‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 160 sur 183 · LOCALES · texte numérisé non relu

LOCALES

Sources: J. Chautard, Imitations des monnaies au type esterlin frappées en Europe pendant le xiiie et le xiv^ siècles. Nancy, 1871, in-80. — J. Chautard, Imitations desvionnaies autypedugros tournois. Revue belge, 1872, p. 319; 1873, p. 471 et recueil de 22 planches d'un ouvrage qui n'a pas été publié. — Menadier, Deutsche Mûn^en, t. IV, 13. — Dannenberg, Die Goldgulden von Florentiner Gepraege dans la Niimism. Zeitschrift de Vienne, 1880, p. 146-185. — P. Joseph, Historisch-kritische Beschreibwig des Bret^enheimer Goldguldenfundes . Mayence, 1883, in-80. — R. Serrure, V Imitation des types monétaires flamands. Bruxelles, 1899.

L'imitation d'une monnaie peut avoir deux causes distinctes. Souvent elle naît d'une spéculation frauduleuse : en imitant, à bas titre, les monnaies d'un souverain puissant, les petits seigneurs veulent écouler leur numéraire à la faveur d'un type qui jouit de la confiance publique. Elle naît aussi du désir de faciliter les relations commerciales en créant, entre des pays voisins, un signe d'échange uniforme, écartant les pertes de change.

Les tentatives d'unification monétaire ne remontent pas seulement au xin<= siècle ; l'antiquité déjà en fournit des exemples. Au début du moyen âge, l'Europe entière et une partie de l'Asie et de l'Afrique acceptaient le sou d'or; plus tard, le denier carolingien circula partout. Pour la période qui nous occupe, on constate l'existence de diverses monnaies devenues de véritables monnaies internationales.

Nous n'en étudierons que les plus importantes.

§ I. — U esterlin.

Uesterlin est de provenance anglaise. L'origine de son nom a été très discutée. J. Evans croit qu'il signifie easterhng, monnaie orientale,

c'est-à-dire arabe ' ; c'est une explication sûrement fausse, car l'e, avant si, joue le même rôle que dans les mots estoile ou espérer, qui viennent du latin Stella et sperare.

Quoi qu'il en soit de son étymologie, l'esterlin est devenu la monnaie la plus répandue de la fin du xm'^ siècle. Dans l'immense quantité des pièces qui se rapprochent de son type, on peut distinguer quatre groupes :

A. Types anglais.

1° Copies serviles de l'esterlin ou penny anglais d'Henri lll (1216- 1272) ; tête de face; au revers, croix à doubles bandes coupant la légende; groupes de trois globules dans les cantons.

Ce type qui, à vrai dire, n'est qu'un acheminement vers le véritable esterlin anglais, a trouvé peu d'imitateurs, et seulement dans le nord des Pays-Bas et de l'Allemagne, où déjà le penny d'Henri II Plantagenet avait été adopté. Voici les imitations les plus caractéristiques de la pièce d'Henri III:

Bernard III, seigneur de Lippe (i 229-1 265). Arnhem, vers le temps de Renaud! comte

Simon I, seigneur de Lippe (1275-1344). de Gueldre.

Thierry, comte de Clèves (-1305). Seigneurie de Cuinre, xiii^ siècle.

2° Copies serviles ou presque serviles de l'esterlin d'Edouard I (ii"]!- 1307), continué par Edouard II et III. — La monnaie a maintenant sa forme définitive : Tête couronnée de face. Revers : Croix pattée coupant la légende; mêmes globules dans les cantons. Sur les imitations, la tête est rarement couronnée : elle paraît souvent nue ou ceinte d'un chapel de roses.

Flandre. Gui de Dampierre (1280-1305): Alost, Douai [et Dammej.

— Robert de Béthune (1305- 1322): Alost, Cand.

Hainaut. Jean II d'Avesnes (1280-1304): Mons, Maubeugt, Valenciennes.

— Guillaume I (1304-13 37): Valenciennes. Namur. Gui de Dampierre (1263-1297): Namur.

— Marie d'Artois (i 3 37-S 3) : Poilvachc.

— Guillaume I (1337-1391): Namur.

Hollande. Florent V (1266-96): Dordrecht. Brabant. Jean 11(1294-1312): Bruxelles.

Liège. Hugues de Clialon (1296-1301): Statte.

Hcrstal. Jean de Louvain (1285-1309). — Une imitation d'IIcrstal est particulièrement remarquable, la tète couronnée de face ayant été transformée en tète de lion. Loo/. Arnould V (1280 1323).

I. Niiinismulic Chiunulf, 11^86, p. 64. — |Cettc interprétation remonte au Dictionnaire étymologique de Ménage. Voir Cliautard, p. vi-vii. — A. li.J

Chiny. Arnould V (1399-1310).

— Louis VI (13 10-13 36) • Yvoix.

Rummen. Arnould d'Orey (1331-1365).

Agimont. Jean II ou III de Looz (1280-1341).

Homes. Guillaume II, III ou III (1264-1343): Weert, Wessem. Luxembourg. Henri IV (1288-1309): Bastogne.

— Jean l'Aveugle (i 309-1 346): Luxembourg, Poilvache, Damvillers. Ces imitations furent si nombreuses qu'en Angleterre le mot lusshcboiinic finit par designer toute imitation monétaire.

Florennes. Thibaut II (1281-1312).

— Gaucher de Châtillon (1312-22): Yves.

Moiry'. Gaucher de Châtillon (1312-22).

Bar. Edouard I (1302-13 37): Saint-Mihiel. Lorraine. Ferry IV (13 12-1328).

Toul. Thomas de Bourlemont (13 30-1 3 5 3). Cambrai. Guillaume de Hainaut (1292-1296).

— Gui de Collemède (1296-1306).

— Chapitre.

— Déjà sous Enguerrand de Créqui (1273-1292), il y eut des esterîins à la tête de face mitrée.

Arleux. Jean de Flandre (1313-1325).

Serain. Walerand II de Ligny (1304-1353). Rethel. Louis I de Flandre (1290-13 22). Sancerre. Etienne III (1280-1306).

Allemagne. Henri VII (1308-1313).

— Louis IV (1314-47): Aix-la-Chapelle.

Aix-la-Chapelle. Pièces municipales.

Trêves. Baudouin de Luxembourg (1309-1354): Coblence.

Schônecken. Harthart (1316-1351).

Berg. Adolphe VIII (1308-1348): Wipperfurt.

GueIdre. Renaud 1(1272-1326): Arnhem.

C u i n r e . Henri (xiv^ siècle) .

B. Types irlandais.

L'esterlin d'Irlande est le même que celui d'Angleterre, à cette différence près que la tête de face est placée dans un triangle. Il fut peu imité.

1° Type d'Henri III:

Cologne. Henri II de Virnebourg (1304-1332). Tête mitrée; au revers, la croix est pattéc et cantonnée de quatre molettes. Lippe. Bernard III (1229-1265). Copie servile.

I. L'identification de Moreium avec Moiry n'est pas bonne. Il sf'agit de la terre de Morey (Haute-Saône, arrondissement de Vcsoul); voir Revue nnm., 1904, p. 400 (article de M. Prinet). — A. E.

2» Type d'Edouard I^"" :

Duby cite une pièce de Walerand II de Ligny, frappée à Serain, et qui serait une copie de l'esterlin irlandais. Cette monnaie n'a pas été retrouvée.

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