Le demi-drielander
) Type : deux écus penchés l'un
; T . j j ■ 1 j ,[1 r . ir 1 l ^^" l'autre et placés dans une
6. Le quart de drielander (fis;. 171 2, fr. a Valen- \ , . , ~, a /■• i
. •* V o / > y epic3'cloide fleurdelisée ou non.
ciennes). /
7-8. La double mite et la mile de biilon, à l'écu écartelé de Bourgogne-Brabant.
Fig. 1711
Fig. 17 12
Des pièces d'argent analogues devaient être émises dans les comtés de Hollande et de Hainaut, d'où leur nom de di'ielander (à trois pays). L'atelier monétaire du Brabant était Bruxelles. Du même Jean, on possède une pièce d'or, la courontie, imitée des couronnes d'or de France et dont il n'est pas question dans les documents écrits (Van der Chijs, pi. XIII, 2). Elle appartient au Hainaut.
En 1420, lors des démêlés de Jean IV avec sa femme, les États de Brabant, assemblés à Vilvorde, nommèrent Philippe de Saint-Pol gouverneur ou ruwaart du pays. Philippe exerça le gouvernement jusqu'en 1422 et profita de son court passage au pouvoir pour faire frapper dans sa seigneurie de Waelhem (près Malines) quelques drielandets, sur lesquels on lit: PHS : BRAS : COM : LINEI : ET: SCI : PAVLI. puis au revers : MONETA : PHI': BRABATIE.
Après la mort de Jean IV, Philippe de Saint-Pol (1427-1430), son frère, lui succéda, mais ce ne fut que le 26 août 1429, deux ans après
aUATRièME PARTIE
son avènement, que sa monnaie ducale parut à Louvain, Elle se compose de deux pièces d'or : Vécu au saint Pierre (unique) et la chaise; de six pièces d'argent : double labbay^e aux écus inclinés dans une rosace (unique), double gros (cromsteert), gros (fig, 171 3) et quart de gros, demi et quart de Pieter; enfin d'une pièce de billon, la double mite.
Fig. 1713
A Ruminghem (près Saint-Omer), il fit frapper des doubles gros au type des deux écus juxtaposés sous un heaume.
Philippe le Bon, duc de Bourgogne (1450-1467), hérita bientôt du duché de Brabant. Ses monnaies brabançonnes, antérieures à 14??, continuent les types de son cousin et prédécesseur, mais elles s'en distinguent par la présence du titre de DVX BVRG. et une modification introduite dans les armoiries : l'écusson a toujours sept quartiers au lieu de quatre '.
§XIV
Duché de Limbourg.
On ne possède qu'une seule monnaie appartenant à ce duché avant son annexion au Brabant; c'est un esterlin à l'écu au lion, frappé à Rolduc (Prusse rhénane) par Wallerand IV (1246-1276), le dernier souverain légitime du Limbourg indépendant.
§ XV. — Comté de Loo:^^.
La grosse monnaie débute, dans le comté de Looz, par des esterlins anonymes (p. 572) aux armes comtales (écwfascé d'or et de gueules de huit pièces) et qui portent la signature de deux entrepreneurs PETR( «^j
1. Voyez la suite du monnayage de Philippe le Bon au chap. vu.
2. Van der Chijs, de Mtinten der Leemn van Braband en Limburg, 1862, in-4. — R. Serrure, Briisthem. La numismatique d'Arnotiïd, comte de Loo^ (1280-132}) dans le Bull, mens, de numism., t. V, p. 69 et suiv.
Les i>ays-6aS méridionaux
tio5
et OtOR(gius). Ils appartiennent à la série d'esterlins qui, d'après une ordonnance du roi Philippe le Hardi (1273), ont été frappés par Jean I. duc de Brabant, Enguerrand de Créqui, évêque de Cambrai, Gui de Dampierre, comte de Namur, etc. On peut les attribuer au comte de Looz, Jean (1272-1280), dont le nom et le titre figurent, en effet, sur un esterlin aux lettres PETR dans les cantons de la croix.
