‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 2)Chapitre 93 sur 165 · Grote, Mûnxstitdien, t. V · texte numérisé non relu

Grote, Mûnxstitdien, t. V

2. Schmidt (Max), Die Mûn\en und Medaillen der Herbage von Sachsen und Lauenhnrir. Ratzeburg, 1884, in-4.

L^EMPIRE D*ALLKMAGNK I293

§ XX. — Fille impériale de Lubeck.

Le privilège pour la frappe de Tor à rimitation des florins italiens remonte à Tan 1340; on connaît des florins d*or au lis et au saint Jean avec la légende ?LORE(nus) \y^\Q,(€nsis) ,

Sur les p/ennings blancs de la seconde moitié du xiv^ siècle, les mots MONETA LVBICENS' sont placés autour de Taigle impériale, etClVITAS IMPERIAL' autour d'une croix dont le cœur est évidé en rosace. Celte rosace devient, en 1 379, une étoile. L'an 1403, en vertu d'une convention passée avec Hambourg, Lunebourg, Rostock, Wismar et Stralsund, les blancs (witten) reçoivent, sur chaque face, Técusson à la double aigle; de même le dreiling, le pfenning (quart de blanc) et le demi-pfenning. Une nouvelle convention, signée Tan 14 10, adopte pour le revers une croix coupant la légende.

Le schilling {lAOHEJk' NOVA) frappé au xv<^ siècle porte l'inscription: cruxfugat omne malum, et le même texte servira plus tard pour le double schilling, sur lequel l'aigle de l'empire est remplacée par saint Jean debout, tenant l'agneau. Voyez notre Traité de num, moderne, t. I, 280.

§ XXL — Ville impériale de Hambourg.

Jusqu'au milieu du xiv« siècle, Hambourg ne frappait que des bractéates ou pfennings creux, la plupart en argent et ayant pour type une feuille d'ortie sous un portail. Ce type est souvent enjolivé d'une bordure rayonnante, et le portail se transforme en un mur d'enceinte à trois tourelles. Sitôt que la ville est maîtresse de sa Monnaie, elle fait une émission de blancs (witten) et de demi-blancs à double face et à bords perlés : MONETA HAMBVRGENS' (château à trois tours); revers: BENEDICTVS DEVS (croix cantonnée de quatre feuilles d'ortie). Ce coin reste à peu près immobile jusqu'à l'introduction du schilling.

Une alliance monétaire pour la conformité des espèces est conclue, en 1379, avec Lubeck et Wismar, en 1381 avec Rostock, Stralsund et Lunebourg, puis les alliances entre les six villes wendes, ou seulement entre quatre ou cinq, se renouvellent périodiquement et aboutissent à la création du schilling (1432) et du double schilling (1461) aux légendes: benedictus dominus deus, signo crucis salvemur ou conserva nos d(omi)na.

La licence de monnayer en or est accordée en 1435 par Sigismond, mais \t florin est impérial, car il porte le nom de l'empereur autour du globe crucifère (I^ saint Pierre debout), et ce n'est quen 147c que Frédéric III permet de frapper des ducats aux armes municipales, tout en y maintenant le nom de l'empereur. On n'a, de cette espèce, que l'un des coins, celui du revers. Le premier ducat dont loriginal existe, est de 1497. Il porte sur ses deux faces Timage de la Vierge à Tenfant, patronne de Hambourg, encadrée dans un ovale.

En dehors de ces pièces, nous trouvons une belle monnaie hambourgeoise en Ostfrise (p. 1 282).

§ XXIL — Villes du Holstein.

Les cinq villes suivantes ont frappé, vers la fin du xiv* siècle, des blancs (witten) sur le modèle de ceux de Lubeck :

i) It^ehoe. — CIVITAS ETSCCHO. Feuille d ortie au-dessus de trois tourelles. I^ MONETA HOLSACIE. Croix.

2) KieL — De cette vieille cité hanséatique, on possède des bractéates avec la feuille d'ortie du Holstein au-dessus d'une barque. Les blancs, très rares, sont au même type. Légendes: MONETA KILENSIS — CI- VITAS HOLZACIE.

3) Neustadt. — MONETA NI ESTAT. Feuille d'ortie au-dessus d'un château fort. I^ CIVITAS HOLTSACIE.

4) Oldesloe. — CIVITAS HOLTZACIE. Saint à mi-corps, tenant la feuille d'ortie. I^ MONETA ODESLO. Le demi-blanc porte la feuille d'ortie seule.

0 Rendsburg. — Même blanc avec CIVITAS RENSBVRG. Nous n'avons pas trouvé de renseignement sur le type de cette pièce.

§ XXIIL — Duché de Mecklenbourg ' .

