Baptiste Campofregoso
Ils précèdent la lutte entre les Sforce et les rois de France, dont nous parlerons dans notre Traité de numismatique moderne, t. I, 426.
Parmi les monnaies génoises, une des séries les plus attachantes est celle des petits billons avec initiales de noms de monétaires. Jusqu'ici, on connaît ceux des doges 21, 22, 24 à 27 bis et 31, mais ils ne portent pas de numéro d'ordre'.
D'importantes émissions de monnaies génoises ont été faites à Lesbos, Chio, Phocée, Famagouste et Caffa. On les trouvera plus loin, au chapitre intitulé « l'Orient latin »,
Incisa (marquisat d'). — Au commencement du xiv" siècle, les marquis d'Incisa frappaient monnaie, c'est-à-dire contrefaisaient le matapan de Venise et le gros tirolien, si bien qu'Henri VII leur fit défense de continuer (13 10). Lorsque plus tard le privilège leur fut octroyé régulièrement par Charles IV (1364), ils ne paraissent pas en avoir usé. Un billon au coin des deniers impériaux de Milan porte la légende: MAR- CHIONV-ACISEen trois lignes dans le champ, et au revers, autour de la croix, SIGNVM CRVCIS. H en existe de pareils frappés à Chivasso par Théodore I" Paléologue, et à Cortemiglia par Otton II del Carrctto.
Ivrée (marquisat d'). — Les marquis d'Ivréeont imité le gros à l'aigle tirolien.
I. Ruggero (Gius.), Denari miunli dcl cardinale Paolo Campofregoso. Como, 1885 .
aUATRlEME PARTIE
Lo^t (Lombardic). — Jean da Vignate (1410-13), seigneur de Plaisance, y a frappé monnaie. Son grosso représente les saints Basien et Antonin, tenant une bannière.
Mantoue (Lombardie). — Les premières pièces d'argent frappées par les Gonzague (1329-69) sont anonymes et conservent le type communal en ajoutant au nom de la ville l'écusson ou le nom de famille des seigneurs. Cependant, on y trouve une imitation du gros tirolien. Mais déjà Louis 1 1 de Gonzague (1369-82) fait de sa monnaie un signe de souveraineté personnelle. Voici la liste de ses successeurs:
•François l^^ de Gonzague (i 382-1407). *Louis III (1444-78). •Jean-François (1407-44), marquis depuis Frédéric I (1478-84).
Types et textes monétaires se rapportent principalement à la légende pieuse de la goutte de sang du Christ rapportée du Calvaire à Mantoue par le soldat romain qui avait percé de sa lance le flanc de Jésus. Deux de ces inscriptions forment des hexamètres : Mantua fulgisti precioso sanguine Christi, et A', tui tiita hospicio sit sanguinis hospes. Mais d'autres empreintes ne manquent pas: saint Georges à cheval, le prince debout, un soleil rayonnant, un gant de fer (lég. espagnole: buenafe no es mudable), etc. Louis III a frappé la première monnaie d'or (1452) et le premier teston (1464).
Messerano (Piémont). — Monnaies de cuivre anonymes, frappées aux XV' et XVI' siècles par lesFieschi de Gènes. Dans le champ, les lettres PLI couronnées, etc. — Ducat d'or hongrois, représentant la Madone et saint Théoneste cuirassé.
Milan '. — La République (1250-13 10) créa un florin d'or de style
vénitien, représentant les saints Protais et Gervais debout, séparés par le mot MEDIOLANVM (fig- 1903) et, au revers, saint Ambroise debout dans une niche.
En même temps, la figure de saint Ambroise assis de face et bénissant lut adoptée pour le gros d'argent. Bien que
la seigneurie des Visconti remonte à l'an 1277, nous ignorons par quel
membre de cette famille ces émissions ont été faites.
Fig. 190J