Son fils, Arnould V (i 280-1 523), qui monnayait aussi à Chiny (p. 1067). continua vraisemblablement la fabrication de ces pièces; ses petits deniers à la tête sont conformes à ceux que Florent V, comte de Hollande, frappait à Dordrecht.
Nous savons (p. 1098) qu'il s'entendit avec son allié, Jean I de Brabant, pour l'émission d'une monnaie commune. Cette convention nous reporte aux environs de 1288, car l'un des esterlins de Looz-Brabant sort de l'officine de Bonn (-sur le Rhin, ville que les souverains alliés occupèrent pendant la guerre pour la succession du duché de Limbourg.
Dans les dernières années du xiii« siècle et le premier quart du xiv% les monnaies d'Arnould V se distinguent par une exécution très soignée. On sait d'ailleurs qu'en 1315 le comte crut devoir régulariser la situa-tion de ses monnayeurs de Hasselt, en constituant leur corporation sur le modèle de celle des monnayeurs de Brabant. Les pièces émises vers cette époque sont les suivantes :
I . Gros. Ceux de l'atelier de Hasselt reproduisent servilement le type tournois ; ceux de Looz ont le châtel brabançon ; ceux de Brusthem (fig. 17 14) ont le châtel à tourelles crénelées, usité dans les comtés de Namur et de Luxembourg.
Fig, 171^
2. Petit gros ou — de gros, reproduisant le type du cavalier de Jean II d'Avesnes.
3. Esterlin ou tiers de gros, au type anglais de la tête de face.
4. Denier ou douzième de gros, copie des deniers d'argent (à la tête) de Jean, comte de Hollande. Frappé à Hendrieken (moneta enideri).
En 1523, Arnould V remit le comté de Looz à son fils Louis IV ( 1 3 2 3 - 1 j 36), dont les petits gros à l'aigle et les quarts de gros à l'aigle, frappés à Hasselt, sont copiés sur ceux de l'évêque de Liège, Adolphe de la Marck.
L'or loozain apparaît avec Thierry de Heinsberg (i jjô-i 361). Il y en a de deux sortes: le mouton avec DOD COL sous les pieds de l'agneau pascal, cl \q florin d'or au lis. Les types des pièces d'argent de Thierry sont tous empruntés aux Pays-Bas, à la France et aux régions voisines : son gros à l'aigle chargée en coeur d'un petit écusson rappelle les gros des archevêques de Trêves; ses gros au lion nous reportent à Louis de Mâle, ses gros aux quatre lions dans un quadrilobe sont imités de ceux de Jean III de Brabant; ses gros au prince assis dérivent des monnaies rhénanes; ses deniers à tête viennent des comtes de Hollande, ses doubles de billon sont empruntes aux billons de Guillaume I de Namur, ses mites (WIN dans le champ) aux deniers noirs de Jeanne et Wenceslas.
Thierry de Heinsberg étant mort sans enfants, son neveu Godefroid de Dalembroeck se mit en possession du comté de Looz, mais l'évêque de Liège, Engelbert de la Marck, prétendit à l'héritage de Thierry et s'en empara par la force des armes. Après une nouvelle lutte contre Arnould d'Orey, sire de Rummen, auquel Godefroid avait vendu ses droits, l'évêque Jean d'Arkel réunit en 1 567 définitivement le comté de Looz à la principauté de Liège.
§ XVL — Seigneuries d'Herstal et de Russon.
Le successeur d'Henri I" (p. 573), Jean I, dit Tristan (i 285-1 309)
frappe à Russon plusieurs variétés de gros tournois et de gros au châtel brabançon; à Herstal, ses monnayeurs fabriquent de petits gros à iécu au lion et des esterlins au type anglais (fig. 171 5). Fig. ,7,5 Sa veuve, Félicité de Luxembourg
(morte en 1 J36), continue le monnayage à Herstal comme tutrice de son fils mineur. On connaît d'elle une pièce au type brabançon des quatre lions dans un quadrilobe.
