‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 2)Chapitre 72 sur 165 · I. Schiumberger, Bractéates d'Allemagne, p · texte numérisé non relu

I. Schiumberger, Bractéates d'Allemagne, p

§ II. — Fille impériale de Constance.

Constance doit avoir joui du droit de monnayage dès le commencement du xiii' siècle. On dit que l'empereur Sigismond, pendant le concile (141 4- r 8), modifia les armes de la ville (de gueules à la croix d'argent) en ajoutant au sommet de 1 ecusson une bande horizontale. Mais le fait ne doit pas être exact, car l'écusson sans cette bande se trouve encore sur les monnaies du temps de Maximilien I**". Nous avons des pièces d'argent, dont le style et les lettres gothiques indiquent le premier quart du xv' siècle. Ce sont des gros et doubles gros, appelés schillings dans une convention passée entre la ville et ses voisines(i42^). Les gros portent l'image de saint Conrad assis et Técu de Constance sous une aigle; sur les doubles, on voit les saints Conrad et Pelage debout derrière l'écusson, ou bien, la pièce représente 1 ecusson seul (MONETA- CIVITATIS- CONSTANC) et Taigle impériale à une seule tête (TIBI SOLI GLORIA ET HONOR).

§ III. — Abbaye de ReicljenauK

Un gros à légendes gothiques représente l'écusson de l'abbaye sous la mitre (MONETA- AVGIE- MAIORIS) et au revers le lion ailé (S. MAR- CVS* EVANGELISTA), comme sur les bractéates dont nous avons parlé p. 7 ^ \ . Sur un p/enning plus ancien, on voit le même lion et le buste de l'abbé avec un A sur la poitrine. D'après une légende locale, le corps de saint Marc était enterré, non à Venise, mais à Reichenau.

§ IV. — Villes de Souabe\

Ville impériale de Hall-sur-le-Kocher. — Hall est la patrie des heller (haller). Un atelier monétaire y fonctionnait dès le xi« siècle ; au xiv«, il travaillait pour l'empereur (p. 744), depuis 1396 pour la ville. Une main droite ouverte et une croix étaient les armes municipales et se retrouvent sur les monnaies, qui, sous le règne de Maximilien prennent la légende MONETA NOVA SWEBISCH HAL avec une date (i 5 1 5-22).

I Bcyschlagy Mùti:(gesch{chte Augshurgs, p. 132. 2. Binder, p. 438 et suiv.

Ville impériale cTIsny, — Son droit monétaire ne remonte qu'à 1 507. On reconnaît facilement ses pfennings, dont plusieurs sont unifaces, aux armes de la ville : un fer à cheval. Les bat^en ou demi-bat^en datés (i5o8-32)ont pour légende: MON. NOV. CIVITA. ISNI (ou YSNI) et, au revers, soit une étoile, soit saint Georges à cheval.

Ville impériale de Ravensburg. — Au x\\\^ siècle, Tévèque de Constance y avait une officine monétaire. Le droit de monnayer pour son propre compte fut octroyé à la ville en 1442. Les armes de Ravensburg (porte flanquée de deux tours) figurent sur une bractéate^ quelques schillings (MONETA RAVENSPVRGENS) et des kreu^ers et demikreu^ers.

Ville de Riedlingen. — Un maître de la Monnaie de Riedlingen est cité en 1266. On ne possède de cette ville qu'une bracîéate à ses armes (deux rames en sautoir).

Ville impériale de Rottweil. — Droits monétaires accordés par Maximilien, en 1 s 1 2, mais exercés dès 1 506, Gros de billon à légendes gothiques: MONETA N. ROTWELE(aigle impériale); revers: SALVE CRVX SANCTA (croix latine).

Ville impériale d'Ueberlingen. — On ne connaît qu'un pfenning uniface, au type du lion, frappé vers le premier quart du xv* siècle. — Voir la suite dans notre Traité de num, moderne, 1. 1, 350 et 55 1.

Ville impériale d*Ulm, — La frappe d'une monnaie communale est autorisée en 1598; mais le premier heller, au type de la main et de la croix, peut remonter à 1356 et ne se distingue des pièces similaires de Hall que par Tadjonction d'un V. Toutes les autres monnaies portent l'écusson de la ville {coupé de sable et d'argent). Sur un des schillings, on lit: MONETA CIVITATIS VLME et au revers: COMONITATIS VLMENSIS. dans le style italien; sur un autre : FACTA EST MONETA NOVA ISTA. puis, dans le champ, VLME.

