Blàtter fur Mûnzfreunde 1874, p. 285 et 1904, p
3 . Van der Chijs, De Munten der voormalige Graven en heriogen van Gelderland, Haarlem, 1852, in-4. — W. J. de Voogt, Bijdragen lot de Numismatiek van Gelderlandy Amhem, 1867. — Roest (Th. M.), Essai de classification des monnaies du comté puis duché de Gueldre. Bruxelles, 1893.
La copie est si fidèle que, du côté de la tète, la légende HENRICVS d^ prototypes est restée intacte; de même, au revers, on a inscrit un nom de monétaire (WILLEM) suivi du nom de lieu ARNHEMI, tout à fait à la façon anglaise.
A ces copies en succèdent d'autres, des esterlins anglais d'Edouard I. Ici les légendes changent. On lit autour de la tète: COMES GELRENSiS et autour de la croix CIVITAS ARNEYM.
Une troisième classe d'esterlins à reçu est inspirée de ceux que frappait en Brabant Jean I (1 261-1294); on y voit tantôt Técu bilietté au lion, tantôt Técu parti d'un lion et de billettes.
Renaud II (1326-1343) neut d'abord que le titre de comtes puis à partir de 1359 le titre de rfwc. Comme comte, il frappait à Nimègue (MONETA NOVIMAGENSIS) de petits gros au lion, imités, du moins pour le coin du revers, des pièces forgées par Louis de Crécy à Gand et à Alost. Là aussi, le lion est entouré de billettes. On donne à Renaud II un florin d'or anonyme, portant autour de la fleur de lis le nom de Ruremonde, + RVRMVNDEN. C'est la plus ancienne monnaie d'or fabriquée en Gueldre.
Élevé à la dignité de duc, Renaud II fit frapper des subdivisions du gros au //on de Flandre, qui se distinguent aisément de celles émises sous Renaud III. Le lion n'a pas de couronne, et sa queue se replie vers le corps, tandis que le même lion, sur les pièces de Renaud III, est couronné et que sa queue a deux branches en sautoir. Les monnaies ducales de Renaud II sont frappées à Harderwijck (MONETA HER- DERW) et à Elburg (MONETA ELBORGENSIS). D'autres, sans nom d'atelier, portent simplement MONETA GELRENCIS; c'est sur une de celles-ci que Renaud ajoute à son titre habituel le titre de comte de Zutphen: RROU DVX-GEL'- CO- SVT.
Après la mort du duc, sa veuve Éléonore d'Angleterre, fille du roi Edouard III, prit en mains l'administration du pays, comme tutrice d'un fils mineur, Renaud III. Pendant un an (1343-44), la duchesse douairière monnaya en son propre nom. On a d'elle un gros au lion frappé à Arnhem, et dont le coin, conservé d'abord, puis légèrement modifié sous Renaud III, devint le modèle de plusieurs imitations seigneuriales. A Tavers, le lion est placé dans une épicycloïde à six lobes, chaque lobe renfermant, à son tour, trois petits arcs de cercle; la légende est + ALIANORA* DVCISSA* GELR'. Au revers, une double inscription circulaire, formée du nom de Tatelier et des mots SIGNVM CRVCIS. entoure une croix pattée. Une des fractions du gros d'Éléonore vient de l'atelier de Harderwyck.
Sur toutes les pièces de la duchesse, le lion a la tête couronnée et la
queue tournée vers le dehors. Renaud III (iH3"'370 ^^ changea rien à ce type, qui devint Técusson de la Gueldre : d'azur au lion d'or couronné et la queue à deux branches nouées en sautoir. Ses monnaies sont communes et portent les noms de différents ateliers: Harderwijck, Ruremonde, Vollenhoven (MONETA VOLEbO), Emmerik (MONETA: EMBRICENSIS OPIDI), Zaltbommel (MONETA ZAVTBOMELENSIS ou MAES BOEMMLNS); là où le nom d'atelier manque, il faut supposer Arnhem.
