut de Bar (i 303-1312) offre beaucoup plus d'intérêt.

A Liège, Statte, Thuin et Fosses, l'évèque frappe des gros tournois de

Fig. X737

Fig. 1738

type royal; à Waremme, il copie le gros au châtel brabançon. Une pièce d'argent, un peu plus grande que l'esterlin, rappelle par son type (l'évèque assis, tenant la crosse et bénissant) l'Ambrosino de Milan. Une subdivision porte seulement le buste de l'évèque (fig. 1738). On a voulu établir un rapprochement entre l'introduction à Liège de ces coins de style italien et le séjour que Thibaut de Bar fit en Italie (1 303) pour obtenir du pape la confirmation de son élection. Les noms de ses

ateliers s'écrivent LESTAT, PHOSIS. VAREM.

Adolphe de la Ma rck (13 13-1 344) fut le créateur d'un type monétaire qui obtint la plus grande faveur dans les Pays-Bas: l'aigle posé au naturel, les ailes entr'ouvertes pour prendre son vol. A en juger par le poids des monnaies, le système d'Adolphe se compose de cinq pièces :

I. Gros. Le premier coin employé donne, à l'avers, Taigle entourée du nom de l'atelier ei d'une bordure de douze trèfles; au revers, une croix longue coupant la légende interne. C'est une adaptation du type à\igros au lion gantois frappé vers 1305. Mais ce coin ne semble pas avoir servi longtemps ; on ne connaît qu'un seul exemplaire de la monnaie, frappé dans l'atelier d'Avroie. Le type définitivement adopté

montre l'aigle perchée sur Vécu des de la Marck et bordée de huit arceaux. Il existe des gros à ce type pour Liège et pour Avroie; ils ont été copiés à Wesscm par Guillaume, seigneur de Hornes.

2. Petit gros ou double tiers de gros. Aigle simple. Rev. : Croix feuillue. Cette pièce, très commune et qui existe pour les ateliers d*Avroie et de Huy, fut imitée dans un grand nombre de seigneuries : Looz, Luxembourg, Chiny, Elincourt, Arleux et Seniin.

3. Tiers de gros ou esterlin. Aigle perchée sur l'écu des de la Marck. Rev, Croix cantonnée de groupes de globules, comme sur les esterlins anglais. Ces pièces sont frappées à Liège et à Huy.

4. Quart de gros. Aigle simple. Rev. Cvoiyi feuillue. Même type que celui du />f//7 gros. Ce quart se trouve fréquemment, toujours avec les noms des ateliers de Huy et d' Avroie. Louis IV, comte de Looz, Ta imité.

$. Denier de W//ow, représentant le perron liégeois dans une enceinte flanquée de deux tourelles. Il y en a de Huy et d'Avroic. Ce qu'on appelle perron liégeois est une croix haussée ou un calvaire.

Engelbert de la Marck (1545-1 ^64), q^î ajouta au temporel du siège le comté de Looz, semble avoir frappé la première monnaie d'or liégeoise, un florin anonyme, dans Tatelier de Saint-Pierre-les-Maestricht. La pièce porte autour du lis épanoui les mots : SANT PETRII et son différent est une mitre. Les auteurs italiens et français Tattri huent à Avignon et au pape Jean XXII, erronément, car le plus grand nombre d'exemplaires connus proviennent d'une trouvaille faite, il y a quarante ans, à Tournai.

Quant aux monnaies d'argent, Engelbert conserva au début de son règne les types arrêtés par son prédécesseur. Nous avons son gros à laigle, frappé à Saint-Pierre et à Dînant (MONETA DYONE'SIS.

Fig. 1739

Fig. 1740

fig- 1739)» son petit gros (fig. 1740) et son tiers de gros frappés également à Saint-Pierre.

A une époque que des documents écrits pourraient seuls préciser, les monnayeurs liégeois ont empruntée Tarchevêque de Cologne, Walerand de Juliers (1^32-1349) un type nouveau: le buste mitre de face. D'abord, ce buste était bordé d'arcs fleurdelisés et enserré dans la légende marginale (fig. 1741); au revers, la croix restait brève et ceinte de sa double

inscription. Plus tard, une bordure de trèfles à la façon des lis du gros tournois ou des feuilles de vigne du gros au lion remplacent la légende qui, réduite outre mesure, est placée dans le champ, autour delà tête,

Fig. 1741

sans en être séparée par un grènetis. En même temps la croix pattée du revers allonge ses branches pour couper la légende intérieure. Ce type doit être le dernier employé par Engelbert, car nous le retrouvons sous son successeur.

