I. Grolc, Mûnistudien, t. VII, 175 et 24ot
§ Xin. — Les comtes palatins du Rhin^,
L'introduction de la monnaie d'or dans le Palatinat remonte au long règne de Ruprecht I le Rouge, duc de Bavière (1529-90), princeélecteur depuis 1355. Après avoir frappé, en grand nombre, à(ts florins au lis florentin, il substitue à la fleur de lis Técu écartelé au lion et aux fuseaux de Bavière (RVPERT: DVX COMES:PALATI), qu'il enferme, selon le goût du temps, dans une bordure gothique à huit lobes ou dans un cadre formé de trois arcs et de trois angles (fig. 1820, atelier: Oppenheim). Sur les exemplaires les plus anciens de ce florin,
la légende S-IObANNES*B contourne le flan sans être séparée de la figure du saint par un grènetis; plus tard, la légende est placée entre deux grènetis et nous assistons à la naissance d*un type nouveau, très important, qui va devenir celui de presque toutes les monnaies rhénanes.
A une date non encore précisée, un traité fut conclu entre Ruprecht et Tarchevêque de Mayence, Gerlach (i 346-71), pour la frappe, en commun, de florins d'or (p. 1221) dont le premier représenterait sur chaque face l'un des deux souverains debout, le second la figure de saint Jean et récusson parti d'un lion et d'une roue. L'an 1 386, les quatre électeurs, c'est-à-dire les archevêques de Cologne, de Trêves, de Mayence, et le comte palatin s'entendirent pour la création d une monnaie uniforme de type, d'aloi et de poids, car la diversité du numéraire était un sérieux obstacle à sa circulation. On adopta \eflorin d'or au saint Jean, dont le revers renfermerait, dans un trilobé, l'écusson du prince monnayeur, accompagné des trois écussons, plus petits, de ses alliés. C'était à peu près le type que Ruprecht avait déjà choisi pour lui seul ; il fut imité plus tard par Jean IV, duc de Brabant (1414-27).
La série d'argent de ce règne est moins riche. On connaît un gros tournois, avec TVRONVS CIVIS, frappé à Heidelberg. Les p/ennings aux bustes encadrés (type de Ratisbonne) ne portent que l'initiale R et une autre lettre indiquant l'atelier : A (Amberg), N (Neumarkt), S (Sulzbach) ; sur le heller, il n'y a ordinairement qu'un seul buste et,
I. Exter, Versuch einer Sammliing iwi pfâliischen Mûnien und Medaillen (Deux-Ponts, 1760-75), 2 vol. in-4. — Widmer, Domus Wittelshachensis mmismatka (Munich, 1784- 85), 3 vol. — Kull, RepertoriurHy p. 140.
au revers, le lion du Palalinat; mais nous ne pouvons pas entrer dans le détail de toutes ces variétés.
En dehors des villes déjà citées, les ateliers sont Miltenberg et Bâcharach; nous venons de parler (p. 1 201) des deniers de Kaiserswerth attribués au comte palatin.
Ruprecht II (1390-98) et Ruprecht III (i 398-1410) restent fidèles aux types existants; puis Louis III (1410-36) y ajoute le Christ assis, sur un Jlorin d'or dont tous les écussons sont relégués dans les cantons de la croix. D'autres^or/w5 figurent saint Pierre assis ou le prince debout tenant Tépée de justice. On connaît aussi le raderalbus de Louis III et d'autres monnaies d appoint. Les ateliers étaient à Bacharach, Heidelberg, Neustadt-sur-la-Hardt (NVS)» Oppenheim.
Sous Louis IV (1436-49), on voit des millésimes sur les pièces (1437 et suiv.). Les pfennings frappés à Amberg viendront plus loin, au chapitre des branches collatérales (p. 1231).
Frédéric I le Victorieux (1449-76) entre dans l'alliance rhénane de 1462 qui reprend pour type du florin d'or le Christ assis sur un trône gothique. Ses florins au Christ sont frappés à Heidelberg; ceux de Bacharach montrent le prince debout ou simplement un décor héraldique: à l'avers l'écu de Bavière-Palatinat sur une croix longue; au revers, les écussons, formant triangle, de Cologne, Mayence et Bavière. C'est déjà la pièce adoptée plus tard par l'alliance de 1477, dans laquelle Cologne fut remplacée par le duc de Juliers-Berg. Pour la monnaie d'appoint, il y eut une convention avec Mayence seule (1459), ^n vertu de laquelle on frappa des pfennings aux armes des deux pays (roue et lion) ; ceux de Frédéric portent l'initiale F. Le gros blanc de Bacharach représente, comme le florin d'or, l'électeur debout tenant le glaive et l'écusson.
