‹ Traité de numismatique du moyen âge (volume 5)Chapitre 63 sur 85 · Lettres muettes, ne se prononçant pas · texte numérisé non relu

Lettres muettes, ne se prononçant pas

trouvailles fliites en sol russe sont venues fournir des preuves très concluantes de ce £iit.

Les plus anciennes monnaies russes portant des légendes autonomes appartiennent à la grande principauté de Kiew ^ où se succédèrent au xi'^ siècle les princes suivants :

*\VIadimir I Swiatoslavitch, 988-1015.

*Swiatopolk, 1016.

*Jaroslaw I Wladimirovitch, 1016-1054.

Les monnaies de ces princes se composent de pièces d'or et de blancs d'argent, et bien que leurt3'pe ne corresponde pas toujours à un type byzantin contemporain, l'analogie que ces monnaies présentent avec celles

de l'empire d'Orient est frappante. Les pièces d'or de Wladimir I portent à l'avers l'image de ce prince assis de face, entourée de la légende souvent altérée : BJIAfli- MHP1> HA CTOJI1&, JVladiinir na stolè, Wladimir sur h trône ; le revers représente le buste du Christ avec l'inscription: + HCyCB XPHCXyC, c'est-à-dire Jésus-Christ (fig. 141 5 et 1416). Sur les pièces d'argent, dont les légendes sont encore plus fréquemment barbarisées et dont la frappe est très défectueuse, deux types apparaissent ; l'un est conforme à celui des monnaies d'or, l'autre, composé au revers d'une figure

encore indéterminée que l'on a prise tour à tour pour un trident, un casque normand ou une représentation informe de la colombe du Saint-Esprit. Cet emblème se retrouve dans le champ de l'avers des pièces d'or et des premières monnaies d'argent. Les légendes des blancs sont : Wladimir na stolc, Wladimir sur le trône, et A CHE EFO CPEBPO, a cic ego srchro, et ceci est son argent.

Fig- 14';

I. On a beaucoup discuté sur l'origine de ces pièces, que Reichel attribuait aux Slaves du Sud, et que le comte S/Stroganoff refusait de regarder comme des monnaies. Les travaux de M. Kunik et de M. le comte Iwan Tolstoï ont dispersé à cet égard les derniers doutes.

LA RUSSIE 8c)3

Le second type des monnaies d'argent de Wladimir I fat conservé sous Swiatopolk et sous Jaroslaw I, puis celui-ci adopta une nouvelle empreinte formée par le buste de saint Georges accompagné de la légende grecque O TCOPriO. Au revers de ces pièces, la légende est : Yaroslavle srebro, argent de Jaroslaiu, en caractères cyrilliens (fig. 141 6). Les monnaies d'argent des grands princes de Kiew se sont rencontrées en grand nombre dans la trouvaille faite en 1852 à Néjine.

C'est à ce que nous venons de dire que se bornent les notions scientifiques recueillies sur les plus anciens monnayages de la Russie. Il est probable cependant que les émissions ne furent pas arrêtées après Jaroslaw I, car, dans le cours du xii" siècle, la chronique d'Ipatieff fait deux fois mention de monnaies d'argent. D'abord, à l'année 6623 (11 15), on lit : « ... Et Wladimir conunanda de jeter au peuple des étoffes après les avoir coupées, et des fourrures, et enfin des blancs d'argent... », puis à l'année 6765 (1257): « ... Danilo envoya Kosniatine, surnoninié Polojichile, pour lever l'impôt. Etant parti, Kosniatine leva l'impôt sur eux en fourrures et en blancs d'argent... »

§ IL — La Bulgarie.

Les Bulgares, primitivement fixés sur la rive gauche du Volga, s'établirent dans la B.isse-M^îsie, dans la seconde moitié du vu' siècle. Vers 679, Constantin Pogonat fut obligé de faire avec eux une paix honteuse, en se soumettant à leur payer un tribut. Leur histoire, depuis cette époque, se résume en des alternatives de paix et de guerre avec l'empire d'Orient. Au commencement du xi'-" siècle, Basile II parvint à vaincre les Bulgares et, en 1019, leur pays fut réduit en province byzantine.

M. G. Schlumberger ^ a publié une monnaie d'or qui, si l'authenticité en est certaine, constitue un monument historique de premier ordre. Elle porte en etîét le nom de Sermon, gouverneur de la forteresse de Sirmium et l'un des derniers défenseurs de la liberté bulgare contre les . armées victorieuses de Basile le Bulgaro- ^'■^- '•''

ctone. Son type, qu'on s'attendrait plutôt à rencontrer sur un llan de bronze, se compose de la légende Z6PM-G0 CTP-T^AAT, 'Ciz'j.iù z'z'x'r,Xi'r,;, écrite en trois lignes, et d'un monogramme renfermant les mots (-J::t;/.£ ?:-^ Sv. (fig. 1417).

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