‹ Traité de numismatique moderne et contemporaine (volume 2)Chapitre 107 sur 193 · C. — SILÉSIE, a). — Silésie hohéiuicnne · texte numérisé non relu

C. — SILÉSIE, a). — Silésie hohéiuicnne

La Silésie était comprise entre la Bohême, la Moravie, la Pologne, le margraviat de Brandebourg et la Lusace. Ses armes étaient : d’or à l'aigle de sable couronnée d’or et chargée sur la poitrine d'un croissant

l’empire d’allemagne 373

d’argent qui soutient une croisette du même et s’étend en trèfle sur les ailes.

Le roi Ferdinand I (1526-64) fit frapper à Breslau et à Jaegerndorf des menues monnaies, pour la partie du duché de Silésie qui était placée sous son gouvernement direct. Cet exemple fut suivi par ses successeurs.

Lorsque le mouvement insurrectionnel des Protestants éclata en Bohême, les Etats de Silésie le suivirent et, en 1621, ils firent frapper à Glogovie des monnaies carrées et unifacesen argent, de diverses valeurs, depuis les trois quarts de tlialer jusqu’à six thalers, portant Laigle de Silésie. La légende : MONETA ARGENTEA SILESIÆ, est suivie de l’indication de la valeur, par exemple, SEX • TALERO^'^^^^g La même année les ateliers de Breslau et de Bernstadt émirent des pièces au nom de Frédéric, comte palatin, que les Etats de Bohême avaient élu roi.

Ferdinand II, rentré en possession de la Silésie, utilisa la Monnaie de Breslau pour la fabrication de pièces de mauvais aloi de la kipper^eit. En 1634 et 1655, le monnayage fut repris par les Etats Evangéliques de Silésie. Les pièces portent les légendes MON • AVR ■ (ou ARG • )PRINC • ET • Slkluum £\! kHgelicorum le type est l’aigle silésienne et

le mot JEHOVA dans une gloire, parfois placé au-dessus de l’écu parti de Liegnitz-Silésie. Les ducats d’or et les thalers ont la devise : SALVS ET VICTORIA NOSTRA; \es groschen portent: S! DEVS PRO NOBiS avis CONTRA NOS.

La paix de Breslau, en 1742, contraignit l’Autriche à céder le duché de Silésie au roi de Prusse, à l’exception de quelques minimes parties.

b). — Evêché de Breslau.

L’évêché de Breslau, episcopatus wratislaviensis, avait pour patron saint Jean-Baptiste. Les armes étaient: écartelé aux et fl de gueules à six fleurs de lis d’argent posées 3, 2, i ; aux 2^ et 3^ de Silésie. Les évêques résidaient à Johannisberg.

La série monétaire des évêques, peu importante au moyen âge, devint plus nombreuse lorsque l’empereur Maximilien I eut renouvelé le privilège de ces souverains ecclésiastiques en leur accordant, en 1 5 1 5, le droit de frapper des monnaies d’or. Les évêques suivants se succédèrent à Breslau :

Jean V Turzo de Bethlemfalva, 1506- * Martin Gerstmann, 1574-85.

1520. * André Jerin, 1585-96.

* Jacques de Salza, 1520-39. Bonaventure Hahn, 1596-99.

*Balthazar de Promnitz, 1539-62. Paul Adalbert, 1599-1600.

* Gaspard de Logau, 1562-74. *Jean VI de Sitsch, 1600-8.

* Charles d’Autriche, 1608-24 (Brixen,

ordre teutonique).

* Charles-Ferdinand de Pologne, 1625-

Léopold-Guillaume d’Autriche, 1655- 1662 (Strasbourg, Passau, Murbach, Olmutz, etc.).

Charles-Joseph d’Autriche, 1662-64 (Augsbourg).

* Sébastien Rostock, 1662-71.

* Frédéric de Hesse-Darmstadt, 1671-82.

* François-Louis, comte palatin de Neu-

bourg, 1683-1732.

* Philippe-Louis de Sinzendorf, 1732-47.

