‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 3)Chapitre 58 sur 83 · Épée nue et croix longue superposées. Rcv.: Épée nue · texte numérisé non relu

Épée nue et croix longue superposées. Rcv.: Épée nue

2. Môme type. Rev.: Fronton de temple carolingien surmontant un E précédé de deux globules ou d*une croisette. La légende du revers donne assez distinctement le nom de Tatelier de Prague : -|- pgaaa* <« .

3. Flèche. Rev.: Temple dont les colonnes sont remplacées par quatre annelcts

(fig. 1365).

4. Temple dont les colonnes sont remplacées par un nom de monastère, comme sur les deniers bavarois qui ont servi de modèle ; on trouve ainsi : sfer, j.op, hiz, ado, OBD, ONG, PER, etc. Rcv.: Croix pattée diversement cantonnée.

Au point de vue des inscriptions, les deniers de ce dernier groupe présentent parfois une particularité remarquable : le nom de l'atelier de Prague est remplacé par celui de la duchesse Biagota : BIAGOTA CONIIX, femme de Boleslas I.

I. Plusieurs deniers de Bohême ont été Tobjet de falsifications modernes sur lesquelles on pourra consulter : Die Fàlschunaren hôhmischer Mùn^en und deren Stempel,. dans la Numism. Zeitschrift de 1880.

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Les deniers attribués à Boleslas II (967-999) présentent trois types différents. L'avers porte toujours une dextre divine; le revers aune croix cantonnée, le temple bavarois ou le buste de profil copié des pennies anglais d'AetheIred II (fig. 136e). Les pièces à ce dernier type se sont rencontrées en grand nombre dans la trouvaille de Peisterwitz. Les légendes du revers sont : PRAGA CIVITAS, SANCTA WISEGRAD. ou, parfois, le nom d'un monétaire suivi du nom de lieu, à la mode anglo-saxonne: + OMERINPRAGAVIV. + NACVDININ-PRAGA. Un grand nombre d'inscriptions sont placées à rebours ou complètement altérées.

Fig. 136e Fîg. 1567

Boleslas II avait épousé Emma, fille de Conrad, roi de Bourgogne et d'Arles. Elle lui survécut jusqu'en 1006. Son nom figure sur quelques deniers qui reproduisent le dernier type monétaire employé par son mari : + EMMA + REGINA - + CIVTAS *+ MELNIC (fig. 1367).

Sous le règne de Boleslas III (999-1002), les deniers subissent une' légère décroissance de poids et de module. Les types, sur les pièces d'une lecture certaine, sont : le temple, la dextre divine, une croix cantonnée, un oiseau, une épée couchée ou encore un^ simple annelet placé au milieu du champ. En 1002, Boleslas III s'étant rendu à Gracovie à une entrevue sollicitée par Boleslas I, duc de Pologne, celui-ci lui fit crever les yeux. La Bohème fut envahie par une armée polonaise, la ville de Prague fut prise et le pays donné par le duc de Pologne à son gendre Wladiwoï (1002-1003). Celui-ci profita de

Fig. Ij6« Fig. IJ69

l'occupation de Prague pour y monnayer à son nom. Ses pièces portent de chaque côté une croix diversement cantonnée, et sur les rares spécimens à légendes correctes on lit: + VLADIVOI DVS — PRAGA MIZ- LETA; ce dernier mot est le nom du monétaire.

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Boleslas m recouvra ses états en 1003 , mais la même année il les céda à son frère Jaromir (1004-1015). Sous son règne, l'influence des types anglais, si caractéristique sous Boleslas III, fit place à une influence byzantine. On ne connaît pour Jaromir pas moins de six types différents ; nous en donnerons le signalement rapide :

1. Croix à bandes évidées. Rev.: Croix dont le centre est formé d'un annelet. Des deux côtés les légendes semblent donner le nom du duc (fig. 1 368).

2. Buste nimbé, la main levée, de profil à droite. Rev.: Croix terminée par des globules. Mêmes légendes.

3. Buste de face tenant dans la main droite un drapeau; à droite, dans le champ, une croix. Rev.: Buste du Christ avec le nimbe crucigére. L'origine byzantine de ce type paraît incontestable (fig. 1 369).

