II
Googl(
un encadrement analogue ou sous une arcade à tourelles. Le seul exemple d'imitation de monnaie étrangère appartient à Tépiscopat d'Engelbert H, sous lequel l'atelier de Widenbruck émet des kôpfchen copiés
Fîg. 1138
de ceux de Florent V de Hollande. Ces kôpfchen formaient le quart du denier westphalien ou rhénan. Un registre du xv* siècle, cité par Lacomblet, dit formellement : « Ubique locorum quatuor cophenfaciunt unum denarium »•
f). ComU de Hoye*.
Le comté de Hoye n'avait pas de système monétaire propre ; situé le long du Weser, sur les confins de la Basse-Saxe, sa circulation métallique subissait les influences combinées d'Osnabruck et de Brème, où, comme nous le verrons par la suite, les espèces se composèrent de très bonne heure de bractéates. Au xiv* siècle, le rapport entre la monnaie forte de Westphalie et la monnaie faible de Brème était comme i est à 3. Ce rapport est fréquemment exprimé dans les documents du comté de Hoye; nous lisons, par exemple, dans un texte de 1354 : « Très bremenses denariosaut unum gravent denarium ».
Le comté de Hoye appartenait à une maison qui au xni* siècle se divisa en deux branches, dont Tune résidait à Hoye, l'autre à Nienbourg. Otton II de Nienbourg, en 13 11, hérita Hoye de son frère Gérard II décédé sans enfants, mais à sa mort, arrivée en 1324, son héritage fut de nouveau partagé entre ses deux fils, Gérard m de Hoye (1324-83) et Jean II de Nienbourg (1324-77).
Les seules monnaies dont nous ayons à faire mention ici appartiennent à Otton IL Ce sont: i**des deniers forts frappés à Bassum, autrefois Berssen, MONETA BERSENE. et à Nienbourg, MONETA NIGENBV: 2'' des deniers faibles ou bractéates à la légende HOGENSIS. Le type des premiers est une copie de celui d'Osnabruck et de Munster, le chef de saint Paul et l'évèque assis de face. Les bractéates portent l'écu de Hoye : d'or aux deux pattes d'ours, adossées en pal, de sable.
I. H. Grote, Gtld" und Mûn:(£escJnchte der Graffchajt Hoye, dans les Mànxstudien, t. IV, 1865, p. 211 etsuiv.
Googl(
g). Cotnté de Ravensberg ».
Les comtes de Ravensberg, qui à l'origine prenaient le titre de comtes de Calvelague, possédaient un territoire assez étendu entre les évêchés de Munster et d'Osnabruck et la seigneurie de Lippe. Ils avaient en outre de nombreux biens en Frise, et notamment la ville d'Emden. Leurs armes étaient : d'argent aux trois chevrons de gueules. La chronologie des comtes de Ravensberg n'est pas établie avec précision antérieurement au xiii« siècle :
Hertnann II de Calvelague, ... 110$ ... Otton I de Ravensberg, ... 11)8-1170 ... Hermann III de Calvelague, ... 1134 ... Hermann IV, .... 1170 ... — iii8 ...
Hermann IV laissa deux fils, Louis et Otton H, qui se disputèrent son héritage. Le 20 septembre 1224, Henri Vil, fils de Frédéric II, donna en fief à Sophie, femme d'Otton II de Ravensberg, outre la monnaie d'Emden dont nous avons parlé p. 636, « monetam et theloneum in Lunne, in Vegte, in Bilevelde, in Vlotowe et omniafeoda que predictus cornes Otto ab imperio et antecessoribus nostris et nostra manu tenebat et quiète possidebat. » En 1226, les deux frères Louis et Otton s'entendirent pour partager leur patrimoine. Le premier eut le comté de Ravensberg, excepté le district de Vlotho qui resta au second avec Meppen, Vechte et Emden.