Si la face du gros au lion reste sans changement, il n'en est pas de même du revers, dont la croix courte, ceinte de deux légendes, cède la place à une grande croix feuillue, cantonnée de quatre aigles et entourée d'une seule inscription (fig. 1766). Plus tard, pour les besoins du commerce, le duc frappe des gros tournois pareils à ceux de France, et des gros au lion reproduisant sans modification le coin de Louis de Crécy, comte de Flandre. Vers la fin du règne, les monnayeurs
gueldrois créent un coin nou- tig, ,^66
veau, de grande beauté : Técu
penché sous un heaume ayant pour cimier une queue de paon épanouie. Il existe des gros et des demi-gros à ce type. De la même époque, nous avons les florins d'or, où le duc est représenté à mi-corps, coiffé de roses et Tépée au poing, sous une arcade gothique; un petit écusson est placé devant lui. Au revers, deux écus, Tun à Taigle bicéphale, l'autre au lion, remplissent une épicycloïde à six lobes.
En 1350, de violentes querelles politiques éclatèrent dans le duché entre le parti des Hekeren et celui des Bronckhorst. Renaud III prit ces derniers sous sa protection, son frère Edouard (damoiseau, 1359-61 ; duc, 1 361-71) devint le chef des autres. Pendant onze ans, le pays fut en proie à la plus eff'royable des guerres civiles, jusqu'au moment où Renaud fut fait prisonnier par ses adversaires (1361) et enfermé dans un cachot d'où il ne sortit qu'en 1 371 , après la mort d'Edouard.
Dès le début de la lutte, Edouard, qui s'était emparé de quelques villes du Sud de la Gueldre, Ruremonde et Venloo, y installa des ateliers monétaires. Sur ses premières pièces, il s'appelle simplement EDEWARDVS • DE • GELRENS. Nous avons ses gros au lion, au type de Flandre, et ses gro5 à Vécu penché sous un heaume, a\ec leurs fractions. Ses armes sont au lion gueldrois sans couronne, brisé d'une fasce en chef.
II 50 aUATRifeME PARTIE
En i;6i, Edouard se fit couronner duc de Gueldre. Il frappa un superbe double mouton d'or, portant sous Tagnel EDI5-DISX, puis le lion d*or et des botdraegers (Arnhem, Nimègue, Venloo). Ces pièces sont imitées de celles de Louis de Mâle, mais le heaume du lion a pour cimier une queue de paon.
Après la mort d'Edouard (i 571), Renaud III fut rétabli sur le trône, puis, trois mois plus tard, il suivit son frère dans la tombe, sans laisser d'héritier mâle.
Deux femmes élevèrent alors des prétentions à la couronne : Mathilde, sœur aînée de Renaud 111, et Marie de Gueldre, épouse de Guillaume, duc de Juliers, celle-ci au nom de son jeune fils (Guillaume 1*0- Mathilde fut soutenue par la faction des Hekeren, Marie par les Bronkhorst. L'empereur Charles IV se montra disposé en faveur de cette dernière et nomma, dès 1372, le comte de Juliers administrateur ou mambourde la Gueldre.
Les chances de la lutte furent d'abord favorables à Mathilde et à son mari Jean de Blois; mais bientôt le sort les trahit et, en 1 579, ils furent obligés d'abandonner le pouvoir, sous la seule réserve de conserver, leur vie durant, les titres honorifiques de duc et de duchesse.
Nous possédons deMathilde de Gueldre (\ ^7 1-7()) des botdraegers analogues à ceux d'Edouard et portant à Tavers M€ObT€LDIS: DVX: 6'€LRR'-Z: CORT*' D€ : ZWTF'; des subdivisions du gros au lion, et des pièces imitant un dessin que nous avons vu naître dans le comté de Hollande, sous Guillaume V de Bavière. Sur les monnaies frappées en Gueldre, le champ entouré d'un quadrilobe est divisé en trois compartiments verticaux, occupés par un heaume timbré du cimier gueldrois et par deux lions. Ces gros, que nous appellerons gros au heaume entre deux lions, sont frappes dans la petite ville d'Huissen : + MONETA • D€ • bWSCI€RSIS.
On a aussi des monnaies du mambour Guillaume de Juliers (1572- 1377), les botdraegers de Venloo (+ MONETA- DE • VENENSD sur lesquels l'administrateur du duché s'intitule : WILb€LMVS: DVX : IVLIS: MVB:GELR'.
