‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 4)Chapitre 34 sur 183 · I. Van der Chijs, GeUerland, p · texte numérisé non relu

I. Van der Chijs, GeUerland, p

tl54 QUATRIEME PARTIE

Nimègue, Arnhem, Sutphen, Berg)^ seule monnaie qui fasse mention de ce comté.

§ XI. — Seigneurie d'Anholt.

Les anciens seigneurs d'Anholt se prétendaient feudataires directs de l'empire et sans lien féodal avec la Gueldre. Leur chronologie est encore imparfaitement connue.

Un Etienne de Zuylen, seigneur d'Anholt, est cité de 1295 à 1^9; son fils Jean de Zuylen se maria en 13^9 avec Justine de Berg. Une charte de 1361 parle de Thierry de Zuylen et de sa femme Marguerite, ainsi que de leurs fils Frédéric et Etienne. Cet Etienne que nous appellerons Etienne II reparaît de 1373 à 1390.

La première monnaie d'Anholt est un esierlin de Frédéric (1 j6i), qui reproduit le type brabançon de Jean III à Vécu aux quatre lions. Les légendes sont: + FR-EDE-RIC et + MONETA • NOVA • AR '•

Le botdraeger, frappé par Etienne II (1 361-90) à l'imitation de ceux de Louis de Mâle, porte des légendes beaucoup plus explicites : STE- PHANVS: D0n2lR:SVL€RSISiZ:AR0LT€R. — MONETA- AROL- TERSIS.

La seigneurie échut à Hermand de Gehmen lors de son mariage avec Gerberge de Zuylen. Leur fille Marguerite porta le fief dans la maison de Bronkhorst.

§ XII. — Seigneuries de Batembourg et d'Anholt^.

Les historiens disent qu'en 1 317 Guillaume, seigneur de Bronkhorst et de Batembourg, obtint le droit de frapper monnaie dans cette dernière localité, mais nous ignorons s'il l'a exercé ou non.

A sa mort (1 328), son fils Gisbert V lui succéda dans la terre de Bronkhorst et joignit à cet héritage (1344) la seigneurie de Batembourg. Gisbert mourut en 1356. On connaît son gros au lion, frappé à Batembourg sur le modèle du gros gueldrois. Les légendes sont : + MOR€TA i BATb€RB0R6'€RSIS.

1. De Voogt, "Notice sur une trouvaille de monnaies de la fin du xiv« siècle, dans la Kev. belge de numism., 1873, p. 61, pi. XV, 13.

2. Rocst(Th. M.) dans Tydschri/l voor Muni- en Penni iig kuude (AxnsicràAm, 189$), p. 167, — Buchcnau, Blâtter fur Mûnifreunde, 1903, p. 2915.

LES PAYS-BAS SEWENTRIÔNAUX tl5^

De son second fils, Thierry I de Bronkhbrst, nous avons plusieurs pièces : un demi-gros au lion de type flamand, le gros à l'écu dans un trilobé et quelques monnaies divisionnaires. Les armes de Thierry sont: écartelé aux i et 4 de gueules au lion d'argent, la queue fourchue et passée en sautoir qui est Bronkhorst, et aux 3 et 2 de gueules au sautoir d'or accompagné de quatre forces de tondeur du même qui est Batembourg, Thierry mourut en 1408.

Gisbert II (1408-14^2) réunit à ses possessions la terre d'Anholt, par son mariage avec Marguerite de Gehmen. Lui aussi monnaya dans sa terre de Batembourg, mais la plupart de ses pièces sont sorties de l'atelier d'Anholt. On a son gros au lion dans la haie, copié d'un type hollandais, son gros au saint Charlemagne d'Aix-la-Chapelle, portant au revers la date 1427, diverses imitations de monnaies de Gueldre, de Hohen-Limburg (revers une rose), même du pfenning de la ville de Brème (au buste de saint Pierre), etc.

Thierry II (1452-1451) choisit d'autres modèles pour ses espèces: à Batembourg, il s'applique à contrefaire les cromsteerts de Philippe le Bon, à Anholt les billons à Vécu penché sous une branche de Jean de Bavière et les billons de Guillaume, comte de Namur. Les armes du seigneur sont invariablement écartelées d'une aigle que Van der Chijs croit être le meuble d'Anholt, et du lion de Bronkhorst. Thierry s'intitule sur quelques-uns de ses cromsteerts: TbEODORICVS : DE : BROR- CbORST : bES' (hères) ES'. Les lettres ES' sont encore inexpliquées.

