‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 42 sur 85 · troisiLmi: rAiiTii · texte numérisé non relu

troisiLmi: rAiiTii

c). l-'irclh' di' RiUisJ'oiDir.

L'cvcchc de Ratisbonne fut fonde au milieu du viii'' siècle. On pince l'origine de ses droits monétaires à l'an 996, mais le texte de la concession est perdu. Les plus anciennes monnaies épiscopales comiues appartiennent à Gebhard II de Sundergau (1023-36); ce sont des ihiiicrs portant à Tavers le buste et le nom de Tempereur Henri II, au revers la légende GEBEHARDS EPS et un temp' \ Le successeur de cet évèque, (jcbhard III de l-ranconie (1036-60), omet sur ses pièces la mention impériale; elles ont d'un côté S. PETRVS APX et le buste de saint Pierre, à droite, de l'autre RATISBONA CIVITA autour d'un temple sur lequel est écrit en deux lignes : GEBE-HAR.

Après Gebhard III la numismatique épiscopale subit une éclipse jusqu'au xiii'' siècle, époque à laquelle les droits monétaires des évéques et des ducs de l^avière lurent exercés conjointement, en participation (voir le paragraphe précédent). Cette exploitation commune de l'atelier donna lieu à (" fréquents conllits.

d). lii\\hc lie rrcisiii'pic.

L'évèché de l'reisingue fut fondé en 717 par saint Corbinien, qui en partagea plus tard le patronat avec la \'ierge. Dès 903, l'évéquc Waldo avait obtenu le droit monétaire à ^^oeringe^. En 996, Otton III accorda à Gottschalk le droit de frapper « iiioiiitain riidasponciisciii in loco Frisinija dicto )>. Cette concession fut successivement confirmée en 1029 par Conrad II, en 1039 par Henri III, et en 1067 par Henri IV. En 1069, le même roi donna à Ellenhard les droits monétaires dans les six localités suivantes : Cuh'uLi, Coiiuca, 0:ipc, Ba~(îri, Tnisciilo et Stcina.

Les plus anciennes monnaies connues de l'évèché de Ereisingue appartiennent à Egilbert de Moosbourg (1006-1039) ; elles reproduisent le type de la large croix et du temple que nous avons signalé sous Henri V de Luxembourg (1017-26), duc de Bavière.

A\'rs le milieu du xir siècle, les evéques de Ereisingue frappèrent des deniers, signalés par Obermayer, dont le type est formé de l'effigie de saint Corbinien. Ces pièces sont les dernières que nous ayons à signaler.

c). Aicl\:\cl\- (/(■ Stiliboiir^ '.

L'évèché de Salzbourc: fut créé au commencement du viii'= siècle et

I. G. Zcllcr, DiS ErislifU's Siil{hn[^ Mi'miiùi.'t uiul Muiiiiccscii. Sal/.bourg, 18S5, in-.l.

l'allemagxe 765

élevé au rang d'archevêché en 798. Otton III accorda, le 28 mai 996, à rarchevèque Hartwich d'Ortcnbourg (991-1023), le droit de frapper de la monnaie conforme à celle de Ratisbonne. Le monnayage commença presque aussitôt. Les deniers de Hartwich reproduisent les types n° 2 (buste et croix) et n'' 5 (large croix et temple), que nous avons décrits pour les ducs de Bavière contemporains. Le nom de Tarchevéque est écrit HARTVVICVS EPS ou HARTVICS EPS sur lesexemplaires les plus corrects.

On n'a pas encore retrouvé de monnaies de Gunther de iMisnie (1024-25), mais avecDietmar 11(1025-41), la série dénariale reprend. Les pièces sont empreintes successivement de deux tvpes. Le plus ancien se compose d'un temple tétrastvle entouré du nom i\v\ patron de Salzbourg : S-R5DBERTVS; au revers, la légende TIET" MARVS ARCHI entoure une croix pattée cantonnée de E-P-S-S. Le second tvpe de Dietmar se compose d'un côté de deux inscriptions concentriques : 4-TIETMARVS AR — CHIEPS, et de Taiitre, du nom de saint ]\udbert, autour d'une croix cantonnée de G-E-O-N, ou C-N-O-N, signature du monétaire.