4. Deux personnages accolés, les têtes vues de face. Rev.: Tête à chevelure radiée, vue de face. Ici encore nous sommes en présence d'une adaptation d'empreinte byzantine.

5. Même type qu'au revers de la variété précédente. Rev.: Temple dont les colonnes sont remplacées par ccccccc. La légende est formée du nom de saint Wenceslas : se VECEILAS, qui est mentionné ici pour la première fois.

6. PRA-GA écrit en deux lignes dans le champ. Rev.: Dextre divine : dextera di. Certains exemplaires sont d'un très bon style (fig. 1370), d'autres ont des légendes indéchiffrables.

Odalric (1012-1037) détrôna son frère Jaromir et le priva de la vue. Ses premières monnaies reproduisent, au nom près, le sixième type de Jaromir ; puis nous retrouvons le buste de profil, à chevelure hérissée (fig. 1371), des monnaies Scandinaves, le temple carolingien.

Fig. 1370 Fig. mi

le buste de face tenant un drapeau, l'image d'Oldaric assis de foce, une dextre brochant sur une croix, des croix de diverses formes, le profil de saint Wenceslas, la main levée devant le visage, ou son nom SCS — WENCEZ — LAVS écrit en trois lignes dans le champ.

Brétislas I (1037-105 5) eut tout son règne occupé par des guerres contre les empereurs d'Allemagne et les Polonais. En 1038, il s'empara de Posen, de Breslau et de Gnesen et jusqu'en 1042 il maintint le pays sous son autorité; nous avons parlé (p. 863), des deniers que M. Stronczynski et d'autres numismates attribuent à cette occupation de Brétislas I. Dans ses états héréditaires, le duc de Bohême eut un monnayage

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fécond et varié. Ses types sont nombreux et témoignent d'un réel esprit d'invention. Voici les principaux :

1. Buste de face, la main droite levée, accosté à droite d*une croix. Rev.: Buste de face avec le drapeau, type déjà noté sous Jaromir et Odalric.

2. Croix courte dont le centre est formé par un annelet. Rev.: Buste analogue au précédent, mais le drapeau tenu dans la main gauche. .

3. Cavalier à gauche tenant un drapeau sur l'épaule. Rev.: Buste nimbé de face de saint Wenceslas.

4. Deux personnages debout en regard. Rev.: Croix ornée (fig. 1372).

5. Personnage à mi-corps tenant une croix. Rev.: Oiseau à gauche.

6. Personnage debout, de face, tenant un drapeau. Rev.: Buste de profil de saint Wenceslas tenant une croix.

7. Croix remontée dont le centre est formé par un annelet. Rev.: Buste de saint Wenceslas, de face, les mains levées.

8. Le duc à mi-corps, de profil, à gauche, tenant un drapeau. Rev.: Saint Wenceslas debout, de face, entre deux croix.

9. Croix pattée cantonnée de quatre croisettes à base ancrée. Rev.: Buste très barbare de saint Wenceslas, de profil à gauche, les cheveux hérissés.

Les deniers qui précèdent ont encore le grand module de 20 à 21 millimètres des premières monnaies de Bohème. A leur émission en succèdent d'autres dont le module tombe à 16 ou 17 millimètres. Le poids décroît en proportion. Les monnaies de Brétislas I de module

Fig. 1372 F»g- ÏÎ73

réduit portent généralement d'un côté le buste ou l'image en pied du duc, de l'autre celui de saint Wenceslas.

Peu de temps avant sa mort, Brétislas I régla les détails de sa succession; il désigna comme duc de Bohême son fik aîné Spytihnew, partagea la Moravie entre lescadets, Wratislas, Conrad et Otton, enfin, il destina l'évêché de Prague à Jaromir, le dernier de ses enfants.

Spytihnew II (1055-1061) continua l'émission des petits deniers. Les types ne subissent pas de modification sensible (fig. 1373).