L'abandon du type de Taigle semble coïncider avec une modification du système monétaire: le gros^ au lieu d'être subdivisé en doubles tiers et en tiers (esterlins), est désormais subdivisé en demis, et sans doute en quarts, bien que ces derniers nous soient encore inconnus.

Jean d'Arkel (1364-1^78), qui occupait pendant vingt-trois ans le siège d'Utrecht lorsqu'il fut transféré à Liège, a frappé deux monnaies d or: \e grand mouton (fig, 1742) copié d'après celui de Jean III de Bra-

Fig. 1742

bant et portant le titre de duc de Bouillon, puis Vécu au saint Pierre (fig. 1743), dont le type est emprunté au Pieter d'or frappé à Louvain par Jeanne et Wenceslas.

Pour l'argent, l'évèque commence par s'en tenir au dernier type usité sous son prédécesseur; puis il imagine deux types nouveaux: l'un, réservé à l'atelier de Maestricht, représente le saint comme sur 1 ecu dor (fig. 1744); l'autre, fabriqué à Liège, figure l'évèque à ml-corps, tantôt bénissant, tantôt avec un livre à la main, au-dessus de son blason de famille. Un atelier monétaire, créé à Tongres, ne nous a fourni ^visqu'ici que des pièces de la première émission.

aUATRlEME PARTIE

Arnould de Homes (i 378-1 389) avait été, comme Jean d'Arkel, évêque d*Utrecht, avant d'obtenir la mitre liégeoise. On possède de lui deux monnaies d'or différentes, deux en argent et un certain nombre

Fig. 1743

Fig- 1744

de billons ; trois ateliers : Liège, Tongres et Maestricht ont pourvu aux besoins de la circulation monétaire.

Les types d'Arnould de Homes sont tous empruntés aux monnaies des princes voisins, sauf pour le billon qui reproduit l'image épiscopale, à mi-corps au-dessus d'un écusson. L'un de ses Jlorins d'or représente saint Pierre, comme font les ^orrn^ trévirois de Conon de Falkenstein;

Flg. 1745

mais au revers, deux écussons sont placés dans une épicycloïde (fig. 1745)5 ce qui rappelle hsjlon'ns de Renaud, duc de Gueldre. Sur son second^orm, Tévêque de Liège place le saint Jean des pièces florentines, et au revers sa propre effigie, sous un dais gothique, Técu de Hornes à

Fig. 1746

ses pieds (fig. 1746). Ce type est un emprunt évident fait à Florent de Wevelinkhoven, évèque d'Utrecht.

Sur ses pièces d'argent, Arnould reproduit le coin du bryman de Jeanne et VVenceslas, ou du double gros aux deux écus surmontés de

FLADRES, type créé par Philippe le Hardi; le mot FLADRES est naturellement remplacé par EPS LEDI (fig. 1748).

Plus haut, p. 1117, nous avons vu un billon d'Arnould, frappé à Wessem, dans la seigneurie de Hornes. Les deniers anonymes à la légende ' PATER NOSTER (fig. 1747) peuvent avoir été frappés au

Fig. 1748

commencement du règne, alors que le nouvel évêque ne se considérait encore que comme administrateur du diocèse; mais déjà, sur un des exemplaires, on trouve les lettres EPI.

En 1 390, le fils d'Albert de Bavière, comte de Haînaut et de Hollande, Jean sans Pitié, reçut la mitre de Tévèché de Liège. Son gouvernement fut une époque de troubles et de désastres. En 1406, la bourgeoisie mécontente le força de se retirer à Maestricht et nomma à sa place Thierry de Perwez (1406-8). Alors la guerre éclata. Elle prit fin, le 23 septembre 1408, par la défaite des gens de métier dans les plaines d'Othée. Thierry de Perwez périt dans la mêlée. Pendant son règne éphémère, il n'avait frappé que des deniers noirs au type de l'évêque à mi-corps et à la légende : THEOD • D • G • ELET (sic) • LEOD.