Jean II de Louvain (1309-1524), majeur depuis 1318, crée des esterlins d'un coin très original : à la tête royale du prototype anglais, le graveur substitue habilement un mufle de lion vu de face et couronné. Son gros tournois porte lOHS DE LOVANIO en légende intérieure, et le châtel, avec MONETA RVTHES, y est entouré de douze trèfles.
A la mort de Jean II, ses seigneuries font retour au Brabant. Le duc Jean III marque sa prise de possession en frappant à Herstal quelques gros au type rhénan de l'empereur debout.
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§ XVII. — Seigneurie de 'Perwex^.
On possède d^sgros tournois anonymes, portant soit DNS DE PERVIS
Fig. 1716
(fig. 1716), soit DNS DE PERVIENS. Us sont généralement attribués à Thierry de Hornes qui fut sire de Perwez dans la première moitié du
Fig. 1717
XI v^ siècle et dont le nom figure sur un botdraeger frappé à Grave (fig. 1717).
§ XVIII. — Seigneurie de Rummen.
En I n ' 5 Louis IV, comte de Looz, céda le fief de Rummen à sa sœur Jeanne et à son fils Arnould d'Orey. Ce seigneur créa à Rummen un atelier monétaire, pour s'y livrer à une contrefaçon absolument éhontée des espèces les plus variées.
Ses imitations sont parfois bizarres. Il écrit sur un cavalier d'or (rare) calqué sur celui du roi Jean : lOHANNES EyAUO(elisîa) ET • ERNOL • DNS- RVMINENX ; son mouton d or porte à l'exergue : ARN. D. OR(ey). En argent, il frappe des esterlins à tète, des doubles gros au lion heaume, dits botdraegers, sur lesquels il s'intitule DOMINVS DE QVAECBECKE ; il imite les monnaies brabançonnes à l'écu écartelé dans une bordure, et fabrique un nombre considérable de gros au
îioS
lion. L'inscription MONETA FLAND des prototypes y est remplacée par MONETA RVMEN ou MONETA FRAR • D. légende encore inexpliquée.
Une lacune d'un demi-siècle sépare le monnayage de Jean II de Wesemael (141 5-1464) de celui d'Arnould d'Orey. Jean nous a laissé des chaises d'or de type français et des florins d'or anonymes au type du saint Jean-Baptiste. Sur le florin, on lit MONETA: NOVA : ROM'A- NORVM (Romm-) ; les origines de la ville remontent, en effet, à l'époque romaine.
Les blancs (fig. 1718) de Jean II sont une contrefaçon des blancs
Fig. 1718
royaux de France, dont la copie lui était d'autant plus facile qu'il portait comme blason de famille : de gueules à trois lis d'argent. De même, nous avons, signés de son nom, le double gros aux deux écus sous le heaume, et le cromsteert de Jean sans Peur et de Philippe le Bon, enfin de nombreux billons à l'écu fleurdelisé.
A sa mort, sa sœur Jeanne de Wesemael (1464-74) hérita de Rummen. Cette dame avait épousé Henri de Diest, sire de Stalle et de Rivière, et l'on a retrouvé, de ce petit feudataire, un agnel d'or et des blancs au type de la florette française (trois lis sous une couronne).
Henri de Diest précéda sa femme au tombeau; après la mort du mari, Jeanne de Wesemael continua le monnayage de Rummen en livrant à la circulation une quantité incroyable de deniers noirs. Les coins de ces deniers sont la reproduction pure et simple des types de Philippe le Bon, des rois de France et de la ville d'Aix-la-Chapelle. Après la mort de Jeanne (1474), l'atelier de Rummen doit avoir été fermé.
§ XIX. — Seigneurie de Gerdingen.
Jeanne de Merweyde, dame de Stein, fut jusqu'en 1450 dame de Gerdingcn et frappa comme souveraine, à Gcrdingen môme et dans un lieu indéterminé, appelé SIVIT ou CIVITA. un grand nombre de monnaies noires copiées pour la plupart sur celles de Philippe le Bon.
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§xx.
Commanderie de Gruitrode.