Wratislas II (1061-1092), prince d'Olmutz, se mit en possession du duché de Bohême par droit de majorât, après la mort de Spytihnew n, son frère. Le 16 juin 1086, l'empereur Henri IV lui donna le titre de roi. Les monnaies constatent par leurs légendes cette élévation de Wratislas à la dignité royale. Les types restent ce qu'ib étaient à la

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fin du règne de Brétislas I (fig. 1374). Quelques deniers portent les noms réunis du roi et de son fils Brétislas II (fig. 137s). Celui-ci ayant

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Fig- IÏ7Î

trahi les intérêts paternels, Wratîslas II, à son lit de mort, appela G)nrad I, son firère, et le déclara son successeur «. Les monnaies frappées par Conrad I (1092-1093) et par Brétislas II

(1093 -1 100), ne sortent guère de la tradition reçue, mais sous Boriwoï II la gravure réalise d'énormes progrès. Les petits deniers bohémiens deviennent de véritables miniatures et les types deviennent d'une richesse qui rend difficile une énumération sommaire (fig. 1377 à 1379). Une précieuse trouvaille faite en 1887, près de Sénitz, est venue multiplier les spécimens connus des monnaies de Boriwoï et de son temps. Le buste du duc, une figure équestre, le duc assis, un ange agenouillé tenant un enfant devant lui, des figures assises, le duc assis accosté d'un guerrier debout, le buste de &ce de

Fig. IJ7*

Fig. 1377

Fig. 1378

Fig. 1379

saint Wenceslas, tels sont les principaux sujets traités par les incomparables artistes qui dirigèrent l'atelier de Prague au commencement du xii* siècle.

Le règne de Boriwoï ne fut pas exempt de troubles. En 1107, le duc fut renversé par son cousin Swatopluk qui conserva le pays jusqu'à sa mort, arrivée en 1109. L'empereur Henri V mit ensuite sur le trône ducal Otton de Moravie, qui dut, après quelques mois, céder la place à Wladislas III (1109-1125). A deux reprises, en 1109-1110

I . Voir sur les pièces de cette période l'importante trouvaille de Rakwitz : Am. Luschin von Ebengreuth, Der RaktLi'iier MûnzUnid, dans la NumismatiscJjc ZeitscImH, de 1886 et 1887.

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et de II 18 à 1120, Boriwoï parvint à ressaisir le pouvoir. On possède des deniers de ses divers compétiteurs.

A la mort de Wladislas UI, survenue en 1125, son frère Sobeslas I fut reconnu duc par tous les Bohémiens. La gravure des deniers reste belle, mais la frappe laisse souvent à désirer, de sorte que les légendes, toujours composées des noms du duc et de saint Wenceslas, sont fréquemment mal venues. Le choix des types devient plus varié encore, mais on cherche à représenter des scènes trop compliquées, trop chargées de personnages. Nous ne citerons comme exemple que cette pièce dont l'avers porte une véritable armée, cinq guerriers debout Tun derrière l'autre, dans diverses attitudes, et le revers, le duc, de face, entre deux personnages de profil qui lui présentent les armes. Sur un autre denier, le duc assis, l'épée à Tépaule, est entouré de quatre figures agenouillées ; une autre pièce représente un baptême, ailleurs encore un guerrier combat un lion et un dragon, etc.

La plupart de ces scènes conservent, à notre avis, le souvenir des faits du règne de Sobeslas I, et les deniers bohémiens du xii* siècle ont une grande importance historique.

Wladislas IV (1140-1174), prit d'abord le titre de duc, mais le 13 janvier 1158, à la diète de Ratisbonne, Frédéric Barberousse lui conféra celui de roi, à titre personnel. Sur quelques-unes des monnaies de Wladislas IV, frappées probablement à l'occasion de son couronnement royal, on lit les inscriptions suivantes placées, l'une et l'autre, en quatre lignes: à l'avers: REX-WLAD-ISLA-VI ; au revers: IV-DITA-REGI-NA, c'est-à-dire Judith, fille de Louis II, landgrave de Thuringe. Les légendes habituelles des deniers restent: REX WLADIZILAVS et SCS WEN- CEZLAVS. Les types sont moins chargés que sous Sobeslas I.