De Jean de Bavière (i 390-1418) nous avons une longue série de monnaies splendides, en or et en argent, mais aucun document écrit ne nous renseigne sur leur valeur ni sur Tépoque précise de leur émis-

Fig. 1749

sion. Il faut se contenter d'une simple énumération. En or, nous trouvons la chaise ^Vécu (fig. 1749) deux variétés du florin au saint Jean, un second77or/n au prince debout et armé (type hollandais), \q griffon et

le demi-griffon. En argent: le double griffon (fig. 1750), le griffon elle demi-griffon^ le double gros à Vaigle (imité des pièces d'Albert de Bavière, comte de Hainaut), le botdraeger (imité de celui de Philippe le Hardi), le gros aux deux écus surmontés d'une aigle (copie des monnaies du même prince), le gros à Vécu heaume, etc. Pour le billon noir, Jean de Bavière eut deux coins différents : sur l'un, l'écusson de Bavière-Palatinat est placé droit dans le champ (fig. 175 1), sur Tautre il s'incline, attaché à une branche d'arbre (fig. 1752). Ce type fut imité par plusieurs seigneurs limbourgeois.

Les circonstances particulières de son avènement expliquent l'ouverture de plusieurs monnayeries temporaires, car, à côté des ateliers réguliers de Liège et de Hasselt, nous voyons ceux de saint Trond (DE SANCTO TRVDONE), d'Hérck-la-Ville et d'Eygenbilsen.

jm.\m^.

i-ig. 17J0

Au point de vue des titres du prince-évèque, ces monnaies se divisent en trois catégories. Sur les plus anciennes on lit: lOHS • DE BAVAR* ELEC-LEOD-Z-COLOSS; les plus récentes portent lOHS-DEI-

Fig. i7î^

GRA • EPIS • Z • CO • LO ; enfin, quelques-unes portent simplement: lOHS-DVX-DE-BAVARIA.

On n'a pas la moindre pièce de Jean de Wallenrode (1418-19), évêque dont le règne dura à peine un an.

L'or de Jean de Heinsberg (1419-145 5) est d'un métal moins pur que celui de Jean de Bavière, d'où il résulte que la frappe en est moins nette et l'aspect peu séduisant. Cette réserve faite, la série métallique du prélat est encore fort belle et d'une grande variété. On connaît

aujourd'hui six pièces d'or différentes: \qs florins au saint Lambert et au saint Pierre, le griffon, la chaise, l'ange et le demi-ange.

Même abondance de types dans la série d'argent, où l'on trouve le griffon et le demi-griffon, le cromsteert copié de ceux de Jean sans Peur et de Philippe le Bon, le double gros et le gros à l'écu heaume, la plaque aux armes en plein champ, le gros au saint Pierre assis avec reçu des Heinsberg à ses pieds, etc. Les billons de Jean demandent aussi à être cités, parce que les petits feudataires les ont souvent imités. Ils ont pour types tantôt le perron liégeois, accosté parfois de deux écussons, tantôt le buste de saint Lambert, patron du diocèse, ou l'écu aux sept quartiers de l'évèque, sinon ses armes disposées dans le champ.

Heinsberg avait ses ateliers à Liège, à Hasselt,à Curangeetà Saint- Pierre. Un billon au perron porte le nom de l'atelier d'Argenteau (MONETA NOVA DE ARKEN), mais il est difficile de dire s'il s'agit d'une pièce épiscopale ou d'une imitation due au seigneur local.

Sur les plaques de l'évèque, nous voyons apparaître la première indication, à Liège, d'un millésime : anno domini millesi(m)o CCCCXXXVII.

Louis de Bourbon (145 5-1482) fut chassé trois fois de son siège par ses sujets révoltés; trois fois, Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, intervint pour le rétablir. Dans la dernière guerre, la ville de Liège fut presque entièrement détruite.

Les monnaies de Louis de Bourbon, dont quelques-unes, les plus anciennes, portent le titre d*eleclus, sont assez variées. En or, nous avons un florin à la Vierge, un florin au saint Lambert, une pièce sur laquelle l'écu de Bourbon est tenu par un lion accroupi, enfin une quatrième, sur laquelle l'écu de Bourbon, penché sous un heaume lambrequiné, a deux lions debout pour supports (fig. 17$ 3)- Les mon-

naies d'argent reproduisent souvent les types de Charles le Téméraire; ce sont des doubles briquets, des briquets simples et des demibrtquets-, il y a aussi \^ plaque et ses subdivisions, où les trois lis

ri34 QUATRIÈME PARTIE

de Bourbon, brisés d'une barre, simulent assez bien le coin du grand blanc frappé à Tournai par le roi Charles VII. Le même prélat contrefait le guenar de Charles VI et le double tournois de Louis XI. Son atelier le plus actif est celui de Hasselt; mais quelques monnaies noires portent l'indication: MONETA : FCA : IN: CVRINGEN (Cu range).