Vers le milieu du xiv* siècle paraissent le blanc (witte) de 4pfennings et le demi-p/enning (scherfe) en forme de bractéate; jusque-là, pour

I. Voir p. 674. — Œrtzen (0.)> ^'^ Meckleiibur^ischeii Mùn:^en des grossi), Miiui^kahinels. Schwerin, 1900-1902, in-4.

l'empire D* ALLEMAGNE I295

faire des demis, on avait coupé la pièce entière en deux moitiés. 3 de ces blancs (12 pf.) valaient un schilling (monnaie de compte), 16 schillings faisaient un marc, et 20 schillings une livre. Dans le commerce, on se servait encore de lingots d'argent contremarques. Les pièces concaves et unifaces du xiv' siècle (2, i et j pf.) continuent de porter la tête de taureau, couronnée ou non, dans une bordure radiée.

§ XXIV. — Filles de Mecklmhourg.

1. Rostock, — En 1325, le duc de Mecklenbourg vendit ses droits monétaires à cette ville; mais on possède de petits deniers du xiii' siècle, qui portent la légende RO-SS-TO ou RO-SST-OTE autour d'une tète de taureau dans un écu triangulaire. Les numismates allemands les attribuent à la cité plutôt qu'aux ducs, bien que le revers de ces pièces figure un casque couronné entre deux moitiés de têtes de taureau, dont les cornes sont parées de plumes de paon.

Les p/ennings blancs (witten) antérieurs à 1581 ont un griffon sur chaque face, ou bien un seul griffon et, au revers, une croix. Légende : CIVITAS MAGNOPOL - MONETA ROSTOKCES. L'an 1^81, la ville signa une onvention monétaire avec Lubeck, Hambourg, Wismar, Lunebourg et Stralsund pour l'émission d'un pfenning blanc (witte) en argent fin et d'un heller concave en billon. Les types ne furent pas changés, mais au centre de la croix on ajouta une étoile. D'autres détails furent modifiés lors du renouvellement de la convention en 1403; on reprit aussi le type des deux griffons (même pour les quarts de blanc)j puis, en 1410, le griffon du revers fut remplacé par une croix longue et, plus souvent encore, celui de l'avers par l'écusson de la ville. Les variétés de ces pièces et de toutes celles des autres villes de Mecklenbourg sont innombrables.

2. Wismar. — A partir de 1359, la Monnaie appartenait définitivement à la ville, non plus aux ducs. Le type constant du pfenning blanc est une tète de taureau, à la langue pendante ou non, d'abord sur les deux faces de la pièce, ensuite sur une seule, le revers étant occupé par une croix fleuronnée, parfois avec une étoile au centre. Légende : CIVITAS MAGNOPOL - MONETA WYSMARIE. On connaît aussi le ^war/ de cette espèce. L'an 1387, la tète de taureau est remplacée par l'écusson de la ville {parti d'une moitié de tête de taureau et d'une bannière). Après le traité de 1403, le blanc avec son demi et son quart reçoivent l'écusson sur les deux faces, et les légendes sont : CIVITAS

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MAGNOPOLENS— MONETA WISMARIS; mais à Técu du revers se substitue, en 141 0, une croix longue.

3. Gnoien, — L'atelier ducal fut fermé en 1 }6i, et Rostock reçut l'autorisation d*y monnayer. Cela explique pourquoi les blancs de Gnoien portent le griffon de Rostock, en même temps que le demi-lis, qui fait partie des armes de Gnoien, occupe l'un des cantons de la croix (MO- NETA GNOGENSIS ou GNOGHENSIS).

4. Friedland. — Monnayage très restreint, ne dépassant pas le xiv^ siècle. Blancs à la tète de taureau (MONETA VREDELAND); au revers, croix cantonnée de quatre étoiles. Là aussi, quelques rares exemplaires ont un griffon au revers.

5. Neubrandenbourg. — Blancs à la tête de taureau; au revers, une croix cantonnée de deux étoiles seulement (MONETA BRANDEBO)* D'autres au griffon et au verset: deus in nomine tuo.

6. Grevismuhlen, — Un blafard concave et uniface, du x\y^ siècle, porte dans une bordure radiée les armes de cette ville (écu parti d'une moitié de tète de taureau et d'une moitié de roue de moulin). Au xvi' siècle, le duc de Mecklenbourg y eut un atelier monétaire.

§ XXV. — Seigneurie de fVerle,

Les quatre villes suivantes relevaient de la seigneurie de Werle; toutes leurs monnaies portent la tête de taureau de ce fief, et la plupart ont l'inscription : CIVIT DNI D WERLE.