§ V. — Comté puis duché de Wurtemberg^,

L'an 1374, l'empereur donne au comte Eberhard II (i 344-92) l'autorisation de frapper des heller, et il est probable que les pièces de ce

I. Binder, WûrtUmhergische Mûni- und Medailîenkunde (Stuttgart, 1846).

genre les plus anciennes (deux bois de cerf dans le champ; trois bois de cerf dans un écu ovale ; cor de chasse avec sa bandoulière) remontent à cette date. On peut attribuer au même quelques pfennings figurant le buste du comte, coiflFé d'un chapeau à larges bords, et portant les lettres €-S; ils auraient été frappés à Schweinfurt, dont une moitié appartenait en 1554 à Eberhard II, depuis son mariage avec Elisabeth de Henneberg-Schleusingen '. Tous ont le carré en relief {quadratum supercusum) des monnaies de Ratisbonne et comptent parmi les pièces les plus mal frappées du moyen âge. Pour le règne d'Eberhard III (1592-1417) nous avons déjà un beau schilling, frappé à Stuttgart (MON ETA IN STVGGARTEN) avec Técu dans un trilobé et la croix dans un quadrilobe, selon le goût du temps. Ces mêmes types se retrouvent sous Louis I^f (1419-50) et Ulric V (1455-80), mais la plupart des monnaies de ce dernier sont frappées en commun avec le margrave Christophe de Bade et portent d'un cùté les armes de Wurtemberg-Montbéliard, de l'autre les armes de Bade-Sponheim. Les schillings d'Eberhard V le Barbu (14S7-96; duc en 1496) ont la légende: EBERH- COM* &* WIRT* SENIOR et au revers un palmier avec la date 1494. On attribue à son cousin et successeur Eberhard VI (1496-98) des p/ennings unifaces, marqués d'un € gothique. Pour la période du thaler, voyez notre Traité de Numismatique moderne, t. I, p. 557. La série des pièces frappées pour le comté de Montbéliard (Jbid., p. 3 56) commence avec U Iric Yl (1498-1550) dont les tiers de schilling portent, au revers, la légende COM€S: MONTIS: BELLIG en lettres gothiques.

§ VL — Comté de Hohenlohe-,

Vers 1255, les comtes de Hohenlohe-Weikersheim furent autorisés à battre monnaie. Leurs p/ennings ressemblent à ceux de Ratisbonne: deux bustes de face dans un encadrement, et, au revers, une tête de face entre deux lettres, V-0 ou 0-V. Les bustes désignent le règne simultané d'Ulric II et de son frère Frédéric (1582-96); la lettre O se rapporte à l'atelier, Oehringen. Ulric seul (1596-1407) remplace les bustes par son écusson dans un trilobé. Du comte Albert (1407-29) on ne possède qu'un pfenning à la tête de face et à la roue de Mayence; la pièce est

1. Mittheilttngen d. hayerischn num. Geselhclmft , 1890, p. 7 (Fikentscher) — Buchenau, Blàtter fur Mùnifreunde, 1904, p. 3080.

2. Streber, Die âltesUn Mûn-^en der Grafen von Holjenlohe. Munich, 1849, in-40.

frappée à Neckarsulm (SVLM..)» ville qui, de 1335 à 1484, appartenait à l'archevêque de Mayence.

§ VII. — Comté d'ŒttingenK

L'an 1593, le roi Wenceslas donne la licence monétaire aux comtes Louis XI (-j- 1440) et Frédéric III (f 1423) qui frappent des pièces d'appoint et même des schillings à leurs armes ou à la tête de braque, décor du heaume d'Œttingen. Les pfennings d'Ulric (f 1477) portent un O dans la paume d'une main ouverte, si le nom du comte n'est pas indiqué par un V entre deux roses. Le JI or in d*or de Wolfgang (f 1 522) porte la date 1 519; de même, les monnaies émises en commun par Wolfgang et Joachim: schillings, demi-schillings, bat^en, au type du saint Sébastien ou du casque, ont toutes leur millésime, sauf un pfenning uniface (W'K écusson) et une pièce de cuivre à double écusson. On possède aussi des monnaies de Wolfgang, Martin et Louis XIV, marquées parfois de Taigle impériale de Charles-Quint. Joachim seul (f 1J20) n'a frappé qu'un pfenning sans date. De Charles- Wolfgang (f 1549) et Louis XV (f 1557) on ades^orins d'or. Dans notre Traité de numismatique moderne, t. I, 343, on trouvera l'arbre généalogique, très compliqué, de la maison d'Œttingen.