Liège incendiée commençait à se relever de ses ruines, lorsqu'un événement imprévu vint, de nouveau, jeter le trouble dans le pays. Guillaume de la Marck (1482-84), le Sanglier des Ardennes, envahit subitement, à la tête d'une bande armée, le territoire de la principauté, défit le prélat et le tua dès la première rencontre, puis entra, vainqueur, à Liège.

Le Sanglier prit le titre de mambour (1482) et, en cette qualité, frappa des monnaies d'un type tout nouveau. Ce sont les gros et demi-gros appelés testons, improprement, car le mot teston évoque Tidée d'une pièce à flan épais. La légende est: WILHEL- D • MARH • MAB- LEOD. Le terrible mambour y figure en buste, tourné à droite, les cheveux et la barbe longs, coiff'é d'une toque.

Pendant que Guillaume occupait Liège, une partie des chanoines de Saint-Lambert, réfugiés à Louvain, firent choix d'un nouvel évêque, même de deux, car les voix se portèrent à la fois sur Jean de Homes et Jacques de Croy. Bientôt, le mambour plaça son fils Jean sur le siège épiscopal. Jean de la Marck (1482-1484) ne prend sur ses monnaies que le titre de postulant du siège: lOHS- DEI-GRA- POSTVLAT'- LEODIE(fig- 1754). Pour ses pièces d'argent, dont l'une est appelée dans

les textes denier du fils de messire Guillaume, il conserve le type du double briquet et de ses subdivisions. Ses billons portent Técusson des de la Marck, entouré de deux perrons et de deux L-

Après que l'évêque Jean de la Marck eut été cassé par le pape et que Jacques de Croy eut abandonné ses prétentions, Jean de Homes (1483-IJ05) devint le titulaire légitime, mais les frères de l'ancien mambour, Robert et Everard de la Marck (1488-89), continuèrent à lui disputer le pouvoir. Ce dernier prit le titre de protecteur:

EVERARD- D- MARK- PROT- LEOD. H émit \xn florin d'or au saint Hubert, des demi-briquets^ patards, etc., en cette qualité.

Les monnaies de Jean de Hornes sont frappées à Liège, à Hasselt et à Saint-Trond. Des florins d*or au saint Jean et au saint Lambert, d'un métal très altéré, portent son nom. En argent, nous retrouvons le briquet et le double briquet, le gros et le demi-gros à lëcu de Hornes, d'autres pièces où figure un écu penché sous un heaume. Jean de Hornes s'intitule d'abord lOHS-ELE'COF-MAT (confirmatus) •LEODIEN. puis EPS-LEOD-DVX-BVL-COM-LOS.

Les désastres de son règne furent réparés par le gouvernement paisible d'Erard de la Marck(i 506-1 538), fils de Robert et neveudu mambour Guillaume. Ce prince, ERARD • DE • MARC- CARDINA • Z • EPS • LEO, fit frapper des florins d'or et même des doubles florins à l'écu, sans compter les florins au saint Lambert debout, analogues à ceux de Jean, et d'autres florins où saint Lambert est assis sur un trône, les pieds posés sur récusson des de la Marck, enfin des florins au saint Hubert.

Le monnayage de l'argent s'achemine insensiblement vers l'époque moderne. Si le thaler ne fait son apparition à Liège que sous Georges d'Autriche (1544-15 S?)» dès le temps d'Erard on frappe, à côté des pièces de flan mince, une pièce de large module et de flan plus épais, appelée snaphan et sur laquelle saint Hubert chevauche vers la droite en soufllant dans un cor de chasse. C'est aussi sous Erard que se montre le premier millésime en chiff'res arabes, 15 10. Les lettres gothiques vont bientôt disparaître sous Corneille de Berghes (1538-1544).

§ XLV. — Duché de Bouillon.

Le duché de Bouillon, après avoir fait partie de la Basse-Lorraine, fut vendu à l'évêque de Liège par Godefroi de Bouillon partant pour la croisade (1096). Mais le pays ne fut jamais incorporé dans le territoire de Liège. L'évêque Jean d'Arkel (1364-72) est le premier qui place les mots lOH* DUX BVLL0NEC«5^ sur son double mouton d*or (p. 11 29); à partir de Jean de Heinsberg (1419-55), ce titre se lit souvent sur les monnaies liégeoises, et Jean de Hornes (1483-1505) y ajoute les armes du duché.

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