Les règnes des ducs Sobieslas I (1174-1197), de ses compétiteurs Frédéric et Conrad II, de Wenceslas II, de Henri Brétislas et de Przémislas, devenu roi en 1 198, sous le nom de Przémislas Ottakar I, achèvent en Bohême la période des deniers bifaces. La gravure décline et la frappe devient de moins en moins soignée. La pièce représentée par notre figure appar- ^*** '^***

lient au règne de Prémislas comme duc ; elle suffit pour donner une idée du monnayage de cette époque dont les produits ont été répandus en grand nombre par la trouvaille de Mitkowitz.

Dans les dernières années de Ottakar I, comn^ence en Bohême l'émission des bractéates qui dura pendant les règnes de Wenceslas I (1230-

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1248) et Ottakar II (1248-1278) et pendant la plus grande partie du règne de Wenceslas IL Les ateliers bohémiens de cette période furent, suivant M. Ed. Fiala, outre Prague, les villes de Brûx, Eger,

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Rg. IJ83

Fîg. 1384

Kaaden?, Klattau? et Piezk. Les bractéaies de la Bohême offrent une grande analogie avec certaines bractéates de Misnie et de Lusace. Les reliefs de l'empreinte sont très accusés et le type est entouré d'un

Fig. 138$

FIg. 1386

Fig. 1387

cercle en forte saillie. Le métal est généralement épais et très cassant. Le module des pièces varie entre 20 et 42 millimètres. Les légendes sont exceptionnelles. Quelques bractéates d'Ottakar I portent : + REX

Fig. 1388

Fig. 1389

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Fig. 1391

OTACKARVZ (fig. 1381); quelques-unes de son successeur Ottakar II ont OTAKARVS REX ou OTAC REX ; mais la grande majorité des pièces sont muettes. Les types sont très variés, comme c'est toujours le

Fig. I39Î

Fîg. 1394

Fîg. 139$

cas dans les pays où la monnaie était l'objet de refontes périodiques. Nous réunissons ici les empreintes les plus fréquentes (fig. 138141395), ce

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qui nous évite d'en donner une description détaillée. En 12529 Ottakar II avait épousé Marguerite, fille de Frédéric le Belliqueux, qui lui apporta en dot TAutriche et la S^yrie; en 1276, le roi de Bohême dut renoncer à ces provinces". Sur quelquesunes de ses bractéates, Técu à la fasce d'Autriche se trouve figuré (fig. 1394 et 1395). ^•«- ''^^ Outre ces monnaies unifaces, Ottakar II frappa, dans les dernières années de son règne, quelques deniers bifaces portant la tête, le buste, l'image en pied ou l'image équestre du roi (fig. 1396).

En 1300, Wenceslas II confia à des financiers et à des artistes italiens le soin de réorganiser le monnayage de la Bohême. La réforme accomplie par leurs soins donna naissance au gros de Prague.

§11. — La Moravie.

Nous avons vu comment, en 1055, Brétislas I duc de Bohême assigna la Moravie en apanage à ses fils cadets. En 106 1, quand, après la mort de Spythinew, son frère Wratislas II se mit en possession du duché de Bohême, un nouveau partage eut lieu. Conrad I obtint Brûnn et Znaim, Otton I eut Olmûtz. Voici le tableau de leur descendance :

Brétislas I duc de Bohême

Brûnn

* G>nrad I 1061-92

Brûnn • Ulrîc

• Wratislas

Spythinew 1174-99

• Spythinew t "SI

Znaim

• Luthold

• Conrad II

•G)nrad Otton

devenu duc de Bohême en

1182 et de 1189 à 1191

Oîmût^

• Olton I 1061-86

ép. * Euphémie

de Hongrie

• Swatopluk devenu duc de

Bohême en 1107

• Wenceslas t 1130

sans héritiers

• Otton II

fut duc de

Bohème

en 1109

Otton III

Wladimir

I . Voyez pp. 766 et 768 sur les monnaies frappées par Ottakar II en Autriche et en Styrie. Voyez aussi : A. Luschin von Ebengreuth, Die wiener Pfennige ^ Zeiten Kdnij Oiiakars.

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