‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 102 sur 183 · IX. — L'AUTRICHE · texte numérisé non relu

IX. — L'AUTRICHE

§ I. — Duché puis archiduché d'Autriche,

La dynastie des Habsbourg continua la frappe des pfennings muets dont 3 livres valaient 2 marcs d'argent et qu'on était habitué à voir circuler dans le pays. Ni la beauté des pièces italiennes, ni, plus tard, les gros de Prague et de Cracovie n'ont exercé la moindre influence sur le monnayage autrichien, qui ne sortit de la barbarie qu'au milieu du xv<= siècle. Les premiers ;?/e;m/«g5 viennois de Rodolfe (1239-91) ressemblent à ceux d'Ottokar (p. 766) et représentent une tête couronnée de profil (I^ R dans un double cercle orné de fleurettes). Mais bientôt, Rodolfe créa un type nouveau: l'aigle viennois, ainsi nommé parce qu'il porte une aigle au revers, l'avers figurant une tête couronnée de face, à la légende RVD-OLF ou aux simples initiales R, R-V. Ces monnaies sont petites, de forme carrée, à angles obtus, et l'une de leurs faces est à peine marquée. Autour d'elles, un grand nombre de pièces indéterminées ont pris place dans les collections '.

Lqs pfennings de Frédéric le Beau (1305-30) portent un buste de face, coiff"é du chapeau ducal (F-R) ou quelque type inexpliqué (Triton couronné, pleine lune, trois poissons, trèfle dans un trilobé, etc.); à Albert II (1330-58) on donne les pièces qui représentent trois têtes d'oiseau; les monnaies de Rodolfe IV (1356-65), attribuées jadis à Rodolfe I<='', ont un casque couronné (R-V) ou un buste couronné de profil (R-V); sur ceux d'Albert III (1365-95) on voit un cavalier tenant l'écu à fasce, ou une tour entre deux poissons. Le classement de ces pfennings viennois est d'autant plus difficile que les maîtres de la Monnaie y plaçaient leurs armes personnelles, et que très peu de ces blasons peuvent être identifiés. Le florin d'or au lis fut introduit par Albert II. Rodolfe IV renonça au droit des refontes annuelles (1559)-

Des pièces non moins nombreuses, aux types de la tète de bouquetin, du lion passant, de l'écureuil, de l'aile d'aigle, etc., appartiennent à Albert IV (i 395-1404) qui, sur un pfenning frappé en commun avec

I, Luschin von Ebengreuth, Ntim. Zeitschrift, t. XIV, 243 et Chronologie dtr Wiener Pjennige des XI H tind XIV jahrhunderls. Vienne, 1899.

Guillaume ¥(1395-1406), reprend comme décor principal l'écusson d'Autriche (W-A).'Cetécusson, dans un trilobé, se retrouve sous Ernest (1404-10), FrédéricI V (1406-39), Léopold IV et Albert V(i4o6-ii), Albert V seul (1411-39), Ladislas (1453-57), et les initiales des ducs permettent maintenant déclasser toutes les pièces, unifaces ou bifaces. Ce n'est que sous Albert VI (1457-63) que le titre d'archiduc, accordé par l'empereur en 1453, se lit sur les monnaies, en même temps que les légendes deviennent plusexplicites et qu'on indique les ateliers, Enns et Linz.

Avec Frédéric III (archiduc 1458, roi des Romains 1440, emp. 1452-93), nous entrons dans la période du gros, presque invariablement orné de l'aigle bicéphale et, au revers, d'un monogramme, d'une croix, parfois à huit branches, ou d'un écusson, sinon de trois ou de quatre. A côté du gros, on a le demi-gros et le kreu^er. Wiener-Neustadt (MO- NET* NOVA' NOVE- CIVIT) devient un des ateliers les plus actifs; mais le florin d'or de Frédéric, frappé dans cette ville (après 1470), est une des grandes raretés de la série autrichienne. Les millésimes, en chiffres arabes, commencent sous le même règne.

Dans les premières années de Maximilien \^^ (1493-1519) on ne remarque aucun changement; nous parlons de l'introduction ^n thaler dans notre Traité de nurn. moderne, t. I, 359.

§ II. — Duché de Carinthie.

L'an 1335, le duché revint à la maison d'Habsbourg. Les empereurs Frédéric III et Maximilien I^"" ont frappé des gros de Carinthie (GROSSVS KARIN); le titre de duc de Carinthie figure sur quelques monnaies de Sigismond, comte de Tirol (1439-95), et de Maximilien qui y place l'image de saint Léopold.

§ III. — Monnaies des évêques de Bamberg frappées en Carinthie^.

Le droit de monnayer à Villach et à Griffen, où l'on exploitait des mines d'argent, fut donné aux évêques de Bamberg par l'empereur Frédéric II (1242). On a retrouvé des pfennings d'Eckbert de Meran (1203-37); mais ses successeurs ne seiiiblent pas avoir profité de leur privilège.

I. Voir p. 736. — Blàtter fur Mùnifreunde, 1901, p. i7i(Luschin vonEbengreuth).

§ IV, — Duché de Styrie.

Après l'avènement de la maison d'Habsbourg (1273), nous ne voyons en Styrie, pendant plus d'un siècle et demi, que des monnaies d'argent muettes, au type de la panthère. Sous Frédéric I II seulement (1440- 93), le nom de l'empereur apparaît sur une série de pièces, dont les légendes : MONETA- IN- GRECZ. GROSSVS IN GREC indiquent qu'elles ont été frappées dans la capitale du duché, à Graz. Leurs types invariables sont l'aigle bicéphale et un ou plusieurs écussons, parfois (sur le kreu^er) une croix à huit branches. Pour les dates, on emploie des chiffres arabes. Le pfenning de 1458 passe pour la plus ancienne pièce datée, mais sur le kreu^er qui porte, après le titre de l'empereur, les cinq voyelles A- €•!• O-V, on lit au revers: MON- NOV-STI* 42, ce qui ne peut signifier que l'année 1442. Il existe aussi un Jlorin d'or de Frédéric: FRIDER* 3^- RO* IMP (l'empereur debout, tenant le sceptre et le globe). Pichler' y lisait : Frider(icus) 39 et plaçait l'émission de la pièce dans la 39^ année du règne (selon lui, 1491); mais 9 est l'abréviation de -us, et 3^ représente simplement le mot latin tertius '. Le revers du florin a pour légende : MONE- NOVA- AVREA- STIRIE et pour type une croix fleurdelisée, posée en biais et cantonnée de quatre écussons. Sur un autre florin, tout à fait exceptionnel, on voit l'aigle (FRI- DERICV IMPER' AEIOV) et saint Henri bénissant (ST- HENRICVS- IMPE).

Le style médiéval des monnaies se modifie peu à peu sous M axi milien \" (1493-15 19), et aux chiffres arabes succèdent les chiffres romains. Il n'y eut pas de pièces de cuivre en Styrie.

§ V. — Comté de Cilly.

L'an 1436, Frédéric H reçut l'autorisation de battre monnaie. Les comtes de Cilly prirent pour modèle de leur numéraire le pfenning viennois; on en a toute une série émise par Ulric III (1454-56).

1. On les interprétait par aquila eius iusle omnia vincit. L'empereur lui-mOme préférait la plirasc allemande: ailes Erdreich ist Œslerreich unterlha».

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