Seigneurie de Négrepotii ou d'Euhie
On ne connaît encore pour l'importante seigneurie de l'île de Négrepont qu'un seul denier frappé par Guillaume dé Villehardouin, prince d'Achaïe, entre 1255 et 1260, en qualité de tiercier du chef de sa femme Carintana, fille et héritière de Riccardo dalle Carceri. Voici la description de cette pièce: Croix ancrée cantonnée des lettres G-P* — A-C (Guillelmus princeps Achaîe). Revers: +-NE-GRIP. Dans le champ le chiffre III, abréviation exprimant le titre de tertiarius.
« L'absence de monnaies des tierciers d'Eubée s'explique par la prépondérance de Venise dans l'administration de l'île; c'était la monnaie vénitienne qui y avait presque exclusivement cours. »
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g). Despolat d^Èpire.
Nous avons traité à la p. 901 de ce livre des monnaies frappées dans le goût byzantin par les despotes d'Épire de la maison des Anges. En 13 18, l'assassinat de Thomas l'Ange fît passer le pays aux mains de Nicolas Orsini (13 18-1323).
On possède un assez grand nombre de variétés de deniers tournois frappés à Artapar le successeur de Nicolas, Jean Orsini (1323-1335). Les légendes en sont: + lOHS DESPOTVS — DE ARTA CASTRV.
On n'a retrouvé aucune pièce du dernier despote d'Épire, Nîcéphore II, tué en 1358 dans sa lutte suprême contre les Albanais.
h). Sébaslocratorat de la Grande Vlaquie.
A la mort du despote Michel II d'Épire, en 1271, son fils bâtard, Jean l'Ange, hérita de la Thessalie où, plus généralement, de tous les pays connus au moyen âge sous le nom de Grande Vlaquie et s'étendant entre l'Olympe au nord et le Parnasse au sud. Jean fixa sa résidence à Néopatras.
*Jean I l'Ange Comnène, 1271-1296. •Jean II l'Ange Comnène, I303(-I3i8.
Constantin l'Ange, 1296*1503.
Les monnaies des sébastocrators de la Grande Vlaquie sont encore à peine connues. Les plus anciennes, celles de Jean I, sont des pièces concaves aux types purement byzantins.
Jean II frappa à Néopatras des deniers tournois Aq type français ayant comme légendes, soit + ANGELVSSAB'-C* (Angélus sabastocrator Comnenus) — NEOPATRIE ou DELLA PATRA, soit + DVX ANGE- LVS DELLA PATRA. Ces pièces sont d'une grande rareté.
§ IV. — Possessions napolitaines de la Grèce cotttinentale et insulaire.
a). Èpire et Cor/on.
Vers la fin de 1259, Michel II, despote d'Épire, donna sa fille en mariage à Manfrcd, bâtard de Frédéric II et roi de Sicile. Cette princesse apportait en dot d'importants territoires épirotes, tels qucDurazzo, Vallona, Berat, etc. Le prince souabe prit dorénavant le titre de despote ou seigneur de Romanie. On possède une curieuse monnaie de cuivre, d'aspect tout italien, frappée par Manfred dans ses possessions épirotes, sans doute à Corfou ou à Durazzo (fig. 1446).
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a Durant les cent vingt années qui s'écoulèrent depuis la mort de Manfred en 1266, jusqu'à la prise de Corfou par les Vénitiens en 1386, les divers princes des deux lignes de la maison d'Anjou-Naples ont certainement dû frapper monnaie dans les trois principales places de leurs
possessions épirotes et ioniennes, Durazzo, Corfou et Lépante. »
Cependant toute cette région est I encore si peu explorée qu'on connaît à peine quelques-unes de ces pièces si curieuses; ce sont des ^^' '^^^ deniers tournois de Philippe de
Tarente, fils de Charles II d'Anjou, investi en 1294 par son père de la suzeraineté des possessions de la couronne de Naples en Épire.
Ces deniers sortent soit de l'atelier de Lépante (NEPANTl CIVIS). soit de celui de Corfou (CORFOI DOMINVS). La légende du côté de la croix est sur les premiers PHS*'PACHTARDR (c'esi-h-dire pr inceps Achaie, Tarenti, despotus Roinanie), sur les autres, PHS DEI GRA.
b). Ltiiauh, /an te d Céplxihiiic.
Les comtes palatins de Zante et Céphalonie comptèrent au moyen âge parmi les plus puissants vassaux de la principauté d'Achaïe. Deux familles différentes ont successivement porté ce titre, celle des Orsini qui finit par monter sur le trône d'Épire, celle des Toccho qui régna sur les îles jusqu'à l'occupation vénitienne.
On ne possède pas de monnaies frappées au nom des comtes de Zante et de Céphalonie; mais il existe un denier tournois aux légendes REX LADISLAVS — DN ou IN TOCCHI. En 1396 le roi de Naples Ladislas accorda à Charles I Toccho que ses seigneuries seraient séparées de la principauté de Morée et placées sous la suzeraineté directe de la couronne de Naples; le denier que nous venons de décrire rappelle ce fait historique.
§ V. — Seigneuries latines de l'Archipel. a). Diicli^ Je FArcIupeL
En 1207, Marc I Sanudo, patricien de Venise, s'empara des îles de Naxos, Milos, Paros, Syra, Délos et quelques autres Cyclades, leurs voisines. Naxos, l'une des îles les plus riches et les plus fertiles de la mer Egée, devint la résidence ordinaire des Sanudo.
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Nicolas I (1323-1341), duc de l'Archipel et de Naxos, frappa des deniers de billon sur lesquels figurent sa tête de face et, au revers, une croix pattée. Les légendes sont NICOLAVS DVX — AGIOPEL'NIXE.
b) Seigneurie de Tinos et de Mykonos,
Parmi les plus hardis de ces aventuriers vénitiens qui concoururent, sous la direction du grand Sanudo, à la conquête de l'Archipel, après le partage de 1204, se trouvaient les deux frères Ghisi, qui eurent pour leur part les îles de Tinos et de Mykonos et plusieurs autres moins importantes.
On possède un denier tournois d'un lORGIVS GISI. sans doute Georges I, qui régna de 1303 à 13 11. Cette pièce est frappée à Tinos, THINE CIVIS, comme on lit autour du châtel.