Otton n mourut en 1244. Sa veuve et sa fille cédèrent Emden et Vechte à l'évêque de Munster et, à leur mort, leurs autres possessions firent retour au comté de Ravensberg, dans lequel Otton m avait succédé en 1249 à son père Louis. Otton III eut deux fils, Otton IV (i3o6-i529)et Bernard (1329-1349), qui se suivirent dans le gouvernement du comté. L'un et l'autre étant morts sans enfants mâles, Ravensberg passa par héritage aux comtes de Juliers.
La numismatique de Ravensberg est peu connue. On possède d'Otton II (... 1224-44) un e5/er/m copié des esterlins au buste de saint Paul que firappait Ludolphe de Holte, évêque de Munster. Au-dessus de l'effigie est placé un petit écu aux trois chevrons. Les légendes sont : MONETA OTTONI-MONETA DE VE(chta).
Otton III (1249-1306) fi-appa des deniers à Bielefeld, BILEVELT CIVI... Leur type est une copie de celui d'Osnabruck : un évoque assis de face et une tète de face dans un triangle.
I. H. Grote. Mûns^en der Grajfchaft Ravensberg^ dans les BlàtUrfùr Mûnikwtde, t. II, 1836, p. 355. — J. Chautard, Imitations des monnaies au type esterîin, Nanc}% 1871, p.290.
Googl(
Nous ignorons si d'autres pièces ont été retrouvées. Les deniers de Bielefeld sont cités dans de nombreux documents du xiv* siècle ; ceux de ces documents qui établissent un rapport entre les bieleveldenses et une autre monnaie westphalienne leur attribuent le même cours qu'aux herwrdenses.
h). Ahhaye d'HerfardK
L'abbaye de femmes d'Herford, située auprès du Weser, dans le. comté de Ravensberg, fut fondée en 832, par Waltgaire, noble saxon. En 974, elle obtint d'Otton II une confirmation des droits de monnaie à Edinghausen ou Odenhausen, bourgade qui avec Olden-Herford et Lûbber forma plus tard le territoire de la ville d'Herford. En 1147, Conrad III donna à Herford le rang de cité impériale. Les droits monétaires furent partagés par moitiés entre l'archevêque de Cologne, sans doute comme duc de Westphalie, d'une part, l'abbaye et la ville, d'autre part.
Les premières monnaies d'Herford sont de larges deniers vraisemblablement contemporains de l'empereur Henri IV. Elles ont à l'avers une tète couronnée à droite, précédée d'un sceptre crucigère ; la légende,
inintelligible, est + NRCN.. VANVS
suivant Croie, ou + N ANIVS
suivant M. Dannenberg. Au revers, nous trouvons un édifice circulaire à tours latérales et ayant au centre un buste couronné de face, avec la légende ^•«•"^^ HEREVOR.... (fig. 1140).
Le numéraire signé apparaît sous l'abbesse Eilicke ou Adélaïde, qui gouverna le monastère de 11 70 à 12 17 environ. Le type se compose de l'image de l'abbesse assise de face, tenant le livre et une croix longue: ABATISSA EILICS ; le revers est une copie de celui des monnaies de Soest, la croix avecSHVSAT CIVITAS. Cette légende n'est nullement l'indication d'un atelier, mais la reproduction pure et simple de l'inscription du prototype.
A partir du second quart du xiii* siècle, les monnaies d'Herford portent les noms des archevêques de Cologne, co-propriétaires de l'atelier. Rarement le nom de l'abbesse figure au revers. Nous avons ainsi des pièces de :
I. H. Ph. Gippe, DU MiUehûter-Mûnien von Munster, Osnabrûck, Paderhorn, Corvà und Hervord. Dresde, 1850, in-8. — H. Grote, Die Mûn^en von Herford, dans les Mûnistudieti, t. VIII, 1871, p. 343.
Googl(
^Henri de Molenark, 1 225-1238.
^Conrad de Hochstadt, seul, 1238-1261. ^Sigefroid de Westerbourg, 1275-1297.
^Conrad de Hochstadt et l'abbesse Ida, ^Guillaume de Holte, 1297-1304.
1238-1254. •Henri II de Viraebourg, 1304-1323.
