‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 172 sur 206 · VII. — l' ITALIE · texte numérisé non relu

VII. — l' ITALIE

On connaît des deniers de Hugues I; ils sont imités du type carolingien et ont été frappés à Arezzo et à Lucques.

§ III. — La République de Venise.

Sources : J. Cordero di San Quintino, Observations sur les deniers carlovingiens portant le nom de Venise dans la Revue fiumismatique, 1849, p. 190. — V. Padovan, Le monete délia republica veneia dal secolo IX al XVIJI. Venise, 1876, in-i6. — V. Promis, SuW origine délia ^ecca veneta. Turin, 1868, in-8. — N. Papadopoli, SuUe origini délia veneta :^ecca e sulle antiche relaiioni dei Vene:(iani cogli imperatori considerate dietro Vesame délie primitive monete. Venise, 1882, in-8.

Venise fut fondée au milieu du v* siècle par les habitants d'Aquilée, de Padoue et de quelques autres villes, qui se réfugièrent dans les îles de l'Adriatique, à l'embouchure du Pô, pour se soustraire à l'invasion des Huns. Chaque île s'administra d'abord elle-même; vers 697, elles se réunirent en commun et choisirent pour chef un doge. La nouvelle répubUque fut censée sujette de l'empire d'Orient, mais en fait elle resta indépendante.

Lorsque l'Italie septentrionale passa aux Carolingiens, ceux-ci laissèrent à Venise son indépendance; mais le pouvoir suprême des empereurs fut reconnu par la république qui devint le siège d'un ateHer monétaire frappant des deniers aux noms de Louis le Débonnaire (814-840) et de Lothaire I (840-855).

Quand, après Lothaire, la puissance des Carolingiens eut diminué, les Vénitiens omirent sur leurs deniers la mention impériale. La pièce qui constitue le plus ancien témoin de l'autonomie monétaire de Venise porte au droit, autour d'un temple tétrastyle, +PE SALVA VENECIAS; du côté de la croix, un vœu p^tonique pour la conservation de l'Empire remplace le nom du souverain 4- DS CVSERVA ROMAN IMP (fig. 507). Cette pièce appartient encore au ix^ sièle. Le denier du X* siècle' qui lui succède (fig. 508) est dépourvu de toute allusion mo-

Fig. 507 Fig. $08

narchique; la RépubHque ne reconnaît d'autre pouvoir que celui du Christ + CRISTVS IMPERXût/)- La légende qui entoure le temple

semble une dégénérescence de la formule chrétienne des deniers

carolingiens.

§ IV. — Les Papes.

Sources: D. Promis, Monde dei romani pontefici avanti il mille. Turin, 1858, in-8. — F. Le Blanc, Dissertation historique sur quelques monnoyes de Charlcviagne, de Louis le Débonnaire, de Lothaire et de leurs successeurs, frappées dans Rome. Paris, 1689, in-4. — J. Charvet, Origines du pouvoir temporel des papes précisées par la numismatique. Paris, 1865, in-8.

La numismatique papale commence dans le dernier quart du huitième

siècle, sous le pontificat d'Adrien I (772- 795). Ses deniers, d'allure toute byzantine, portent à l'avers un buste de face, la tête tonsurée, accosté des lettres l-B dont le sens reste encore énigmatique ; la légende circulaire est DN ADRIANVS P-P.

Au revers, nous trouvons VICTORIA DN N et CONOB autour d'une croix potencée, et dans le champ RM, les deux consonnes du nom de Rome^

Nous avons vu, à la p. 213 de ce livre, comment en 774'Charlemagne vint à Rome où le sénat et le peuple lui conférèrent le titre de patrice: patricius Romanorum. Le roi des Francs monnaya en cette qualité dans la ville éternelle, et il est très admissible que ses émissions mirent momentanément fin à celle du souverain pontif.

Sous les successeurs d'Adrien I jusqu'au commencement du x' siècle, toutes les monnaies romaines portèrent, à de rarissimes exceptions explicables par des vacances de l'empire, les noms réunis des empereurs et des Papes. On possède toute une série de deniers présentant les combinaisons de noms suivantes :

Fig. 509

Léon III (795-816) avec Charlenmgne, puis avec Louis le Débonnaire. Etienne IV (816-817) ^^^^ Louis le Débonnaire. Pascal I (817-824) avec Louis le Débonnaire.

I. Vignoli, dans ses Antiquiores romanorum pontifcum denarii imprimés à Rome en 1734, public une monnaie d'Adrien I d'un tout autre type. Cette pièce, qui n'a pas été retrouvée parD. Promis, porte d'un ôté ha-dri-an-vs-papa en trois lignes coupées par une longue croix; de l'autre sci-pet-ri en trois lignes séparées par des barres. Antérieurement à Adrien I, les papes Grégoire III (731-741) et Zacharie (741- 752) frappèrent de petites pièces de cuivre carrées ou mal arrondies, à type purement épigraphique, qui semblent avoir été destinées aux aumônes pontificales.

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