‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 136 sur 206 · I. — LES PREMIERS CAROLINGIENS · texte numérisé non relu

I. — LES PREMIERS CAROLINGIENS

Melle, A l'avers: CARLVS REX FRANCO. Temple. Au revers:

METVLLO. Croix.

Orléans. AVRELIANIS. Temple ou porte de ville. Paris. PARISII CIVITAS. Temple.

Ouentovîc. QVENTVVICVS. Temple.

Reims, REMIS CIVITAS. Temple.

Saint-Martin de Tours. SCI MARTINI MONETA. Temple (fig. 395). Sens. SENONES CIVITAS. Temple (fig. 39e).

Ce type, comme celui aux légendes bilinéaires, semble s'être restreint aux ateliers de la Gaule : ils ne pénétrèrent ni l'un ni l'autre en Italie où l'on battit sans doute, jusqu'à l'empire, les monnaies au monogramme. Et en effet, les deniers à cette empreinte pour Milan sont au nombre des plus communes de la série mérovingienne.

Le jour de Noël 800, Charlemagne assistait à Rome à la célébration de la messe; le pape Léon III vint poser la couronne impériale sur la tête du roi des Francs, aux acclamations unanimes du clergé et du peuple. Cette cérémonie décora Charlemagne d'un titre placé dans l'opinion bien au-dessus de l'autorité royale et l'investit d'une puissance plus absolue.

Les textes qui nous restent de la période impériale nous montrent Charles restreignant le monnayage et le concentrant entre les mains du pouvoir central. En 805 une loi de falsis monetis, édictée à Thionville, dit ce qui suit : « Comme il se fabrique de la fausse monnaie dans « beaucoup de localités, frauduleusement et contrairement à notre or- « donnance, nous voulons qu'il n'y ait plus de Monnaie nulle part que « dans notre palais (inpalatio nostro), à moins que nous n'en ayons ordonné « autrement. Néanmoins les deniers qui courent seront reçus s'ils ont « le poids et s'ils sont de bon métal. »

En 808, le capitulaire de Nimègue vint restreindre le monnayage à l'atelier du Palais : « Au sujet des monnaies : qu'il ne soit frappé de « monnaie qu'à notre cour (nisi ad curtem) et que les deniers palatins « (denarii palatini) aient cours partout. »

Les monnaies impériales de Charlemagne sont, dit M. A. de Barthélémy, les plus belles de la série caroHngienne au point de vue artistique.

Toutes portent à l'avers l'effigie impériale; et « le buste de l'empereur est gravé de manière à rappeler certaines monnaies du Bas-Empire ». Les traits Fig. 39»

du visage ont sur certains exemplaires tout le caractère personnel d'un

portrait : Charles porte la longue moustache germanique, comme sur la statuette équestre, jadis au trésor de la cathédrale de Metz, conservée aujourd'hui au musée Carnavalet.

Les deniers purement palatins doivent être cherchés sans doute au nombre des pièces sans indication locale qui portent au revers la légende XPISTIANA RELIGIO. Sur un certain nombre de deniers analogues, de £ibrique italienne, on trouve glissée sous le buste une initiale qui indique leur atelier d'émission. C'est ainsi qu'on a reconnu des pièces frappées à F, Florence, à M, Milan, et à V, Venise.

Fig. 399 Fig. 400

Dans les Gaules le nom de l'atelier est écrit en toutes lettres au revers d'un temple ou d'une porte de ville. A Duurstede, l'un des ateliers les plus féconds, les monnayeurs créent un type qui fait allusion au commerce maritime : un navire avec ses cordages et son mât que surmonte le signe de la rédemption (fig. 400).

Nous avons rencontré dans les émissions de Charles, comme roi, des monnaies portant les légendes EX METALLO NOVO ou METALLVM. Dans la série impériale vient prendre place un denier dont le revers présente l'inscription METALL. GERMAN autour des instruments dont se composait au ix^ siècle le matériel d'une monnayerie: deux marteaux, un billot et deux coins, la pile et le trousseau. Le légende Metallum germanicum prouve à l'évidence qu'on ne peut chercher dans Metallum le nom de la ville de Melle en Poitou, toujours écrit Metullo ou Métallo sur les monnaies; mais on est encore indécis sur sa signification exacte. Van der Chys a supposé que Metallum germanicum veut dire argent tiré des mines de Germanie, mais la première découverte d'argent dans le Hartz ne remonte qu'à 968. Pour Gariel, metallum serait synonyme de tribut.

Les monnaies de l'Empire donnent le nom de Charlemagne orthographié de diverses manières et ses titres exprimés avec plus ou moins de développement. Dans le tableau suivant qui résume tout ce que nous a laissé le monnayage de 800 à 814, nous transcrivons les léi^endes :

10 Deniers sans nom d'atelier.

Deniers du Palais à la légende chrétienne. KARLVS IMP AVG ou DN KARLVS IWP AVG REX F ET L (fig. 398).

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