L'archevêque Hartwich s'était contenté de prendre, sm" ses espèces, le titre d'episcopiis; Baudouin (1041-60) en revint à cette désignation modeste : BALDVVIN EPS sur des deniers portant un buste à droite, précédé d'une crosse, et un temple à six colonnes.

Les successeurs de Baudouin ne donnent pas de monnaies certaines. Les attributions qui ont été faites, en ce qui les concerne, par Obermayer, sont toutes considérées comme inexactes.

En 1045, l'archevêché de Salzbourg reçut de la comtesse IlemuLi la ville et le territoire de Friesach, en Carinthie, dont le comte Guillaume et sa mère Hemma avaient obtenu, en 1015, de l'empereur Henri 11, le droit de battre monnaie. A la lin du xu"' siècle, les archevêques de Salzbourg commencèrent à Friesach^ en connnun avec les ducs de Caruithie, l'émission de deniers qui furent appelés à une vogue énorme et jouèrent un rôle prépondérant dans la circulation métallique de l'Autriche. Ces pièces, que les documents, à partir de 1 190, appellent y/'/i"^/chenscs on frixachenses, portent à l'avers u\\ buste entouré do FRIA- CENCOECO, et au revers un fronton de temple. Les llans ont une tendance vers la forme carrée et portent des traces de martelage subséquent à la frappe. Les légendes sont fréquemment altérées.

Sous l'archevêque Eberhard II de Truschen (1200-46), les deniers de Friesach les plus caractéristiques portent son nom EBER- HARDCO, son eftigie en pied, et, au revers, le buste ailé d'un ange, entouré de la légende FRISACH.

f). Évkhè ik Passait.

Les droits monétaires de Passau remontent à un diplôme d'Otton III de l'année 999. Henri IV lit, en 1067, àréveque Altmannune nouvelle concession en lui donnant: « villam quandam Tycnsfurt dictam... cum... mcrcatis, theloniis, vionetis ». La monnaie de Passau est plusieurs fois mentionnée dans le cours du xiii" siècle et donr'" lieu en 1262 à un conflit entre Tévèque Otton et Henri I, duc de Bavière. Obermayer attribue à Passau des deniers muets ; un loup sautant, armes de l'évcché, entre le plus souvent dans la composition de leurs types.

g). Mar(^raviat cl duchc d'Autriche ' .

Pendant le dernier quart du x^ siècle, Léopold I de Babenberg se trouvait margrave de la marche orientale de Bavière ou Autriche. Il transmit ses possessions à ses descendants. Le monnayage commence vers 1070 et se compose de deniers muets, parfois carrés à angles arrondis. La f^uitaisie étrange qui préside à la composition de leurs types rend ces premières monnaies autrichiennes très caractéristiques et très curieuses, mais déiie toute espèce de classement chronologique.

En 1156, l'Autriche fut érigée en duché en faveur de Henri II Jasomirgot, duc de Bavière. La maison de Babenberg s'éteignit en 1246 avec Frédéric II le Belliqueux. L'empereur Frédéric déclara l'Autriche terre héréditaire des rois d'Allemagne et plaça un statthalter à Vienne. L'administration impériale mit le pays dans la plus grande détresse, si bien que les états appelèrent, en 123 1, comme duc, le roi de Bohême, Ottakar II, second époux de Marguerite, sœur de Frédéric II le Belliqueux. Ottakar gouverna le pays avec sagesse, reprit, en 1259, laStyrie aux Hongrois, hérita de la Carinthie, d'une partie de la Carniole et du

Frioul, mais, en 1276, il dut abandonner tous ces pa3-s au roi Rodolphe de Habsbourg, qui donna l'Autriche à ses fils, Albert (1282-1308), et Rodolphe (1289-90).