* Philippe-Gothard de Schafgotsch, 1 748-

*Joseph de Hohenlohe-Bartenstein, 1795-

Les premiers florins d’or frappés par les évêques de Breslau, jusque sous répiscopat de Martin Gerstmann, portent d’un côté l’image en pied de saint Jean-Baptiste et la légende MVNVS CESARf^ MAXIMI- LIANG de l’autre les armes et le nom de l’évêque. Les thalers ne font leur apparition que sous Charles-Ferdinand de Pologn e, dont ils portent le buste et les armes.

c). — Duchés de Liegniti, Brieg et Wohlau.

Ces terres souveraines s’étendaient en Basse-Silésie. Les ducs avaient pour armes: écartelé, aux et 4^ de Silésie, aux 2^ et 3^ échiqueté d’argent et de gueules de 25 pièces, qui est Liegnitz. Voici la généalogie sommaire de leur maison :

* Frédéric II, 1495-1547.

Frédéric III, Georges II,

j I *Joachim-Frédéric,

Henri XI, Frédéric IV, 1586-1602.

Brieg. Liegnit:(.

* Jean-Chrétien, * Georges-Rodolphe, 1602-39. 1602-53.

Briig. Licgiiiti. JVohJau.

* Georges III, * Louis IV, * Chrétien,

* Georges-Guillaume,

En 1 505, Wladislas 11, roi de Bohême, confirma la possession du droit monétaire au duc Frédéric 11 de Leignitz et à son frère Georges, qui régnait à Brieg. Les premiers thalers furent frappés par F rédéric 1 1 dans les dernières années de son règne; il y place son buste et ses armes

avec la devise: VERBVM DOMINI MANET IN ETERNVM. Ses titres soni: Dei gratia dux Silesiae, legnicensis, hregensis. Ses successeurs ajoutent : et wolaviensis, pour la terre de Wohlau, qu’il avait acquise en 1524. En 1 599, Joachim -Frédéric acquit Reichenstein.

J ean-Chrétien et Georges- Rodolphe monnayèrent en commun de 1602 à 1621, puis leur alliance prit fin et ils émirent des espèces chacun pour son compte. Les trois fils de Jean-Chrétien eurent également un monnayage commun jusqu’en 1660.

Outre le numéraire courant, la série ducale comprend un certain nombre de monnaies obituaires. Le sterbetlialer de Georges-Guillaume rappelle qu’avec ce duc s’éteignit le dernier descendant de la maison polonaise des Piastes en Silésie : piasti etnarchæ poloniæ ul- TiMus NEPOS, etc.

d). — Comté de GIat:(.

Le comté de Glatz avait pour armes : bandé-vouté de gueules et d’or de cinq pièces.

En 1)07, Lllric de JJardegg, comte de Glatz, obtint le droit de frapper monnaie à son nom et à ses armes sur le pied des monnaies du Rhin; il en fit usage pour émettre en 1 ) i i des heller unifaces portant le lion de Bohême et la légende : VLRICH GRAF • Z • HARDEK. H mourut en 1522.

En 1557, le comté de Glatz échut à Jean le Riche, seigneur de Bernstein et de JJelfenstein, auquel il avait été engagé. De i à 1544, celui-ci fit frapper des ducats d’or, des thalers, des pièces de 12 kreu^er et des weisspfennigs. Le type de ses monnaies comprend le lion de Bohême, les armes de Glatz et celles de Bernstein : d’or au rencontre de buffle de sable, bouclé d’or.

En 1549, Ernest de Bavière, évêque de Passau et archevêque de Salzbourg, acquit le comté de Glatz des fils de Jean de Bernstein, décédé l’année précédente. On possède de lui des ducats et des thalers. Après sa mort, le comté fit retour au roi Ferdinand, qui y frappa des klippenthaler et des groschen: ces pièces terminent la série.

Le comté de Glatz fut annexé à la Prusse, avec le restant de la Silésie, en 1742.

e). — Duchés de Miinsterherg et Oels.

Georges Podiebrad, roi de Bohème, donna Munsterberg, Oels et Glatz à son fils Henri 1, que l’empereur éleva en 1462 au rang de duc.

En 1 50O5 Charles I vendit Glatz à son beau-frère Ulric de Hardegg, et en 1563 Henri III et Charles II cédèrent Munsterberg au roi de Bohême Maximilien II. Les ducs continuèrent toutefois à porter le titre et les armes de ces deux terres. En 1647, à la mort du dernier duc, Oels passa par mariage à la maison de Wurtemberg. Le tableau suivant résume la filiation des souverains de Munsterberg-Oels, puis d’Oels :

Henri I, 1462-98.

