CHAPITRE SEPTIÈME
LES ILES BRITANNIQUES DEPUIS LE COMMENCEMENT DU XI* SIÈCLE JUSQU'A LA FIN DU XlIIe
Sources : Les ouvrages indiqués en tôte du chapitre huitième de la seconde partie (p. 297). — W. St. Thornburn, A guide to tfte coitts of Gréai Britain and Irelani, Seconde édition. Londres, s. d., (1888), in-8. — J. Lindsay, A view oftbe coinage of Ireland, Cork, 1839, in-4. — R. W. Cochran-Patricic, Records of the coinage of Scolîand, Edimbourg, 1875, in-4, 2 vol. — Ed. Burns, The coitiage of Scotîand, Edimbourg, 1887, in-4, 3 vol. — D. E. Hildebrand, Anglosachsiska mytti i svenska kottgïiga Mynlhahineltet, funna i sveriges jord. Stockholm, 1881, 2« édition, in-8.
§ I. — Le Royaume d'Angleterre,
a). Les monnaies et leurs types de V avènement de Canut à la mort de Henri III (10 \6-ivj 2).
Nous avons laissé (page 328) l'histoire métallique de l'Angleterre à Acthelred (978-1016). Son règne avait été, dès le début, troublé par de continuelles incursions danoises; en looi, pour se débarrasser des envahisseurs, il consentit à leur payer une somme qui se traduisit par un impôt spécial connu sous le nom de danegeld. Les énormes prélèvements d'espèces opérés par les Danois en Angleterre expliquent la grande circulation des pennies d'Aethelred II dans les pays Scandinaves et l'influence que leurs types exercèrent sur les régions septentrionales de l'Europe.
En 1014, le roi Suénon ou Sven I se fit proclamer roi d'Angleterre à Londres et Aethelred II chercha un refuge en Normandie; mais l'année suivante Suénon étant mort, le roi détrôné revint dans sa capitale tandis que Canut, fils de Suénon, était proclamé roi dans les provinces occupées parles Danois. En 1016, Aethelred II mourut; son fils Edmond II fut assassiné l'année suivante et Canut resta seul maître de l'Angleterre.
Le monnayage de Canut le Grand (1016-1035) est extrêmement
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abondant. Ses deniers portent à Tavers le buste avec ou sans sceptre, tourné à gauche et parfois placé dans un quadrilobe. Le revers est occupé par une croix de formes variées : croix brève et à branches évidées; croix à branches évidées, coupant la légende et cantonnée de P-A-C-X ; croix à branches évidées sur laquelle brochent en cœur quatre croissants aboutés; croix formée de quatre ellipses placées autour d'un globule; croix à branches évidées brochant sur un quadrilobe; petite croix pattée isolée dans le champ, etc. La donnée générale reste, comme on voit, la même que sous Aelthelred II. Les légendes continuent à mentionner, d'un côté, le roi CNVT REX ou CNVT REX ANGLORVM, de l'autre, le monétaire et l'atelier. Les villes où se trouvaient établies des fabriques d'espèces sont particulièrement nombreuses sous Canut le Grand.
A la mort de ce roi, en 1035, son second fils Harold I (1035- 1040) obtint l'Angleterre à l'exception du Wessex qui fut donné, avec le Danemark, au cadet Harthacnut (1035-41). Les deniers conservent à l'avers le profil avec ou sans sceptre, au revers une des croix précédemment décrites. Le nom de Harold I est écrit HARALD ou HAROLD REX AN ou A ; mais à côté de ces formes régulières on trouve de nombreuses orthographes moins correctes. Le nom de Harthacnut est écrit HARBACNVT. HARCNVT, etc., suivi ou non du mot REX ou RE. Les ateliers monétaires sont beaucoup moins nombreux que sous Canut.
En 1041, après la niort de Harthacnut, la couronne d'Angleterre revint à l'ancienne dynastie. Edouard le Confesseur (1041-66), fils d'Aethelred II, monta sur le trône. Ses monnaies présentent un nombre considérable de variétés. Hawkins ne signale pas moins de vingt types différents. A l'avers des pennies de ce roi, nous trouvons sa tôtc couronnée de face, son buste diadème à gauche, le même buste précédé d'un sceptre, le buste mitre à gauche précédé d'un sceptre, le buste mitre à droite tenant le sceptre à la main, le buste couronné de face tenant le sceptre à la main, le buste couronné à droite précédé ou non d'un sceptre, l'image du roi assis de face tenant le globe crucigère et un long sceptre. Au revers apparaissent les types de croix les plus variés; parfois les cantons sont occupés par les lettres du mot P-A-C-X ou par quatre colombes; sur une pièce appartenant aux dernières émissions du règne, le mot PAX est placé dans le champ entre deux lignes de grénetis. On possède une épreuve en or d'un denier d'Edouard le Confesseur (fig. 1303).
Edouard le Confesseur étant mort sans enfants et sans proches héritiers, il s'éleva deux prétendants à la couronne, Harold H, fils du comte Godwin, qui avait été le conseiller du roi défunt, et Guillaume
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le Bâtard, duc de Normandie. Le premier se fit élire par les grands de la nation; le second invoqua un prétendu testament d'Edouard le Confesseur et fit prononcer le pape en sa faveur. Les monnaies frappées par Harold II portent sa tête de profil à gauche, avec ou sans sceptre, et, au revers, le mot PAX dans le champ entre deux lignes de grénetis (fig. 1304).
FIg. 1303 Rg. 1304
Harold II ne resta que quelques mois sur le trône d'Angleterre. Le 14 octobre 1066, Guillaume de Normandie, qui avait débarqué avec une armée à Pevensey, lui livra à Hastings une bataille décisive. Harold II fut tué et l'Angleterre soumise au Conquérant.
Les numismates anglais ne sont pas encore parvenus à distinguer avec précision les monnaies de Guillaume I (1066-1087) de celles de son fils Guillaume II le Roux (io87-iioo).Lés types adoptés par ces rois continuent les traditions de la précédente dynastie, mais le buste royal est beaucoup plus souvent figuré de face que de profil (fig. 1305); parfois,
Fig. 130; Fig. 1306
l'effigie est placée sous une arcade (fig. 1306). Au revers, nous retrouvons les croix multiples du numéraire anglo-saxon. La frappe des pièces reste bonne et le métal qui, à cette môme époque, subissait en France des altérations progressives, conserve en Angleterre son titre élevé.
Henri I Beauclerc (i loo-i 135), troisième fils de Guillaume le Conquérant, succéda à son frère. Ses pennies le représentent généralement en buste de face, rarement de profil; le revers reste également dans les traditions et porte des croix, des dispositifs cruciformes, ou le mot PAX entre deux lignes ; les variétés de type dépassent la vingtaine. Henri I étendit la participation du clergé aux bénéfices résultant de la fabrica-