Le village de Gruitrode formait une des douze commanderies du bailliage des Vieux-joncs, qui relevait de l'Ordre teutonique. Au xv= siècle, plusieurs commandeurs de Gruitrode ont frappé de la monnaie noire, copiée sur les pièces liégeoises ou brabançonnes.
Voici quels furent les personnages qui gouvernaient Gruitrode pendant sa période monétaire; ceux dont le nom paraît sur les monnaies sont marqués d'un astérisque :
*Iwan de Cortenbach (1430).
Théodore de Betenhausen (1440).
* Matthias van der Straeten (1460) (fig. 17 19).
* Nicolas van der Dussen (1467).
Jean van de Velde (1487).
§ XXI. — Seigneuries de Zolder, Zonhoven et Vogelsanck.
Jean d'Elteren, qui succède en 1571 à Guillaume de Hamal, son beau-père, frappe à Zolder des monnaies noires sur lesquelles il s'intitule lObS : DE : ELTEREN : DNS : DE : yOO(elsanck). Au revers de ces pièces on lit : MONETA • NOVA • SVLRENS.
A la suite d'un procès de famille, Jean dut céder les terres de Zolder et de Zonhoven à Engelbert de la Marck, qui, à son tour, fit fabriquer de menues espèces à Zonhoven (MONETA • NOVA • SONVEN).
La fille unique d'Engelbert fut mariée à Gérard de Bastogne, châtelain de Durbuy; leur fils Henri %, «710 de Bastogne monnaya dans les
deux ateliers, à Zolder et à Zonhoven. Ses pièces (fig. 1720) sont imitées des demi-grijfons de Jean de Bavière, évêque de Liège.
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§ XXII. — Seigneurie de Peter sheim^.
Au commencement du xiv« siècle, un seigneur de Petersheim, près Maestricht, Guillaume, cité en ijoô, eut un atelier monétaire dans son petit fief. On connaît de lui un denier d'argent au type hollandais de la tète de profil et sur lequel on lit: WIHS DE PETERSEM, puis un gros
Fig. 1721
d'argent au type du portail brabançon (fig. 1721), avec MON ETA PETSE etDNI-DE- PETSEM.
§ XXIII. — Seigneurie de Reckheim^.
Le premier possesseur de la seigneurie de Reckheim (province de Limbourg), dont on ait retrouvé des monnaies jusqu'ici, est Arnould de Stein qui succéda, après 1335, à Gérard de la Marck. On connaît plusieurs monnaies frappées à son nom : un gros au prince debout sur un écusson, semblable à ceux d'Engelbert III, archevêque de Cologne (1564-1369); puis un demi-botdraeger aux légendes ARNO-LVDVS: D€l : GRA : DNS : STENS et MONETA RAKIPIE. l'inscription du droit étant disposée de manière à ce que les syllabes LVDVS tiennent exactement la place du LVDOVICVS des prototypes flamands. Arnould de Stein ne se contente pas de copier les pièces d'argent de Louis de Mâle; les billons, doubles mites et mites, au type de l'L entourée de quatre trèfles, servent aussi de modèle aux audacieuses contrefaçons du sire de Reckheim; il en est de même des gros à l'écu écartelé, frappés par Jeanne et Wenceslas.
1. R. Serrure, Monnaits Umbourgeoises dans le Bull, de numism, el d'arch., t. IV,
2. Chestret de IlanefTc, Histoire delà seigneurie impériale de Reckkim. Ruremondc
Les successeurs immédiats d'Arnould, Louis de Stein (-135$?) et Henri de Stein (1355 ?-i396), n'ont pas laissé de souvenirs numismatiques; mais leurs héritiers de la maison de Sombreffe eurent un monnayage très actif. Il est difficile de faire dans le groupe des pièces signées Guillelmus de Sombreffe la part de chacun des trois personnages homonymes: Guillaume I (i 597-1400), Guillaume IJ (1400-1475) et Guillaume III (1475-1484), mais c'est incontestablement au second qu'appartient le plus grand nombre de monnaies. Nos collections sont pleines de ses agnels d'or, de ses cromsteerts avec leurs subdivisions, de gros au prince debout imités des pièces de Charles II, duc de Lorraine, de monnaies calquées sur celles d'Elisabeth de Gôrlitz, duchesse de Luxembourg, de copies des angevines de Metz, de pièces au type d'Aix-la- Chapelle; sans compter une multitude de billons noirs, dont on trouve les prototypes chez le roi de France, chez Philippe le Bon, les évêques de Liège Jean de Heinsberg et Jean de Bavière, le comte de Namur Guillaume II, etc. (fig. 1722). Ces billons sont du plus mauvais aloi et
Fig. 172^
Fig. 1723
d'une faiblesse de poids qui justifie pleinement le discrédit dans lequel ils étaient tombés. Les armes des Sombreffe sont d'or à lafasce de gueules accompagnée en chef de trois merlettes.