Glati. Oels. Munsterberg.

* Albert, Georges, * Charles!,

* Joachim, * Henri II, *Jean, évêque 1536-48. -j- 1565.

de Brandebourg,

Munsterberg .

* Henri III,

1 548-69, mort en 1587.

Oels.

* Charles II, I 548-1617.

* Georges, t L53-

Henri-Wenceslas, * Charles-Frédéric, 1617-39. 1617-47.

Elisabeth-Marie ép.Sylvius-Nimrod de Wurtemberg, 1647-64.

Oels.

Sylvius-Frédéric,

Bernstadt.

*Chrétien-Ulric,

Charles-Frédéric, Chrétien-Ulric,

JîiUusboiirg .

^Jules-Sigismond, 1677-84.

Charles,

*Charles-Chrétien-

Erdmann,

Le droit monétaire des ducs de Munsterberg-Oels fut confirmé par le roi de Bohème Wladislas II en 1498, 1504 et 1514. Leur atelier monétaire, qui était placé à F^rankenstein, fut transféré en 1 507 à Reichenstein, où il resta tant qu’ils possédèrent cette localité. Comme dans beaucoup de maisons allemandes, le monnayage eut souvent lieu en commun entre les divers membres de la famille de Munsterberg-Oels. On possède, par exemple, dQs groschcn de Charles I et de son frère Albert, des

l'empire d’allemagne

ducats à’ ov àQS quatre frères Joachim, Henri II, Jean et Georges, des ducats de Joachim, Henri III et Charles II, d’autres encore de Henri III et Charles II. En i^8i, ces deux frères vendirent Reichenstein à Guillaume de Rosenberg.

Avec Charles II d’Oels apparaissent les thalers. Ses deux fils Henri-Wenceslas et Charles-Frédéric monnayèrent en commun. Avec ce dernier, la maison s’éteignit et le mariage d’Élisabeth-Marie transporta Oels dans la maison de Wurtemberg; le monnayage continua jusqu’à la fin du xviii^ siècle. Dans le cours du xvii® siècle, le principal atelier était situé à Bernstadt, et les émissions furent particulièrement actives de 1680 à 1694 et de 1696 à 1699. En 167;, Chrétien-Ulric ouvrit un atelier à Oels. Charles-Chrétien-Erdmann fit frapper ses espèces dans la Monnaie de Breslau.

f). — Seigneurie de Reichenstein.

En i$8i, Guillaume de Rosenberg acquit d’Henri III et de Charles, ducs de Munsterberg, les terres de Reichenstein et Silberberg, localités minières importantes de Silésie, et dès l’année suivante il frappa à Reichenstein des ducats d’or. Leur type se compose à l’avers de l’image de saint Christophe, au revers des armes de Rosenberg dans un cartouche orné.

Après la mort de Guillaume, survenue en 1592, le monnayage fut continué par son frère Pierre-Wok, mais en 1599 celui-ci vendit Reichenstein à Joachim-Frédéric, duc de Liegnitz-Brieg.

Les sires de Rosenberg prennent sur leurs pièces le titre de : GVBERnator DOMw-^ ROSENB^^gfcue.

g). — Duché de Teschcn.

Le duché de Teschen s’étendait en Haute-Silésie. Jusqu’au milieu du xvii^ siècle il appartint à une maison issue au xii^ siècle des rois de Pologne. Comme tous les duchés de Haute-Silésie, celui de Teschen avait pour armes : d’agur à V aigle couronnée d’or. Voici la chronologie des ducs :

Casimir IV, 1468-1528. * Frédéric-Guillaume, 1618-25.

* Wenceslas-Adam, 1528-79. * Élisabeth-Lucrèce, épouse de Gunda-

* Adam-Wenceslas, 1579-1618. chaire de Liechtenstein, 1625-53.

En 1653, Teschen fit retour à la couronne de Bohême. L’empereur Charles VI donna en 1722 le duché à Léopold, duc de Lorraine; le fils

de celui-ci, devenu empereur, donna Teschen à son gendre, Albert de Saxe (1768-1822).

hQs thalérs commencent avec Wenceslas- Adam ; ils portent son buste,raigle de Teschen et la devise : BENEDICTIO DOMINI DIVITES FACIT. La devise d’Adam-Wenceslas est : SAPIENTE D1FFIDEN- TIA; celle de Frédéric-Guillaume: IN DEO MEO TRANSGREDIAR MVRVM.

h). — Seigneurie de Freistadt.

