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LES SUÈVES

Sources: E. A. Allen et H. N. Teixeira, Monnaies d'or suévo-lusitaniennes , dans la Revue numismatique, 1865, pp. 235-249. — Communication de M. A. Heiss, faite le 2 novembre 1888 à l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

Les Suèves entrèrent en Espagne en 409 avec les ALiins et les Vandales. Ils se fixèrent en Galice. En 430, ils conquirent la Lusitanie et formèrent un État particulier qui s'étendit, après le départ des Vandales pour l'Afrique, sur presque toute la Péninsule. En 456, les Suèves furent défaits et expulsés de la Lusitanie par les Wisigoths qui détruisirent leur royaume en 585.

Rois des Suèves :

Hermanric, 408-458.

Rechila, 438-448.

*Richiaire, 448-456.

Rechimond, 457-465.

Remismond, 465-468.

Théodemir, 558-570.

Ariomir, ... 561...

Miro, 570-583.

Eboric, 583.

Audica, 583-585.

Les monnaies d'or frappées par les Suèves offrent l'immobilisation des types monétaires d'Avitus et d'Honorius, et spécialement de celui des triens portant au revers une croisette dans une couronne avec le seul mot CONOB comme légende.

La fabrication de ces copies dura près de deux siècles. D'abord d'une gravure assez correcte, leur barbarie va toujours en augmentant et les légendes deviennent, à la longue, complètement inintelligibles (fig. 38). Lorsqu'à l'exemple de ce que faisaient tous les autres peuples barbares, les Suèves commencèrent à substituer dans la légende quelques indications significatives aux lettres incohérentes qui simulaient seulement une inscription, ce furent le plus souvent des désignations de

villes OÙ eut lieu rémission. La légende la plus caractéristique qui se lise sur un triens suève (fig. 39) donne l'indication de l'atelier de Mérida: LATINA EMERI MVNITA (latina Emeritae moneta). D'autres triens portent LATINA MVNITA BENE. LATINA MVNITA GOTII. M. Heiss traduit cette dernière légende par : monnaie latine des Goths, ce qui prouverait, dit-il, qu'après l'expulsion des Suèves de la Lusitanie, les Wisigoths devenus maîtres d'Emerita auraient continué, pendant les premiers temps de leur occupation, à frapper dans cet atelier des triens aux types des vaincus, mais en affirmant leur autorité par l'indication ethnique qui termine la légende. Quelques monnaies d'or des Suèves portent, dans le champ du revers, des lettres isolées telles que L, R, I, etc., sur le sens desquelles on n'est pas encore fixé; leur présence sur des triens portant le nom d'Emerita permet toutefois d'affirmer qu'elles ne sont pas des initiales de noms de lieux.

Un tiers de sou de très basse époque, encore inédit, conservé au Musée de Madrid, présente du côté du buste une légende qui, si nous nous en rapportons à l'empreinte placée sous nos yeux, doit être DEODIAZCA REIGES CRAV ou quelque chose d'approchant (fig. 40). Aucun roi suève ne porte ce nom, mais on sait que la chronologie de ces princes barbares est fort mal établie, puisqu'entre Remismond et Théodcmir il existe une lacune de plus de quatre-vingts ans. Quoi qu'il en soit, le titre REIGES est d'une lecture indubitable, et sa présence sur le triens du Musée de Madrid permet d'entrevoir le jour où l'on possédera la série des monnaies d'or signées des rois suèves.

On connaît d'ailleurs, depuis le temps où Eckhel écrivit sa Doctrina numorum, un curieux denier d'argent que Richiaire (448-456) frappa à Bracara, aujourd'hui Braga. Cette monnaie otire au droit une effigie fort correcte et la légende d'IIonorius, mort depuis un quart de siècle.

Au revers, on lit IVSSV RICHIARI REGES ; le type est une couronne renfermant une croix accostée des lettres B-R, marque spéciale de l'atelier monétaire de Bracara (fig. 41).

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marque dans le mot re<^cs, mis pour rciiis, est, de même que la modifi-

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