Les types monétaires n'ont rien de particulier à Herford ; tous sont imités de ceux de Munster ou d'Osnabruck. Leur fabrication présente les mêmes défectuosités. Le nom de l'atelier est écrit: HERVORDI CIVI. HERVORDEN, HERVORDIA.
i). Seigneurie de Lippe*,
Les seigneurs de Lippe» dont les domaines s'étendaient dans la partie septentrionale de la Westphalie» accrurent leurs possessions, à la fin du XII* siècle, par l'héritage de la seigneurie de Rhéda; en 1322 et 1356, ils acquirent la plus grande partie du comté de Schwalenberg. Voici la nomenclature chronologique des seigneurs de Lippe pendant l'époque dénariale :
•Hermanll, 1196-1229. *Bernard IV, 1265-1275.
•Bernard III, 1229-1265. ♦Simon I, 1275-1344.
[♦Hermann III, àLippstadt, 1265-1273]. ?*Otton, 1 344-1332.
Les plus anciens deniers de Lippe sont au monogramme de Cologne dénaturé par une rose placée au centre du champ ; l'autre face représente un édifice à trois arcades et à une tour entre deux étendards, avec la légende LIPPIACIVITAS. Grote reporte l'émission de ces pièces au temps d'Hermann IL A ce même seigneur appartiennent, d'après lui, les deniers sur lesquels un temple d'allure encore carolingienne, ou une rose, emblème héraldique de la Lippe», occupent le droit, et une croix, avec la légende SANCTÂ COLON I A immobilisée, le revers.
Sous Bernardin apparaissent les monnaies signées BERNARDVS DE Ll. Le type, parfois de composition originale, constitue le plus souvent un emprunt aux esterlins anglais d'Henri II ou aux esierlins anglais et irlandais d'Henri El. Le nom du roi est fréquemment conservé. Au revers, nous trouvons soit les noms des ateliers de Blomberg, BLOMEN- BERIC, ou de Lemgo, LEMEGOT CIVIT. soit le nom du monétaire anglais, REN-AVD-ON-LVND. MEINIR-ON-CAN. etc. Des pièces qui s'éloignent du type anglais quant au revers portent autour de la tête :
1. H. Grote, Lippische Geld- und MûnigeschiclHe, dans les Mûnistudien, t. V. 1867, p. 129.
2. Les armes de Lippe sont : d'argent à la rose degtuuhs houtonnk £or. Parfois, sur les monnaies du moyen âge, il y a trois roses au lieu d'une.
Googl(
CAPVT DE LIPPIA. Les dernières monnaies que Grote attribue à Bernard III sont copiées, pour Tavers, des espèces épiscopales de Paderbom ; elles représentent un évêque assis de face ; au revers 6gure Técu à trois roses de Lippe. Le nom de Bernard III est remplacé, sur quelques deniers, par les mots PATER NOSTER, gravés autour de l'effigie épiscopale.
A la mort de Bernard ni, la seigneurie de Lippe fut partagée entre ses deux fils. L'alné, Hermann III (1265-73), ^^t Lippstadt, mais mourut sans enfants de sorte que son frère Bernard IV recueillit tout le patrimoine. On possède des monnaies de ces deux princes; elles portent la rose de Lippe dans un triangle, et au revers l'édifice à trois tours, symbolisant la ville de Lippstadt LIPPA CIVITAS.
Simon I (1275-1344), qui monta sur le trône encore enfant, régna d'abord sous la tutelle de son oncle Simon, évêque de Paderborn. Ses monnaies forment six groupes au point de vue du type :
|o Type de l'cstcrlin d*IIcnn III, roi d'Angleterre.
2<> Type local : la rose de Lippe dans un grand losange légèrement concave. Au revers, un édifice à une tourelle accostée de deux drapeaux (fîg. 1141). 30 Type de Munster : évêque de face et tête de saint Paul.
Fig. 1141 40 Type d'Osnabruck: évêque de face et édifice.
$0 Type de Paderborn : évêque de face et édifice.