Les ateliers monétaires de l'Autriche ^'^' '^^^ étaient établis à Vienne et à Neustadt. Un

denier frappé par Ottakar II dans la première de ces villes porte le nom

I. A. Luschin von Ebengreuth, Zur ocslcrrcichischen MiiiiilunJc des XIII und XIV Jahrhunderts. Ein hitischer Versiich. Vienne, 1869, gr. ia-8.

l'allemagnk 767

de l'auteur: WIN, entre deux bustes couronnés, et, au revers, AVSTRIE autour de l'écu : fascé de gueules et d'argent de trois pièces. Sur un autre luiener pfennig, ou denier viennois, nous trouvons le buste du r,oi de Bohême, OTAKER et un écusson chargé d'un T, initiale du maître de la Monnaie, Conrad von Tuln (fïg. 1238). Comme la monnaie était renouvelée tous les ans, les types de ces luienerpfennige, presque toujours muets, sont innombrables et le plus souvent les pièces sont si négligemment frappées que le revers est complètement indistinct. L'ateHer de Neustadt fut créé en 1228, par le duc Léopold VI.

h). Duché dt' Carifilbie i.

La Carinthie, d'abord unie à la Bavière, passa ensuite à la maison d'Eppenstein, puis en 11 22 à celle d'Ortenbourg. En 1335, elle fut réunie aux possessions de la maison de Habsbourg. Voici la liste de ses souverains entre ces deux dates :

Henri II, 1122-1124. *Bcrnard II, 1201-1256.

Engclbert II, 112^-1134, *UIric III, 1256-1269.

Ulric I, 1134-1144. Ottakar II, roi de Bohème, 1269-1276.

Henri III, 1 144-1 161. *Meinhard II, comte de Gorice et de Ty-

Herniann, 1161-1181. roi, gouverneur, puis duc, 1276-

Ulric II, 1181-1201. 1286-1295.

Les premières monnaies carinthiennes connues appartiennent à Bernard II, 4- DVX BERNART, qui créa en 1234 ^^ atelier monétaire à Landestrost, 4- LANDESTROSEN. Un second atelier se trouvait à Laibach en Carniole, pays qui dépendait, pour la plus grande partie, de la Carinthie. Bernard II monnaya également en commun avec les évéques de Brixen ; les pièces qui résultent de cette convention portent à l'avers le duc armé avec le sceptre et la bannière; son nom forme la légende circulaire; au revers figure l'agneau tenant la banderole.

Sous Ulric III un atelier fut ouvert à Saint-Veit, SANTVEIT, sur la Clan, et sous Meinhard, cette Monnaie est citée concurremment avec celle de Vôlkermarkt.

i). Margraviat cl duché de Styrie '.

Les margraves de Styrie sont issus des comtes de Traungau. Otta-

1. H. Grote, Die Milnicn des sïulUchen Oesterreichs iin MitUdallcr, dans les Mnuisliidien, t. I, p. 9 et suiv. — A. Jellouschek, Das Miln:^iuiSdn Krain's im MitteJalier. Laibach, 1854, in-8.

2. Pichlcr, Rcpertorium der sUicriichcn Mïivikundc. Graz, t. III, 1875, in-S.

768 TROISir.ME PARTIR

kar V (1129-64) accrut ses domaines de ceux des comtes de Putten, et son fils Ottakar VI (1164-1192) prit, le premier, le titre de duc. Les armes de la Styrie sont : de simple à la panthère d'argent.

Les commencements d'un monnayage propre à la Styrie nous reportent à la seconde moitié du xii^ siècle. Les plus anciens ateliers furent établis à Neunkirchen (vers 1160) et à Fischau (1166-1184). En 1185, une Monnaie se trouvait également à Enns. Les pièces frappées à cette époque sont muettes; elles présentent la plus grnndr analogie de style et de fabrication avec celles de la Bavière ; leur type habituel se compose de la panthère styrienne dans un encadrement muitilobé et d'un dragon.

A la mort d'Ottakar VI, la Styrie passa par héritage à Léopold \1 le Glorieux, duc d'Autriche. Sous son règne (i 192-1230), un atelier fut ouvert au château ducal de Graz; de là l'ofticine fut transférée en 1222 à Pettau, où le duc monnaya en commun avec Eberhîird II, archevêque de Salzbourg. Les deniers frappés dans ces conditions sont copiés des monnaies de Frcisach ; l'avers représente le duc assis, tenant un sceptre entoure so- de + DVX'LIV-POLDVS. soit de EBERHA-RDVS EPS; le revers montre un buste épiscopal sous une arcade.