Enfin, Philippe I (1476-1508) fait aussi partie de l'alliance rhénane de 1477, mais en 1488 il ne s'entend plus qu'avec Mayence, et la frappe du florin au Christ recommence, cette fois avec des millésimes (1490 et suiv.). Le florin de 1500 figure la sainte Vierge dans une gloire (AVE GR PLENA DN TECV) ; sur un autre, frappé à Bacharach, on retrouve le prince debout. Les schillings et demi-schillings au casque portent le verset: no(n) michi dne s(ed) no(min)i tu(o) do gl(ori)a(m); mais il existe d'autres demi-schillings au buste de saint Pierre. Sur quelques gros, on voit déjà le buste du prince-électeur (rfeo gloriam in secula). Les pfennings concaves sont aux types du lion (avec un p) et de la roue de Mayence.
§ XIV. • — Les branches collatérales des comtes palatins^,
I. Neubourg (Haui-Palatinat) . — Jean (1404-43), second fils du roi Ruprecht de Bavière, eut le gouvernement du Haut-Palatinat depuis 1404, comme lieutenant de son père, puis, lors du partage de 1410, reçut la plus grande partie de ce comté, dont Amberg était la capitale. Le florin dor rhénan (fig. 1821) qu'on lui attribue appartient plutôt à Jean de Hollande (p. 1 141). Ses schillings et ses p/ennings sont frappés en vertu d'une convention avec Tévèque de Bamberg; d'autres /j/èww/wg^^ constatent une alliance monétaire avec le prince électeur du Rhin, Louis IV.
Fig. 1822
2. Simmern-Sponheim. — Le pays de Simmern, dans le Hundsrûck, échut en 1410 au cinquième fils du roi Ruprecht, Etienne de Deux-Ponts (1410-59), qui y réunit plus tard, lors de son mariage, la ville de Veldenz et une partie du territoire de Sponheim. Toutes ses monnaies sont frappées à Simmern (MON. SIMER'. SVMERENSIS): florins d'or, raderalbus (fig. iS 22) y p/ennings concaves. Son fils Frédéric I^^ (1459-80) n'a fait que continuer la fabrication des mêmes espèces.
3. Mosbach'Neumarkt. — Le plus jeune fils du roi Ruprecht de Bavière, Otton I«r (1410-61), reçut après la mort du père la ville de Mosbach avec son territoire et, plus tard, celle de Neumarkt dans le Haut-Palatinat. On ne possède de lui que des monnaies d'appoint : pfennings et hellers, frappés à Neumarkt même ou à Mosbach ; ceux d'Amberg datent de la minorité de Louis IV, prince-électeur du Rhin, dont il était le tuteur. Otton II le Mathématicien (1461-99) a une série numismatique plus fournie : le ^or/n d'or (1496), le schilling, dont la légende MONETA NOVA ARGEN- MAIORVM (un O sous l'écusson)
I Kuii, Reperioriumy p. 169.
se complète au revers par: SOLIDORVM NOVIFORENSEM (casque), le demi-schilling (MEDIVS SOLIDVS NOVIFORENSEM), et toutes ses subdivisions.
4. DeuX'PontS' Velden^, — L o u i s I^^ 1 e N o i r ( 1 4 > 9-89), fils d'Etienne de Simmern,eut ses ateliers à Veldenz(FELDO^t ^ Niederolm (MONF NOVA OLMEA) dans le grand-duché de Hesse actuel. On connaît de lui un ^on>ï d'or, sans date, des raderalbus au type de saint Pierre assis sous un baldaquin, une monnaie d'argent copiée sur le patard au lion brabançon de la minorité de Philippe le Beau (BENEDIC'HEREDITATI* TVE) et des p/ennings concaves, avec la lettre L au-dessus de Técusson. La frappe des mêmes albus {schillings) etp/ennings a été continuée par Alexandre (1489-15 14) et Louis II (1514-32).
§ XV. — Évéché de Spire'.
A Nicolas de Wiesbaden (1380-96) on attribuait dubitativement un denier uniface, au buste de Tévêque sous un arc garni de tours, et qui porte les lettres N-S- Mais c'est une pièce suisse. Adolphe de Nassau, qui avait été évèque de Spire (de 1 571-80) avant de devenir archevêque de Mayence, prit sur quelques-uns de ses florins d'or au saint Martin assis le titre d'évèque de Spire et d'administrateur de Mayence (EF-SPr-AMINISTT-EC- MOO- Raban de Helmstâdt (1596-1430), qui fut nomméà Tarchevèché de Trêves, et, parmi ses successeurs, Jean II de H oheneck (1459-63), Matthias deRammingen (1463-78), Philippe I de Rosenberg (1478-1 5 1 3) n'ont laissé quede rares p/ennings conca\QS et unifaces à leurs armes.
§ XVL — Fille impériale de Spire.
La ville reçut, en 1346, de l'empereur Louis de Bavière le droit de frapper des hellers blancs. Ce sont ceux qui portent, d'un côté, une S gothique enjolivée, de l'autre, Timage de la cathédrale avec ses trois portails, sa coupole et ses deux tours.