I. Numismatique de V Alsace. Paris, 1887, in
1236 Q.UATRlfeME PARTIE
de nobles (Jiusgenosserî) qui avait le contrôle de la Monnaie épiscopalc. comptait, en 1283, 454 membres. Il est possible que les bractéatesà lange, qui alternent avec celles à l'aigle, soient les dernières pièces frappées par Tévêque. Ces petites monnaies, deniers et mailles, très communes, représentent un ange debout à gauche, tenant la croix, dans un cercle perlé.
§ XXII. — Fille impériale de Strasbourg^.
Le monnayage municipal date de Tannée 1297. A cette époque remontent les bractéates à Taigle qui ressemblent aux bractéates à Tange, épiscopales ; puis le groupe, très considérable, des petites bractées à la fleur de lis, emblème de la cité. Sur ces dernières, on voit souvenu au-dessous du lis, une lettre de Talphabet (AB€OVW)» une roue ou un écusson, si le lis n'est pas remplacé par Técu à la bande diagonale. On les appelait pfenning (denier), helbeling (demi-denier) et ortelin (quart de denier).
Les multiples du denier sont : le double (A:rew^er), créé assez tard, en 1480; puis le dreiling (de 4 deniers), le demi-gros (/>/a/>;?err) de 6 deniers et legro^ de 12 deniers, dont la création remonte à 1397. Le kreu^er porte une fleur de lis sur chaque face; sur le dreiling.lt lis est entouré du verset biblique : gloria in excelsis deo, et, au revers, la croix coupe la légende: moneta Argeni(inensis), Le demi-gros, créé en 1446, se distingue par une croix fleurdelisée qu'entourent indifféremment la légende moneta Argentinensis en toutes lettres ou le verset g^/or/a, etc. ; mais le côté du lis indique parfois la valeur de la pièce, en substituant au mot MONETA le mot SEMISSIS. Sur le gros, on lit autour du lis: GROSSVS ARGENTINENSIS. et le verset g^/or/fl, etc., s'y complète par et in t(er)ra pax ho(min)ibus, inscrit sur deux bandes concentriques. On avait pris pour modèle le gros de Metz.
§ XXIII. — Ville impériale de Haguenau.
Bien que le droit de monnayer ne fût conféré à Haguenau qu'en 1516, la ville l'exerçait antérieurement, peut-être sans autorisation régulière, car nous avons des deniers à ses armes, la rose à cinq feuilles.
I. J. Cahn, Mimi'Und Geldgeschichle der Stadt Slrashurg. Strasbourg, 1895.
marquée parfois d'une H (fig. 1824), et d'autres dont les légendes altérées (HDAISCNOH. etc., fig. 1825) rappellent les deniers des abbés
Fig. 1824
Fig. 182s
de Wissembourg. Sur un florin d'or, encore unique, au type de saint Jean-Baptiste et de Taigle éployée, on lit : + MONET- HAGENOWIENSI
Fig. 1826
(fig. 1826). C'est une imitation partielle des pièces d'or de Florence, faite au xiv« siècle.
§ XXIV. — Fille de Bergheim,
Une bulle du pape Innocent II constate que Tévêque de Toul, Udon (1051-69), avait obtenu de l'empereur Henri III la moneta de Bergheim. En 1 375, Léopold d'Autriche y installa son atelier pour la Haute-Alsace et fit frapper des heller du plus mauvais aloi. Mais on attribue aussi à Bergheim une bractéate représentant une tête couronnée, entre les lettres B-€, et cette monnaie doit être autonome.
§ XXV. — Seigneurie de Ribeaupierre.
Les seigneurs de Rappolstein ont monnayé dès le xiii« siècle. C'est ce que nous apprennent les Annales des Dominicains de Colmar: (an 1281) dominus de Rappolstein incepit novam monetam facere quae pêne cum denariis Friburgensium concordabat. Mais jusqu'à présent, aucune de ces pièces n'a été signalée.
§ XXVI. — Abbaye de IVissembourg,
Les abbés de Wissem bourg, dans la période qui nous occupe, doivent avoir continué la frappe des deniers cités à la p. 746, car leur droit monétaire fut renouvelé en 1 539» ^ H^ et 1 5 56. Pour l'exercer régulièrement, ils étaient tenus de se concerter avec les bourgeois de la ville, mais, depuis 1448, il n'y eut plus à Wissembourg qu'un atelier municipal.
5 XXVII. — faille de ThannK
En I ^87, le droit de frapper monnaie, mais seulement de la monnaie autrichienne, fut accordé à la ville de Thann par le duc Albert III. On n'a de cette époque qu'un demi-gros d'argent, encore unique, qui porte le nom du duc Léopold IV (i 388-141 1) autour de Técusson à lafasce, ceint d'un serpent, c'est-à-dire des insignes de Tordre hongrois du Dragon renversé. Au revers, on voit la figure assise de saint Théobald, patron de Thann. La pièce a été frappée entre 1399 et 1403. Après la mort de Léopold, sa veuve, Catherine de Bourgogne, régente de l'Alsace, fit frapper un pfenning uniface aux armes d'Autriche- Bourgogne. Dans la seconde moitié du xv« siècle, la ville monnaya pour son propre compte et à ses propres armes {un pin arraché).