60 Type comtal de la Marck : le comte à mi-corps de face, tenant une rose et un lis. Au revers, Técu à la rose de Lippe.
Sur les plus anciennes de ses monnaies, Simon I s'intitule SIMON IVVENE ou DOMICELLVS SIMON; sur les plus récentes, SIMON VIR NOBILIS, SIMON NOBILIII ou SIMON DE LIPPE. Les monnaies de ce seigneur sont frappées à Lippstadt et à Lemgo. On ne possède pas de pièces absolument certaines de son fils et successeur Otton (1344-60).
j). ÉvêcJjê de Minden,
La moneta fut accordée aux évoques de Minden par Otton II en 976 ; elle leur fut confirmée en 1009, 103 1 et 1039. Les émissions qui succédèrent à celles qui furent faites au nom d'Henri III, roi, se composèrent de deniers au type de Cologne ; au revers, autour de la croix, le nom immobilisé d'Otton III fait place à Tindication topique : MIN- D'AOIII. Un peu plus tard, vers la fin du xi* siècle, les monnaies de Minden portent au droit un type curieux : un personnage assis, paraissant être un monnayeur au travail ; le nom de Tatelier, MINTEONA. est
Googl(
écrit autour de la croix du revers. Sur une autre pièce de la même famille, deux personnages sont debout et l'un semble présenter une monnaie à son voisin.
Nous n'avons que très peu de renseignements sur le monnayage des évoques dans le cours du xii« et du xiii' siècles. Minden, située sur le Weser, commerçait surtout avec la Basse-Saxe et Brème. De bonne heure, comme à Brème, le signe d'échange dut se composer de bractéates anonymes, et pour la plupart encore indéterminées. La monnaie de Minden est fréquemment citée dans les documents écrits, notamment en 1195, 1253, 1258, 1269, 1282, 1290, 13 14, I3S7> etc.
Leitzmann auquel nous empruntons ces détails, rappelle que Frédéric n accorda à l'évêque Jean (1242- 1250) l'autorisation de bâtir deux villes avec la liberté de frapper, dans l'une d'elles, des monnaies fortes : « in altero illorum oppidorum gravent monctam cudendi ». En 1259, l'évêque Widekind I acquit d'Henri, abbé de Fulda, la ville de Hameln sur le Weser, « cum omnibus attintntiis, advocatia, iheloneo, montta » etc. Le 30 septembre 1265, l'évêque Conrad de Diepholz fit une ordonnance dans laquelle il établit comme suit la taille et le titre de ses espèces : « Denarii talis erunt ponderis et puritatis, ut quinquefertones in pondère tnarcam examinaii argenti efficiant, si conflentur. Item XXVII solidi et III denarii unam marcam ponderabunt^ ».
1). Évichi de Paderborn^.
L'évêché de Paderborn, fondé en 795 et placé sous le vocable de saint Liboire, s'étendait entre la Hesse, le territoire abbatial de Corvci, la Lippe, le duché de Westphalie et le comté de Waldeck. On ignore la date à laquelle les évêques acquirent le droit de monnaie, mais ce droit leur frit confirmé en 1028 par Conrad II.
Les plus anciennes monnaies de l'évêché de Paderborn sont des copies du type ottonien de Cologne tel qu'il s'était acclimaté à Soest au milieu du xii^ siècle. La légende du revers, qui remplace l'immobilisation ODDO IVPING, est PATERBRVNNVM. appellation qui difiere très peu de celle sous laquelle la ville est citée dans les documents écrits. La croix des
1. H. Grote, Bisclxfiich mindemcljc Mûivçprdnung, dans \QsMm:^studim, t. I, 1857, p. î8.
2. H. Ph. Cappe. Die MlUdaUer^Mùn^en von Munster, Osnabrûck, Paderborn, Corvei und Hervord, Dresde, 1850, in-8. p. 79 et suiv. — C. Ph. Schoenemann» Zur voterlàndiscben Mûn^kunde, etc. Wolfenbûttel, 1852, pet. in-4, p. 6x et suiv. — J. Weingârtner, Die Goîd- und Silbermûnien des Bisthums Paderborn, Munster» 1882, in-8.
