‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 147 sur 206 · III. — LE ROYAUME DE FRANCE · texte numérisé non relu

III. — LE ROYAUME DE FRANCE

« fiât nisi in palatio nostro et in Quentovico, ac Rotomago (quae ad Quen- « tovicum ex antiqua consuetudine pertinet) et in Remis et in Senonis et in « Parisio et in Aurelianis et in Cavillonno et in Metullo et in Narbona, » Cet édit resta lettre morte \ Pour Tunification des types, il échoua comme pour la centralisation des ateliers. Sur ce dernier point, le roi fut le premier à violer les dispositions de son ordonnance en accordant, dès 865, à Erchenrad, évêque de Châlons-sur-Marne, le droit d'avoir dans sa ville épiscopale un atelier monnayant au profit de son église. Le diplôme relatif à Châlons nous a été conservé, mais l'octroi qu'il constate n'est évidemment pas un fait isolé 2.

C. — Charles le Chauve, roi d'une partie des états de Lothaire II (869-875).

Après la mort de Lothaire II (869), ses oncles Charles le Chauve et Louis le Germanique se précipitèrent sur ses états et se les partagèrent par le traité de Meersen (870). C'est à ce traité que nous rattacherons avec M. C.-A. Serrure 3 une série de pièces sur lesquelles figurent à la fois le nom de Louis et le monogramme de Charles.

Ces curieuses monnaies constituent un des exemples d'alliances monétaires les plus caractéristiques de la seconde race. Elles portent soit l'indication palatine PALATIN A MON ETA. soit le nom de Maestricht, IN VICO TRIIECTO (oboles), de Huy, IN VICO HOlO (deniers et oboles) ou de Visé, IN VICO VIOSATO (deniers et oboles), trois localités de la Lotharingie, voisines de la villa de Meersen où le partage des états de Lothaire II fut arrêté entre Charles le Chauve et Louis le Germanique.

Le monnayage de Charles le Chauve dans les territoires annexés à ses états, fut conforme pour le type et la taille à celui de la France : les deniers et leurs divisions portèrent d'un côté le monogramme carolin avec la formule GRATIA D-l REX, de l'autre un nom de lieu et la croix pattée. On a reconnu ainsi vingt-huit ateliers monétaires dont vingtcinq en Lotharingie et trois en Bourgogne.

1. On a voulu voir dans la disposition de l'édit de Pitres relative au type des monnaies, telle qu'elle nous est connue par les manuscrits, une erreur de maladroit copiste. Mais les exemples d'ordonnances monétaires restées sans effets sont si nombreux dans l'histoire, que nous préférons admettre avec de Longpérier que l'édit de 864 ne fut pas observé. Cf. "Notice sur la coll. Rousseau^ p. 152.

2. Lettre à M. Cartier sur Us concessions du droit de frapper monnaie faites par les Carolingiens aux prélats dans la Rev. num., 185 1, p. 27.

3. Notice sur le cabinet monétaire de S. A. le prince de Lignes 2» édit., p. 74.

(Lotharingie.)

Aix-la-Chapelle. AQVISGRANI PAL.

Bastogm. HIN FISCO BASTONIA.

Bavai. BAVACA CIVITAS.

Cambrai. CAMARACVS CIVITA. Variétés avec CIVIS. CIVL Oboles avec CIV, ou CL

Chièvm. CERVIA MONETA.

Condé-sur-r Escaut. CONDATO MONETA. Oboles.

Curange. DE FISCO CVRINIO.

Dinant. IN VICO DEONTNIT; IN VICO DEONIT.

E7ighien. AENGIANIS FISCO.

Famars. FANVM MARTI.

Les Estinnes. LEPTINAS FISCO.

Gemhloux. GENGLIACO POR.

Huy. XIN VICO HOIO.

Maestricht. TRIGETINSE MON: TRIIETTENSE MOI; TRIIETTO MON. Oboles avec IN PORTO TPIITO.

Maubeuge. MELBODIOMT.

Met:(. METTIS CIVITAS. Oboles.

Nantur. IN VICO NAMVCO.

Nivelles. NIVIELLA VICV; NIVIELIA VICVS (fig. 415); MONETA IN NIGELLA. La pièce qui porte cette dernière légende a été aussi attribuée à Nesle, attribution que la présence de la préposition IN rend peu probable. On remarquera en effet que la présence de IN et DE est, dans les légendes monétaires de Charles le Chauve, un indice presque certain de l'origine belge des monnaies qui les portent.

Fig. 416

Saint-Géry de Cambrai. SCI GAVGERICI MO.

Tongres. TVNIERAS CIVITAS. Oboles avec TNERAS CVTAS.

Toul. jyLLO CIVITAS. Oboles.

Vaknciennes. VALENCIANIS; VALENCIANIS PORT.

Verdun. VIRDVNI CIVITAS; VIRDVNI CIVIV (fig. 416).

Visé. Oboles portant IN VICO VIOTO.

Wandre. IN FISCO VENDRNT.

Page 1