La numismatique reckheimoise présente une lacune pour les règnes de Waleran de Sombreffe (1484- 149 5) et Frédéric de Sombreffe ((495- 1 504), maisau commencement du xvi« siècle, Jean de Pirmont (1 504- 1512) fait encore frapper quelques pièces copiées sur les deniers et oboles tournois des rois de France (fig. 1723).
§ XXIV. — Seigneurie de Gronsveld.
Cette seigneurie, située sur la rive droite de la Meuse, en amont de Maestricht, passa vers 1444 à Thierry I de Bronckhorst, seigneur de Batenbourg et d'Anholt. Thierry, qui monnayait déjà dans ces deux fiefs gueldrois, s'autorisa de ce fait pour ouvrir à Gronsveld un nouvel atelier. Il semble n'y avoir frappé que des billons copiés pour la plupart d'après ceux de Philippe le Bon et de Jean de Heinsberg, évêque de
Liège '. Une pièce de cuivre, d'un type rarement employé en Belgique, donne le calque d'une monnaie espagnole: au droit, le lion de Léon; au revers, le château castillan.
Après la mort de Thierry, son second fils, Henri de Bronckhorst (145 1-1496), lui succéda à Gronsveld et y continua le monnayage paternel. On a de lui une imitation de la pièce de quatre mites fabriquée en Flandre sous Philippe le Beau.
En 1498, l'empereur Maximilien éleva la terre deGronsveld en baronie souveraine, en faveur de Thierry II (1496-1508), mais le monnayage momentanément arrêté ne reprit que sous Jean (1508-1559) qui appartient à la numismatique moderne.
§ XXV. — Seigneurie de Born.
En I po, Arnould de Stein, époux de l'héritière de Born, vendit cette seigneurie à Jean de Fauquemont, sire de Ravestein, qui mourut vers 1 555, et dont le fils aîné, Walerand (i 35 5-1 ^78), hérita de ses fiefs.
Walerand ouvrit dans la petite ville de Sittard, sur la rive droite de la Meuse, au nord de Maestricht, un atelier où il monnaya comme sire de Born. On a de lui les pièces suivantes:
1. Florin d'or au type de Charles IV pour la Bohème. Au droit, l'effigie et le nom de l'empereur sont conservés ; le lion à queue fourchue du revers est entouré du nom de Walerand.
2. Gros d'argent au prince debout, comme ceux d'Engelbert III, archevêque de Cologne (i 364-1 369). L'inscription de l'avers est conçue en néerlandais h€ • WAL" RAV€R-VAn- BORR€.
3. Billons avec R — J^ dans le champ, copiés des pièces de Guillaume, comte de
Namur.
Après la mort de Walerand, Renaud de Fauquemont, sire de Dalembroeck (^78-1396) lui succéda. Ses billons, copiés de ceux de
Philippe le Hardi et Jeanne de Brabant, portent le nom —— - en deux
lignes; ils sont frappés dans le village de Born, MONETA BORNE.
Renaud eut pour successeur son neveu Simon, comte de Salm (1 ^96n98)dont on ne possède pas de souvenirs monétaires. A la mort de
1 . Thierry de Bronckhorst remplace sur ces pièces les armes de la maison bourguignonne par les siennes qui sont : icarteli de Bronchlx)rst et de Batenbourg avtc, sur k
tout, l'écfi de Grpnsvcld qui est d'or à trois tourteaux de gueules.