§ VIII. — Èvêché d'Augsbourg.

•Henri III de Schôneck (1337-47). * Pierre de Schaumbourg, cardinal (1424-

* Marquard de Randeck (i 348-6)). 69) .

* Walther II de Hodischlitz (1566-69). *Jean II, comte de Werdenberg (1469-86). *Jcan I Schadland (1371-73). *Frédéric III, comte de Hohenzollern( 1486-

* Burkhard d'Ellerbach (i 373-1404). 1 505).

*Eberhard, comte deKirchberg (1404-13). * Henri IV de Lichtenau (1505-17). •Frédéric II de Grafeneck (141 5-14). *Christophe de Stadion (1517-43).

* Anselm de Nenningen (1414-23).

Tous ces évèques ont frappé des p/ennings surchargés d'un carré à la tète mitrée entre une crosse et une pomme de pin, et des heller au type de la main ouverte. Au revers, il y a presque toujours une lettre ou un monogramme, initiales du nom du maître de la Monnaie. La lettre D

I. Lbffelholz von Kolberg, ŒtUngana. S. 1. n. d. (1883). — Kull, Reperlorium, p. 327.

Ï250 dUATRlÈME PARTIE

dans la paume du heller désigne Tatelierde Dillenburg. Mais de Burkhard d'Ellerbach (i 37^-1404) on possède une espèce de gros tournois. très beau de facture et dont les légendes sont moitié allemandes, nioiiié latines: BVRKART BISCOF I AVGSPVRG-MONETA IN DILINGEN. Christophe de Stadion n'a frappé qu'une pièce carrée (i 520) sans revers.

§ IX. — Duché de Bavière^.

Pendant tout le moyen âge, la Bavière reste fidèle au système denarial, bien qu'un de ses ducs, l'empereur Louis IV, ait frappé pour les Pays- Bas deux espèces de monnaies d'or et les plus beaux gros tournois. Voici la liste, compliquée par de nombreuses corégences, des souverains du duché :

* Rodolphe I*»" (1294-13 17). *Jean II (1375-97).

*Louis IV, empereur (1294-1347). * Ernest I^r fi 397-1438).

•Louis V (1347-61). •Guillaume (i 397-1435).

Mainhard (1361-63). * Adolphe (mort vers 1441).

•Etienne II (1363-75). 'Albert III (1438-60).

•Etienne III (i 375-1402). 'Jean IV (1460-63).

•Frédéric (1375-76). 'Sigismond l^^ (i 460-1 501).

Le denier au buste de moine {atelier: Munich) se maintient jusqu'au commencement du xvi<^ siècle. L'écu aux fusées paraît sous le règne commun de Rodolphe et de Louis IV (1294-13 17); l'aigle éployée n'appartient qu'à ce dernier, élu roi des Romains (1314). En dehors de ces types, on ne voit que des lettres initiales placées sur un carré en relief, lequadratum supercusum, L'L gothique de Louis V (1 347-61) est entourée de quatre trèfles; l'S d'Etienne II (1563-75) est inscrite, avec quatre rosaces, dans un quadrilobe, seul emprunt fait aux monnaies des pays voisins. A la première année de Jean II (i 375-97) il faut attribuer les sigles f f I; {Frit^, Stephan, Hans) qui rappellent sa corégence avec Etienne III et Frédéric. Une 5 et un W se rapportent à Etienne III (1375-1402) et Guillaume (1397-1435), S-E E-W E-A à Ernest (i 397-1438) gouvernant le duché tantôt avec Etienne 111, tantôt avec son frère Guillaume ou son neveu Adolphe. Ce n'est qu'en 1506 que

I. Sources: p. 758 et (Kigg.uier), M\JailU'n uml Muuien des Gesammtijausej Wiitelshach (Munich, 1897-1901), in-4". — Kiill, Reperiorium der Munikunde Bayerns (Munich, 1894), un chef-d'œuvre comme il n'en existe malheureusement pour aucune autre série numismatique.

L*EMPIRE d' ALLEMAGNE 125!

le premier florin d'or bavarois, au type du duc agenouillé devant la Vierge à l'enfant, vient mettre fin à cette désespérante monotonie.