Enfin, Gisbert III (1451-147^) continue, à Anholt, l'émission des billons au type namurois. Nous n'avons de lui aucune monnaie frappée à Batembourg, pas plus que de son successeur Jacques (1473- 1516) qui paraît n'avoir eu d'autre atelier que celui d'Anholt.

§ XIIL — Seigneurie de Cranenborg.

La seigneurie de Cranenborg était située sur la frontière du comté de Clèves et du duché de Gueldre.

Thierry de Hornes, sire de Perwez et de Duff'el, qui figure en 1359 au nombre des nobles gueldrois et mourut en 1 380, a frappé à Cranenborg des gros au lion imités de ceux de Renaud III, duc de Gueldre. Ces pièces portent + Tb€OD€RICVS : DRI :P€RV€S — + MORETA CRAREBORERSI. ou + MORETA CRAREBORERSIS des deux côtés.

Nous avons signalé aux pages 1 107 et 1 1 18 les botdraegers du même Thierry ouvrés dans sa seigneurie de Kuyk.

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§ XIV. — Seigneurie de Borculo.

La terre de Borculo, à l'Ouest de Zutphen, fut acquise en 1 367 par Gisbert de Bronkhorst, frère de Thierry I de Bronk.horst, sire de Batembourg. Voici la liste de ses seigneurs :

*GisbertI, 1368-1399. * Gisbert II, 1406-1418.

Frédéric de Bronkhorst, 1399-1406. Otton, 1418-1458.

On possède de Gisbert 1'='' (i 368-1399) de nombreux gros tournois dont la croix est entourée du mot BVRCLIENSICIN ou du titre DNS BVRKLENSIS; son nom s'écrit parfois Ghiselbertus ou Wilbertus. De Gisbert II il y a d'autres gros aux légendes DNS CIESBERTVS, GIESBERTVS BOR. etc., et deses/er/;>25à l'écu aux quatre lions portant GISELBERTVS — MONETA BORCLOEN.

Au même seigneur, on attribue le gros tournois qui porte les inscriptions WILBERTVS DVX (sic) et MONETA BERBERL

§ XV. — Seigneurie de Gennep^.

La petite ville de Gennep, sur la Niers, près de l'embouchure de cette rivière dans la Meuse et à 1 1 lieues au Nord de Ruremonde, formait au moyen âge, avec les hameaux adjacents, une seigneurie relevant du duché de Gueldre et ayant l'exercice du droit de monnayage. Nous empruntons à M. de Voogt la liste des sires de Gennep, en avertissant que leur chronologie est très incertaine :

Henri de Gennep, cité en 1290. derode (i 368-1 590).

Henri de Gennep, cité de 1314 à 1333. *Jeanne de Gennep, veuve (1390-1413). Gérard de Gennep Marguerite de Brederode et Jean de Lien-

Jeanne de Gennep et * Renaud I de Bre- den, 141 3.

Ces derniers ne possédaient que la moitié de la seigneurie; en 1426 Jean la céda au duc de Clèves,

Nous avons de Renaud de Brederode un gros tournois (MONETA: GENPN) t-'t un demi-gros au lion, type de Flandre, portant à l'avers + MONETA GENPH. au revers les légendes -f REINOLDVS: DNS:

1 . W.-J. de Voogt, Notice sur nue liouvuille de monnaies de lu fin du xiv» si^ck, dans la Revue belge de numism., 1873, p. 447 et suiv.

DE : BRERO : Z: GE — REINOLDVS • D' BR. qui constituent un assez curieux pléonasme.

Jeanne de Gennep seule, lOHANNA: DNA : DE GENP. a frappé des billons au type du heaume avec cimier, copiés de ceux de Guillaume, duc de Gueldre (i ^77-1 393).

L'an 1441 5 Renaud II vendit, lui aussi, sa part de seigneurie au duc de Clèves.