Simon, sa sœur Odile de Salm et son frère Jean héritèrent de Born qu'ils administrèrent conjointement. M, Chalon a fait connaître un curieux billon imité de la courte de Philippe le Hardi, comte de Flandre, et portant le nom d'Odile : + | DALI A • D • BORR. Cette pièce est frappée à Sittard comme les monnaies de Walerand de Fauquemont.
En 1400 et 1402, Jean de Salm et Odile vendirent, l'un après l'autre, leurs droits sur Born et Sittard au duc de Juliers.
§ XXVI. — Seigneurie de Grand-Brogel K
Jean de Bunde (1420-1456), sire de Bocholt et de Brogel, établit dans cette dernière seigneurie un atelier monétaire pour y frapper d'informes billons sur le modèle des pièces de Jean de Bavière et de Jean de Heinsberg, évêques de Liège. Ori y lit: MONETA • NOVA • DE : BROEGE.
§ XXVII. — Seigneurie d'Elsloo.
Au xiv« siècle, la seigneurie d'Elsloo, près Maestricht, échut à la maison de Schonvorst par le mariage de Jeanne de Wildenberg, dame d'Elsloo, avec Renaud de Schonvorst.
Leur petit-fils, Conrad II de Schonvorst, qui mourut vers 1457, eut son atelier monétaire propre où il fit fabriquer un nombre considérable de billons copiés des courtes de Philippe le Bon, Conrad s'y intitule, soit Conradus de Scoenvoers, soit Conradus de Elslae. Le nom de l'officine est b€LS'. ELS". lELSLO, 6LSLA. 6LSL0E. etc.
Du temps même de la maison régnante de Schonvorst, Jean de Bunde (1420-56), sire de Bocholt et de Brogel, exerça, lui aussi et sans doute à la suite d'une engagère, les droits monétaires à Elsloo.
Conrad II de Schonvorst étant mort sans héritier mâle, Elsloo passa par mariage dans la maison de Gavre. Adrien I ou son successeur Adrien II de Gavre continuèrent à monnayer à Elsloo; ils ont émis des billons, sur lesquels figure l'écu au lion de leur famille; une de ces pièces porte au revers DVPLEX TVRORVS FRAR.... légende absolument étrangère au type.
I . De Chestret, La seigneurie de Grand-Brogel et les monnaies de Jean de Bunde, dans la Rev. belge de mimistn., 1875, p. 59 et suiv.
§ XXVIII. — Seigneuries de Kessenich^ et de Kinroy.
Vers le milieu du xv* siècle, Jean II de Hornes, sire de Kessenich et de Kinroy, y frappe, en grand nombre, des billons copiés sur les monnaies de Namur, de Liège et de Flandre.
§ XXIX. — Seigneurie de Bicht.
Située aux environs de Born, cette seigneurie appartenait, au xv* siècle, à la famille van der Donck. Jean van der Donck (-|- après 1475) y a frappé des billons imités de ceux de Jean de Heinsberg, évêque de Liège.
§ XXX. — Seigneurie de Fauquemont (Falkenberg).
La terre de Fauquemont, dans le Limbourg hollandais, avait une étendue considérable.
Voici d'abord la liste de ses seigneurs, extraite des tableaux généalogiques de Grote :
Walerand I de Limbourg, 1215-1242. *RenaudI, 1305-1332.
Thierry I de Limbourg, 1242-1268. *Thierry III, 1332-1346.
Walerand III, 1268-1302. *Jean, 1346-1352. Thierry II, 1302- 1305.
Le dernier Jean étant mort sans enfants, sa sœur Philippote vendit la terre à Renaud de Schonvorst (1554), qui, de son côté, la céda à Guillaume, duc de Juliers, en faveur duquel l'empereur érigea la seigneurie en comté (1 357).
Un compétiteur de Renaud, Walerand de Fauquemont, sire de Born, réussit à se rendre maître du pays (i 362), mais l'an 1 364, il s'en dessaisit en faveur du duc de Brabant.