Au milieu de tous ces démêlés entre Mathilde et Marie de Gueldre, la veuve du duc Renaud III, Marie de Brabant, avait retenu le titre de duchesse douairière et créé, dans son domaine d'Oyen sur la Meuse (Brabant septentrional), un atelier monétaire où elle fit forger des espèces jusqu'à sa mort (i390- On a retrouvé ses couronnes d'or (fig. 1767) imitées de celles de Brabant et de France, ses florins d or au type de Renaud 111 de Gueldre, ses botdraegers, ses doubles gros aux deux écus et ses gros à Vécu dans une épicycloïde, pareils à ceux de la duchesse
IISI
Jeanne de Brabant. Marie s'intitule : Maria de Brabantia, ducissa Gelrie et comitisa Zutphanie avec plus ou moins d'abréviations. L'atelier est indiqué sur quelques pièces d'argent: MONETA-OIENENSIS.
Fig. 1767
Les monnaies de Guillaume 1 (1^77-1402) se divisent naturellement en deux groupes : celles frappées de 1 577 à 1 395 par le duc de Gueldre, et celles frappées après 1595, lorsqu'il eut succédé à son père dans le pays de Juliers.
Avant 1393, il eut ses ateliers à Arnhem, NimègueetHarderwijck, produisant des^or/w5 d'or au coin inauguré par Renaud III, des botdraegers et leurs fractions, des gros au heaume entre deux lions et quelques autres pièces divisionnaires. Lq florin de Stramprade doit son nom à Godert de Stramprade, maître de la Monnaie et intendant (i 569-94).
Les monnaies gueldroises frappées de 1 595 à 1402 ne sont pas toujours commodes à distinguer de celles émises à Juliers même, car les types des deux pays sont identiques, les ateliers d'Arnhem, de Ruremonde, de Venloo et d'Erkelens ne sont pas toujours indiqués par une légende, et Tordre suivi dans Ténumération des titres du prince est toujours le même: WILb€LMVS DVX IVLIACENSIS ET GELRENSIS. Le premier type employé (avant 1 393) est certainement celui du heaume entre deux lions dans un quadrilobe, puis le quadrilobe disparaît et les deux lions soutiennent le heaume. Enfin, un grand écu, parti ou écartelé, est surmonté du heaume avec couronne et plumes de paon.
Renaud IV avait déjà, avant de succéder à son frère Guillaume I frappé monnaie dans sa seigneurie de Venray, près Ruremonde. Ce sont des doubles gros et gros au type de Juliers (écu au lion dans une double épicycloïde); on y lit: : REIRALDVS : DE: IVLIA: Z:GELRIA et MO- NETA • [NOVA] • VERRADENSIS.
Devenu duc, Renaud IV (1402-1423) mit en circulation des chaises d'or, deux variétés du florin au saint Jean-Baptiste et d'autres^orzn^ figurant d'un côté un ange à mi-corps qui tient l'écu parti de Juliers- Gueldre, et au revers la Vierge assise sur un trône à clochetons (fig. 1 768). Ses espèces d'argent forment deux séries complètes de doubrles gros et
Fig. 1768
de leurs fractions ayant pour types: i^ lesécus de Juliers et Gueldre penchés Tun vers l'autre et timbrés de leurs heaumes respectifs ; 2° les mêmes écus accolés sous un heaume au cimier gueldrois. Ateliers: Arnhem et Nimègue.
Nous arrivons aux monnaies d'Arnould (142;- 147 3), qui constituent un ensemble remarquable. Déjà ses florins d'or, d'un métal parfois
assez bas, présentent six types variés, pour lesquels on a mis à contribution les pièces des archevêques de Cologne, de Mayence et de Trêves, sans oublier le Palatinat. Après les florins, ce sont les cavaliers et demicavaliers rf'or qui font leur apparition, inspirés de ceux de Philippe le Bon.