Frédéric-Casimir, fils de Wenceslas-Adam de Teschen, avait obtenu, du vivant de son père, qu'il précéda en 1571 dans la tombe, la seigneurie de Freistadt. 11 fit frapper quelques menues espèces telles que des kreugers.

i). — Duché de Jaegerndorf.

En I ^23, Georges de Schellenberg, dont le père avait obtenu en fief, de la couronne de Bohème, Jaegerndorf, en latin Carnovia, vendit cette terre à Georges, margrave de Brandebourg, qui la transmit à ses descendants :

Georges le Débonnaire, 1523-43. Jean-Frédéric^ 1603-1607.

* Georges-Frédéric, 1543-1603. * Jean-Georges, 1607-23.

En 1623, Jaegerndorf fit retour à la couronne de Bohême et Ferdinand II donna la principauté en fief à la maison de Liechtenstein.

Les ducs de Jaegerndorf de la maison de Brandebourg eurent dans la ville de ce nom un atelier monétaire où ils émirent des ducats d'or, des thalers et des monnaies divisionnaires. Les armes de Jaegerndorf étaient: d'agur au cor de chasse d'or, V embouchure àdexire.

j). — Duché de Troppaii.

Le duché de Troppau fut donné, en 1614, par l’empereur Mathias, à Charles de Liechtenstein, qui devint en 1623 duc de Jaegerndorf. Nous avons donné (p. 347) la chronologie des princes de Liechtenstein et l’indication de ceux qui frappèrent monnaie.

Suivant quelques auteurs, c’est comme ducs de Troppau, dux Oppaviae, que les princes exercèrent le droit monétaire. Les armes de Troppau étaient : parti de pueules et d’arpent.

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k). — Diichi de Sagan ■.

En 1628, Albert de Wallenstein, que nous avons déjà rencontré comme duc de Friedland 2, reçut de Ferdinand II le duché de Sagan. Des lettres'de majesté datées de Prague, le 16 février de cette année, lui confirmèrent le droit de battre monnaie et l’autorisèrent à créer un atelier monétaire dans ses nouveaux domaines : « eine Mïuigstàite gu errichten und darin durch seine Müngmeister allerlei Gold- und Silbermüngen, gross und klein, mit Umschriften, Bildnissen, Wappen und Geprag auf heiden Seiten müngen und schlagen gu lassen, doch sollen solche von Koj'n, Schrot, Gehalt^ Werth und Gewicht nach des h. rom. Reiches und Kbnigreiches Bohmen Müngordnung ausgepragt worden. »

Wallenstein ne tarda pas à organiser à Sagan un atelier monétaire qui entra en activité dès 1629 et émit diverses espèces d’or et d’argent jusqu’en 1631.

Les armes du duché de Sagan étaient : de gueules à un ange naissant de carnation habillé et ailé d’or.

— ' 1). — Duchés d’Oppeîn et de Ratibor.

En 1 532, à la mort de Jean, duc d’Oppeln et de Ratibor, décédé sans héritiers, ses états firent retour à la couronne de Bohême. De 1622 à 1624, Gabriel Bethlen , prince de Transylvanie, profitant du soulèvement de la Bohême, occupa Oppeln et Ratibor et y frappa monnaie; à la paix conclue à Vienne en 1624, Gabriel Bethlen obtint la possession de ces duchés.

De 1643 à 1648, Wladislas IV, roi de Pologne, monnaya également comme duc d’Oppeln et de Ratibor.

m). — Villes de Silésie.

La ville de Breslau avait obtenu le droit de battre monnaie d’or et d’argent. Sous Wladislas II (i 471-1 3 16) apparaissent les premiers ducats. Les premiers thalers sont de 1 340. Les liellers frappés à partir de 1312 portent un W, initiale de Wratislavia, nom latin de Breslau.

Au xv^^ siècle, un grand nombre de villes silésiennes exerçaient le droit

1. A. Meyer, Albrecht von JVallenstein und seine Mïupen, dans la Nuinisinalische Zeitschrift, 1885.

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