La numismatique compte aujourd'hui toute une série de pièces frappées, au xiv« siècle, par ces petits souverains :
Renaud I : une sorte de demi-gros à l'écu au lion.
Thierry II L On lui attribue un gros /om/vio/s au type française! à la légende DNS DE MONTEVL'.
j. Wolters, Notice historique sur l'ancien comté de Hornes (Gand, 1850), p. 191.
Jean: tiers de gros au lion.
Renaud de Schonvorst (i3$4'5 5)y ajoute un yZor/n d'or au lis: RN' D' D' VALKE' B'. Nous retrouverons, en parlant des monnaies ducales de Juliers, deux pièces frappées à Fauquemont pendant l'occupation de Guillaume I (i 357-61). De Walerand de Born nous avons
des billons avec F — A dans le champ, analogues à ceux qu'il faisait
fabriquer à Born ; Philippe le Hardi , comte de Flandre (i 384-1405), monnaye dans la terre de Fauquemont, qu'il avait reçue en gage de Jeanne de Brabant (p. 1096); enfin le comte Frédéric IV de Moers (1417-145 1) fait frapper des demi-gros à l'écu, portant l'inscription MONETA NOVA VALKG'.
§ XXXI. — Seigneurie de Limbricht.
Limbricht, sur la rive gauche de la Meuse, entre Born et Sittard, avait au moyen âge des seigneurs exerçant le droit de battre monnaie.
Au XIV' siècle, le pays appartenait à la famille de Stein dont un membre, Arnould, nous a laissé le gros tournois qui porte, autour de la croix, la légende + ARNVD • D • DE • LIR.
Plus tard, Limbricht passe aux Scheiffard de Mérode, seigneurs de Hemmersbach. L'un d'eux frappe, dans son château de Limbricht, de grands billons à l'écu au lion: SCb€IPblRVS • DE • bIMER' — 5T20R€TA • ROVA • FCÀ • LIMB'.
§ XXXIL — Seigneurie de Stein.
Les annales de cette terre sont très obscures. Un Arnould, sire de Stein au commencement du xiv* siècle, frappe de petits deniers d'argent à la tête, imitant ceux des comtes de Hollande.
Un autre Arnould — sans doute celui que nous avons rencontré à Reckheim et à Limbricht — fabrique à Dieteren (M0R6TA Dl€- T€RER) un billon au monogramme du Hainaut. Un demi-gros au lion heaume (ARNOLVDVS : DEI : GRA: DNS : STENS) porte au revers la légende MONETA RAKINIE (p. 1 1 lo).
Enfin, au xv* siècle, la seigneurie de Stein appartient à Jeanne, dame de Merweydeetde Gerdingen,qui fait forger, dans cette localité et dans d'autres ateliers non encore identifiés, un grand nombre de billons.
IIl6 QUATRIÈME PARTIE
§ XXXIII. — Seigneurie de Faîlais^.
Guillaume, sire de Wesemael et maréchal de Brabant, qui tenait de sa femme la seigneurie de Fallais, y frappa, vers la fin du xiv« siècle, des gros au lion, d'argent très allié, portant MONETA FALEN.
Plus tard, Jean, sire de Wesemael et de Rummen, a copié, dans ce dernier atelier, les plaques tournaisiennes de Ch .les VII et diverses autres monnaies sur lesquelles il prit le titre de DNS* DE-WESMALE- ET-PHAL.
§ XXXIV. — Seigneurie de Homes ^.
L'importante seigneurie de Hornes était située près de Ruremonde, sur la rive gauche de la Meuse. La petite ville de Weert en était le chef-lieu, et ses possesseurs portaient pour armes : d'or aux trois huchets de gueules.
Poyr ne pas entrer dans des détails historiques trop minutieux, nous donnons ici le crayon généalogique de la maison de Hornes à l'époque de son monnayage :
Guillaume IV, 1264- 1304.
Gérard, 1304-13 33.
'Guillaume V, 1333-1343.