‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 2)Chapitre 95 sur 165 · IX. — L'AUTRICHE · texte numérisé non relu

IX. — L'AUTRICHE

§1. — Dtichi puis archiduchi d'Autriche,

La dynastie des Habsbourg continua la frappe des pfennings muets dont 3 livres valaient 2 marcs d'argent et qu'on était habitué avoir circuler dans le pays. Ni la beauté des pièces italiennes, ni, plus tard, les gros de Prague et de Cracovie n'ont exercé la moindre influence sur le monnayage autrichien, qui ne sortit de la barbarie qu'au milieu du xv« siècle. Las ^ttm'i^ïs pfennings viennois de Rodolfe (1239-91) ressemblent à ceux d'Ottokar (p. 766) et représentent une tête couronnée de profil (I^ R dans un double cercle orné de fleurettes). Mais bientôt, Rodolfe créa un type nouytdM'.r aigle viennois, dî\ns\ nommé parce qu'il porte une aigle au revers, l'avers figurant une tête couronnée de face, à la légende RVD-OLF ou aux simples initiales R, R-V. Ces monnaies sont petites, de forme carrée, à angles obtus, et l'une de leurs faces est à peine marquée. Autour d'elles, un grand nombre de pièces indéterminées ont pris place dans les collections '.

Les p/ennings de Frédéric le Beau (1305-30) portent un buste de face, coiff'é du chapeau ducal (F-R) ou quelque type inexpliqué (Triton couronné, pleine lune, trois poissons, trèfle dans un trilobé, etc.); à Albert II (1330-58) on donne les pièces qui représentent trois têtes d'oiseau; les monnaies de Rodolfe IV (1356-65), attribuées jadis à Rodolfe I<^^, ont un casque couronné (R-V) ou un buste couronné de profil (R-V); sur ceux d'Albert III (1365-95) on voit un cavalier tenant l'écu à fasce, ou une tour entre deux poissons. Le classement de ces pfennings viennois est d'autant plus difficile que les maîtres de la Monnaie y plaçaient leurs armes personnelles, et que très peu de ces blasons peuvent être identifiés. Le florin d'or au lis fut introduit par Albert II. Rodolfe IV renonça au droit des refontes annuelles (1359).

Des pièces non moins nombreuses, aux types de la tête de bouquetin, du lion passant, de l'écureuil, de l'aile d'aigle, etc., appartiennent à Albert IV (i 395-1404) qui, sur un pfenning frappé en commun avec

I. Luschin von Ebengreuth, Num, Zeitschrifty t. XIV, 243 et ChronoîqgU der Wientr P/ennige des XIII und XIV Jahrhunderts. Vienne, 1899.

Guillaume V (139J-1406), reprend comme décor principal Técusson d'Autriche (W-A). Cet écusson, dans un trilobé, se retrouve sous Ernest (1404-10), FrédéricIV (1406-39), LéopoldlV et Albert ¥(1406-11), Albert V seul (1411-39), Ladislas (1453-57), et les initiales des ducs permettent maintenant déclasser toutes les pièces, unifaces ou bifaces. Ce n'est que sous Albert VI (1457-63) que le titre d'archiduc, accordé par l'empereur en 1453, se lit sur les monnaies, en même temps que les légendes deviennent plusexplicites et qu'on indique lesateliers,EnnsetLinz.

Avec Frédéric III (archiduc 1458, roi des Romains 1440, emp. 1452-93), nous entrons dans la période du gros, presque invariablement orné de l'aigle bicéphale et, au revers, d'un monogramme, d'une croix, parfois à huit branches, ou d'un écusson, sinon de trois ou de quatre. A côté du gros, on a le demi-gros et le kreu^er. Wiener-Neustadt (MO- NET* NOVA* NOVE- Cl VIT) devient un des ateliers les plus actifs; mais le florin cTor de Frédéric, frappé dans cette ville (après 1470), est une des grandes raretés de la série autrichienne. Les millésimes, en chiffres arabes, commencent sous le même règne.

Dans les premières années de Maximilien I" (1493-1519) on ne remarque aucun changement; nous parlons de l'introduction du thaler dans notre Traité de num. moderne, t. I, 359.

§ II. — Duché de Carinthie.

L'an 1335, le duché revint à la maison d'Habsbourg. Les empereurs Frédéric III et Maximilien liront frappé des gros de Carinthie (GROSSVS KARIN); le titre de duc de Carinthie figure sur quelques monnaies de Sigismond, comte de Tirol (1439-95), et de Maximilien qui y place l'image de saint Léopold.

§ in. — Monnaies des évéques de Bamberg frappées en Carinthie K

Le droit de monnayer à Villach et à Griffen, où l'on exploitait des mines d'argent, fut donné aux évêques de Bamberg par l'empereur Frédéric II (1242). On a retrouvé des /j/ènn/w^^ d'Eckbert de Meran (1203-37); mais ses successeurs ne semblent pas avoir profité de leur privilège.

I. Voir p. 736. — Blàtter fur Mûn:(Jreunde, 1901, p. i7i(Luschin von Ebengreuth).

§ IV, — Duché de Styrie,

Après ravènement de la maison d'Habsbourg (1273), nous ne voyons en Styrie, pendant plus d'un siècle et demi, que des monnaies d'argent muettes, au type de la panthère. Sous Frédéric I II seulement (1440- 93), le nom de l'empereur apparaît sur une série de pièces, dont les légendes : MONETA- IN- GRECZ. GROSSVS IN GREC indiquent qu'elles ont été frappées dans la capitale du duché, à Graz. Leurs types invariables sont l'aigle bicéphale et un ou plusieurs écussons, parfois (sur le kreus^er) une croix à huit branches. Pour les dates, on emploie des chiffres arabes. Le pfenning de 1458 passe pour la plus ancienne pièce datée, mais sur le kreuj^er qui porte, après le titre de l'empereur, les cinq voyelles A'€-l'0'V', on lit au revers: MON-NOV-STI-42, ce qui ne peut signifier que Tannée 1442. Il existe aussi \xn florin d'or de Frédéric: FRIDER' 3^. RO- IMP (l'empereur debout, tenant le sceptre et le globe). Pichler^ y lisait: Frider(icus) 39 et plaçait l'émission de la pièce dans la 39^ année du règne (selon lui, 1491); mais 9 est labréviation de -us, et 3^ représente simplement le mot latin tertius ?. Le revers du florin a pour légende : MONE' NOVA- AVREA- STIRIE et pour type une croix fleurdelisée, posée en biais et cantonnée de quatre écussons. Sur un siUtvG florin, tout à fait exceptionnel, on voit l'aigle (FRI- DERICV IMPER' AEIOV) et saint Henri bénissant (ST- HENRICVS- IMPE).

Le style médiéval des monnaies se modifie peu à peu sous M axi milien I^r (1493-1519), et aux chiffres arabes succèdent les chiffres romains. Il n'y eut pas de pièces de cuivre en Styrie.

§ V. — Comté de Cilly,

L'an 1436, Frédéric II reçut l'autorisation de battre monnaie. Les comtes de Cilly prirent pour modèle de leur numéraire le pfenning viennois^ on en a toute une série émise par Ulric III (1454-56).

1 . On les interprétait par aquila dus iuste omnia vincit. L'empereur lui-môme préférait la phrase allemande: ailes Erdreich ist Œslerrcich unterthatf.

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