Googl(
mêmes pièces porte dans l'un de ses cantons la « marque de Soest ». Voici la liste des évêques de Paderborn pour la période dénariale du monnayage signé:
•Bernard II d'Oescdc, 1 186-1203. ♦Simon I de Lippe, 1247-1277.
♦Bernard III d'Oesede, 1203-1223. ♦Ouon de Ritberg, 1277-1307.
Olivier, 1224-1225. ♦Gunther de Schwalenberg, 1307-13 10.
•Willebrand de Wildeshausen, 122$- •Thierry II d*Itter, 1310-132 1.
1227. *Bernard V de Lippe, 1321-1341.
♦Bernard IV de Lippe, 1227-1247. Baudouin de Steinfurt, 1341-1361.
Les deniers de Bernard II et de Bernard III sont copiés des pièces frappées à Soest sous l'archevêque de G)logne Philippe de Heinsberg : Tavers est occupé par une figure épiscopale assise de £ace, mitrée, tenant la crosse et le livre, le revers par une croix cantonnée de globules et de lettres. Les légendes, d'abord SCS LIB-IS EPC et ODDO+ IVIDDING. deviennent ensuite BERNARDVS EPC et SCS LIBORIVS. Sous l'épiscopat de Bernard III, le domaine temporel s'accrut d'une partie de la ville de Brakel, et aussitôt Brakel devint le siège d'un atelier épiscopal.
Sous Willebrand, les coins de Paderborn restent tributaires de ceux de Soest, et suivent ceux-ci quand ils abandonnent, au revers, la croix, pour la remplacer par un édifice à trois tours.
Les successeurs de Willebrand conservent généralement ce type en y introduisant quelques modifications. L'édifice est parfois à tour centrale accostée de deux bannières flottantes, mais plus souvent il laisse voir, dans son portail ouvert, le chef de saint Liboire, le buste mitre et crosse de l'évêque, la fleur de lis, marque caractéristique de l'atelier de Warburg (fig. 1142), des armoiries locales sur les pièces frappées
à Brakel, une croix dans un cercle pour
simuler la roue des deniers de Munster', ou enfin, sur quelques pièces de Simon I, un buste couronné dont l'identification est rendue facile par la légende HENRICVS ^•« "^' REX.
L'atelier de Warburg, VARTBERG CIVITA, WARDBERCH Cl. la seconde ville du temporel, et celui de Brakel, BRAKEL CIVIT, apparaissent pour la première fois sous Bernard IV. Son successeur, Simon I, multiplia encore ses ofiicines et frappa à Paderborn, PADER- BORNE CIV, à Warburg, à Brakel, BRACLE CIVITAS. et à Winterberg, CIVITAS WINTRBRIGEN ; nous retrouverons de plus son nom
I . Les armes de Brakel étaient à trois pals chargés d'une fasce. L'évêché de Paderborn portait di gueules â la croix tTor.
Googl(
dans les ateliers de l'abbaye de Corvei où les évêques de Paderborn exerçaient le pouvoir, comme tutorts, pendant les vacances du siège abbatial. Les divers ateliers mentionnés plus haut restèrent en activité, hormis celui de Winterberg, sous Otton de Ritberg, qui posséda en plus ceux de Hallenberg, CIVITAS HALNBRIG. et deNieheim, NIGHEM CIVITAS ; dans cette dernière ville, les droits monétaires étaient partagés entre Tévêque de Paderborn et l'archevêque de Cologne, comme duc de Westphalie. Otton de Ritberg prend sur ses premières émissions le titre d'ekctus; sur les suivantes, il s'intitule episcopus.
Le monnayage de Paderborn, qui se composait de deniers^ d'oboles et de quarts de denier, parait avoir atteint son apogée dans la seconde moitié du xui* siècle. Son importance décrut très sensiblement dans la suite, et avec elle le nombre des ateliers diminua.