§ XVI. — Seigneurie d'Hulhui:(en^,

La petite seigneurie d'Hulhuizen, située dans l'Overbetuwe, appartenait d'abord à une famille noble dont les deux derniers membres, Loef de Hulhuizen (1^56-1552) et Thierry (i 559-1 360), sont seuls connus. Elle passa ensuite au comte de Clèves, qui, en 1 563, l'engagea à Jean de Bellinkhoven. C'est à ce personnage ou à un homonyme plus récent qu'appartient le rare billon dont voici la description : \SXt • VAR X bVLbVISS€N. Homme debout tenant une crosse; à droite, à la hauteur de l'épaule, un petit lion. I^ \SJl • VAR • bVLbVISSER • b€RS- ENS. Aigle dans un quadrilobe.

§ XVIL — Ville de Nimègne.

La cité de Nimcgue n'a pas monnayé en vertu d'une concession régulière. Il est probable, dit M. de Voogt, qui a fait du monnayage de sa ville natale une étude particulière, que les premières émissions de menues monnaies d'appoint eurent lieu à la faveur des troubles du milieu du xv'= siècle. Peu à peu, la ville, étendant elle-même ses prérogatives, fit battre des espèces plus fortes et, dès la fin du xv^ siècle, s'arrogea la frappe dn florin d'or. Le thaler parut en 1558.

Le type des plus anciens billons de Nimègue est emprunté aux armes de la cité : double aigle portant l'écu de Gueldre en cœur. Sur les premières pièces d'argent, des doni-soiis, on voit un lion debout tenant l'écu municipal, et sur les sous, un lion assis, comme sur les briquets de Charles le Téméraire. Ces pièces sont souvent datées, à partir de 14(53.

Les florins d or sont au type du saint Etienne debout : S' ST€PbAU'

I. Van der Chijs, De Muntendcr voonnalige heercn en stcdcnvan Geldcrlaud. Haaricni, 1853, in-4.

PROTb0512', et portent au revers l'écu de Nimègue sur une croix pattée qui coupe la légende : MOR€ • AVR6 • NOVI • MAGN.

§ XVIII. — Ville de Zutphen.

Le monnayage municipal de Zutphen commence vers la même époque que celui de Nimègue, mais n'acquiert pas le même développement, il existe des blancs (witpenninge) et leurs subdivisions au millésime de 1480 et à type héraldique : écussons du comité et de la ville de Zutphen. La légende de l'avers donne les mots SROR' • ROVA ZVTPbAR€, plus ou moins abrégés.

§ XIX. — Église d'Arnhetn.

En 14^2, Arnould, duc de Gueldre, posa la première pierre de l'église de Saint-Eusèbe d'Arnhem. Pour aider à l'achèvement du temple, il octroya aux marguilliers le droit de frapper de la menue monnaie, et dès 1461, un orfèvre d'Arnhem, Evert Mes, fut chargé par la fabrique de l'église de frapper des Ae/<3^er d'argent. Le 8 janvier 1478, la concession d'Arnould fut solennellement renouvelée par Maximilien d'Autriche et Marie de Bourgogne.

On connaît un certain nombre de billons portant le chef de saint Eusèbe en profil (-f SARCTVS • 6VSGBIVS • ÎT2) et au revers les armes à la double aigle (MON • NOVA • AER ou AERNEME). Parfois, les quatre lettres AERN sont placées dans les quatre cantons d'une croix. D'autres billons se rattachent spécialement à la concession de 1478; ils ont l'M initiale de Marie dans le champ et la légende COCfiSSA* MATRICI ECCE.

Ce monnayage spécial d'Arnhem continua jusque sous Philippe II.

§ XX. — Église de Zalt-Bommel.

Procédant par analogie, et sans se baser sur aucun document écrit. Van dcr Chijs attribue à l'église de Zalt-Bommel des menues monnaies contemporaines de Marie de Bourgogne et de Maximilien d'Autriche. Le type de ces pièces est l'initiale M, ci leurs légendes sont : mOR€TÂ-NOVA-S-B05T2€LIS - IR • R05I2II?,E • DOîTîini • A5T2En.

§ XXI. — Seigneurie de Cuinre.

