‹ Traité de numismatique du moyen âgeChapitre 49 sur 206 · VII. — LES WISIGOTHS 4I · texte numérisé non relu

VII. — LES WISIGOTHS 4I

Reccarède II, 621. Wamba, 672-680.

Svinthila, 621-631. Ervige, 680-687.

Sisenand, 631-636. Egica, 687-700.

Chintila, 636-640. Wittiza, 700-710.

Tulga, 640-642. Achila ?

Chindasuinthe, 642-653. Rodrigue, 710-71.1. Reccesuinthe, 653-672.

PREMIÈRE ÉPOaUE LES DÉBUTS DU MONNAYAGE WISIGOTH

Comme tous les Barbares, les Wisigoths commencent leur fabrication monétaire par la copie servile du numéraire byzantin. Alaric II, roi des Wisigoths de Toulouse (484-507), avait profondément altéré le titre des pièces qu'il faisait frapper aux effigies impériales, et pour mieux bénéficier de cette fabrication déloyale, avait obligé ses sujets à prendre au poids de l'or véritable cette monnaie falsifiée ^ Les altérations des monnaies commises par Alaric devinrent aussi proverbiales que le furent plus tard celles de Philippe le Bel ; saint Avit, dans sa soixantedix-huitième lettre, signale « l'or d' Alaric » à la réprobation des honnêtes gens, et le roi bourguignon Gondebaud le décria dans ses Etats par un arrêt que nous avons rapporté dans le précédent chapitre.

M. Ch. Lenormant a publié, le premier, quelques échantillons de ces monnaies wisigothes. Elles sont à l'effigie d'Anastase, et dépourvues de marques royales, mais portent les initiales des ateliers de Bordeaux, Syrdigala ^'^' ^°''-

et de Toulouse, Jolosa (ûg. 105) dans le champ du revers, ou les initiales de TOlosa et de Uarbo a la suite de la légende circulaire du même côté de la pièce.

Le successeur d'Alaric, Amalaric (507-531), qui ne possédait plus en Gaule que le pays de Narbonne, émit des pièces d'or et de menues monnaies de bronze. L'existence de râtelier de Narbonne est constatée par Sidoine Apollinaire dans son treizième Chant, où il s'adresse à la ville en ces termes :

Salve Narbo potcvs suliibi ilale Ddubris, CapitoU:s, Moiiclis.

Les monnaies d'or d'Amalaric portent le buste de Justin ou de Jus- I. Leges Wisigoth.y VII, vi, $.

tinien, et les légendes des prototypes impériaux, mais dans le champ du revers paraît un monogramme formé des lettres AMR sur la signification duquel il n'y a plus guère de controverse aujourd'hui (fig. io6).

Fi?. io6.

Sur les petites pièces de cuivre, nous retrouvons un monogramme légèrement différent et beaucoup plus complet; il y occupe tout le champ de l'avers, tandis qu'au revers, le graveur a inscrit le chrisme à l'imitation des pièces byzantines (fig. 107).

Après AmaLiric, le monnayage wisigoth semble en revenir exclusivement aux contrefaçons absolument barbares des trieiis (fig. 108) de

Justinien ; la gravure wisigothe est très aisément reconnaissable. Cette période dure jusqu'au jour où Léovigilde (572- 586), marchant sur les traces de Théodebert, roi d'Austrasie, affranchit ses espèces de la légende impériale.

Fig. 108.

DEUXIÈME ÉPOQ.UE LES MONNAIES WISIGOTHES DEPUIS LEOVIGILDE

« Peu de séries, dit à juste titre M. Heiss, offrent un ensemble aussi complet que les monnaies Avisigothes, sous le rapport de la succession des règnes. Depuis Léovigilde, le premier qui ait frappé des tiers de sou d'or à son nom, jusqu'à Rodrigue, qui périt en même temps que la nation dont il était le chef, les seules espèces qui flissent défaut, sont celles de Reccarède II ; encore est-il fort probable que, des nombreux triens frappés par Reccarède l", plusieurs doivent être restitués au règne éphémère du fils de Sisebut. »

Sous le rapport géographique, les monnaies wisigothes ne sont pas moins intéressantes à étudier : elles nous instruisent de l'importance relative d'un grand nombre de villes et même de l'existence de quelques localités inconnues dans l'histoire.

Enfin, elles fournissent le tableau exact de l'art aux diverses époques de la monarchie. Elles permettent de suivre pas à pas la formation d'un art essentiellement national qui acquit son point culminant à la fin du

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