En 1232, l'atelier de Graz fut rétabli par Frédéric II le Belliqueux (1230-1246). Les fréquents changements que celui-ci apporta dans le cours des espèces, pour augmenter ses revenus seigneuriaux, provoquèrent de telles plaintes, qu'en 123 1 l'empereur Frédéric II intervint pour régler les droits réciproques du duc et de ses sujets. Ce règlement fut confirmé en 1277 par le roi Rodolphe I.

A la mort de Frédéric le Belliqueux, la Styrie suivit les destinées de l'Autriche. On attribue à l'administration impériale de 1246 a 125 i de curieux (/{';//(V.ç portant à l'avers l'inscription allemande: + SCHILT- VON-STEIR autour de la panthère, au revers une tête couronnée sous une arcade, et une aigle.

En 1253, la Styrie fut conquise par Bêla IV, roi de Hongrie, mais le duc d'Autriche, Ottakar II, roi de Hongrie, la reprit en 1259. Pendant l'occupation hongroise, le ban Etienne, qui gouverna le pays de 1254 à 1258, sous le titre de duc d'Agram, ïrappa des deniers portant d'un coté un lis accosté de l'écu de Hongrie et de ses armes personnelles, au-dessus d'une tête couronnée; le revers représente une aigle. D'autres pièces unifaces frappées, en Styrie de 1258 ci 1259, par Etienne V, roi de Hongrie, portent: + REX STEPKÂNVS et un buste couronné entre deux tours.

Ottakar II continua les émissions dans l'atelier de Graz ; quelques pièces ont son nom; d'autres portent l'inscription allemande + MVNE- GRETZ, autour d'un écu de Bohème.

Le monnayage particulier de la Styrie fut poursuivi après Tavènement de Habsbourg ; mais les documents constatent un affaiblissement continuel des espèces. Au commencement du xiv*' siècle, un denier de Gmz wahit un demi-denier de Vienne; en 1336, il n'est plus évalué qu'un cinquième de ces mêmes deniers.

j). Êvéché de Brixen t.

L'évêché de Brixen fut établi dans cette ville dans la première moitié du xi^ siècle; il se trouvait auparavant à Seben. Quelques historiens du Tyrol assurent que les évêques obtinrent leurs privilèges monétaires en 977; maison possède un diplôme deConradlI, par lequel celui-ci accorde, en 1039', à l'évèque Poppon : « jus et usum et potestatem constituandae monetae ». Ce droit fut confirmé en 1179, dans les mêmes termes, par Frédéric Barberousse. Les armes de l'évêché étaient : de gueules à l'agneau pascal d'argent, nimbé d'or, tenant une banderole d'argent chargée d'une croix de gueules.

Les monnaies connues pour Brixen sont en très petit nombre. Obermayer en signale quelques-unes de la seconde moitié du xii' siècle ; elles portent généralement un buste mitre et crosse, et Fagneau pascal. Nous avons parlé précédemment des monnaies frappées par l'évèque, en commun avec Bernard II, duc de Carinthie (1201-1256).

k). Comté de Tyrol 2.

La première maison des comtes de Tyrol s'éteignit en 1253 et le pays passa par mariage à Meinhard I, comte de Gorice. Celui-ci eut deux fils, Meinhard II et Albert II, qui administrèrent leurs biens en commun jusqu'en 1271 ; ils procédèrent alors à un partage et Meinhard II obtint le Tyrol :

*Meinhard II, 1271-1295. Henri, 13 10-1335.

Otton, 1295-1310.

Les comtes de Tyrol se trouvaient déjà en 1189 en possession du droit d'exploiter leurs mines argentifères, droit auquel celui de mon-

1. A. Busson, KJeine Beilrâge :(iir tm'ttelalierlichen Mi'mihinde Tiroh, dans la Numism. Zeitschrift, t. XIX, 1887, p. 263 et suiv.

2. P. Ladurner, Ueber die Miwie und das Mûniwesen in Tirol vont i^ Jahrh. bis ^um i|j^.. Innsbruck, 1868, in-8. — A. Luschin, Znr mittelalterlichen Mûnikunde Tiroh, dans la Numism. Zeitschrift,. 1869, p. 149 et suiv.

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