Différents textes du xiu* et du xiv* siècle nous éclairent sur la valeur des monnaies de Paderborn comparativement à celle des espèces circulant dans les pays d'alentour. Le dtnier de Paderborn équivalait à celui de Soest ; un document de 13 16 dit « pro centum et sexaginta marcis de-nariorum Paderb. et Sosati legalium, quorum denariorum sedecim solidi faciunt unam tnarcam argenti puri. » Dix ans après, la valeur des deniers avait subi un affaiblissement ; il en fallait dix-huit sous pour faire un marc d'argent fin. La valeur des deniers de Warburg était un peu moindre que celle des pièces frappées dans la métropole. Un texte de 1327 montre qu'il fallait vingt et un sous de Warburg pour foire vingt sous ou un marc de Soest et de Paderborn.
m). Seigneurie de Buren '.
La seigneurie de Buren était située dans l'évèché de Paderborn, sur la frontière du duché de Westphalie. En 1195, Berthold et Dietmar de Buren firent hommage de leur château à Bernard II, évoque de Paderborn, qui leur accorda le droit de tonlieu et de monnaie. Dans la première moitié du xni* siècle, la fomille de Buren se divisa en deux branches, qui continuèrent à habiter ensemble. Au xrv« siècle, ces deux branches prirent les noms de Buren- Wcwelsbourg et Buren-Wunneberg, d'après des possessions nouvellement acquises. La chronologie des sires de Buren, dont plusieurs portèrent le nom de Berthold, est assez mal étabhe.
I. H. Grotc, Die Denare der Herren von Bûren, dans les MmT^studien, t. I, 1857, p. 377i et t. II, 1862, p. 91$. — H. Dannenberg, Denare der Herren von Bûren, dans le même recueil, t. II, 1862, p. 507. — J. V/eingàrtneTf Die Gold- und Silbermùn^en des Bisthums Paderborn. Munster, 1882, in-8, p. 174 et 206.
Googl(
La plupart des monnaies de Buren sont des copies fidèles de celles de Paderborn; le nom de certains évêques, tels que Simon (1247-77) et Otton de Lippe (1277-1307), est conservé à Tavers. D'autres deniers sont imités de ceux que les empereurs ont frappés à Dortmund ou les archevêques de Cologne dans leur duché de Westphalie. L'atelier d'origine, BVREN CIVITA. figure au revers, où paraît aussi, parfois, le nom du seigneur : BERTOLD.
Au commencement du xiv« siècle, les seigneurs de Buren frappèrent des esterltns, copiés de ceux d'Edouard .1, roi d'Angleterre. A l'avers, le type et la légende de la pièce anglaise sont conservés ; au revers, nous trouvons l'écu de Buren, au chevron engrelé (fig. 1143). Vers la même époque, l'atelier sei-
>gneurial frappa des quarts de deniers ayant à l'avers la tête des esterlins et au revers B-V-R- E, dans les cantons d'une croix pattée.
Fig. 1143
n). AMfaye d'Helmershausen*,
L'abbaye bénédictine d'Helmershausen, fondée en 998 par le comte Eckhard, obtint en 1033 de l'empereur G)nrad II le droit de tonlieu, de marché et de monnaie. La liste chronologique des abbés est très imparfaitement établie ; nous la donnons ici parce que Grote l'a omise dans ses Stammtafeln :
Winon, 1032-1036. Henri, . .1220-1221...
Tannon ou Tangmar, 1058. • Conrad III,
Albéric, ♦Godcfroid
Bcrthgère, JcanI, -1237.
Thietmarl, .. .1093-1107. .. Conrad IV, 1237-1249....
Reimbold I, ... 1 126. . . . Hermann I, . . . 1256-1267. . .
Thietmarll, ...1139.... Conrad V, ...1270....
Conrad I, 1142-1170. *Jean II, .. .1273-1303. . .
Conrad II, ...1180. .. •Adolphe, . ..1307-13 14. Thietmar III, . . X20$-i2o8. Reimbold II, . .1316-1330.
Werner, ...1215... Engelhard, .. .1332-1337. ..
On connaît un denier frappé à Helmershausen par l'empereur Henri III; mais il faut passer à la première moitié du xiii* siècle pour retrouver la suite de ce monnayage. L'abbé Conrad III et Godefroid, qu'on présume être son successeur, mais dont les monnaies seules révèlent le nom, frappent des imitations assez libres des