‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 2)Chapitre 40 sur 165 · III. - ROYAUME D'ECOSSE · texte numérisé non relu

III. - ROYAUME D'ECOSSE

Vers la fin du règne d'Alexandre III (1249-1285), la réforme monétaire qui substitue l'esterlin à l'ancien denier s'accomplit en Ecosse. Dès lors, la signature du maître de la Monnaie disparaît, et à côté de l'unité principale on voit, pour la première fois, des espèces divisionnaires.

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Le type de Yesterlin écossais est celui-ci : + ALEXANDER • DEI • GRA. Tête couronnée, à gauche; devant, un sceptre fleurdelisé. I^ REX- SCO-TOR-VM +. Croix pattée coupant la légende; dans chaque canton, une molette d'éperon ou une étoile. Le demi (halfpenny) et le quart (farthing) ne se distinguent de Testerlin entier que par leur module.

Cette règle est suivie pendant près de 80 ans, car les monnaies de Jean Baliol (1292-96) et de Robert Bruce (1306-29), très rares du reste, ne présentent pas de changement notable; seul, un esterlin de Jean porte le nom de l'atelier de Saint-Andrew, les mots CIVI-TAS-SAN-DREE remplaçant le REX-SCO-TOR-VM + habituel.

David II (1 J29-71), dans la première période de son règne, continue rémission exclusive de Testerlin et de ses fractions. Mais vers 1558, peu de temps après la création du gros anglais et de la monnaie d'or d'Edouard III, il ordonne la frappe de monnaies nouvelles, imitées de celles du royaume voisin. Son noble d'or n'existe plus qu'en cinq exemplaires. Il a la légende : + DAVID: DEI: GRA :REX : SCOTORVM ; debout dans un navire, le roi tient l'écu aux armes des Stuarts. Mais la monnaie d'argent (gros et demi-gros)^ créée à la même date, conserve son type national : on dirait un esterlin écossais grandi. A l'avers, la tète est placée dans un multilobe; au revers, la croix coupe deux rondeaux d'écriture: le nom d'atelier (Édinbourg ou Aberdeen) et le verset biblique qui est + DNS P'-TECTOR-MS- Z • LIB'-ATOR MS sur le gros, + DNS-PROT-ECTOR-MEVS sur le demi. Les gros pèsent 72, plus tard 63 grains. Un curieux farthing porte MONETA • REGIS- D, légende continuée au revers par AVID • SCOTTOR.

De Robert II (1371-90), on n'a pas de monnaies d'or, celles qu'on lui attribuait jusqu'ici étant plus convenablement classées à son successeur. Son numéraire d'argent ressemble à celui de la dernière émission de David, mais le poids fléchit peu à peu, et en 1573, quatre pennies écossais ne valent plus que trois pennies anglais. Édinbourg, Perth et Dundee (VILLA DVNDE) sont les ateliers. La lettre B. gravée sur le gros, derrière la tête du roi, pourrait être la marque d'un maître florentin, Bonacchi.

Robert III (1390-1406) introduit deux espèces d'or nationales: \t Saint André (ou lion) à 60 grains, et le demi-lion à 30 grains. Vers le milieu du règne, ces poids sont réduits d'un tiers, à 38 et 19 grains. La pièce appelée lion porte l'écu couronné et, au revers, saint André sur la croix, entre deux fleurs de lis. Légende : XPC REGNAT XPC VINCIT XPC IMPA sur les coins de la première émission, + DNS: PTECT : MS: LBERAT sur les autres, non sans quelques variantes. L'écu du demilion n'est pas couronné, et du saint André il n'y reste que la croix, can-

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tonnée de lis et de trèfles, mais la légende XPC VINCIT XPC REGNAT s'y maintient invariable.

Pour l'argent, dont le poids s'afl^aiblit aussi, en même temps que le titre s'abaisse jusqu'au billon, Robert II prend le buste de face des monnaies anglaises, et les molettes écossaises, à leur tour, se transforment en besants. Le graveur florentin, Bonacchî, qui avait conduit l'atelier d'Édinbourg sous les règnes précédents, flgure dans une ordonnance du 24 octobre 1395. Aberdeen, Dumbarton (VILLA DVNBERTAN) etPerth sont les autres ateliers.

Les cinq rois suivants étant homonymes :

•Jacques I, 1406-37. 'Jacques IV, 1488-15 14.

•Jacques II, 1437-60. 'Jacques V, 1514-42.

•Jacques III, 1460-88.

on se heurte, dans le classement de leurs monnaies, contre de grandes difficultés d'attribution.

Les pièces d'or de Jacques l*»", lioîi et demi-lion, présentent un texte liturgique qui n'avait pas été employé jusqu'alors : sahumfac populum tuum d(omi)n(e), et, inscrite dans une rosace, entre deux lis, la croix de saint André avec un petit | au centre. L'écusson a la forme d'un losange. Le type du gros subit une modification plus légère : près de la tête du roi, on voit son sceptre, et les cantons de la croix sont ornés de besants et de lis. Ateliers : Aberdeen, Édinbourg, Inverness (pour une seule monnaie), Linlithgow, Perth et Stirling.

A Jacques II, on donne deux espèces de monnaies d'or: le Saint André tl son demi au type de l'apôtre étendu sur la croix, puis un lion semblable à celui de Jacques l'^'", dont il ne diffère que par d'insignifiants détails de ponctuation. Naturellement, ces pièces sont très difficiles à partager entre les deux rois. Sur le gros, la croix du revers est d'abord cantonnée de besants et de deux lis; depuis 145 1, les lis cèdent la place à deux couronnes, et le buste du roi est tantôt drapé, tantôt sans manteau. Aux ateliers du règne précédent, il faut ajouter Roxburgh.

Jacques III (1460-88), à ses débuts, poursuit la frappe du Saint- André'^ mais bientôt il crée deux autres pièces d'or : le Cavalier (avant 1476) et la Licorne (i486). Le cavalier, à 80 grains, figure le roi à cheval et porte la légende salvum fac etc., coupée par une croix pattée sur laquelle se détache l'écusson. La licorne, à 59 grains, et la demi-licorne représentent cet animal fabuleux, retenu par une chaîne et paré des armes d'Ecosse ; au revers (exurgat deus et dissipentur inimici eius) une grande étoile aux rayons ondulés broche sur une croix fleuronnée.

Dans la série d argent de Jacques III, les émissions du gros, du demi-

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