1. Gustrow, — Blanc et quart de blanc. Revers: MONETA GVS- TROWE autour de la croix. Parfois le verset biblique: deus in nomine tuo, ou CIVITAS DOMINVS. — Blanc frappé en commun par Rostock et Gustrow.

2. Malchin, — Blanc aux mêmes types, avec MONETA MALCHI- NEN.

3. Parchim. — Blanc et quart de blanc aux mêmes types, avec MO- NETA PARCHEM; quelquefois CIVITAS DOMINVS.

4. Teterow, — Blanc et quart de blanc aux mêmes types, avec MO- NETA TETEROW (THETROW).

iVIII. — LE BRANDEBOURG ET LA POMÉRANIE.

§ L — Marg^raviat de Brandebourg^.

Le monnayage des trois princes de la maison de Bavière :

*Louis 1er (1323-51). •Otton VIII le Paresseux (1365-73).

•Louis II (1351-65).

est presque exclusivement anonyme et continue le vieux type du prince debout (p. 722) tenant à chaque main un attribut, soit deuxépées droites ou deux flèches, soit des arbrisseaux, des tiges fleuries, des étendards, lances, clefs, croix, anneaux, cornes de cerf, etc. Très rarement, on y lit un nom propre. M. Bahrfeldt distribue entre Louis! et Louis II les deniers à la légende LODEVIC ou LODEVICH autour d'un casque. D'autres deniers portent les lettres OTTO, tantôt autour de la figure du margrave debout, tantôt dans les cantons d'une croix.

Les types restent les mômes sous le gouvernement de la maison de Luxembourg :

Charles IV, empereur, tuteur de son fils Sigismond, empereur (1378-88, 1411-15).

Wcncesias (1373-77). Jean VI (1378-99).

Wenceslas, empereur (i 377-78). Josse (i 388- 141 1).

mais il est impossible de classer une seule pièce à tel prince plutôt qu'à tel autre. L'avènement des Hohenzollern ne change rien à cet ordre de choses. A Frédéric l^^ (i4i5-4o)on ne peut attribuer qu'un petiip/enning anonyme, appelé vinkenauge (œil de faucon), au type de l'aigle de Brandebourg(l^ casque); cependant, le même a frappé unjlon'n d*or au saint Jean et à l'aigle, qui porte la légende : FRIDERIC MARGR BN'GN' (Brandenburgensis) . Une longue liste de pfennings creux forme presque toute la série monétaire de Frédéric II (1440-70), avec les quadruples, appelés quadrini dans les chartes et valant 4 vinkenaugen. Ces derniers se reconnaissent au mot PREMISLOV ou au casque de le ville de Prenzlau. Leg'ros(fig. 1843) ne faitson apparition qu'en '4^^ H porte, lui aussi, laigle ëployée, libre ou dans un écusson, et au revers une croix cantonnée de quatre écus, dont l'un est parfois remplacé par un différent d'atelier (GROSSVS- NOVVS- BRA' D'BVRG). Souvent, un écu à quatre quar-

I. Sources: p. 716. — F. Bahrfeldt, Das Mfm:^ivesen der Mark Brandenburg unter den HoheniûUern his inm grossi'n Kurfûrstcn. Berlin, 1895, in-4, 2 vol.

tiers remplace la croix et ses cantonnements. Si ces gros sont frappés à Brandebourg même, d'autres viennent des ateliers de Havelberg, Rathenow et Kônigsberg (grossus novus Havelberg , moneta nova march. Rotenaw ou Koingsber) .

Fjg. 1843

Albert-Achille (1470-86) et son fils Jean-Cicéron (1486-99) continuent ces types avec de légères variantes. Jean-Cicéron, qui, en sa qualité de gouverneur du pays, Tan 1481, avait fait frapper le premier gros daté, introduit aussi le demi-gros.

§ II. — Villes du Brandebourg.

On considère comme monnaies municipales de Berlin, frappées sous Otton VIII (après 1369), les deniers et oboles au type du margrave debout, qui portent au revers un ours à gauche, c'est-à-dire les armes de la ville. Le denier qm^ à son revers, présente un coq à gauche, doit avoir été frappé à Francfort-sur-TOder.

§ m. — Èvêche de Brandebourg^.

Quelques pièces anonymes sont attribuées à Frédéric de Plôtzke (1303-16) et à Henri III de Bodendyk (1393-1406). Le denier de Frédéric représente un évèque avec la crosse et la croix et porte un F au revers ; Tobole d'Henri est aux armes personnelles du prélat et à la clef de saint Pierre.

§ IV. — Duché de Pomiranie^.

La numismatique des ducs de Poméranie est très pauvre, comparée à

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