La série d argent est tout aussi nombreuse; les pièces les plus anciennes continuent les types en usage sous Renaud IV ; celles qui ont été frappées vers le milieu ou la fin du règne, ont les armes de Juliers-Gueldre dans le champ: un écu f)enché sous le heaume, quelquefois soutenu par deux lions, un écu sous deux heaumes, ou encore deux heaumes en regard. Les ateliers restent les mêmes.
Le règne d'Arnould fut profondément troublé par la révolte de son fils Adolphe. Charles le Téméraire, duc de Bourgogne, toujours à l'affût des occasions favorables à ses projets de conquête, eut hâte d'intervenir. 11 fit Adolphe prisonnier et obligea Arnould, le 20 décembre 1472, à lui céder ses droits sur le trône de Gueldre.
Le pays devint ainsi une province bourguignonne et n'eut plus d'existence propre que sous Charles d'Egmont qui soutint contre les envahisseurs une lutte héroïque. (Voir p. 1172 et notre Traité de num. moderne^ t. 1, 226).
§ IX. — Seigneurie puis comté de S'Heerenberg et seigneurie d'Hidel '.
La seigneurie de S'Heerenberg, entre le comté de Zutphen, le duché de Clèves et le duché de Gueldre, avait fait partie de l'ancien comté de Zutphen. Le droit de battre monnaie y remonte aux plus anciens temps féodaux.
I. C.-A. Serrure, Histoire de la Souveraineté de S* Heerenherg , La Haye, 1860, in-4. — W.-J. de Voogt, Bydrageti tôt de Numismatiek van Geîderland, 2^ stuk, Arnhem, 1869, in-4. — Dannenberg, Zeitschrift f. Num., II, 152 et IV, 194.
Les pays-bas septentrionaux 1153
On attribue à Frédéric II de S'Heerenberg un gros tournois portant l'inscription WRIDERICVS DNS. mais cette pièce peut aussi bien appartenir à une autre seigneurie.
La première monnaie certaine est un gros au lion, imité de ceux de Renaud III, duc de Gueldre, par Adam III de S'Heerenberg(i3}i- 1354). 11 porte les légendes: MORETA- NOSTRA • NOVA- ADE - D- MOTE — MOUETA • NOSTRA • NOVA • DE • MOTE.
Guillaume I(i5j 4-1 587) a frappé des es ter lins à ce même type, avec DNS WILHELMVS— MONETA DE MONTE, et qui ne sauraient être que de lui, car son homonyme de Berg en Westphalie avait le titre de comte, cornes, puis de duc, dux. L'attribution au même de deux gros tournois portant autour de la croix WILHS DNS DE MOTE. ou simplement WILHELMVS DNS, nous semble non moins incontestable.
Frédéric III (1 387-1416) a frappé des gros, demi-gros et quelques subdivisions à S'Heerenberg et dans la seigneurie de Buren que sa femme Catherine lui avait apportée. Ces pièces sont copiées sur celles de Guillaume I, duc de Gueldre et de Juliers; le gros et le demi-gros portent deux lions soutenant un heaume empanaché.
Guillaume II le Riche (1416-1465) ne s'interdit pas davantage de copier les espèces de son homonyme de Gueldre; mais les types des Pays-Bas méridionaux lui plaisent mieux. 11 frappe un crom^/eer/ calqué sur celui de Philippe le Bon, et des billons imités de ceux de Jean de Heinsberg, évêque de Liège, de Guillaume, comte de Namur, etc.
Guillaume II eut ses ateliers à S'Heerenberg et dans son autre seigneurie d'Hédel (MONETA : NOVA • DE : HED). Ses armes sont compliquées d'un nombre de quartiers très variables.
On n'a pas retrouvé de monnaies d'Oswald (1465-1506), le premier comte de S'Heerenberg. Celles de Guillaume III (1506-151 1) et de ses successeurs appartiennent à la numismatique moderne; nous les retrouverons au volume suivant, p. 244.
§ X. — Comté de Buren ^.
Frédéric III de S'Heerenberg avait épousé Catherine de Buren (morte en 1410). On connaît une pièce de billon aux légendes FREDERICVS • DOMINVS * BERG' (deux lions soutenant un heaume) et MONETA* NOVA • BVRENCENSIS (croix cantonnée des lettres NASB. pour