§ X. — 1x5 Collatéraux du Duc de Bavière^, i) Duché de Basse-Bavière,

Henri !•'' (1255-90), fils du duc Otton II, résidait à Landshut. Ses p/ennings épais ont pour type principal une panthère marchant à gauche. Mais ses fils Otton III (i 290-1 312), Louis III (1294-96) et Etienne I^^ (1290-1310) firent une alliance monétaire avec Tévêque de Ratisbonne, et leurs p/ennings portent les bustes juxtaposés de Tévêque et du duc dans une bordure à pignons. Ce type (voir p. 763) reste stationnai re sur les pièces de leurs successeurs jusqu'à la réunion du pays à la Haute- Bavière (1 340).

2) Margraviat de Bavière-Brandebourg.

Le fils aîné de l'empereur Louis de Bavière, Louis I^r de Brandebourg (1323-61), n'a frappé que des deniers et oboles au type du margrave debout, tenant deux épées nues, ou deux lis, deux étendards, etc., ou entouré de quatre symboles (couronnes, fleurs de lis, têtes d'aigle, étoiles, etc.). Ses frères, Louis II le Romain (1351-6$) et Otton VIII (1365-73), ont conservé les mêmes coins, mais sur les monnaies de ce dernier, les quatre lettres OTTO remplacent souvent les symboles ou occupent les cantons d'une croix. C'est à Otton que l'empereur Charles IV (i 573) donna en gage une partie de la Bohême septentrionale. Le denier h la tête de face et à Técu de Bavière cerné de la légende CLIPEVS BAVWARIE {sic)esi une monnaie silésienne, que nous retrouverons plus loin à sa place.

3) Duché de Bavière- Ingoî si ad t .

Etienne III (i 375-1413), qui avait obtenu Ingolstadt lors du partage de 1392, nous a laissé une longue série de p/ennings, les uns à la panthère debout (armes de sa capitale), d'autres au lion couronné (armes de la ville de Wasserburg) ou à l'écu bavarois (armes de Sulzbach). Son

I. Riggauer, /. c, p. 464 et siiiv. — Kull, Rtfcitorium, p. 133.

coin le plus facile à reconnaître figure un carré en relief, le quadratum sîipercusum (p. 762) avec Tinitiale S (Stephanus), Plus tard, en 1402. après Tadmission de son fils Louis Vil le Barbu à la corégence. les lettres SL se substituent à TS. et il existe des pfennings semblables, frappés par Louis VII seul (1413-47), qui n'ont qu'une L sur le carré en relief.

4) Duché de Bavière- Landshut ' .

Frédéric I^^^et son corégent Otton V (1376-79), l'ancien margrave de Brandebourg, ont frappé de nombreux pfennings aux légendes + OTTANI et + FRIDREICH, l'avers figurant un buste de face, coiffé d'un chaperon et posé sur 1 ecu de Bavière. Resté seul, après la mort de son oncle, Frédéric 1*^^ (1 379-93) ne conserva de ce type que l'avers, en plaçant le buste entre les lettres F-L, F-S. pour indiquer les ateliers de Lauf et de Sulzbach, et en mettant au revers deux bustes de face, encadrés chacun dans une bordure "^ pignon. Parfois, le buste de l'avers est remplacé par l'écu aux fusées bavaroises. Sur d'autres pièces, de même valeur, on voit une f gothique entre deux croisettes et. sur la face opposée, le casque de Landshut. Cette lettre gothique, sous Henri 1 V le Riche (i 393-1450), devient un ^ entre deux croisettes ou deux étoiles. Si la monnaie est frappée à Œtting, elle porte au revers un chien sous un arbre, tandis qu'un petit écusson à trois fusées est l'indice de l'atelier de Braunau, une panthère celui d'Ingolstadt. Les mêmes types (casque, chien et écusson) se retrouvent sur \ts pfennings de Lou is IX le Riche (1450-79), marqués d'une L (ou l), parfois de l ^ {Ludwig Hen^og) entre deux roses ou deux étoiles. De l'atelier d'Ingolstadf, on ne connaît qu'une pièce uniface (L au-dessus de la panthère héraldique). L'attribution d'un pfenning semblable (i entre deux annelets. I^ chien sous un arbre) à George le Riche (1479-1 503) est moins certaine.

§ XL — Ville de Schongau.

L'an 133'» Louis de Bavière donne le droit de monnayage. On attribue à la ville un pfenning k l'aigle accostée des lettres C-S (civitas Schongau). Le heller à la main ouverte marquée d'un S appartient à la Silésie.

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