Deux monnaies de Jean (p. 631), imitées de celles de Marguerite de Constantinople, appartiennent au système nouveau : le gros au cavalier, dont on a plusieurs variétés, et le gros à l'aigle bicéphale, où les lettres ALOS dans les cantons de la croix sont remplacées par lOHS. On con naît aussi un gros à l'ange debout du même seigneur, qui, sur toutes ces pièces nouvelles, ne s'appelle plus miles, mais dominus de Cunre. Il prend parfois le titre de domicellus (DNCL); ainsi sur son gros tournois à la légende lOHANES DQMICE (Dannenberg, Zeitschrift fur Num., t. X, 226) et sur des g'ros au lion (debout à gauche dans uneépicycloïde), copiés de ceux de Louis de Crécy, ou bien, il adopte une inscription en langue néerlandaise : Johan van Kunre.

La dernière pièce de Cuinre que nous avons à signaler est le botdraeger, pareil à celui de Louis de Mâle ; il porte le nom d'un comte et sire Hermann (HERMANNVS : DEI : GRA : COMES : Z : DNS : KVINDRIE) et au revers la légende MON ETA • DE • KVINDRIA.

§ XXIL — Seigneurie d'Almelo^.

Auxiv« siècle, Evert de Hekeren (1 564-98) frappe des gros et demigros à ses armes ; leurs légendes, toujours mal conservées, sont : MONETA DE ALMELO et EVERAR ou EVERARDVS DE HEKE.

§ XXin. — La Frise occidentale.

Depuis 1077, la Frise occidentale appartenait aux évoques d'Utrecht (p. 626); mais le comte de Hollande, Gui llaume III (1 504-37), de la maison de Hainaut, s'appelle sur ses monnaies frappées à Valcncienncs: GuiH'mus cornes H aynn. Holl. Zeel. ac dns Fri^ic, et \n plaque de Marguerite II (1545-56) porte dans les cantons de la croix les quatre syllabes HA HO ZE FR, de môme que son gros porte les quatre lettres H H Z F.

I. Van der Chijs, Overijssel, p. 344. — Franklurtcr Mïinzzeitung, 1902-03, n. 25, 2S, 27.

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§ XXIV. — Filles de Bolsward, Leeniuarden, Sneeh, IVorkum et

Franeker '.

Nous avons réuni ces villes, parce que leurs monnaies, de la seconde moitié du xv« siècle, présentent une grande similitude de types et de légendes. Presque toutes les pièces de Bolsward ont l'aigle à deux tètes, c'est-à-dire les armes de la ville, une date (1455 à 1478) et l'inscription MONETA DE BOLSWERDIAou MONETA NOVA BOLSWERDENfs/^;. Ce sont des gros, demis et quarts de gros. Sur les pièces de Leeuwarden, l'aigle impériale à double tête écarte ses pattes pour faire une place à l'écu penché de la ville. Les dates vont de 1472 à 149^, et la légende est MONETA NOVA LEWEROre^jSIS. A Sneek (MONETA NOVA SNE- KENSIS, i477'90» l'écusson municipal est parti de l'aigle de l'Empire, dont on ne voit qu'une moitié, et de trois couronnes en pal ; à Workum, on substitue à ces couronnes trois fieurs de lis en pal, et l'inscription est MONETA NOVA y^OLDERKW (mens is) . La série des gros de Franeker (MON • NOVA • FRANKEREN5/5) se distingue des pièces précédentes par le type qui, à l'avers, est simplement le lion de Gueldre. Dates: 1485 à 1488. Mais de cette dernière ville, nous avons un rarissime/7or/n d'or (1491) au saint Jean et au globe impérial.

§ XXV. — Fille impériale de Groningue-.

Le gros lournois de Groningue reproduit exactement le type du gros de saint Louis, même la formule Furonus civis, mais au nom propre du roi il substitue MONETA GRONIE. Sur un seul exemplaire, les mots Turoniis civis sont remplacés par GRONIENS' CIVIS. H est du xiv= siècle. Au xv, nous voyons un type nouveau, le ^ros à la croix longue, portant l'écusson de la ville (à une seule fasce) dans une bordure d'arcs et d'angles; au revers, la légende interne est SIGNVM CRVCIS. Mais de nombreuses bractéates à l'aigle bicéphale, marquées de l'écusson de Groningue et parfois de la lettre G, ont circulé en môme temps.

Enfin, une longue suite de doubles gros, gros, demis et quarts de gros, pareils aux monnaies des cinq villes précédentes, fait son apparition vers 1450 et se poursuit sans changement notable jusqu'à la lin de

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